Facebook Horizon sera-t-il le premier métavers grand public ?

Alors que le marché s’interroge sur les candidats au rachat de TikTok, d’autres se livrent à une course pour dominer la prochaine « Next Big Thing » : les métavers. Si les progrès des masques et des jeux sont indéniables, il manque encore à la réalité virtuelle le déclic qui va permettre de démocratiser les usages. Les environnements sociaux sont bien évidemment les premiers auxquels on pense, un domaine où Facebook excelle. Voilà pourquoi la pré-ouverture de Facebook Horizon est une étape cruciale dans la quête du premier véritable métavers.

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La revanche des environnements virtuels et leur impact sur les médias

Depuis que Facebook a racheté Oculus en 2014 Il y a un net regain d’intérêt pour la réalité virtuelle. Non pas que la technologie soit parfaitement au point, mais force est de constater qu’elle fait des progrès réguliers et que les usages se développent petit à petit. L’arrivée sur le marché de matériels particulièrement attractifs, couplée à un phénomène de lassitude des médias sociaux génère un mouvement de balancier dont les environnements virtuels sont les premiers bénéficiaires. Qui l’eût cru ? Hé bien justement ceux qui y ont toujours cru ! Tant mieux pour eux, et tant pis pour les médias historiques qui commencent à souffrir d’une concurrence redoutable.

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LA tendance 2011 pour les médias sociaux : la qualité

Faisant suite à l’article de Cédric, je vous propose mes réflexions sur LA grande tendance de 2011 : la qualité. Les années 2009-2010 ont ainsi été les témoins du formidable essor des médias sociaux. Pour mémoire, il y a près de 600 millions de comptes sur Facebook, 110 M de tweets envoyés chaque jour et plus de 35h de vidéo publié sur YouTube. Tout ceci participe à un phénomène d’accumulation des contenus et signaux sociaux qui aggrave le sentiment d’infobésité. Conséquence : les utilisateurs des médias sociaux se sentent submergés et sont en demande de contenus et interactions sociales plus enrichissantes.

Si les années passées ont été synonymes de croissance effrénée, l’année 2011 sera l’année de la maturité où l’on privilégiera la qualité à la quantité. Je ne vous apprendrais rien en disant que le niveau qualitatif moyen des contenus générés par les utilisateurs est plutôt bas. Si vous souhaitez relever le niveau, il va donc vous falloir exploiter les bons outils pour faire le tri et pour améliorer la qualité de vos publications ou de vos interactions sociales.

La curation pour améliorer la qualité des contenus

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais « curation » est véritablement l’expression à la mode. Le principe de la curation est de nettoyer pour ne conserver que le meilleur. Des plateformes sociales avec de gros volumes de contenus proposent ainsi des espaces de découverte de nouveaux contenus « nettoyés » (« curated content« ) comme WordPress avec FoodPress ou TumblR (Tumblr Adds Curated Topic Pages For Better Content Discovery) et MySpace avec leurs topic pages :

Myspace_Topic

L’idée est d’améliorer l’expérience avec du contenu de qualité et de fidéliser les lecteurs avec une mise en page plus agréable. Dans ce nouveau schéma, tout le monde est gagnant :

  • les lecteurs découvrent des contenus de qualité ;
  • les éditeurs fidélisent une audience qu’ils peuvent monétiser par la suite ;
  • les rédacteurs bénéficient d’une plus grande exposition ;
  • les annonceurs disposent d’un espace d’expression mieux maitrisé.

Cette formule magique semble particulièrement adaptée à des terminaux de consultation comme l’iPad dont l’application Flipboard est une réussite flamboyante. Il n’en faut pas plus pour attirer la convoitise d’autres acteurs comme Scoop.it qui ambitionne de proposer une expérience équivalente dans votre navigateur :

Scoop.it_

Vous noterez au passage que la notion de curation n’est pas nouvelle, car j’en parlais déjà il y a 1 an 1/2 : Le filtrage social comme remède à l’infobésité. Pour conclure sur ce point, je pense ne pas me tromper en disant que le contenu de qualité est source d’interactions sociales de qualité : Why Tumblr Is Better Than Facebook For Meeting New, Compatible Friends.

Les experts pour améliorer la qualité des discussions

Des plateformes sociales comme Twitter ou Facebook ont démocratisées le principe des conversations rapides : chacun livre ses réflexions et états d’âme en 140 caractères, on partage un lien, on s’envoie des boutades. Tout ceci est fort sympathique, mais n’encourage pas les discussions de qualité. Des services comme StackOverflow proposent ainsi une alternative très interessante, mais fortement verticalisée (il faut être dans le milieu pour suivre les discussions) : Les FAQ collaboratives comme alternatives aux forums ?

Mélangez ce principe de FAQ collaborative avec un moteur de recherche puissant, un référencement diablement efficace, une mécanique sociale bien rodée, une pointe d’exclusivité et vous obtenez Quora, LE phénomène social du moment : Is Quora the biggest blogging innovation in 10 years? et 7 Reasons Quora Could Be The Breakout Star of 2011.

Pour faire simple, Quora est une plateforme de questions/réponses qui intègre le meilleur des réseaux sociaux (Facebook Connect, des profils utilisateurs détaillés) et du microblogging (possibilité de suivre quelqu’un ou un sujet). Les éditeurs de ce service ont eu la bonne idée de le faire tourner au ralenti pendant presque un an avec un nombre très limité d’invitations (créant ainsi un sentiment d’appartenir à une élite). Chaque membre est invité à choisir un certain nombre de sujets et peut poser des questions ouvertes à la communauté ou des questions ciblées à un expert. Il en résulte une plateforme d’échange très riche avec des contributions de qualité.

Quora

Je suis bien incapable de dire comment Quora va évoluer, mais pour le moment cette plateforme semble avoir percé dans un domaine où les plus grands se sont cassé les dents (Maholo, Knol…).

Des outils de publication assistée pour améliorer la qualité de vos photos

YouTube et FlickR sont les figures les plus emblématiques du web 2.0 et de la vague des User Generated Content. Les contributions s’y comptent par milliards, mais ne sont pas un gage de qualité (loin de là). Je pense ne pas me tromper en disant qu’il n’y a pas de mystère : les seuls contenus de qualité sont publiés par des professionnels.

C’est ce que je pensais jusqu’à ce que je découvre Instagr.am. Il s’agit d’une application iPhone qui permet de partager vos photos. Jusque-là rien de révolutionnaire si ce n’est l’outil de publication qui permet d’ajouter des effets très sympathiques pour donner un rendu professionnel aux photos. Chaque cliché est ainsi très facilement stylisable en quelques clics :

Instagram

Couplé à des applications comme Camera+ ou ProCamera et des lentilles comme celles que propose Photojojo, les photos prises avec votre smartphone n’en seront que plus belles. Il n’a jamais été aussi simple de jouer les artistes !

Le succès d’Instagram est indéniable (Instagram Gets 1 Million Users in 10 Weeks) mais de nombreux concurrents sont déjà là : Hipstamatic, Pocketbooth, Path… Attendez-vous pour 2011 à une déferlante d’applications équivalentes, mais pour les vidéos (sur le même modèle que 8mn vintage Camera).

Un indice d’autorité pour améliorer la qualité de vos contacts

Avec tous ces contributeurs, il est difficile de s’y trouver, ou plutôt de se constituer une liste de contributeurs à valeur ajoutée. J’entends par là que dans un souci de gain de temps, et pour éviter de se faire submerger, les membres de plateformes comme Twitter sont à la recherche d’auteurs leur permettant de découvrir les contenus ou réflexions les plus intéressants. Des services comme Klout proposent ainsi de faire une analyse détaillée d’un compte Twitter et de vous sortir son profil (Curator, Broadcaster, Tought Leader, Conversationalist…) et son indice d’autorité pour que vous puissiez juger de l’intérêt de l’ajouter à votre liste :

Klout

Nous pourrions ainsi tout à fait envisager des fonctions de curation de listes qui passerait en revue les comptes que vous suivez et vous proposerait :

  • de supprimer les comptes qui ne sont pas compatibles avec vos exigences (indice d’autorité ou sujets abordés) ;
  • de vous proposer d’autres comptes en fonction de vos critères.

Il n’y a pour le moment pas beaucoup de services de scoring des utilisateurs ou des contributions (Grader, PostRank…) mais j’imagine tout à fait l’intérêt que pourraient avoir de tels services. En allant plus loin, nous pourrions également envisager un servie équivalent pour votre graphe social professionnel qui vous nettoierait votre liste de contacts des parasites ou connexions à faible valeur ajoutée et vous proposerait des contacts plus intéressants (noeuds forts) en fonction de votre profil (votre fonction, secteur d’activité, niveau d’étude…). Cette idée vous choque ? Pas moi, car je pense que tout le monde y gagnerait. LinkedIn pourrait proposer une telle fonction pour ses membres premium…

En conclusion je n’ai pas grand-chose d’autre à ajouter que de confirmer mon sentiment sur cette recherche de qualité. Je peux donc vous conseiller de réfléchir à la meilleure manière pour vous (et votre marque) de vous inscrire dans cette démarche.

Rétrospectives sur mes prédictions 2008

Comme chaque année, avant de me lancer dans le délicat exercice des prédictions de l’année 2009, je souhaiterais au préalable revenir sur les prédictions que j’avais faites en début d’année et voir si elles se sont réalisées.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

À défaut de forçage, on peut parler de bonne volonté, même si la route sera longueOpenID (implémenté par à peut-près tout le monde de Google à Yahoo! en passant par Microsoft), OpenSocialData AvailbilityData Portability… les initiatives ne manquent pas et des projets propriétaires comme Facebook Connect apparaissent comme ridiculement isolés. Dans tous les cas de figure, entre les réseaux sociaux de niche, les plateformes de création de réseaux sociaux et la socialisation des plateformes communautaires traditionnelles (type casual gaming…), l’avenir est bien évidement dans l’interopérabilité universelle.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Lancée en juillet 2008, l’App Store est une véritable machine de guerre qui génère des millions de $ de bénéfices, à tel point que l’iPhone est maintenant plus vu comme une console portable que comme un smartphone (cf. Is iPhone The New Gaming Platform?).

Verdict : Bingo !

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas un seul univers virtuel n’est lancé (ou n’est en exploitation) sans une très forte dimension sociale. Ce phénomène dépasse même largement le segment des jeunes (Réseaux sociaux + Univers virtuels = ExitReality ?) et concerne également les univers entre eux (Vers une extra-opérabilité des univers virtuels avec Myrl).

Verdict : Bingo !

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

Inutile de revenir là-dessus car je me suis déjà largement exprimé sur ce sujet : Social Networks + Casual Games = Social GamesLa Brute + MMO + Facebook = Elven Blood et Entropia Universe et Prizee au Salon du Jeu Vidéo.

Verdict : Bingo !

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Idem, je me suis déjà exprimé sur ce sujet : Microsoft lance une plateforme de création de jeux en ligne et EA se lance dans les User Generated Games.

Verdict : Bingo !

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Visiblement les architectures P2P font plus peur que rêver ! Toujours est-il qu’avec l’arrêt de projets comme Outback Online, et la refonte de Joost en un portail de diffusion plus traditionnel nous comme loin de mes prédictions.

Verdict : C’est raté !

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

La question de la monétisation (donc de l’évaluation) et du ROI des campagnes ciblant ces supports est plus que jamais d’actualité en cette période de « réduction de la voilure ». Comprenez par là que ces fameux indicateurs sont maintenant une nécessité mais que personne n’accepte encore de communiquer ouvertement dessus (chacun ayant son algorithme de social scoring). En attendant d’avoir un référentiel stabilisé et partagé par l’ensemble de la profession, vous pouvez toujours calculer votre Social Media Score.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

En plus d’un certain nombre de marques comme Mc Donald’s, Disney et Renault qui se sont lancées, nous voyons se multiplier les univers virtuels de niche en rapport avec des émissions de télévision (Star’Ac World, Plus belle la life) sous l’impulsion d’acteurs comme There ou Taatu (cf. There veut marcher sur les plates bandes de Second Life et Taatu, une solution “clé en main” qui séduit les annonceurs) de même que l’apparition de réseaux sociaux centrés sur des people (Les peoples envahissent les réseaux sociaux).

Verdict : Bingo !

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Nombreuses sont les innovations qui ont vu le jour cette année : au niveau de l’interface (3D, vidéo… des tonnes d’exemples à découvrir sur RichCommerce.fr), au niveau des terminaux mobiles (Bientôt le ‘visual search engine’ sur iPhone), au niveau des utilisateurs et de leur capacité de recommandation (Amazon et la longue traîne du web TV shopping). Il y a également de la nouveauté dans les solutions de paiement avec 3D Secure mais je ne préfère pas aborder le sujet car ça risque de dégénérer… Bref, le e-Commerce se porte bien et l’innovation n’est pas prête de s’arrêter.

Verdict : Bingo !

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Décidément le web sémantique n’en finit plus d’être (re)lancer avec des services comme Twine, Swirrl et des notions comme semantic desktop ou les semantic web apps. Bref, il y a des couches sémantiques à tous les étages… mais pas chez les moteurs de recherche. Visiblement nous nous dirigeons donc vers une « sémantisation sociale » du web (contenus, applications, utilisateurs…) réalisée par les internautes et non par des agents intelligents. Donc ils ne le sont pas tant que ça en fait (intelligents) (les agents).

Verdict : C’est raté !

 

Bon… avec 6 prédictions réalisées et 2 en voie de réalisation ça me fait un très beau palmarès, non ? J’espère que mes prédictions 2009 connaitrons une même réussite !

Grandeur, décadence, résurrection, sublimation et transformation de Second Life

Voilà un petit bout de temps que je n’ai pas parlé de Second Life, il faut dire que je publie maintenant l’actualité des univers virtuels sur VirtualWorldsNews. Il n’empêche, d’après les discussions que je peux avoir avec mes lecteurs (quand je les croise), j’ai comme l’impression que l’image de Second Life reste irrémédiablement ternie (« ce truc dont on a tant entendu parler l’année dernière et qui s’est effondré« ).

Oui effectivement, on en a beaucoup (trop) entendu parler mais Second Life ne s’est pas effondré. Bien au contraire puisque cette plateforme continue régulièrement d’évoluer et de s’améliorer (cf. Le plein de nouveautés pour Second Life et Beaucoup de changements sous le capot de Second Life). Plateforme ? Oui tout à fait car Second Life n’est plus réellement un univers virtuel mais quelque chose de maintenant bien plus vaste, une sorte d’écosystème à part.

sl

 

Bref, ce billet est l’occasion pour moi de refaire l’historique de mes prises de position vis à vis de Second Life et pour vous d’avoir une seconde lecture :

  1. Grandeur = Tout le monde fait son show dans Second Life (Septembre 2006) ;
  2. Décadence = Pourquoi je ne crois plus en Second Life (Mars 2007) ;
  3. Résurrection = S’il ne doit en rester qu’un, ça sera Second Life – ou pas (Juillet 2007) ;
  4. Sublimation = Second Life – Linden Lab = OpenSim (Juillet 2008) ;
  5. Transformation = Vive les espaces de travail virtuels ! (Octobe 2008).

Voilà, j’espère que ces différents billets vous aideront à mieux comprendre le parcours chaotique et surtout la situation dans laquelle Linden Lab et son tout nouveau CEO se retrouvent.