Cartographie des univers virtuels

Les univers virtuels sont à la mode, c’est indéniable. Avec une très forte exposition médiatique d’univers comme Second Life ou World of Warcraft, les annonceurs et les utilisateurs découvrent des espaces de jeux, de communication, de divertissement et même de travail qui sont en rupture complète avec les espaces en 2D qu’ils connaissaient déjà.

Rupture complète ? Non pas tout à fait dans la mesure où la plupart de ces univers ne sont que des évolutions de services existants (chat, réseaux sociaux, cartographie…). Toujours est-il que ces univers apportent une bouffée d’oxygène à des concepts parfois vieillissants en ouvrant d’innombrables possibilités. Toutes ces nouvelles opportunités engendrent bien évidement beaucoup de convoitises et un environnement concurrentiel très tendu au sein duquel les univers les plus médiatisés ne sont pas forcément les plus intéressants.

Le saviez-vous ?

  • Il y a plus de 150 millions d’utilisateurs de Neopets qui ont créés plus de 217 millions de comptes (plus que de pages MySpace) ;
  • KartRider et QQ sont des plateformes sociales très orientées casual game qui génèrent chacune près de 100 M$ de bénéfices trimestriels ;
  • La somme totale des investissements dans les univers virtuels cette année s’élève à 1 milliard de dollars ($1 Billion Invested in Virtual Worlds in the Last Year).

Ces chiffres vous surprennent ? Et bien moi aussi ! Et pourtant ils sont réels.

Quatre grands domaines d’application

Comparer ces univers virtuels n’aurait pas beaucoup de sens. D’une part parce qu’ils sont très différents les uns des autres et ensuite parce qu’ils s’adressent à des cibles très différentes. Mais si vous souhaitez absolument avoir un tableau comparatif, je peux vous recommander ces deux comparatifs (partiels) : Virtual Worlds Comparison Chart et Casual Immersive Worlds.

Je vous propose de découvrir tous ces univers à travers une cartographie où sont représentés les principaux (il y en a près d’une centaine). Tous ne sont pas de vastes mondes virtuels à la Second Life, mais ils possèdent des caractéristiques communes : des avatars, une monnaie virtuelle ou un équivalent, des lieux virtuels où ces avatars se rencontrent, discutent, jouent et interagissent.

Cette cartographie est divisée en 4 domaines d’applications :

  • Social, avec des univers où la dimension communautaire est particulièrement développée ;
  • Games, avec des univers très orientés sur le jeu ;
  • Entertainment, où les activités de divertissement (musique, films…) servent de lien social ;
  • Business, où l’activité marchande est avant tout recherchée par les utilisateurs (vente ou échange de produits) et par les entreprises (simulation, formation à distance…).

Vous remarquerez que ces quatre domaines d’application ne sont pas exclusifs et qu’ils se chevauchent :

VirtualUniversesLandscape

 

Vous pouvez récupérer une version haute-définition de ce schéma ici : Virtual Universes Landscape.

Une typologie très large

Au sein de cette cartographie on trouve différents sous-ensembles qui correspondent à des usages bien précis :

Bien évidemment tous ces univers ne sont pas au même niveau de maturité : certains sont quasiment en fin de vie (Everquest), d’autres sont en ce moment fortement chahutés car jugés trop instables (Yankee Group Says Hype of Second Life Far Outweighs Its Ability to Impact Mainstream Interactivity), d’autres connaissent une croissance fulgurante (Gaia Online), d’autres enfin n’ont pas encore trouvé leur positionnement définitif (IMVU qui lorgne du côté des réseaux sociaux, Entropia Universe qui veut concurrencer les jeux vidéos).

Un marché en voie de saturation ?

Avec plus de 150 univers virtuels en activité ou en préparation, attendez vous à de nombreuses disparitions et acquisitions. Dans cette profusion, quel pourrait être le meilleur choix pour un annonceur ? Difficile à dire car pour l’instant seules deux catégories d’audience sont suffisamment bien ciblées : les très jeunes et les adultes (cf. Les univers virtuels se structurent pour attirer les annonceurs).

Il a fallu plus de 10 ans aux acteurs de l’internet pour se structurer et proposer des offres viables aux annonceurs en terme de ROI et d’outils de mesure. Combien de temps faudra-t-il à ces univers pour proposer des équivalents ? Qui sera en mesure de maîtriser le marché publicitaire de ces nouveaux territoires de communication ? La co-création est-il un modèle viable ? Autant de questions auxquelles nous trouverons des réponses dans les prochains mois.

28 réflexions sur “Cartographie des univers virtuels

  1. Bonjour Fred,

    Je voulais simplement signaler que j’ai une admiration profonde pour les early adopters dans ce cas ci car la cible est très très pointue et tout le monde reconait la saturation que nous connaissons au niveau des médias traditionnels.

    J’avoue cependant que les investissements pour lemoment pourraient être modérés.

    Merci pour les liens connexes.

    Serge TCHAHA.

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  2. > Ces chiffres …/… Et pourtant ils sont réels.

    Je ne pense pas que l’on puisse dire cela, du moins aussi simplement.

    On a déjà vu trop souvent que les chiffres sont pipés, sur- ou sous-évalués, sur-buzzés en salle de presse, etc. L’informatique est un domaine encore plus favorable, car la multiplication des petits pains est aussi facile que la modification d’une ligne de code.

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  3. Cartographie sans doute mouvante… mais bravo pour le remarquable travail de mise en perspective d’un secteur aux contours encore très flous.
    Ces univers étant appelés à se multiplier, prions très fort pour la portabilité des avatars…

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  4. 12 minutes par mois sur second life ? Et sûrement 12 minutes en tout et pour tout pour la majorité des utilisateurs inscrits. Il va commencer à être très difficile de vendre quoique ce soit à propos de SL. On est quand même bcp à n’avoir jamais cru aux louanges faites à SL meme s’il s’agit d’un beau terrain d’expérimentation.

    En revanche on donne gagnant le futur monde virtuel de la PS3 qui arrive dans quelques mois.

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  5. Concernant Second Life, qui est le seul monde virtuel connu à ce jour, en France, il y a la hype et le rejet…

    On entend très facilement :

    « Mais non il n’y a personne là-dessus… », « A quoi ça sert ? », « C’est has been ! », « Maintenant c’est Facebook ! » …

    Mais toujours : « C’est là qu’il faut être ».

    C’est bien pour ça que c’est intéressant.

    Il se passe plein de trucs dans SL. Il suffit de s’y intéresser un peu et de chercher des évènements des lieux et des personnes propres à une motivation.

    Quand on voit la belle cartographie ci-dessus, on comprend qu’il y a des chances que la « révélation » grand public puisse se produire ailleurs. Et alors ? Je continue à penser que Second Life n’a pas dit son dernier mot. Bien loin de là. C’est le moment d’y aller ou d’y retourner.

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  6. Bravo pour ce visuel! Premettez-moi d’apporter ma pierre à l’édifice:
    Un pavé « Applications Intra et extra-verses » pourrait être ajouté. Derrière le firewall, ces applications de type intranet et extranet sont des applications collaboratives en 3D qui augmentent la productivité en coupant notamment des phases de workflow puisque les acteurs sont présents ensemble dans la pièce virtuelle…
    Je voudrais nommer l’excellent Qwaq.com (USA), Tixeo.com (cocorico)et encore Forterra.com (USA, anciennement même société que There.com) qui a déjà verticalisé son offre (médical, industrie, défense).

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