LA tendance 2011 pour les médias sociaux : la qualité

Faisant suite à l’article de Cédric, je vous propose mes réflexions sur LA grande tendance de 2011 : la qualité. Les années 2009-2010 ont ainsi été les témoins du formidable essor des médias sociaux. Pour mémoire, il y a près de 600 millions de comptes sur Facebook, 110 M de tweets envoyés chaque jour et plus de 35h de vidéo publié sur YouTube. Tout ceci participe à un phénomène d’accumulation des contenus et signaux sociaux qui aggrave le sentiment d’infobésité. Conséquence : les utilisateurs des médias sociaux se sentent submergés et sont en demande de contenus et interactions sociales plus enrichissantes.

Si les années passées ont été synonymes de croissance effrénée, l’année 2011 sera l’année de la maturité où l’on privilégiera la qualité à la quantité. Je ne vous apprendrais rien en disant que le niveau qualitatif moyen des contenus générés par les utilisateurs est plutôt bas. Si vous souhaitez relever le niveau, il va donc vous falloir exploiter les bons outils pour faire le tri et pour améliorer la qualité de vos publications ou de vos interactions sociales.

La curation pour améliorer la qualité des contenus

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais « curation » est véritablement l’expression à la mode. Le principe de la curation est de nettoyer pour ne conserver que le meilleur. Des plateformes sociales avec de gros volumes de contenus proposent ainsi des espaces de découverte de nouveaux contenus « nettoyés » (« curated content« ) comme WordPress avec FoodPress ou TumblR (Tumblr Adds Curated Topic Pages For Better Content Discovery) et MySpace avec leurs topic pages :

Myspace_Topic

L’idée est d’améliorer l’expérience avec du contenu de qualité et de fidéliser les lecteurs avec une mise en page plus agréable. Dans ce nouveau schéma, tout le monde est gagnant :

  • les lecteurs découvrent des contenus de qualité ;
  • les éditeurs fidélisent une audience qu’ils peuvent monétiser par la suite ;
  • les rédacteurs bénéficient d’une plus grande exposition ;
  • les annonceurs disposent d’un espace d’expression mieux maitrisé.

Cette formule magique semble particulièrement adaptée à des terminaux de consultation comme l’iPad dont l’application Flipboard est une réussite flamboyante. Il n’en faut pas plus pour attirer la convoitise d’autres acteurs comme Scoop.it qui ambitionne de proposer une expérience équivalente dans votre navigateur :

Scoop.it_

Vous noterez au passage que la notion de curation n’est pas nouvelle, car j’en parlais déjà il y a 1 an 1/2 : Le filtrage social comme remède à l’infobésité. Pour conclure sur ce point, je pense ne pas me tromper en disant que le contenu de qualité est source d’interactions sociales de qualité : Why Tumblr Is Better Than Facebook For Meeting New, Compatible Friends.

Les experts pour améliorer la qualité des discussions

Des plateformes sociales comme Twitter ou Facebook ont démocratisées le principe des conversations rapides : chacun livre ses réflexions et états d’âme en 140 caractères, on partage un lien, on s’envoie des boutades. Tout ceci est fort sympathique, mais n’encourage pas les discussions de qualité. Des services comme StackOverflow proposent ainsi une alternative très interessante, mais fortement verticalisée (il faut être dans le milieu pour suivre les discussions) : Les FAQ collaboratives comme alternatives aux forums ?

Mélangez ce principe de FAQ collaborative avec un moteur de recherche puissant, un référencement diablement efficace, une mécanique sociale bien rodée, une pointe d’exclusivité et vous obtenez Quora, LE phénomène social du moment : Is Quora the biggest blogging innovation in 10 years? et 7 Reasons Quora Could Be The Breakout Star of 2011.

Pour faire simple, Quora est une plateforme de questions/réponses qui intègre le meilleur des réseaux sociaux (Facebook Connect, des profils utilisateurs détaillés) et du microblogging (possibilité de suivre quelqu’un ou un sujet). Les éditeurs de ce service ont eu la bonne idée de le faire tourner au ralenti pendant presque un an avec un nombre très limité d’invitations (créant ainsi un sentiment d’appartenir à une élite). Chaque membre est invité à choisir un certain nombre de sujets et peut poser des questions ouvertes à la communauté ou des questions ciblées à un expert. Il en résulte une plateforme d’échange très riche avec des contributions de qualité.

Quora

Je suis bien incapable de dire comment Quora va évoluer, mais pour le moment cette plateforme semble avoir percé dans un domaine où les plus grands se sont cassé les dents (Maholo, Knol…).

Des outils de publication assistée pour améliorer la qualité de vos photos

YouTube et FlickR sont les figures les plus emblématiques du web 2.0 et de la vague des User Generated Content. Les contributions s’y comptent par milliards, mais ne sont pas un gage de qualité (loin de là). Je pense ne pas me tromper en disant qu’il n’y a pas de mystère : les seuls contenus de qualité sont publiés par des professionnels.

C’est ce que je pensais jusqu’à ce que je découvre Instagr.am. Il s’agit d’une application iPhone qui permet de partager vos photos. Jusque-là rien de révolutionnaire si ce n’est l’outil de publication qui permet d’ajouter des effets très sympathiques pour donner un rendu professionnel aux photos. Chaque cliché est ainsi très facilement stylisable en quelques clics :

Instagram

Couplé à des applications comme Camera+ ou ProCamera et des lentilles comme celles que propose Photojojo, les photos prises avec votre smartphone n’en seront que plus belles. Il n’a jamais été aussi simple de jouer les artistes !

Le succès d’Instagram est indéniable (Instagram Gets 1 Million Users in 10 Weeks) mais de nombreux concurrents sont déjà là : Hipstamatic, Pocketbooth, Path… Attendez-vous pour 2011 à une déferlante d’applications équivalentes, mais pour les vidéos (sur le même modèle que 8mn vintage Camera).

Un indice d’autorité pour améliorer la qualité de vos contacts

Avec tous ces contributeurs, il est difficile de s’y trouver, ou plutôt de se constituer une liste de contributeurs à valeur ajoutée. J’entends par là que dans un souci de gain de temps, et pour éviter de se faire submerger, les membres de plateformes comme Twitter sont à la recherche d’auteurs leur permettant de découvrir les contenus ou réflexions les plus intéressants. Des services comme Klout proposent ainsi de faire une analyse détaillée d’un compte Twitter et de vous sortir son profil (Curator, Broadcaster, Tought Leader, Conversationalist…) et son indice d’autorité pour que vous puissiez juger de l’intérêt de l’ajouter à votre liste :

Klout

Nous pourrions ainsi tout à fait envisager des fonctions de curation de listes qui passerait en revue les comptes que vous suivez et vous proposerait :

  • de supprimer les comptes qui ne sont pas compatibles avec vos exigences (indice d’autorité ou sujets abordés) ;
  • de vous proposer d’autres comptes en fonction de vos critères.

Il n’y a pour le moment pas beaucoup de services de scoring des utilisateurs ou des contributions (Grader, PostRank…) mais j’imagine tout à fait l’intérêt que pourraient avoir de tels services. En allant plus loin, nous pourrions également envisager un servie équivalent pour votre graphe social professionnel qui vous nettoierait votre liste de contacts des parasites ou connexions à faible valeur ajoutée et vous proposerait des contacts plus intéressants (noeuds forts) en fonction de votre profil (votre fonction, secteur d’activité, niveau d’étude…). Cette idée vous choque ? Pas moi, car je pense que tout le monde y gagnerait. LinkedIn pourrait proposer une telle fonction pour ses membres premium…

En conclusion je n’ai pas grand-chose d’autre à ajouter que de confirmer mon sentiment sur cette recherche de qualité. Je peux donc vous conseiller de réfléchir à la meilleure manière pour vous (et votre marque) de vous inscrire dans cette démarche.

Rétrospectives sur mes prédictions 2008

Comme chaque année, avant de me lancer dans le délicat exercice des prédictions de l’année 2009, je souhaiterais au préalable revenir sur les prédictions que j’avais faites en début d’année et voir si elles se sont réalisées.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

À défaut de forçage, on peut parler de bonne volonté, même si la route sera longueOpenID (implémenté par à peut-près tout le monde de Google à Yahoo! en passant par Microsoft), OpenSocialData AvailbilityData Portability… les initiatives ne manquent pas et des projets propriétaires comme Facebook Connect apparaissent comme ridiculement isolés. Dans tous les cas de figure, entre les réseaux sociaux de niche, les plateformes de création de réseaux sociaux et la socialisation des plateformes communautaires traditionnelles (type casual gaming…), l’avenir est bien évidement dans l’interopérabilité universelle.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Lancée en juillet 2008, l’App Store est une véritable machine de guerre qui génère des millions de $ de bénéfices, à tel point que l’iPhone est maintenant plus vu comme une console portable que comme un smartphone (cf. Is iPhone The New Gaming Platform?).

Verdict : Bingo !

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas un seul univers virtuel n’est lancé (ou n’est en exploitation) sans une très forte dimension sociale. Ce phénomène dépasse même largement le segment des jeunes (Réseaux sociaux + Univers virtuels = ExitReality ?) et concerne également les univers entre eux (Vers une extra-opérabilité des univers virtuels avec Myrl).

Verdict : Bingo !

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

Inutile de revenir là-dessus car je me suis déjà largement exprimé sur ce sujet : Social Networks + Casual Games = Social GamesLa Brute + MMO + Facebook = Elven Blood et Entropia Universe et Prizee au Salon du Jeu Vidéo.

Verdict : Bingo !

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Idem, je me suis déjà exprimé sur ce sujet : Microsoft lance une plateforme de création de jeux en ligne et EA se lance dans les User Generated Games.

Verdict : Bingo !

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Visiblement les architectures P2P font plus peur que rêver ! Toujours est-il qu’avec l’arrêt de projets comme Outback Online, et la refonte de Joost en un portail de diffusion plus traditionnel nous comme loin de mes prédictions.

Verdict : C’est raté !

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

La question de la monétisation (donc de l’évaluation) et du ROI des campagnes ciblant ces supports est plus que jamais d’actualité en cette période de « réduction de la voilure ». Comprenez par là que ces fameux indicateurs sont maintenant une nécessité mais que personne n’accepte encore de communiquer ouvertement dessus (chacun ayant son algorithme de social scoring). En attendant d’avoir un référentiel stabilisé et partagé par l’ensemble de la profession, vous pouvez toujours calculer votre Social Media Score.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

En plus d’un certain nombre de marques comme Mc Donald’s, Disney et Renault qui se sont lancées, nous voyons se multiplier les univers virtuels de niche en rapport avec des émissions de télévision (Star’Ac World, Plus belle la life) sous l’impulsion d’acteurs comme There ou Taatu (cf. There veut marcher sur les plates bandes de Second Life et Taatu, une solution “clé en main” qui séduit les annonceurs) de même que l’apparition de réseaux sociaux centrés sur des people (Les peoples envahissent les réseaux sociaux).

Verdict : Bingo !

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Nombreuses sont les innovations qui ont vu le jour cette année : au niveau de l’interface (3D, vidéo… des tonnes d’exemples à découvrir sur RichCommerce.fr), au niveau des terminaux mobiles (Bientôt le ‘visual search engine’ sur iPhone), au niveau des utilisateurs et de leur capacité de recommandation (Amazon et la longue traîne du web TV shopping). Il y a également de la nouveauté dans les solutions de paiement avec 3D Secure mais je ne préfère pas aborder le sujet car ça risque de dégénérer… Bref, le e-Commerce se porte bien et l’innovation n’est pas prête de s’arrêter.

Verdict : Bingo !

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Décidément le web sémantique n’en finit plus d’être (re)lancer avec des services comme Twine, Swirrl et des notions comme semantic desktop ou les semantic web apps. Bref, il y a des couches sémantiques à tous les étages… mais pas chez les moteurs de recherche. Visiblement nous nous dirigeons donc vers une « sémantisation sociale » du web (contenus, applications, utilisateurs…) réalisée par les internautes et non par des agents intelligents. Donc ils ne le sont pas tant que ça en fait (intelligents) (les agents).

Verdict : C’est raté !

 

Bon… avec 6 prédictions réalisées et 2 en voie de réalisation ça me fait un très beau palmarès, non ? J’espère que mes prédictions 2009 connaitrons une même réussite !

Grandeur, décadence, résurrection, sublimation et transformation de Second Life

Voilà un petit bout de temps que je n’ai pas parlé de Second Life, il faut dire que je publie maintenant l’actualité des univers virtuels sur VirtualWorldsNews. Il n’empêche, d’après les discussions que je peux avoir avec mes lecteurs (quand je les croise), j’ai comme l’impression que l’image de Second Life reste irrémédiablement ternie (« ce truc dont on a tant entendu parler l’année dernière et qui s’est effondré« ).

Oui effectivement, on en a beaucoup (trop) entendu parler mais Second Life ne s’est pas effondré. Bien au contraire puisque cette plateforme continue régulièrement d’évoluer et de s’améliorer (cf. Le plein de nouveautés pour Second Life et Beaucoup de changements sous le capot de Second Life). Plateforme ? Oui tout à fait car Second Life n’est plus réellement un univers virtuel mais quelque chose de maintenant bien plus vaste, une sorte d’écosystème à part.

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Bref, ce billet est l’occasion pour moi de refaire l’historique de mes prises de position vis à vis de Second Life et pour vous d’avoir une seconde lecture :

  1. Grandeur = Tout le monde fait son show dans Second Life (Septembre 2006) ;
  2. Décadence = Pourquoi je ne crois plus en Second Life (Mars 2007) ;
  3. Résurrection = S’il ne doit en rester qu’un, ça sera Second Life – ou pas (Juillet 2007) ;
  4. Sublimation = Second Life – Linden Lab = OpenSim (Juillet 2008) ;
  5. Transformation = Vive les espaces de travail virtuels ! (Octobe 2008).

Voilà, j’espère que ces différents billets vous aideront à mieux comprendre le parcours chaotique et surtout la situation dans laquelle Linden Lab et son tout nouveau CEO se retrouvent.

Lively deviendra-t-il une plateforme de jeux ?

Voilà maintenant 3 mois que Google a sorti son univers virtuel (Lively). 3 mois pendant lesquels leurs équipes ont travaillé à l’enrichissement de cette plateforme (cf. Lively, un potentiel encore insoupçonné ?). Alors que les spéculations allaient bon train, Kevin Hanna (le directeur de création) a récemment fait une déclaration surprenante : Une API sera prochainement déployée pour pouvoir intégrer des gadgets interactifs (cf. Hanna Talks Google Lively’s Game API Extensions).

« Gadgets interactifs » ? Oui tout à fait, des gadgets interactifs qui permettraient à des développeurs indépendants de publier des jeux au sein de l’univers. Pettie précision, ces « gadgets interactifs » sont une version évoluée des « gadgets » déjà supportés qui permettent d’encapsuler de la vidéo. De là à interpréter cela comme une Game API, il n’y a qu’un pas : Lively, a Future Platform for Online Games.

lively_video

Bientôt une 3D Game API ?

Plus intéressant, ce même Kevin aurait donné plus de détails lors d’une interview accordée à Games Industry :

  • Cette API permettra d’intégrer des jeux en 2D mais devrait rapidement évoluer pour pouvoir encapsuler des jeux en 3D ;
  • Ils ne prévoient pas pour le moment de monnaie virtuelle mais un système de micro-transactions en mode P2P (une extension de Google Checkout ?) qui permettrait aux utilisateurs de… payer pour les jeux (cf. Google to Open Up Lively to Developers) ;
  • Les utilisateurs pourraient choisir entre plusieurs avatars en fonction de l’endroit où ils se rendent et de ce qu’ils vont y faire (cf. Will Lively Be a Game Platform?) ;
  • La plateforme Lively serait également exploitée pour un usage plus sérieux (cf. Google Looking at Lively for Enterprise?).

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Rich Internet Game ou Gaming Platform as a Service ?

Exploiter le plug-in de Lively comme un moteur graphique de jeu en ligne ? N’est-ce pas ce que l’on pourrait appeler un Rich Internet Game (par analogie aux Rich Internet Applications) ? Il faut dire que cette solution est plus qu’alléchante : pas de moteur physique à développer ou de plug-in complexe à faire installer, pas de système de paiement à implémenter, une très forte audience…

Bref, Lively pourrait potentiellement être considéré comme une plateforme de distribution, une sorte de Gaming Platform as a Service qui viendrait compléter  le App Engine réservé aux applications plus traditionnelles.

Bien évidement ne vous imaginez pas des jeux aussi sophistiqués que Far Cry II, mais plutôt des jeux à forte dimension sociale, des sortes de Social Games en 3D. Lively serait donc plus un concurrent pour Kongregate ou Shockwave et se différencierait ainsi des autres univers virtuels « légers » (cf. Un retour dans le browser pour les univers virtuels ?).

lively_mmo

Reste encore à Google d’assurer une bonne compatibilité de son plug-in (notamment avec Mac / Linux) et à développer une version plus robuste pour Chrome (car de nombreux problèmes de montée en charge subsistent encore). Et tant que l’on y est, pourquoi ne pas envisager une version mobile sur Android ?

Un concert virtuel de Motörhead dans Entropia Universe

D’habitude je réserve tout les billets concernant les univers virtuels et le v-business pour mon blog marketingvirtuel.fr, mais là… nous sommes face à une situation exceptionnelle. Motörhead s’associe avec Mindark pour préparer le lancement de la nouvelle version d’Entropia Universe : Motörhead Frontman Lemmy to Launch Own Private Army Inside Virtual World Entropia Universe.

motorhead_eu

 

Pour celles et ceux qui se posent la question, Entropia Universe est un univers virtuel hors norme qui occupe le haut du panier, aussi bien au niveau de son système économique (cf. Entropia Universe, nouveau paradis du V-business) que de son moteur graphique (cf. Entropia Universe intègrera le moteur graphique CryEngine2). Il n’y a guère que Blue Mars pour venir le concurrencer sur ce terrain. L’éditeur (Mindark) annonce ainsi un volume de transactions assez impressionnant (400 millions de $ pour 2007) et la rumeur prétend qu’ils préparent une introduction à la bourse de Stockholm pour l’année prochaine (c’est une société suédoise).

Bref, tout ça pour dire que Entropia Universe s’apprête à faire peau neuve et qu’ils se sont associés à des ambassadeurs de charme (hum hum) pour assurer le spectacle (hum hum). Il est donc prévu d’ouvrir un temple du hard rock (Motorhead Stadium) où le groupe se produira régulièrement et de rassembler une armée (Lenny’s Army) pour accomplir quelques quêtes en compagnie de vos hardeurs préférés (bah oui quoi !). Dans son infinie bonté, le groupe a même prévu de vendre un certain nombre de goodies à son effigie (armures, slip en cuir…).

Je ne sais pas trop comment réagir à cette nouvelle, car d’autres groupes se sont déjà produits dans des univers virtuels (U2, DuranDuran et Suzan Vega dans Second Life, Bob Sinclar et de nombreux « groupes de jeunes » dans Taatu…). Mais force est de constater qu’en ayant recours à un vieux groupes de hard rock sur le retour ils réalisent un coup de maitre en se démarquant très nettement de la concurrence. Ce magistral coup de RP me confirme l’impression que les suédois sont passés maîtres dans le registre de la communication décalée.

Et pour celles et ceux qui se posent la question : Non, Entropia Universe n’est pas le nouveau Second Life, ces deux univers n’ont pas grand chose en commun (positionnement, ambitions, modèle économique…), à la limite There, mais c’est une autre histoire : There veut marcher sur les plates bandes de Second Life.

Et enfin pour celles et ceux qui se posent la question, Motörhead est un groupe de hard rock mythique des années 80. Pour plus d’infos, merci de vous adresser à Eric (après tout c’est son époque) ou à Tristan (après tout il est motard).

(via WorldsInMotion)

Google lance son univers virtuel (Lively)

Voilà c’est fait, après 1 an d’attente et de rumeurs, la nouvelle est enfin tombé : Google lance son propre univers virtuel. Plutôt que d’univers virtuel, nous pourrions plus parler de tchat en 3D car Lively est beaucoup plus proche de IMVU que de Second Life.

Difficile de passer à côté tant la couverture a été large :

La première impression est assez déroutante car le site est d’une austérité dramatique : trois images, une petite vidéo de teasing, un fond gris et c’est tout. Certes, c’est simple et efficace mais ça ne fait pas trop envie. Enfin bref, la suite est nettement plus intéressante, d’autant plus que l’inscription se fait en un seul clic (avec votre compte Gmail).

Lively_Home

Le web en 3D dans votre navigateur

Il faut ensuite télécharger un plug-in (uniquement sur Windows) pour pouvoir accéder à l’univers directement depuis la fenêtre de votre navigateur. Un choix très intéressant et surtout structurant pour l’approche de Google sur le web 3D. Le web 3D ? Oui tout à fait, car c’est bien de cela dont on parle pour le moment : une virtualisation des systèmes communautaires et des tchats.

Certains observateurs avertis soupconnent la « bête » de tourner sur une version modifiée de Flex (Google Uses Flex for Lively UI?) mais cela reste encore à confirmer…

Dès l’installation du plug-in vous êtes ensuite invité à rejoindre une « room« . Deuxième choix structurant de Google qui privilégie l’aspect social plutôt que les immenses espaces virtuels modélisés en 3D (laissant cela à Google Earth). Une fois dans la pièce, vous avez la possibilité de découvrir l’interface : très sobre et d’une prise en main assez intuitive. Vous noterez que l’ensemble prend très peu de place (moins de 800px de large), peut-être un moyen d’éviter de surcharger le processeur et/ou la carte graphique avec des espaces 3D trop complexes.

Lively_Interface

Viens ensuite l’étape de création de votre avatar. Plusieurs look génériques vous sont proposés comme point de départ avant de vous lancer dans une personnalisation plus fine (et facultative). Un choix très limité de coupes de cheveux et vêtements vous sont proposés afin de simplifier la procédure… et surtout de mettre en valeur la boutique. En fait de boutique il s’agit plutôt d’une place de marché d’objets virtuels. Un domaine que Google connait très bien avec le 3D warehouse qui est en ligne depuis plusieurs années.

Lively_Avatar

Maintenant que tout est en place, vous allez enfin pouvoir découvrir les pièces en elle-même. Chose surprenante, vous ne déplacez pas votre avatar avec le clavier ou avec un système de clic&go (vous cliquez à un endroit et l’avatar s’y rend avec ses petites jambes) mais avec un principe de drag&drop : vous bougez tout simplement votre avatar dans la pièce. C’est déstabilisant au début mais très efficace.

Un univers plus social que virtuel ?

Le nombre d’avatars dans une pièce semble être limité à quelque dizaines de personnes. C’est à la fois peu… et largement suffisant pour discuter, danser, faire des pitreries et sociabiliser. C’est encore une fois la preuve que Google a bien réfléchi à son produit et qu’il adopte une stratégie de niche (sociale) plutôt que d’univers à tout faire. Ce positionnement se confirme avec la possibilité d’encapsuler (de publier) sa pièce sur votre blog / page MySpace… Il n’est donc pas question pour Google de travailler à la fois sur un univers virtuel et sur un réseau social complémentaire : ils tentent plutôt de virtualiser les médias sociaux en se servant du web comme couche sociale.

Lively_Social

Ceci ne vous rappelle rien ? Oui c’est exactement la même chose qu’avec Google Friend Connect : plutôt que de gaspiller du temps et de l’énergie à attirer (détourner ?) du trafic, ils exportent le service là où il y en a. Nous sommes donc en présence d’un widget social en 3D. Et inversement, il est possible d’injecter de la musique, des vidéos (Youtube) et des photos (Picasa) dans les pièces.

My avatar is rich

Google a déjà prévenu qu’ils étaient favorables à la présence de marques (pas fou les gars !). Ceci ouvre donc la voie à de nombreuses possibilités de placement de produits, d’habillage de pièces et autres déclinaisons du v-business. D’ailleurs certaines agences spécialisées sont déjà positionnées sur le créneau : Millions Of Us, Rivers Run Red Developing Branded Spaces For Lively. C’est fou mais les premiers clients sont déjà là. En poussant cette logique, on en vient à se demander s’ils n’implanteront pas bientôt des panneaux publicitaires (des bannières virtuelles).

Lively_NationalGeographic

Pas encore de précisions sur une probable monnaie virtuelle mais il y a très fort à parier que Google saura trouver le moyen d’introduire du micro-paiement dans tout ça, notamment au travers de la place de marché et de Google Checkout.

Lively_Shop

Les derniers sont toujours les premiers (premiers à quoi ?)

Force est de constater que Google a prit son temps avant de se lancer dans l’aventure (cf. la Virtual Worlds Timeline). Quoi que cette affirmation est discutable dans la mesure où Lively est en quelque sorte le dernier maillon d’une longue chaîne : Google Earth, Google Sketchup, Google Virtual Warehouse, Google Street View… sont tous des produits liés à la 3D.

Même si Lively part avec un gros retard sur la concurrence et notamment face à IMVU (dont j’ai déjà parlé ici : Une introduction en bourse pour IMVU ?), dont le patron ne s’inquiète pas plus que cela : IMVU On Lively: Virtual World Space Is Big Enough For Both Platforms To Succeed. Il est vrai que le marché semble suffisamment porteur pour que ces univers ne se marchent pas (trop) sur les pieds : Virtual Worlds Are So Hot Right Now: $345 Million Invested So Far This Year.

Premières conclusions (hâtives)

Je me doute bien que vous risquez de trouver cet univers très décevant, et vous ne serez pas les seuls (euphémisme) : Google Lively not well recieved et What people are Twittering about Google’s Lively virtual world. Mon conseil : n’essayez surtout pas de comparer Lively à Second Life car ces deux univers (plateformes ?) ne jouent pas du tout dans la même catégorie.

Il est encore trop tôt pour pleinement mesurer l’ambition de Google via à vis de ce Lively mais on peut d’hors et déjà faire de très belles prédictions quand à une authentique stratégie de conquête du web 3D : basée sur un environnement de production (Sketchup), une place de marché des modèles 3D (3D warehouse), un univers virtuel très casual (Lively), un univers plus sérieux (Earth)…

Prochaines étapes logiques :

  • Une intégration des autres outils « sociaux » comme Google Talk ;
  • Une infiltration progressive des avatars de Lively dans tous les services Google (à l’image de ce que fait Yahoo! avec ses avatars) ;
  • Une fusion avec Orkut pour faire du nouvel ensemble une plateforme sociale plus complète capable de rivaliser avec… heu… avec qui déjà ?

La croissance s’accélère pour les univers virtuels et les plateformes de jeux en ligne

Avez-vous remarqué à quel point l’actualité est chaude autour des univers virtuels et desplateformes de jeux multi-joueurs ? En fait l’actu n’est pas « chaude » mais « archi-bouillante«  : annonces d’ouverture de nouveaux services à tout-va, montants d’investissements colossaux, taux de croissance à deux chiffres… Les univers virtuels et plateformes de jeux pour ados et préados sont en passe de devenir le nouvel eldorado des investisseurs (et prochainement des annonceurs).

Petit résumé des ces dernières semaines :

La liste est longue et il semblerait que j’avais vu juste dans mes prédictions 2008 : les pseudo-univers virtuels et plateformes de jeux en ligne vont connaitre une croissance spectaculaire en 2008 et petit à petit grignoter de la part d’audience (donc des annonceurs) aux réseaux sociaux.

Il ne vous reste plus qu’une seule chose à faire, vous replonger dans mes précédents billets qui couvrent ces sujets : L’invasion des nouvelles plateformes sociales, Réseau social + univers virtuel + jeu en ligne = $ et Après les Rich Internet Applications, les Rich Internet Games ?.