Les acquisitions ratées de Google

Alors que Google vient d’annoncer des résultats trimestriels flamboyants et que les invitations pour Google Wave distribuées au compte goute se revendent sur eBay, je m’interroge sur les raisons de l’échec du rachat de certaines start-up. Échec ? Oui tout à fait, car si l’on remonte le temps, toutes les acquisitions de Google n’ont pas été fructueuses :

  • Jotspot, un formidable outil de collaboration en ligne qui a été refondu en Google Sites. Quel dommage de dénaturer cette solution d’intranets applicatifs à la sauce wiki en un produit de collaboration un peu cheap, il y avait réellement de quoi barrer la route à SocialText.
  • Measure Map, un très bon outils de mesure d’audience dédié aux blogs qui a été refondu dans Google Analytics. Un beau gâchis, surtout si l’on met ça en parallèle avec le rachat de FeedBurner, l’outil d’analyse des flux RSS, dont le service n’a quasiment pas évolué (et dont le fondateur est parti). Là encore il y avait de quoi verrouiller le marché de l’analyse d’audience des blogs (site + flux RSS).
  • Jaiku, un très visionnaire outil de microblogging qui a depuis été abandonné et dont le code source a été publié. Il n’y avait pas de quoi faire barrage à l’irrésistible ascension de Twitter mais un potentiel largement suffisant pour étouffer FriendFeed ou Tumblr.
  • DodgeBall, un réseau social local qui a fait long feu et dont le fondateur est parti pour créer FourSquare. Idem, ce service ne demandait qu’à exploser et surtout à neutraliser le volet « social » de Yelp.

Pourquoi ? Pourquoi ces 5 pépites (car en avance de phase au moment de leur acquisition) n’ont-elles pu bénéficier de l’effet de levier de Google ? Étrange dans la mesure où Google nous a montré sa capacité à faire cohabiter des marques fortes (Blogger, YouTube, Picasa…) au sein de sa galaxie. Peut-être cela est-il dû à une incompatibilité des équipes avec la culture interne, après tout Google n’est plus réellement une strat-up !

Toujours est-il que cela prouve que l’intégration de start-up dans une plus grosse structure n’est pas chose facile. Yahoo! par exemple n’a toujours pas fini de « digérer » FlickR, Delicious ou MyblogLog.

Attendons donc de voir ce que Facebook va faire de FriendFeed et soyons attentif aux prochaines acquisitions…

15 commentaires sur “Les acquisitions ratées de Google

  1. je trouve, en ce qui concerne l’acquisition de Friendfeed par facebook, que la firme estudiantine a bien profité des apports des dissidents de Google. le fait d’utiliser le « @ » par exemple et de pouvoir « twitter » à partir de ces statuts .. des petites amélioration certes .. mais cela d’un échange en interne fructueux et libre. Le problème reste toutefois l’innovation … et je ne trouve pas que ces deux sociétés aient innové particulièrement ces dernières années, ce qui n’est pas le cas des acquisitions de Google.

  2. Autant je pense que Google n'a pas su faire évoluer ni intégrer feedburner à tord, autant je me demande parfois si ces rachats ne sont pas aussi un moyen de "tuer" dans l'oeuf des concurrents potentiels…

    1. @ Lobarap > Ha non je pense que tu dois confondre, Google Docs est fondé sur Writely. Jotspot était très certainement le produit avec le plus de potentiel et ils l'ont complètement bridé avec l'insipide Google Sites.

      /Fred

      1. Google Sites est un bon outil de première génération pour être utilisé de façon massive. Il ne rebute pas à l'utilisation et c'est ce dont ce type d'outil a besoin pour être adopté.

  3. Devenu Google docs, oui, mais pour quel résultat ? L'innovation est réduite à peau de chagrin quand on compare avec ce dont Zoho ou Office Live sont maintenant capables. Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui manquent… Il semble que les priorités du management soient à revoir (la taille des équipes sur des produits extrêmement populaires est souvent ridicule par rapport au nombre d'utilisateurs).

  4. "Yahoo! par exemple n’a toujours pas fini de “digérer” FlickR, Delicious ou MyblogLog."
    J'ai envie de dire tant mieux ! …

    S'il est souvent possible de combiner les technologies, il est parfois plus difficile de rassembler les communautés,.

  5. Il y aussi une autre raison, avancée récemment par leur PDG pour soutenir leur politique active d'acquisitions même par temps de crise : le recrutement de talents. L'équipe rachetée est en effet souvent tenue de rester deux ans au moins avant de pouvoir démissionner. C'est un très bon moyen de dynamiser les équipes déjà en place.

  6. Google Sites est effectivement très simpliste. J’ai le sentiment qu’il était destiné à compléter l’offre Google Apps pour les entreprises (par exemple construire des mini-sites pour des projets) que pour une killer-app grand public.

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