Un démonstrateur visuel pour CameraSize

Les appareils photos numériques sont comme les CD et les livres, des candidats idéals pour le commerce en ligne : faciles à stocker et à expédier, faciles à vendre également car il existe quantité d’avis et de tests et que les caractéristiques techniques sont aguicheuses et faciles à comparer.

Par contre, la mise en scène des produits est plus complexe car il manque souvent des éléments de comparaison. Donner les dimensions des appareils n’apporte en effet pas de réel valeur ajoutée. C’est là où un site comme CameraSize se démarque de la concurrence car il propose une comparaison visuelle des produits. Vous pouvez ainsi comparer deux APN placés côte à côte avec une pile pour vous rendre compte de leur taille relative :

CameraSize

Cerise sur le gateau : l’interface propose également de superposer une main d’adulte pour voir si ces APN tiennent dans votre paume. Bon OK, la main utilisée est largement surdimensionnée (ça doit être celle d’un basketeur), mais l’idée reste très intéressante.

Idéalement, pour être compétitif sur de la vente d’APN en ligne il faudrait plusieurs choses :

  • Un choix très vaste, mais une sélection très directive pour ceux qui ne veulent pas s’embêter à trifouiller les avis (comme Wize ou JustBuyThisOne) ;
  • Des tonnes de photos des produits, mais avec des éléments de comparaison visuel (comme CameraSize) ;
  • Des caractéristiques techniques complètes, mais avec des outils de filtre et tri simples à utiliser (comme à la FNAC).

Je suis certain que cet exemple est reproductible pour de nombreux autres produits. Si vous avez des exemples, le suis preneur.

Quel va être l’impact de l’IPO de Facebook sur les médias sociaux

Cette nuit Facebook a donc publié un prospectus d’introduction en bourse. On trouve dans ce prospectus beaucoup de chiffres qui en disent long sur la puissance de Facebook. De nombreuses analyses ont déjà été publiées, dont la mienne : Faut-il investir dans l’IPO de Facebook ?. Pour résumer : Facebook est au sommet de sa forme, mais le potentiel de croissance et les nombreux challenges que doivent relever les équipes ne justifient pas une valorisation à 100 MM$. Ceci étant dit, je vous propose de faire le point sur Facebook et d’étudier dans quelle mesure cette introduction va ou peut bouleverser vos plans.

Une présence nécessaire, mais pas suffisante

Facebook est la plateforme sociale de référence, là-dessus, il n’y a pas d’ambiguïté : 845 M d’utilisateurs dont 485 M se connectent tous les jours, c’est énorme et largement au-dessus de la concurrence. Sil ‘on s’en tient aux chiffres, Facebook est une plateforme sociale sur laquelle il faut impérativement être, sauf dans certains cas de figure (Pourquoi British Telecom n’est pas sur Facebook). Les marques BtoB ne sont ainsi pas concernées (Quels supports exploiter pour les médias sociaux BtoB), de même que les marques non-aspirationnelles qui n’ont que très peu de chance de sortir du lot, surtout face à des mastodontes (Nike, Coca-Cola, Redbull…) qui disposent de moyens considérables.

Si une présence sur Facebook est donc nécessaire, elle n’est pas suffisante car il existe d’autres plateformes sociales de référence (YouTube, Twitter, Wikipedia) et des plateformes à la croissance très rapide comme Google+ et Tumblr (Pourquoi le succès de Google+ est assuré et Analyse du succès de Tumblr, la nouvelle star montante). Il faut en plus composer avec les épiphénomènes comme Instagram ou Pinterest. Toutes ces plateformes proposent des fonctionnalités et des interactions sociales différentes, les utilisateurs s’y comportent différemment.

Même si le budget relatif à la présence de votre marque est fonction du nombre de supports sur lesquels vous êtes présents, il n’est pas souhaitable de tout miser sur Facebook car :

  • Sur Facebook vous n’êtes pas propriétaire de votre page et des données / interactions qu’elle héberge ;
  • L’intensité concurrentielle y est de plus en plus forte ;
  • C’est un environnement instable qui évolue fréquemment (mise en page, CGU…) ;
  • Vous ne pouvez pas y faire tout ce que vous voulez (Peut-on réellement construire une communauté sur Facebook ?).

Dernier point et pas des moindres : Le Facebook que nous connaissions en 2011 est très différent de celui actuellement en ligne (Pourquoi les Timeline Applications vont vous forcer à repenser votre présence sur Facebook), qui lui-même va beaucoup évoluer en 2012, notamment avec la refonte programmée des pages.

Il y a également de fortes chances qu’avec l’argent levé en bourse, Facebook procède à de nouvelles acquisitions qui ont toutes les chances de faire évoluer les fonctionnalités (ou non : Facebook spent $68 million on acquisitions last year).

Peu importe le support, vous DEVEZ vous intéresser aux médias sociaux

Toutes ces considérations nous amènent logiquement à reconsidérer l’intérêt des médias sociaux dans leur globalité. Nous n’avons de cesse de répéter sur ce blog que la définition de votre présence sur les médias sociaux ne doit en aucun cas s’arrêter au choix des supports. L’intérêt de la présence de votre marque sur les médias sociaux n’est pas d’être effectivement présent, mais de pouvoir développer des interactions sociales de proximité avec vos cibles et clients. Facebook autorise une très large palette d’interactions sociales, mais ne les propose pas toutes. Il est donc important de définir votre présence dans sa globalité (Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? …), d’un point de vue stratégique (objectifs / moyens) et non tactique.

Dans la mesure où l’introduction en bourse de Facebook ne va pas modifier subitement le paysage des médias sociaux, il convient de ne pas y prêter trop d’importance et de se concentrer sur l’essentiel : la compréhension des pratiques sociales en interne et leur assimilation à tous les niveaux de l’entreprise (communication, marketing, ventes, RH, qualité, relation-client…). Dans cette optique, les médias sociaux ne sont pas un support, mais une dynamique qui s’applique aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de votre entreprise (Des médias sociaux au Social Business).

2012 va être une année-clé dans l’histoire des médias sociaux, à cause de l’IPO de Facebook, mais également à cause de la mutation des autres plateformes sociales et du comportement et attentes des utilisateurs. Les bénéfices que vous pourrez tirer de votre présence seront directement liés à votre capacité à bien comprendre les mécaniques communautaires et sociales (Description des différents types de médias sociaux) et à projeter votre marque / organisation dans un schéma de présence global. La tâche va être rude, ce n’est pas le moment de vous faire distraire.

Faut-il investir dans l’IPO de Facebook ?

C’est donc cette nuit que Facebook a officialisé sa demande d’introduction en bourse. Le dossier déposé apporte des réponses à un certain nombre de questionnements sur l’état de finances de Facebook. Les données fournies sont très impressionnantes pour une société qui n’existait pas il y a 8 ans :

  • 3,7 MM$ de C.A. en 2011 (en progression de 87%) ;
  • 56% du C.A est réalisé aux États-Unis, 85% est généré par la publicité ;
  • 1 MM$ de bénéfices nets ;
  • 3,9 MM$ de cash avec un endettement très faible à 400M$ ;
  • 100 MM$ de valorisation pour un objectif de 5MM$ levés lors de l’IPO.

Ces chiffres sont vraiment très impressionnants (vous en trouverez le détail ici : Facebook’s net income and revenues: $1 billion on $3.71 billion in 2011), mais sont-ils suffisants pour justifier une valorisation à 100 MM$ ? C’est justement là où les choses se corsent.

La valorisation en question

Si l’on se penche sur les chiffres, nous pouvons dire sans nous tromper que Facebook est en très bonne santé financière :

FB_résultats

Nous savons que les investisseurs ne s’intéressent pas réellement à ce que représente une société le jour de son introduction, mais ce qu’elle peut devenir. Et sur ce point-là, force est de constater que Facebook est largement survalorisé.

Je vous propose de faire une simple comparaison : Google a plus de 30.000 employés pour un C.A. de 38 MM$ et un bénéfice net de 9,7 MM$. Facebook a 3.000 employés pour un C.A. de 3,7 MM$ et un bénéfice de 1 MM$. Ce qui nous fait une proportion de 1/10. La valorisation de Google est de 188 MM$ alors que celle estimée pour Facebook est de 100 MM$, soit une proportion de 1/2. Étrange, non ? Certes, vous pourriez me dire que lors de son introduction, le C.A. de Google était inférieur aux bénéfices nets de Facebook, mais cette valorisation est tout de même un sacré pari sur la croissance de Facebook.

Sans vouloir verser dans la paranoïa, je pense que l’explication de cette survalorisation est toute simple : un grand nombre d’acteurs de la Silicon Valley ont déjà investi dans Facebook par le biais du marché gris. La valeur de Facebook n’est pas une donnée mécanique, elle est une donnée empirique de ce que le marché est prêt à accepter. Or, d’où vient le consensus sur ce que le marché est prêt à accepter ? De la Silicon Valley. Pour faire simple : la valorisation est en partie faite par les investisseurs initiaux. Vous comprendrez que dans ces conditions, leur intérêt est de tabler sur une valorisation élevée pour maximiser les profits qu’ils vont réaliser le jour de l’introduction.

Quel potentiel de croissance ?

Admettons que Facebook ne vaille pas 100 MM$ le jour de son introduction en bourse. Les vaudront-ils un jour ? Peut-être, mais pour cela, il faudrait une sacrée croissance. Pour augmenter ces bénéfices, Facebook devra faire deux choses : augmenter le nombre d’utilisateurs et augmenter les revenus par utilisateurs.

Si l’on s’intéresse au nombre d’utilisateurs, il y a toutes les chances pour que Facebook dépasse le milliard dans le courant de l’année, mais après ? Pour pouvoir justifier d’une telle valorisation, la croissance du nombre d’utilisateurs devrait être soutenue sur plusieurs années, or là nous parlons d’un objectif de croissance de 15%. Une fois que Facebook aura dépassé le milliard d’utilisateurs, peuvent-ils légitimement espérer atteindre 1,5 ou 2 milliards ? Je ne suis pas certain, car la plateforme a presque atteint son plateau.

SN-WorldMap

Intéressons-nous maintenant au ratio des revenus par utilisateurs, en l’occurrence : 4,4$ par utilisateur par an. Pour pouvoir augmenter ce ratio, Facebook va devoir augmenter son CPM (ou son CPA), donc collecter et exploiter plus de données personnelles. De ce point de vue là, je doute que les gouvernements laissent faire.

Reste donc l’option de la diversification. Les équipes de Facebook nous ont montré qu’elles savaient très bien reproduire les idées des autres, sauront-elles en créer de nouvelles ? Peut-être, mais pour cela, il faut des talents. Les équipes de Facebook regorgent de talents, mais ceux-ci étaient avant tout motivés par l’appât du gain (le bonus qu’ils vont encaisser en exerçant leurs stock-options ou équivalents). Que va-t-il se passer une fois les bénéfices encaissés ? La direction de Facebook va devoir fournir des efforts considérables pour garder et motiver ses talents à développer de réelles innovations en dehors de son métier d’origine. De plus, le fait qu’une partie du capital va être distribué risque de fortement ralentir la prise de décision et complexifier la diversification (Is Facebook’s IPO the start of something, or the end?).

Donc pour résumer : Facebook est une très belle société avec une santé financière remarquable, mais les projections de croissance sont largement surévaluées. Cette question est délicate et les avis sont plutôt partagés : Facebook’s Ad Business Isn’t Growing Fast Enough To Justify A $100 Billion Valuation // Why Facebook will be worth a half trillion by 2015: the mobile and open graph revenue it’s leaving on the table. À ma décharge, j’avoue avoir toujours été très sceptique via-à-vis de Facebook (Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook).

Un saut dans l’inconnu

En plus de tout ce qui vient d’être dit, il reste encore de nombreuses questions sur la façon dont Facebook va gérer la période post-IPO. L’histoire nous a ainsi montré qu’une introduction en bourse est une étape-clé dans le développement et la survie d’une société. Les équipes devront ainsi faire face à de nombreux challenges :

  • La concurrence (Twitter, Google+…) ;
  • Les problèmes de confidentialité des données personnelles ;
  • La dépendance à des éditeurs tiers comme Zynga (qui a contribué à 12% du C.A.) ;
  • L’hégémonie du fondateur (Mark Zuckerberg) ;
  • Le portage de l’activité sur les terminaux mobiles (quels formats publicitaires pour les petits écrans des smartphones ?)…

Bref, l’histoire de Facebook ne fait que commencer et il reste une longue route à parcourir : The 6 Most Surprising Things From Facebook’s IPO Filing et Facebook’s Biggest Risks Explained.

Une évolution de l’action calquée sur celle de Zynga ou de Google ?

La grande question que nous nous posons maintenant est de savoir si l’action va monter ou descendre. Il est très difficile de prédire le comportement des marchés financiers et des investisseurs individuels, mais au vu des chiffres et ratios présentés, l’introduction en bourse de Facebook ressemble plus à une opportunité de sortie pour les investisseurs de la première heure qu’une recherche de financement pour la croissance. Comprenez par là que la mariée est certes très belle, mais qu’elle est probablement à l’apogée de sa beauté. De ce point de vue là, le cours de l’action de Facebook a toutes les chances de suivre celui des IPOs présentant les mêmes caractéristiques : Zynga et Groupon dont les actions sont passées sous le cours d’introduction dès la première semaine (Facebook’s $5 Billion IPO: The Next Google? Or The Next Groupon?).

Encore une fois, le problème n’est pas la santé financière de Facebook, mais son potentiel de croissance. Les actions de sociétés récemment introduites en bourse comme LinkedIn ou Pandora ont ainsi bien performé malgré des résultats financiers très largement inférieurs, car leur potentiel de progression était très important. Or si le potentiel de croissance de Facebook est incertain, l’action ne risque pas de prendre de la valeur.

Faut-il investir ?

Nous en arrivons donc à la question fatidique : Faut-il acheter des actions Facebook ? La réponse est simple : N’investissez pas plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Cette règle est d’ailleurs valable pour n’importe quelle action. Investir en bourse est une activité très complexe réservée à des professionnels qui n’obéissent qu’à une seule règle : Ne jamais jouer avec son propre argent.

Investir en bourse est un jeu, un loisir réservé à ceux qui en ont les moyens. Il n’y a qu’une seule façon de s’enrichir : Travailler et accumuler du patrimoine. En investissant en bourse, vous ne construisez pas votre patrimoine, vous le fragilisez. Si vous avez des économies, réservez)les à des vrais produits d’épargne. Par conte, si êtes d’humeur joueuse et que vous voulez vous faire une petite frayeur pour égayer votre quotidien, alors foncez !

Que va-t-il se passer après ?

En conclusion de cet article, je vous propose de relativiser : La réussite ou l’échec de l’introduction en bourse de Facebook ne va pas changer la face du monde, encore moins celle de l’internet. La base d’utilisateurs de Facebook va continuer de croitre et les médias sociaux vont assoir encore plus leur importance par rapport aux autres médias. Certes, l’argent levé en bourse par Facebook va leur permettre d’accélérer leur croissance (des acquisitions externes sont à prévoir), mais il y a d’autres acteurs bien plus puissants qui sont en embuscade (Google, Microsoft, Amazon, Ebay…).

Vos objectifs pour 2012 ne doivent donc pas changer : Intégrer les médias sociaux dans votre posture de communication, dans votre marketing, dans votre stratégie de relation client… (Quel va être l’impact de l’IPO de Facebook sur les médias sociaux). Être présent sur les médias sociaux sera toujours plus urgent, et toujours plus complexe, mais ça vous vous en doutiez…

La sophistication des interfaces de tablettes passe-t-elle forcément par des accessoires ?

L’arrivée sur le marché des tablettes, et plus précisément de l’iPad, ont apporté un formidable élan d’innovations sur les interfaces et les modalités d’interactions (Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicale et Disney et Lego se lancent dans la réalité augmentée sur iPad). Il n’empêche que les innovations en matière d’interfaces tactiles semblent s’essouffler…

Il y a bien le très impressionnant smart e-book system proposé par un labo de R&D Coréen (KAIST’s smart e-book system more convenient than paper-based books), mais j’ai l’impression que nous avons atteint un plateau d’innovation.

Pour autant, nous continuons à voir émerger des concepts très intéressants, mais ils requièrent des accessoires ou extensions :

  • Il y a ainsi tout une série de jeux qui utilisent des figurines comme Zombie Burbz ;
  • Il y a aussi les stylets interactifs comme le ColorStudio HD proposé par Griffin / Crayola qui permet notamment de colorier des objets animés ;crayola
  • Toujours pour les enfants, Toyota Creatures propose des housses pour transformer votre iPad en doudou tactile ;YetYet

  • Pour les musiciens on trouve également des produits hybrides comme le Mackie DL 1608 qui combine un mélangeur avec des préamplificateurs et l’interface tactile de l’iPad ;Mackie-DL1608
  • Pour les joueurs on trouve enfin des concepts intéressants comme le Fiona de Razer qui est livré avec deux joysticks / poignées.Fiona
  • La palme du plus beau produit revient à la startup française ePawnqui fabrique un plateau de jeu interactif très convaincant.epawn_arena

Vous noterez que le point commun de ces innovations est l’utilisation conjointe d’une interface tactile et d’accessoires. C’est une bonne nouvelle dans la mesure où si l’on part sur ce terrain d’innovation, les possibilités sont encore plus nombreuses, d’autant plus si l’on tient compte de nouveaux outils de production comme les imprimantes 3D qui permettent de réaliser de petits objets physiques dans des ordres de coût tout à fait raisonnable. Moralité : les interfaces de demain seront à la fois digitales et physiques.

Interfaces tactiles, imprimante 3D, accéléromètre… c’est fou comme la technologie peut faire des merveilles quand il est question de se divertir !

MàJ (14/06/2012) : Dans la même ligne que les Toyota Creatures, il y a également les HappiTaps.