De quelle accessibilité doit-on parler ?

Voilà une question bien embarrassante posée par ce billet de François Palaci : Accessibilité, neutralité et Culture. Il y est question de la définition du mot Accessibilité sur la version française de Wikipedia et visiblement les contributeurs ne sont pas tous d’accord sur la définition…

Le fond de l’histoire est le suivant : à partir de quand peut-on dire qu’un site est accessible :

  • quand il est conforme aux normes de la WAI ?
  • quand il est conforme au label Accessiweb ?
  • quand il est conforme à des initiatives gouvernementales comme le label européen e-government good practices ?

Et la question n’est pas simple ! De mon point de vue, l’essentiel est d’oeuvrer dans le sens de l’accessibilité en règle général et non dans le sens d’une de ces normes en particulier. Mais je vous laisse vous faire une opinion par vous-même.

Un commentaire sur “De quelle accessibilité doit-on parler ?

  1. Et si on disait tout simplement qu’un site est accessible quand il s’affiche de façon identique pour plus de 98% des internautes, utilisateurs de IE et/ou Firefox, ou autre, quelque soit le système d’exploitation, tout simplement, c’est-à-dire 9 sites sur 10 ? Sans avoir à passer par un validateur, sans se prendre la tête avec ces notions de sémantique. Le meilleur validateur n’est-il pas l’internaute ? (merci de ne pas m’injurier, ceci n’est pas un troll, juste des questions de bon sens auxquelles je n’ai pas la prétention d’apporter des réponses pour le moment).

  2. Très juste. En fait, le gros problème c’est qu’il n’existe pas d’outil fiable pour attester qu’un site est visible correctement par 98% des utilisateurs. D’où le recours à des organismes de certification qui font payer leur intervention. Peut-être peut-on envisager un compromis où un site affiche ces ambitions : « Ce site est en conformité avec le niveau AA des WCAG » « Si vous avez des difficultés pour vous connecter, dites-le nous » « Si vous constatez que nous ne respectons pas telle directive, dites-le nous également » Comme ça, ce sont les utilisateurs qui font office de testeurs. /Fred

  3. Si on a des normes et des validateurs, c’est justement pour ne pas avoir à réinventer la roue à chaque site développé. C’est un gain de temps de ne pas avoir à chercher comment navigue tel ou tel type d’utilisateur, les WCAG sont là pour ça. C’est un gain de temps de développer conformément à une grammaire de balisage pour ne pas avoir à faire autant de site qu’il y a de navigateurs. C’est un gain de temps de développer des CSS valides pour ne pas avoir à les refaire à chaque nouvelle version de navigateur. Au passage, je souhaite bien du plaisir à certains pour la sortie d’IE7, surtout quand je lis ça: IE appèle à l’arret des hacks CSS Et pour enterrer un troll, AccessiWeb = Méthode d’application des WCAG. Dit autrement, WCAG c’est les ingrédients, AccessiWeb c’est la recette. Si on ne veut pas appeler « choucroute » un cassoulet, on ne peut pas faire autrement. Si on ne veut pas tomber dans une société où tout est soumis à interprétation d’un juge et où le grand perdant sera l’internaute, il est capital de passer par là. Avec ça, je vais pas me faire des copains avocats !

  4. OK Mathieu mais soumis à interprétation d’un juge, c’est qui le juge ? La question est la suivante : Est-il obligatoire de passer par un processus de certification payant ? N’est-il pas envisageable de laisser les internautes seuls juges ? /Fred

  5. J’aime bien l’exemple des ingrédients et de la recette… mais dans la vraie vie les ingrédients tu les achètes et la recette ca peut être celle de ta grand-mère, une que tu inventes ou une que tu prends dans un bouquin acheté. Avec les recommandations d’accessibilité, les ingrédients (et une partie de la recette) sont GRATUITS et INTERNATIONAUX… pourquoi dans ce cas faire payer la recette, qui en plus ne permet de faire que pour des utilisateurs Francais ou au mieux européens ?

  6. Non François, les choses ne sont pas aussi simples. C’est pour cela que TOUTES les normes proposent plusieurs niveaux (Or/Argent/Bronze, A/AA/AAA…) /Fred

  7. Sur le sujet de l’accessibilité il y a deux notions qu’il ne faut pas (à mon avis) mélanger: – l’application d’un ensemble de règles et d’usages permettant aux internautes d’accéder aux publications. Ce sont entre auttres les régles WCAG, 508 mais aussi l’utilisation d’une ergonomie claire, d’un langage compréhensible. Bref tout ce qui fait, que tous les visiteurs peuvent visiter et utiliser le site quelque soit le handicap (aveugle, sourd, microsoft, …). – la labélisation du site répondant à un ensemble de critère. Et là il faut bien remarquer que trop souvent le premier critère est la cottisation. Mais rien n’interdit de faire des sites lisibles (accessible) non labélisés.

  8. Ce n’est pas le certification qui fait l’acessibilité. On peut très bien suivre le référentiel Accessiweb sans demander la labellisation. Donc oui la « recette » est gratuite, c’est juste l’examen par le « chef » (au sens culinaire) qui est payant.

  9. L’accessibilité au sens large devrait signifier, selon moi, la possibilité d’accéder sans difficultés à un service. Prendre en compte les personnes handicapées ou les différents matériels (navigateurs et autre plug-in) permettant d’accéder à un site Web, est louable. Proposer un ensemble de conseils qui peuvent être érigé en normes tout aussi. Seulement, je remarque qu’à aucun moment on ne parle du « niveau » des utilisateurs. J’entends par là qu’il existe des disparités entre les internautes concernant leur rapport au Web. Et que celles-ci devraient être prises en compte. Bien entendu les pratiques suggérées par des sites comme Opquast ou d’autres sites permettent de faciliter l’accès d’un site Web. Ainsi que certaines pratiques comme le fait de pouvoir accéder à la page d’accueil en cliquant sur le logo en haut à gauche, ou de mettre un bouton « rechercher » (en haut) à droite. Ces règles ne sont inscrites nulle part (à moins que je me trompe), mais elles sont mises en pratiques sur un certain nombre de sites (ex. les blogs). J’imagine que l’évolution du Web permettra sans doute de concevoir des sites adaptatifs. Des applications Web qui dotées d’interfaces riches seront accessibles à tout internaute. Mais bon faudrait pas se jeter tête la première dans les nouvelles technologies sans penser à ce genre de choses.

  10. S’il y a une chose qui est sûre, c’est que l’accessibilité ne s’achète pas (sous entendu via un label).

  11. J’aime bien cette définition du site de l’ARN (Accès réseaux numériques) sur l’accessibilité : « Capacité d’un document à être compréhensible à partir de la plus grande diversité possible de dispositifs (hardware) et agents utilisateurs (software), ceux ci étant manipulés (ou pas) par des utilisateurs humains aux capacités cognitives diversifiés et immergés dans des environnements physiques et culturels différents ». Une meilleure existe ?

  12. Après avoir enlevé combien de cheveux un homme devient-il chauve? Je voudrais simplement par là avancer l’idée qu’un site ne sera toujours que plus ou moins accessible. Accessible relativement à tels ou tels groupes d’utilisateurs ou accessible relativement à telles ou telles conditions de navigation, comme on voudra, mais il faut, je pense, éviter le piège de penser qu’un site plus accessible et un site qui l’est moins s’opposent comme l’être et le non-être.

  13. @ Fabrice : Oui. «Capacité d’un site à être utilisé par un grand nombre de personnes dans grand nombre de conditions.» C’est bref, ça ne laisse rien échapper, il n’y a aucun mot technique, c’est centré sur l’utilisateur et c’est compatible avec ce que je disais à l’effet que l’accessibilité des sites varie en plus et en moins. Ce n’est pas très «scientifique» comme définition, mais c’est vraiment ce que j’ai trouvé de mieux.

Laisser un commentaire