Les miracles du web 2.0

Ce matin je viens de lire le récit poignant d’un miraculé du web 2.0 : David Wilkinson.

La photo de David Wilkinson

C’est l’histoire d’un petit garçon de 12 ans qui tient un blog sur l’actualité des gadgets avec deux potes. Mais voilà, un blog ça coûte des sous (hébergement, nom de domaine…). Un jour, il tombe sur un site sympa (ChipIn, un service de collecte de dons) et décide de tester le service pour rigoler, ça donne cette page : Techzi Fundraiser. Figurez-vous que depuis le début de l’année ce petit garçon a réussi à collecter près de 1.500 $, juste sur sa bonne bouille.

Je suis partagé entre différentes réactions :

  1. Les donateurs ont de l’argent à jeter par la fenêtre
  2. Le web 2.0 est une authentique poule aux oeufs d’or
  3. Je ne suis vraiment pas doué en affaire

Même si je suis content pour ce petit garçon (dont les parents doivent être très fier), je ne peux m’empêcher de penser que tout ça va mal finir. Je sais que vous devez très certainement trouver cette histoire très mignonne, mais au fond de vous, vous ne trouver pas ça un peu… un peu trop… bizarre ?

Et pendant ce temps là, eBay rachète StubHub pour 310 millions de $ et Yahoo! rachète MyBlogLog pour 12 millions de $… Donc va pour le mieux dans le meilleur des mondes…

2007, l’âge d’or pour les interfaces de nouvelle génération

Encore une prédiction : L’année 2007 sera une année faste pour les concepteurs d’interfaces. Nous allons en effet être les témoins d’une grande frénésie de l’innovation autour d’interfaces de tout types.

L’avènement des interfaces riches

Ils étaient hype en 2006, ils deviendront banals en 2007, les RIA vont nous envahir et nous n’en avons pas encore exploité tout le potentiel. De même, les RDA devront commencer à voir le jour, mais j’ai déjà eu de nombreuses occasions d’en parler donc je n’insiste pas.

Le renouveau des interfaces mobiles

Entre l’iPhone d’Apple et la version 2 de Yahoo! Go, l’interface va être le prochain terrain de bataille des grands acteurs mobiles, et attendez un peu que les rumeurs du Google Phone se confirme…

Il y a fort à parier que le rythme des innovations va encore s’accélérer avec l’apparition de widgets mobiles et autres Rich Mobile Applications.

Vers la télévision 2.0

Le salon et la sacro-sainte télévision va également bénéficier des interfaces innovantes de l’Apple TV et du Windows Home Server. Ces deux nouveaux entrants iront concurrencer l’ancêtre Tivo, et peut-être bien que Free va nous sortir une Freebox V6 révolutionnaire…

De nouvelles interfaces 3D

Même les interfaces des mondes 3D vont devoir s’améliorer pour pouvoir recruter toujours plus de membres. Second Life (encore lui ?) apporte déjà des choses très intéressantes avec ces menus en forme de camembert (pour une discussion d’experts à ce sujet ça se passe ici : The Pros and Cons of Pie). Il faudra également surveiller les futurs évolution de Google Earth (qui pourrait bien fusionner avec Orkut pour former le premier réseau social en 3D, mais c’est une autre histoire).

Bref, tout ça pour dire que les interfaces que nous avons connût vont progressivement être remplacés par des choses plus sexy et surtout plus simples, qui s’en plaindra ?

A quoi sert Second Life ?

C’est à la suite d’une très instructive émission diffusée vendredi soir sur Netgaming TV que j’ai entamé une réflexion de fond sur Second Life, et plus généralement sur l’intérêt des univers virtuels. Vous trouverez donc dans ce billet un certain nombre de questions existentielles relatives aux univers virtuels et à la condition sociale des avatars.

C’est quoi Second Life ?

Voilà une question anodine qui pourtant est au coeur de l’incompréhension latente de ce bazar. Selon Wikipedia version US, Second Life est un univers virtuel en 3D. Cette définition est pour moi tout à fait correcte, bien plus correcte que la traduction française de cette page Wikipedia où il est question d’un jeu de rôle à univers persistant en 3D. Faux, car qui a dit que Second Life était un jeu ? Personne, en tout cas pas les concepteurs qui le définissent comme une société en ligne balbutiante qui est entièrement façonnée par ses résidents (a burgeoning new online society, shaped entirely by its residents).

Je préfèrerais étendre cette définition et dire que Second Life est comme un média : chacun peut y trouver ce qu’il cherche. Au même titre que la télévision ou que l’internet, sur Second Life on peut se divertir, faire des rencontres, jouer, s’informer, créer, échanger, exprimer sa créativité… On y retrouve ainsi une population très hétéroclite où chaque résident est animé par des ambitions très variées : trouver l’âme soeur, passer du bon temps en s’extirpant du quotidien, faire des affaires, recruter des fidèles, assouvir ces fantasmes, faire avancer le débat politique… et parfois tout ça en même temps !

Pourquoi Second Life ?

Et pourquoi pas ? Car après tout le logiciel et l’accès à l’univers est gratuit. De plus, les contraintes y sont moindres et le sentiment de liberté est immense. A partir de là, pourquoi serions-nous condamnés à supporter le langage indéchiffrable des Skyblogs (lol-kikoo-mdr) et les mises en page hideuses des MySpace ?

Pour faire simple, je dirai que le succès de Second Life est conditionné par deux facteurs :

  • la créativité de nombreux résidents qui souhaitent partager leur talent ;
  • l’opportunisme d’un petit nombre qui souhaite spéculer à court terme.

Mais dans la mesure où nous sommes entre adultes consentants (car je vous rappelle qu’il existe un Second Life pour les moins de 18 ans), où est le mal ? Il est certain que si vous souhaitez voir des excentriques, des fanatiques, des marchands de sexe et autres cyber-terroristes alors vous allez être servi ! Mais vous avez aussi la possibilité de ne pas les voir, de les ignorer, comme vous pouvez le faire dans votre quotidien. La nature humaine est ainsi faite qu’elle autorise toutes sortes d’excès et de débordements, et Second Life ne fait pas exception.

Pourquoi dépenser son argent dans Second Life ?

Encore une fois et pourquoi pas ? Faire des achats dans Second Life n’est pas plus stupide que d’acheter des cigarettes ou des sonneries de téléphone portable : c’est juste un petit plaisir solitaire dont il ne reste pas grand chose au bout du compte.

Mais bon, comme on dit chez nous : les petits ruisseaux fond les grandes rivières, et le v-Business (Virtual Business) est une réalité fort lucrative : les marques font parler d’elles avec un minimum d’investissement, les créateurs d’objets et de biens relatifs aux avatars parviennent à monétiser leur créativité en limitant les frais, les promoteurs immobiliers et autres marchands de biens (virtuels) s’en donnent à coeur joie. Regardez par exemple comme il beau mon avatar avec son costume à patte d’eph’:

FredCardozo

 

Tout ceci est néanmoins très surprenant dans la mesure où la notion de propriété dans Second Life est tout relative : il s’agit plus d’une prestation que d’une priorité car le jour où les serveurs seront débranchés vous ne possèderez plus rien. Et pourtant ça marche…

Pourquoi communiquer dans Second Life ?

Nous en arrivons donc tout logiquement à nous demander dans quelle mesure une marque ou une institution aurait un intérêt à s’implanter dans cet univers virtuel. Les exemples de grandes marques américaines ayant tenté l’aventure sont nombreux, quoique….!…quand on y réfléchit bien, Second Life ne représente qu’à peine plus de 2 millions d’utilisateurs pour une cinquantaine de marques grand public. Est-ce une révolution dans l’univers de la communication de marque ? Non, pas réellement. En tout cas plus depuis que les annonceurs et les régies publicitaires ont intégré le virtuel (internet, jeux vidéos en ligne et univers virtuels) dans leur stratégie.

A partir de là, est-il réellement opportun de s’implanter dans Second Life ? La réponse à cette question est forcément ambigüe :

  • si vous êtes une marque qui cible exclusivement les jeunes et les adopteurs précoces alors oui, vous avez tout intérêt à y être ;
  • si vous avez l’ambition d’être la banque des jeunes et que ces même jeunes se lassent des T-shirt et des CD que vous offrez depuis 15 ans pour les séduire, alors oui vous avez bien raison d’y être (voir à ce sujet ce billet : BNP PARIBAS, premier grand groupe français dans Second Life ?) ;
  • si vous n’avez pas de site web ou si votre site web peut être amélioré, alors concentrez-vous sur cette tâche au lieu de vous disperser.

Conclusion

Vous l’aurez sans doute compris, le buzz médiatique autour de Second Life n’est pas forcément mérité. Pas forcément car cette plateforme est, rappelons-le, minuscule (moins de 2,5 millions de membres pour combien d’utilisateurs actifs ?) mais où néanmoins les possibilités sont immenses et où la créativité est au rendez-vous.

Inutile également de vous voiler la face : à l’instar des MySpace ou de YouTube, Second Life n’attirera jamais plus de 100 millions de membres. Tout simplement parce que les barrières à l’entrée y sont très élevées :

  • un matériel de pointe (ordinateur récent et très bonne connexion à internet) ;
  • une forte motivation (créer un avatar et comprendre le fonctionnement de l’interface demande bien 30 minutes, faire son premier achat est encore plus complexe) ;
  • une ambiance très folklorique (et c’est un euphémisme) qui peut refroidir plus d’un utilisateur ;
  • une concurrence très active de la part d’autres univers virtuels (Entropia Univers, There, Habbo Hotel, CyWorld, CityPixel…) ou de jeux en ligne (World of Warcraft, Everquest…).

Bref, tout porte à croire qu’avec Second Life, nous nous dirigeons tout droit vers une nouvelle (petite) bulle spéculative. Mais bon, c’est quand même très sympa d’y passer un petit moment.

Amazon lance une boutique semi-riche

Amazon vient juste de lancer une boutique en ligne indépendante de chaussures et de sacs à main : Endless. Cette boutique propose une expérience tout à fait intéressante avec un principe de navigation riche (ou du moins semi-riche).La page d'accueil de la boutique Endless

Une boutique semi-riche dans la mesure où les pages sont en HTML classique mais où le mode d’accès aux produits (navigation et système de filtre sur la gauche de l’écran) sont dynamisés avec de l’AJAX. Un compromis fort intéressant car le site est rapide, réactif et le processus de choix est très intuitif : des filtres successifs (par marque, gamme de prix, couleur…) sont activés et le choix est restreint automatiquement.

Bref, c’est de l’Ajax parfaitement dosé qui me fait penser à la boutique PimperLime ouverte par GAP.

/! Billet initialement publié sur FredCavazza.net.