Yahoo! lance une nouvelle version de son site de bookmarks

Yahoo! vient de lancer une nouvelle version de son gestionnaire de liens : Yahoo! Bookmarks Beta. Cette nouvelle mouture intervient suite à l’absorption de del.icio.us l’an dernier.

YahooBookmarks

 

Comme à chaque fois, c’est beau et intuitif (surtout le glisser-déposer). Par contre, la prise en main est légèrement déroutante : on ne sait pas bien si l’on est encore dans del.icio.us ou si l’on bascule sur un nouveau service, avec notamment les recommandations de l’onglet ‘Recommended‘.

Et vous, vous vous y retrouvez ?

Une interface pour insérer des commentaires DANS les billets

Le système de commentaire qui a fait la force des blogs en fait aussi… sa faiblesse. Ce système un peu rigide (les commentaires sont empilés les uns au dessus des autres) atteint en effet rapidement ses limites dès que l’on dépasse une dizaine de commentaires publiés : ça devient brouillon.

Jack Slocum nous propose alors sur son blog un système de commentaires tout à fait révolutionnaire : WordPress Comments System built with Yahoo! UI. Le principe est le suivant : les commentaires sont rédigés directement à l’intérieur du billet à l’aide de petits repères. Ceci permet de commenter une partie du billet et surtout de pouvoir ventiler les réactions afin de ne pas créer d’effet de saturation :

Copie d'écran d'un nouveau système de commentaires

Alors, vous en pensez quoi ? (via Weblogger.ch)

Qu’est-ce que l’identité numérique ?

Je ne suis pas le premier à tenter de vulgariser le concept d’identité numérique, Leafar (Raphaël pour les intimes) a ainsi déjà proposé une représentation de l’identité numérique (voir son billet : U.lik unleash Identity 0.2), j’avais également déjà abordé la question dans un précédent billet. Je souhaite avec cet article compléter cette vision et y apporter ma touche personnelle.

Les utilisateurs au coeur du web 2.0

Avec la prolifération des blogs et wikis, la multiplication des réseaux sociaux et l’explosion du trafic sur les plateformes d’échanges, les contenus générés par les utilisateurs prennent une place toujours plus importante dans notre consommation quotidienne de l’internet. Tous ces contenus laissent des traces sur les sites qui les hébergent et dans les index des moteurs de recherche, ils sont également systématiquement rattachés à un auteur. De plus, la notoriété numérique des individus ainsi que sa valorisation (monétisation de l’audience, de l’expertise…) va rapidement amener les internautes (consomm’auteurs et consomm’acteurs) à se soucier de leur identité numérique.

De la volatilité de l’identité numérique

L’identité numérique d’un individu est composée de données formelles (coordonnées, certificats…) et informelles (commentaires, notes, billets, photos…). Toutes ces bribes d’information composent une identité numérique plus globale qui caractérise un individu, sa personnalité, son entourage et ses habitudes. Ces petits bouts d’identité fonctionnent comme des gènes : ils composent l’ADN numérique d’un individu.

IdentiteNumeriqueSimple.jpg

Gérer son identité numérique veut dire surveiller l’utilisation de chacune des ces bribes d’information, cette tâche est complexe surtout pour un individu qui souhaite exploiter l’internet comme une vitrine. Nous allons donc progressivement devoir acquérir une vision à 360° de toutes les traces que nous laissons au quotidien de manière à maitriser l’image que l’on donne de nous même.

Les différentes facettes de l’identité numérique

Comme nous venons de le voir, notre identité numérique est composée de nombreuses informations (ou traces) qui peuvent être regroupées en facettes :

Le schéma suivant synthétise les différentes facettes de l’identité numérique :

IdentiteNumeriqueComplete.jpg

Pour un schéma de plus grande taille, je vous recommande la version publiée sur FlickR : Cartographie de l’identité numérique (et il y a même une version en anglais : Digital Identity Mapping)

C’est en participant à tous ces services et outils qu’un individu alimente petit à petit toutes les facettes de son identité numérique. La majeure partie des utilisateurs ne mesure pas encore la complexité de la gestion de l’identité numérique, et ceci pour deux raisons :

  • les occasions de laisser des traces sont de plus en plus nombreuses ;
  • les moteurs de recherche conservent chacune des ces traces pendant de nombreuses années.

Voilà donc très certainement quel sera le prochain défi à relever pour les utilisateurs de l’internet : prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas ternir l’image d’eux-mêmes (leur identité, leur double numérique) qu’ils sont progressivement en train de construire.

Après les RIA, voici les RDA

Si vous suivez ce blog régulièrement, alors les RIA (Rich Internet Application) n’ont plus de secrets pour vous. Par contre, connaissez-vous les RDA (Rich Desktop Application) ?

Les RDA sont les applications riches du poste de travail. Comprenez par là que ce sont des applications, au même titre que votre traitement de texte ou votre logiciel de messagerie, sauf que ces applications riches sont déployées à la volée et exécutées sur une machine virtuelle. Gloups ! Et oui, ça calme comme définition, non ? Pour vous aider à bien faire la différence, je vous propose de revenir sur ce que sont les RIA puis de vous donner des exemples concrets de RDA.

RIA = Writely (heu… Google Docs)

Une RIA est une application qui se lance depuis votre navigateur et qui est exécutée à l’intérieur de ce dernier. WritelyGoogle Docs est ainsi un traitement de texte en ligne qui n’est pas installé sur votre poste de travail mais que ressemble à une application traditionnelle.

Les technologies de références pour faire des RIA sont :

  • AJAX ;
  • Flash / Flex ;
  • OpenLaszlo.

RDA = AjaxWrite

Prenons maintenant un autre exemple dans le même domaine : AjaxWrite est également une application en ligne mais qui s’exécute en dehors de votre navigateur. Oui je sais, vous allez me dire : mais… il s’exécute dans la fenêtre de votre navigateur, mais je vous répondrais : pas tout à fait.

C’est là où les choses se compliquent et où j’ai besoin de votre attention. En fait, AjaxWrite n’est pas exécuté par Firefox lui même mais par XulRunner, une sorte de machine virtuelle sur laquelle on peut faire tourner des applications en XUL. C’est un peu complexe à comprendre dans la mesure où Firefox utilise ce fameux XulRunner comme moteur d’affichage.

Donc pour faire simple : il est impossible d’exécuter Google Docs sans Firefox, par contre il est tout à fait possible de faire tourner AjaxWrite sans Firefox (du moment que vous avez installé XulRunner). Vous remarquerez que ce principe de machine virtuelle n’est pas neuf : le langage Java exploite déjà cette architecture depuis son lancement.

Le meilleur des deux mondes

Le principal intérêt des RDA est de pouvoir allier la praticité des RIA (légèreté, pas besoin d’installer l’application pour s’en servir) et la robustesse des applications traditionnelles (temps de réaction, stabilité…). Car il faut bien avouer que Google Docs est une belle prouesse technologique, mais qu’à utiliser au quotidien, c’est un peu pénible (lenteur, plantages).

Il est ainsi tout à fait possible de se connecter à un site, de lancer une application riche de type RDA (qui va se télécharger et s’exécuter à la volée en quelque secondes comme AjaxWrite) et de pouvoir l’utiliser par la suite en mode déconnecté avec une grande souplesse (l’application vérifiant s’il n’y a pas de nouvelle mise à jour à chaque nouvelle utilisation).

Pour rentrer dans des considérations plus techniques, il existe différentes technologies pour faire des RDA :

  • en Java à l’aide de Java Web Start, Eclipse RCP ou encore NetBeans RCP ;
  • en XUL (le langage de description d’interfaces de Mozilla) avec XulRunner ;
  • en XAML (le langage de description d’interfaces de Microsoft) avec la machine virtuelle de Microsoft (SmartClient.Net) ;
  • il faut également parler d’Apollo, le futur player universel d’Adobe (PDF, Flash, HTML) qui va également permettre de faire des choses très itnéressantes.

D’autres exemples ?

Il existe de nombreux exemples de RDA mais celui qui me plait le plus est le Mozilla Amazon Browser (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet il y a plus de deux ans) : une application riche pour parcourir le catalogue d’Amazon que l’on peut installer sur son ordinateur ou exécuter directement en ligne.

Et là vous me direz : et iTunes dans tout ça ?, et je vous répondrais : Ha non, iTunes est une application connectée. Nous sommes donc dans une configuration différente puisqu’il faut installer iTunes et le mettre à jour manuellement. De même pour Google Earth, c’est également une application traditionnelle mais qui se connecte à internet pour récupérer les données cartographiques.

Quelques réserves…

Je suis certain que mes explications feraient hurler des puristes comme Didier, Daniel ou Guillaume, mais voilà… il faut bien que je prenne des raccourcis pour vulgariser une notion complexe à expliquer.

Pourquoi est-ce que je cherche à vulgariser les RDA ? Tout simplement parce que leur potentiel est immense et qu’elles sont peut-être LA solution qui pourrait réconcilier deux mondes qui se font la guerre : les géants des services en ligne (Google, Yahoo!, SalesForce…) et les géants du logiciels (Microsoft, Oracle, MacromediaAdobe…).

Quels enseignements peut-on tirer du rachat de YouTube par Google ?

Très grosse surprise cette nuit avec l’annonce officielle du rachat de YouTube par Google. Bon OK, très grosse surprise surtout pour moi puisque ma prédiction de la veille était fausse (il faut vraiment que je change d’indic…).

Plus sérieusement, la nouvelle a de quoi surprendre : 1,65 milliards de dollars, la somme est colossale. A partir de là, quels enseignements peut-on en tirer ?

1/ Nous entrons dans un nouvel âge d’or de la publicité en ligne

J’ai fais mes comptes, et ça fait une sacrée somme : 1 milliard de $ versé à MySpace + 1,65 milliards de $ pour YouTube = 2,65 milliards de $ pour pouvoir placer des publicités contextuelles. Waouh ! Cela représente un sacré marché. Entendons nous bien, je ne parle pas de bannières, mais bien de publicités contextuelles. Le défi à relever par Google va maintenant être de finaliser son moteur d’analyse pour pouvoir extraire des vidéos le contexte et y accoler des publicités contextualisées. C’est un sacré challenge, mais rien n’est impossible pour Google. A votre avis, vont-ils oser mettre des liens sponsorisés juste en dessus des vidéos encapsulées ?

2/ Les producteurs se défendent comme ils peuvent

Un accord signé à la va-vite avec Universal et zou, le rachat est signé. Je ne sais pas comment vous interprétez ça, mais moi je pense que les producteurs de contenus vidéos essayent tant bien que mal de récupérer les miettes d’un marché qui leur échappe complètement. Pour s’en convaincre, il suffit de voir ce qui s’est produit avec Napster : sitôt le service fermé, une multitude d’autres sont venus le remplacer. Voilà pourquoi les producteurs ne voulaient pas s’en prendre à YouTube ou Dailymotion : si les échangent ne se font plus sur ces plateformes, ils se feront ailleurs. De plus, nous pouvons y voir une tentative des producteurs de se défaire de la domination du iTunes Video Store qui impose ses conditions. Maintenant que les grands acteurs sont en place (Sony avec Revver, Yahoo! avec JumpCut et Google avec Youtube), les grandes manoeuvres vont pouvoir commencer et l’on va très certainement voir pulluler des offres de video-on-demand.

3/ Le web 2.0 a encore beaucoup de surprises à nous réserver

Malgré le scepticisme ambiant (auquel moi aussi j’ai cédé hier), de très gros enjeux pèsent sur les services orientés web 2.0 (partage, publication….). C’est d’autant plus encourageant que les services un peu moins médiatisés du web 2.0 (crowdsourcing, social shopping…) et qui représentent pourtant un potentiel bien supérieur n’ont pas encore été touchés par cette vague d’enthousiasme. Peut-être n’en sommes-nous qu’au début d’une vague de rachats, d’autant plus que Microsoft n’a pas encore dégainé…

Voilà quelques pistes de réflexion pour comprendre et essayer d’analyser à chaud ce rachat. Les prochains jours seront riches de commentaires et analyses plus poussées. Et vous, vous en pensez quoi ?

MAJ (11/10/2006) : Quelques réactions et analyses sur le JDNet : Google-YouTube : ce qu’en pensent les managers du Net (cool, je suis maintenant un manager ;-)).