Mes 20 prédictions pour 2025

Sans surprise, l’écosystème numérique s’est à nouveau focalisé au cours de l’année 2024 sur l’intelligence artificielle. Un méta-sujet tout à fait légitime, mais pour lequel les enjeux et attentes sont peut-être un peu trop forts. Je ne sais pas avec certitude ce que l’année 2025 nous réserve, mais comme à mon habitude, je me plie au jeu des prédictions pour vous aider à y voir plus clair dans cette frénésie d’innovations et à anticiper les évolutions du marché sur différentes thématiques (intelligence artificielle, médias sociaux, applications mobiles, réalité étendue, Web3, métavers, informatique quantique…).

Comme tous les ans depuis 20 ans, je vous propose une série de prédictions pour l’année suivante. Vous pouvez consulter la précédente série ici : 10 prédictions pour 2024 (ainsi que la rétrospective ici : Bilan de mes prédictions 2024).

D’année en année, l’exercice des prédictions s’institutionnalise et devient presque obligatoire pour qui prétend observer le marché. Pour vous en convaincre, je vous recommande cette très instructive compilation de prédictions : 2025 Trends. Et ici une synthèse d’une compilation de prédictions : 2025 Trends Forcecast Summary. Si nous devions supprimer de ce répertoire les prévisions qui concernent l’intelligence artificielle, j’imagine qu’il y en aurait 4 fois moins !

L’actualité étant très riche, et les innovations nombreuses, j’ai plus de prédictions que les années précédentes, celles-ci concernant plusieurs grandes thématiques : intelligence artificielle, médias sociaux, applications mobiles, réalité étendue, Web3, métavers, géopolitique et quantique.

OpenAI explose en cours de vol

Oui je sais, c’est une prédiction audacieuse, mais force est de constater que l’éditeur de ChatGPT subit énormément de pression, certainement beaucoup trop pour un petit laboratoire de recherche d’à peine 2.000 salariés. Malgré les nombreuses nouveautés annoncées ces derniers jours, le positionnement grand public de ChatGPT est plus une faiblesse qu’une force, le plus gros du marché se situant dans le BtoB (services aux entreprises).

Très clairement, les enjeux sont trop élevés pour une société dirigée par un idéaliste dont les proches collaborateurs sont quasiment tous partis à la concurrence (The OpenAI Talent Exodus Gives Rivals an Opening). Il y a d’une part une dette colossale dont personne ne sait comment ils vont parvenir à la rembourser (Why OpenAI Could Lose $5 Billion This Year), mais également les discours enjoués du patron qui ne bernent plus personne (No, Sam Altman, AI Won’t Solve All of Humanity’s Problems), les différents pays qui mettent en place un arsenal juridique pour encadrer les usages et privilégier les acteurs locaux, une stratégie de diversification qui semble incohérente (OpenAI Considers Taking on Google With Browser), un redoutable concurrent direct (How Anthropic Got Inside OpenAI’s Head), un fait divers très troublant (OpenAI whistleblower found dead in San Francisco apartment)…

Mais le plus préoccupant pour cette petite startup est qu’ils se sont dès le début associé avec le plus impitoyable des prédateurs des nouvelles technologies, un partenariat qui se termine justement à la fin de l’année (Microsoft and OpenAI’s Close Partnership Shows Signs of Fraying). Peu importe les perspectives de croissance du marché de l’IA, quand vous avez Microsoft sur le dos, vos jours sont comptés…

Ma prédiction : Croulant sous les dettes et devant assumer une valorisation complètement délirante, OpenAI se fait démanteler (Microsoft récupère le modèle GPT, tandis qu’un fonds de pension chinois rachète le nom « ChatGPT » pour en faire un service indépendant).

Perplexity se fait plier en quatre

J’aime bien Perplexity, notamment toutes les fonctionnalités annexes que ce chatbot propose, mais il faut reconnaitre qu’ils se sont fait beaucoup d’ennemis dans le milieu, et surtout qu’ils ne bénéficient ni de partenariats industriels (ex : Microsoft, Google, Amazon…), ni de partenariats financiers de renom suffisamment solides pour assumer une dette de plusieurs milliards de $ pendant de nombreuses années.

Le facteur limitant de leur croissance est le même que pour OpenAI : contrairement aux applications en ligne, les coûts marginaux ne sont pas fixes, car tout nouvel utilisateur représente des coûts d’acquisition non-négligeables et surtout des coûts de production importants (l’inférence des grands modèles de langage nécessite énormément de puissance de calcul et d’énergie).

Ma prédiction : Face à une croissance trop faible des revenus, les actionnaires forcent le patron à fermer le service et à revendre les quelques actifs restants.

Anthropic s’impose comme l’acteur de référence de l’IA générative

Tous les regards sont braqués sur ChatGPT, mais les médias n’accordent pas assez d’attention à Anthropic, le grand rival d’OpenAI. L’éditeur du chatbot Claude s’est en effet bâti une solide réputation avec des solutions tournées vers le back-office plutôt que le front-office (Anthropic proposes a new way to connect data to AI chatbots). Non seulement leur modèle de référence est tout aussi capable que GPT, voir lui est supérieur en de nombreux points (Anthropic’s Claude 3.5 Sonnet can now analyze PDFs and images inside them), mais ils bénéficient du soutient d’un actionnaire de poids (Anthropic raises another $4B from Amazon, makes AWS its ‘primary’ training partner) et affichent un point de vue pragmatique et volontaire sur l’encadrement des usages (The case for targeted regulation).

Cerise sur le gâteau : ils ont compris avant tout le monde que la vraie bataille va se jouer sur le bureau : Anthropic’s Claude AI now has a desktop app.

Ma prédiction : Anthropic fait le choix de débrancher Claude pour se concentrer sur son modèle qu’il commercialise auprès de vendeurs de solutions.

Montée en puissance de l’assistant Meta AI

Comme pour Anthropic, les médias se focalisent un peu trop sur ChatGPT et devraient s’intéresser à ce qui se passe en périphérie, notamment la gamme de modèles open source proposée par Meta en différentes tailles (Meta’s new Llama 3.3 aims for efficiency with lower computing needs), de même que les différents travaux de recherche (Innovation from AI at Meta).

Vous ne vous en rendez pas forcément compte, mais Meta est extrêmement actif dans le domaine de l’intelligence artificielle, et ils disposent surtout d’un marché captif de plus de 3 milliards d’utilisateurs des différentes applications du groupe (Facebook, Instagram, WhatsApp…) auprès desquels ils comptent imposer leur assistant Meta AI. Un assistant déjà disponible dans de nombreux marchés (Meta AI has more than 500 million users), qui propose pour le moment des fonctionnalités basiques, mais affiche de grandes ambitions (Meta is reportedly developing a search engine for its chatbot).

Vous pourriez me dire que les perspectives de croissance de l’assistant de Meta sont limitées, car il devra affronter la concurrence de Gemini et Siri sur les smartphones, mais je vous répondrai que nous sommes déjà en train d’amorcer l’ère post-smartphone (Meta rolls out live AI, translations, and Shazam to its smart glasses).

Ma prédiction : Meta se met en conformité avec l’IA Act (sous l’impulsion de Yann Le Cun, son directeur scientifique) et entame le déploiement de Meta AI auprès des utilisateurs européens.

L’avènement des agents intelligents et des outils de création / gestion d’agents

Si vous suivez un minimum l’actualité de l’intelligence artificielle, alors vous savez déjà que le marché a une nouvelle obsession (Web agentisé : quand l’industrie de l’IA cherche sa nouvelle ‘Next Big Thing’). Les grands éditeurs sont ainsi en train de muscler leur jeu pour pouvoir commercialiser à grande échelle des solutions agentiques pour les entreprises (Salesforce will hire 2,000 people to sell AI products et Introducing Google Agentspace: Bringing AI agents and AI-powered search to enterprises).

Je pense ne rien vous apprendre en écrivant que, comme à leurs habitudes, les éditeurs et grandes sociétés technologiques poursuivent la fuite en avant et misent le paquet sur les agents intelligents (AI Agents and Why Big Tech Is Betting on Them for 2025). À peine commençons-nous à y voir plus clair sur le marché des chatbots qu’un nouveau est en train de se former : AI Agents Market Landscape.

Pour les agents grand public, le marché est beaucoup moins lisible, car il y a une véritable barrière à l’entrée : la confiance que les utilisateurs vont accorder (ou pas) aux agents intelligents qui seront censés faire tout un tas de choses pour eux. Les agents intelligents seront-ils les nouveaux navigateurs web ? Pas certain, car les assistants numériques intégrés aux terminaux (Gemini, Copilot, Siri) semblent mieux placés pour convaincre les utilisateurs lambda.

Ma prédiction : Le marché de l’IA agentique se concentre sur le BtoB. Après les agences web, les agences mobiles et les agences sociales, nous voyons petit à petit de nombreuses SSII se transformer en « agences d’agents » avec des prestations de développement d’agents et d’optimisation du référencement pour les agents de recherche (ASO = Agent Search Optimisation).

Toujours plus de contenus visuels et moins de contenus textuels

L’avènement des IA générative annonce la fin probable des limitations dues aux coûts de production. Que ce soit pour des contenus textuels, visuels, auditifs ou 3D, les modèles génératifs sont maintenant capables de créer, manipuler, traduire et décliner tous types de contenus avec une grande précision. De nombreux outils reposant sur l’IA sont d’ailleurs mis à disposition des créateurs sur les différentes plateformes sociales : YouTube’s AI-powered dubbing is now available to many more creators, YouTube will use AI to generate ideas, titles, and even full videos, Meta AI’s GenAI ‘Imagine’ features expand across Facebook, Instagram, and Messenger, TikTok ads may soon contain AI-generated avatars of your favorite creators et Douyin tests AI avatars for 24/7 livestreaming.

Je suis personnellement effrayé à l’idée que les grandes plateformes sociales soient envahies par des contenus générés ou altérés par l’IA, mais mon avis ne compte pas réellement…

Ma prédiction : Entre la baisse des coûts de production et l’appétit des utilisateurs pour les contenus visuels (lire leur donne visiblement mal à la tête), attendez vous à une déferlante d’images, de vidéos et d’avatars synthétiques.

Un retour de Facebook en tant que plateforme sociale de proximité

Il y a 10 ans, les ados fuyaient Facebook, car ils y croisaient leurs parents et leurs profs. Aujourd’hui, ils continuent d’éviter Facebook pour éviter d’y croiser leurs grands-parents et leurs anciens profs à la retraite ! Voilà plus de 20 ans que Facebook existe, en deux décennies, les utilisateurs ont eu le temps de se lasser, d’autant plus qu’ils n’allaient pas très loin (Instagram Has More Users Than Facebook in the EU).

Face au phénomène de lassitude des plateformes sociales qui mettent surtout en avant des publications très superficielles, Meta parie sur un repli des vingt-trentenaires vers des pratiques plus authentiques avec une refonte de Facebook centrée sur les interactions sociales enrichissantes et les événements locaux : Facebook launches a Gen Z-focused redesign.

Le résultat est plutôt convaincant, d’autant plus qu’ils peuvent compter sur une forte synergie avec les autres applications (Introducing New Facebook Local Tab, Messenger Communities, AI Integrations and More).

Ma prédiction : Telles les marques d’alcool au XXe siècle, Facebook sponsorise de nombreux évènements locaux (ex : festival de musique, expositions culturelles…) et même des associations pour s’ancrer dans le paysage local et le quotidien des utilisateurs.

Threads s’impose comme la seule alternative crédible à Twitter

Malgré les tentatives désespérées de gens cools de l’internet de nous faire croire que Bluesky est ZE place to be, le seul endroit où l’on peut discuter entre adultes suite à l’effondrement (supposé) de Twitter, l’application conversationnelle de Meta (Threads) monte en puissance avec une audience très respectueuse (Mark Zuckerberg says Threads has more than 100 million daily active users and more than 300 million monthly active users) et des nouvelles fonctionnalités toutes les semaines. Il y a certes la volonté de mettre à niveau l’application par rapport à ce que proposent les autres grandes plateformes sociales, mais également des facilitateurs pour les nouveaux inscrits (Threads follows Bluesky’s starter packs with curated collections of people to follow), ainsi qu’une architecture unique (Threads takes an important baby step toward true fediverse integration).

La récente ingérence de la Russie dans les élections en Roumanie via une campagne de désinformation orchestrée sur TikTok et Facebook (European Commission opens probe against TikTok over Romanian election et Covert Facebook Network Found Targeting Romanian Voters) me fait dire que les grandes plateformes sociales vont être de plus en plus encadrées et surveillées, donc que leur marge de manoeuvre va se restreindre. Ce qui laisse ue opportunité pour les plateformes de moyenne tailler.

Ma prédiction : J’anticipe un report systématique des discussions politiques sur Facebook et Instagram vers Threads qui n’est pas dans la liste des Very Large Online Platforms visées par le Digital Service Act européen (qui impose une obligation de modération). Un moyen habille de nettoyer les applications historiques des contenus toxiques pour garder la confiance des annonceurs (brand safety) tout en ouvrant des possibilités sur une autre, mais avec de nouveaux gardes-fous algorithmiques (filtrage avancé des publications grâce aux modèles de langage développés en interne et entrainés sur 20 ans de contenus et conversations déjà publiés sur Facebook).

TikTok se focalise sur le commerce et la découverte de produits

En quelques années, TikTok est devenue LA plateforme sociale de référence (cette application est au centre de la dernière version de mon panorama des médias sociaux) et concentre toute l’attention de la jeunesse (TikTok’s annual carbon footprint is likely bigger than Greece’s). L’éditeur chinois de TikTok est conscient de la pépite qu’il a entre les mains (TikTok parent ByteDance’s valuation hits $300 billions), mais également de la limite de monétisation de contenus pas forcément enrichissants (Sick Americans say they’re turning to TikTok’s creator rewards program to crowdfund medical bills et Why so many doctors are becoming TikTok ‘dermfluencers’).

De ce fait, ils ont entamé il y a de nombreux mois un glissement progressif vers des fonctionnalités marchandes (TikTok quietly tests product links in posts), pour le plus grand plaisir des utilisateurs (A majority of U.S. TikTok users are there for product reviews and recommendations). Leur objectif n’est même pas caché : il suffit d’observer ce qui se passe en Chine pour anticiper les prochaines évolutions : TikTok launches integration with Lemon8.

Face à cette offensive marchande, et à la pression des autres plateformes marchandes chinoises, Amazon essaye de rivaliser avec sa propre application de produits ultra low-cost (Amazon takes on Temu and Shein with discount ‘Amazon Haul’ store), mais c’est un combat perdu d’avance.

Ma prédiction : Une intégration toujours plus poussée des fonctionnalités marchandes dans TikTok, dans le but de transformer l’application en une galerie marchande mobile avec une dimension sociale de proximité via les micro-influenceurs. D’ailleurs, ça commence déjà : TikTok Shop Goes Live for Spain in First Step of Europe Rollout.

Recherche de diversité dans le social planning des annonceurs

Si vous suivez de près ou de loin le sujet du commerce en ligne ou du e-marketing, alors vous savez déjà que l’essentiel du trafic entrant provient des trois grandes plateformes sociales : Instagram, TikTok et YouTube. Le problème est que la compétition est très forte sur ces plateformes. Les marques et annonceurs sont donc logiquement en recherche de supports sur lesquels la concurrence est moins intense et où ils peuvent potentiellement toucher d’autres cibles, ou les mêmes cibles mais dans un contexte différent (avec un meilleur niveau d’attention).

Cette recherche va naturellement les mener vers des plateformes sociales « alternatives » comme Pinterest, Snapchat ou Reddit qui proposent des fonctionnalités et modèles tout à fait intéressants pour se différencier des 3 géants : Pinterest users can now turn boards into videos for sharing on Instagram and TikTok, Pinterest rolls out its ‘body type ranges’ tool, Pinterest’s new remix feature can jump-start your mood board, Snapchat is getting its biggest redesign in years, Snap is introducing an AI video-generation tool for creators, Snapchat is overhauling how influencers earn money on the platform, Reddit Will Soon Try Out AI Summaries, Reddit tests a conversational AI search tool

Je suis incapable de vous dire si ces fonctionnalités vont permettre à Pinterest, Snapchat ou Reddit de gonfler leur audience en 2025 pour s’approcher de celles d’Instagram, TikTok ou YouTube ; mais ce qui est certain, c’est que les annonceurs vont avoir l’obligation de diversifier leur présence sur les médias sociaux pour pouvoir maintenir leurs quotas d’acquisition de trafic ou de qualité de trafic entrant.

Ma prédiction : Des campagnes sociales ou d’influence qui vont s’aventurer en dehors des chemins balisés des grandes plateformes pour aller tester les fonctionnalités inédites proposées par les plateformes alternatives.

LinkedIn se recentre sur l’événementiel BtoB

Si vous êtes inscrit sur LinkedIn et un minimum actif, il ne vous aura pas échappé que la plateforme est à la dérive depuis de nombreuses années, envahie successivement par les agents immobiliers, vendeurs de berlines, conseillers en gestion de patrimoine, coach de vie… Plus récemment, Microsoft n’a pas pu empêcher l’insertion dans les conversions des sujets politiques voir complotistes (LinkedIn, nouveau champ de bataille informationnel). J’imagine que ce qui motive tous ces parasites est l’opportunité de toucher « l’élite de la population » (les cadres supérieurs à fort pouvoir d’achat). Ils sont loin de compte, mais c’est une autre histoire. Et comme si ça ne suffisait pas, la plateforme sociale BtoB est aujourd’hui gangrénée par les contenus synthétiques : Linkedin est envahi de publications générées par IA.

J’imagine que la modération à grande échelle est plus compliquée qu’elle n’y parait (il y a plus d’1 milliard de membres sur le plateforme), aussi il me semble logique que LinkedIn suive le même raisonnement que Facebook : s’éloigner de la superficialité des publications pour privilégier des interactions sociales de proximité. Dans le jargon du BtoB, on appelle ça des « salons » ou des « événements professionnels », et c’est une institution.

Vous pourriez me dire que l’avenir est aux événements en ligne, et je vous répondrai que c’est un raccourci grossier, car les taux de participation et d’engagement sont incomparables. Et de toute façon, ils y ont déjà pensé : Getting Started with LinkedIn Live Event Ads.

Ma prédiction : Dans la mesure où le soufflet est retombé pour les salons virtuels et webinaires, j’anticipe une grande offensive de LinkedIn pour promouvoir et assurer la visibilité des événements professionnels, aussi bien pendant qu’après l’événement. Le but de l’opération étant de siphonner le marché en coupant l’herbe sous les pieds des startups qui se sont positionnées sur ce créneau pendant la crise de la COVID.

Les chatbots deviennent des sources d’information

Il ne vous aura pas échappé que 2024 était une année particulièrement riche en élections et en scandales politiques. Nous avons ainsi assisté au cours de cette année à une polarisation des médias, chacun devant choisir son camp, d’où un grand chamboulement du paysage médiatique. Voilà pourquoi nous avons assisté au retrait du Guardian et de Ouest France de Twitter : Why the Guardian is no longer posting on X et Ouest-France suspend la publication sur l’ensemble de ses comptes X. Personnellement, je trouve que c’est un peu excessif dans la mesure où Twitter reste LA plateforme de référence où sont présents tous les politiques et leaders d’opinion (malgré tout ce que l’on a à reprocher à Elon Musk, le propriétaire actuel).

Bref, tout ça pour dire que ça devient compliqué de s’informer, d’une part car de nombreux sites d’information sont maintenant en accès payant ; et d’autre part, car les journalistes ne sont plus considérés comme des sources impartiales (Médias : les journalistes face à la défiance citoyenne). Il en résulte une recherche de nouveaux canaux d’information pour les internautes et mobinautes, lassés de voir défiler les fake news sur Facebook ou LinkedIn (Baromètre de la mésinformation générée par IA en français).

Face à tous ces désagréments, les chatbots comme Copilot et Grok offrent une alternative tout à fait crédible aux sites d’information traditionnels et aux médias sociaux (Grok, l’IA d’Elon Musk, devient gratuite et rêve de remplacer ChatGPT).

Ma prédiction : Les chatbots s’installent dans le paysage médiatique en tant qu’intermédiaires de référence entre les producteurs (les médias et agences de presse) et les consommateurs (les internautes) avec une offre reposant sur la simplicité, la personnalisation, et l’accès à des sources locales ou indépendantes. Les médias traditionnels devront faire un choix cornélien : donner accès à leurs contenus pour qu’ils soient ingérés par les modèles ou élever des murailles toujours plus hautes pour se protéger et espérer que les lecteurs leur seront fidèles.

Le micro-média est le nouveau site web

Le dernier rapport State of Mobile 2024 du cabinet d’étude SensorTower est très explicite : les mobinautes privilégient les applications mobiles de divertissement, celles qui leur fournissent des contenus enrichissants. Soucieux de développer et d’entretenir leur marque personnelle, plusieurs personnalités du monde sportif se sont ainsi lancés dans la création de leur propre média pour se bâtir une audience afin d’anticiper leur reconversion. Nous pouvons citer New Heights, le podcast de Travis Kelce, l’application Cleats Club de Harry Kane ou encore la chaine YouTube UR Cristiano de Cristiano Ronaldo (England soccer star’s new app is latest push by athletes to gain more control over media and brand careers).

Tout ceci s’inscrit dans un mouvement initié il y a de nombreuses années par des journalistes et polémistes qui ont lancé leur newsletter ou podcast, mais là nous assistons à une professionnalisation de cette pratique avec des leviers de monétisation bien rodés, que l’on peut qualifier de Direct-to-Consumer.

Ma prédiction : Le paysage médiatique se fragmente encore plus avec une multitude de micro-médias et la difficulté pour les créateurs de contenu de trouver de nouveaux abonnés, ainsi que pour les utilisateurs d’identifier des créateurs pertinents. Attendez-vous à un renforcement du rôle d’intermédiation des plateformes sociales historiques (ex : YouTube) et au repositionnement de Twitter (maintenant X) qui est petit à petit en train d’assembler toutes les pièces du puzzle pour offrir aux créateurs une plateforme de publication / monétisation complète (pas besoin de créer son site web).

Le début de la fin du règne des applications mobiles natives

Si vous suivez ce blog depuis plusieurs années, alors vous connaissez mon point de vue sur les applications mobiles natives (coûts de développement et de maintenance très élevés, difficultés à émerger dans les places de marché d’applications, réticences des mobinautes à installer de nouvelles applications…) et ma nette préférence pour les applications en ligne (cf. Pourquoi les Progressive Web Apps sont la seule alternative viable aux applications natives publié en 2018). Nous sommes (quasiment) en 2025, et les coûts de développement des applications natives sont toujours plus élevés, tandis que les places de marché sont saturées (plus de 2 M pour chacune, cf. App Store vs Google Play: Stores in Numbers). Il faut en plus prendre en compte la régulation européenne qui, après un bras de fer juridique, est finalement parvenue à faire plier les deux géants numériques : Apple reportedly facing first-ever EU fine over App Store rules et Google must crack open Android for third-party stores, rules Epic judge. La mise en application du Digital Markets Act (DMA) donne ainsi la possibilité à des éditeurs tiers de proposer leur propre place de marché, à l’image de AltStore disponible depuis quelques mois (The AltStore, an alternative app store coming to the EU, will offer Patreon-backed apps).

Tous ces facteurs combinés me font dire qu’après 15 ans de règne sans partage, nous assistons à la fin de la domination des places de marché d’applications en Occident (la situation est différente en Asie) et la transition vers d’autres supports (Les assistants numériques vont-ils remplacer les applications mobiles ?). Nous constatons déjà un désintérêt des mobinautes pour l’installation de nouvelles applications, donc une concentration des usages mobiles sur les applications les plus populaires (App downloads decline 2.3% in 2024, but consumer spending grows to $127B).

Ma prédiction : Les marques et éditeurs abandonnent leurs applications mobiles natives au profit de solutions pus légères et moins coûteuses (ex : PWA) afin de réorienter leur budget vers d’autres supports.

Les super apps s’imposent auprès des utilisateurs en recherche d’usages numériques alternatifs

La montée en puissance des assistants numériques en tant qu’alternatives aux super apps était dans mes prédictions de l’année passée (cf. le bilan de mes prédictions). Dans la mesure où la nouvelle génération d’assistants numériques n’est pas encore tout à fait prête (Gemini, Copilot, Siri), la question se pose s’il reste de la place pour une ou plusieurs super apps en Occident (leur succès n’étant plus à prouver en Asie). Si je suis très confiant sur la capacité de Google, Microsoft et Apple à imposer leur assistant aux utilisateurs lambda (ce n’est qu’une question de temps), je constate une part croissante d’utilisateurs en rupture avec les big techs qui cherchent à s’extraire de leur emprise.

Plus qu’une lubie, cette recherche d’alternative numérique s’inscrit dans un schéma plus global d’éloignement de la société classique des « mougeons » (contraction de « pigeons » et « moutons », un terme pour décrire de façon méprisante les personnes qui suivent une tendance ou une majorité sans réfléchir). Nous parlons ici de choix de vie (ne pas commander sur Amazon, ne pas s’abonner à Netflix ou Spotify…) correspondant à des dogmes proches du mouvement altermondialiste qui poussent ces utilisateurs à se désinscrire de WhatsApp pour adopter des applications alternatives comme Signal ou Telegram. Dans cette mouvance d’alter-numérisme, on retrouve des militants pour des usages numériques plus responsables (on parle de numérique acceptable), ainsi que des ultra-libertaires fans de crypto-monnaies et d’applications distribuées. Nous sommes ici en plein dans l’idéologie du Web3 et sa proposition de valeur de « pas de côté numérique » (Le Web3 désigne un palier de maturité des usages numériques). C’est dans ce contexte que des infrastructures alternatives comme TON (« The Open Network », une initiative développée par Telegram) prennent tout leur sens : offrir un cadre technique et fonctionnel complet pour les utilisateurs qui veulent expérimenter un nouvel internet : What are Mini Apps in Telegram’s Web3 ecosystem?

Les sociologues avaient déjà identifiés les techno-réfractaires comme les citoyens qui faisaient le choix de vivre éloignés du numérique, mais qui se condamnaient implicitement à une forme d’isolement social. L’écosystème qui se développe autour du Web3 offre aux adeptes de l’alter-numérisme un ensemble de services en ligne leur permettant de profiter des outils numériques dans leur quotidien, mais sans avoir l’impression d’être inféodés aux big techs.

Ma prédiction : Une agrégation des services alternatifs reposant sur les technologies et principes du Web3 au sein de super apps indépendantes comme Telegram. N’est-ce pas contradictoire de chercher à s’affranchir des plateformes et de centraliser tous ces services alternatifs dans une autre plateforme ? Si, mais ça reste l’initiative la plus crédible et viable que nous avons à disposition. Bien malins ceux qui sauront surfer sur cette tendance et proposer des contenus, services et offres à ces alter-utilisateurs.

Apple revoit à la baisse ses ambitions en matière d’informatique spatiale

Après deux décennies d’un parcours chaotique, la réalité augmentée / virtuelle est enfin disponible pour le plus grand nombre (Quels scénarios d’adoption pour la réalité étendue ? et La réalité mixte est-elle l’avenir des médias ?). Problème : si les terminaux sont effectivement commercialisés, notamment le Vision Pro d’Apple, les cas d’usage probants sont encore très rares (À quel besoin répond l’informatique spatiale ?), car en dehors des jeux et des démonstrateurs technologiques, la réalité étendue cherche encore sa killer app, une recherche d’autant plus cruciale en cette période de baisse du pouvoir d’achat où l’acquisition d’un nième terminal numérique semble plus superflu que jamais.

Ceci explique en partie le bilan très mitigé du Vison Pro, jugé à juste titre trop couteux (9 Takeaways from the Vision Pro After 6 Months), avec des ventes bien inférieures aux projections qui pousse Apple à revoir sa stratégie (Apple Sharply Scales Back Production of Vision Pro et Apple Vision Pro 2 on track for release between Fall 2025 and Spring 2026), malgré des applications très spectaculaires comme Lapz ou Submerged, mais pas suffisantes pour justifier le prix de 4.000$. D’autant plus avec la concurrence de Meta qui revendique fièrement sa position d’acteur historique avec la gamme Quest et sa capacité à proposer des centaines de jeux et applications : Réalité mixte : Meta contre-attaque.

Au-delà de stratégies marketing très différentes, ce qui distingue Meta de Apple est leur engagement total dans le domaine de la réalité étendue avec des dizaines de milliards de $ déjà investis. Ceci est la conséquence de la structure de l’actionnariat des deux sociétés : Mark Zuckerberg ne possède plus qu’une petite partie des actions de la société qu’il a créée, mais une majorité des droits de vote, ce qui lui permet de décider en toute autonomie combien et où sa société doit investir (Meta sur tous les fronts : VR, AR, MR, IA…). La situation est très différente pour Apple, car les actionnaires sont à la fois tout puissants et très gourmands. Il y a donc pour la firme de Cupertino une obligation de générer des bénéfices rapidement, et mécaniquement une vision à long terme plutôt étroite (centrée sur les produits les plus rentables).

Ma prédiction : Un recentrage sur des applications de réalité mixte sur certains usages (comme pour l’Apple Watch) : bien-être (ex : méditation), culture (ex : visites immersives), divertissements (concerts et matchs de sport immersifs).

Retour en force des fabricants chinois dans la réalité augmentée

La bataille que se livre Meta et Apple sur le marché de l’informatique spatiale (réunissant réalité augmentée, virtuelle et mixte) laisse une ouverture pour des concurrents ciblant des créneaux plus étroits. Depuis la désillusion des Google Glass, la réalité augmentée était ainsi un créneau où plus personne n’osait s’aventurer à part Snapchat avec ses Spectacles (ils en sont déjà à la cinquième itération : Snap’s new Spectacles inch closer to compelling AR). Il n’y avait que les chinois de XREAL pour proposer des produits alternatifs, mais qui souffraient d’un positionnement ambigu : des lunettes trop grosses pour être portées toute la journée, mais trop petites pour offrir le même confort visuel qu’un masque, malgré des progrès indéniables dans les technologies utilisées (XREAL launches new AR glasses XREAL One with native 3DoF spatial tracking).

Les choses ont changé dans le courant de l’année 2024 avec une série de nouveaux produits « Made in China » se positionnant en concurrents directs des Ray-Ban de Meta : Xreal unveils Air 2 Ultra AR glasses, Solos challenges Meta’s Ray-Bans with $299 ChatGPT smart glasses, Chinese AR brand Rokid celebrates 10th anniversary with launch of Rokid Glasses, Even Realities G1 Smart Glasses… Tout ceci est très intéressant, mais anecdotique, car ces fabricants n’ont ni la puissance ni la portée de Meta. En revanche, je suis beaucoup plus intrigué par les nouveautés présentées par Baidu, l’équivalent de Google en Chine : Baidu unveils Xiaodu AI Glasses, its first AI glasses powered by a large language model. Autant dire que la compétition est très intense, et ça s’en ressent dans les prévisions de ventes : Meta Sets the Bar in AR/VR, but Competition is Gearing Up for a Reality Check.

Vous noterez que la concurrence chinoise ne se limite pas aux lunettes de réalité augmentée, car il faut également compter sur Pico, acquis par ByteDance en 2021 (l’éditeur de TikTok) qui revendique également sont statut de fabricant historique de masques de réalité virtuelle / mixte : ByteDance launches Pico 4 Ultra in China.

Ma prédiction : Les usages autour de la réalité augmentée vont nécessairement se démocratiser… en Chine, mais attendez-vous à des répercussions sur d’autres segments et marchés, car les sociétés technologiques chinoises sont très ambitieuses, d’autant plus que le marché américain va se refermer pour eux avec l’arrivée de Trump au pouvoir (barrières douanières). Il faudra également compter sur Google qui sera l’invité de dernière minute avec un masque de réalité mixte dopé à l’IA qui sera fabriqué par Samsung et commercialisé dans le milieu de l’année : Android XR, The Gemini era comes to headsets and glasses et I saw Google’s plan to put Android on your face.

Une meilleure appréhension du métavers

À une époque pas si lointaine, j’ai beaucoup écrit sur le métavers (Cartographie des métavers et des usages virtuels), vision maximaliste des univers virtuels dont je parle depuis plus de 15 ans sur ce blog. Si la frénésie médiatique est derrière nous (Où en est le métavers en 2024 ?), nous avons maintenant le recul nécessaire pour comprendre que la notion de métavers universel libre et accessible au plus grand nombre est une utopie. Il n’y aura pas de métavers, mais une multitude d’environnements virtuels immersifs (ex : Microsoft Flight Simulator 2024 arrives with a “full digital twin” of Earth), dont certains regroupent plusieurs types d’expérience en une seule plateforme. Les usages semblent se concentrer sur un petit nombre de plateformes qui continuent de progresser et de proposer de plus en plus de contenus et fonctionnalités : Lego Fortnite is getting a big expansion with a GTA-style roleplaying city, Fortnite’s new mode is an FPS that’s a lot like Counter-Strike, Roblox’s Shopify integration has entered a closed beta test, highlighting the platform’s e-commerce opportunity

Tous les budgets et les ambitions des entreprises et organisations sont en ce moment captés par l’IA générative et ses promesses mirifiques (qui n’engagent que ceux qui y croient), pourtant, de nombreuses marques ont compris qu’il se passait quelque chose et que les futurs consommateurs passent plus de temps sur Roblox que sur les autres médias. À ce sujet, je vous invite fortement à tester The Brands Experience sur Roblox pour juger par vous-même.

Ma prédiction : Ue vision plus sereine du métavers, loin des frasques médiatiques et des promesses techno-utopistes d’il y a quelques années. Ceci passera bien évidemment par une incursion des marques dans les différents environnements virtuels, mais au préalable, elles devront comprendre les usages ainsi que les motivations et les attentes des utilisateurs avant de pouvoir leur proposer des expériences ou offres adaptées (ex : items virtuels). J’anticipe l’éclosion de nombreuses « agences métavers », donc en parallèle des « agences d’IA agentiques » ;-)

Une fracturation encore plus marquée de l’internet entre les blocs Amériques / Europe / Chine

Il ne vous aura pas échappé qu’avec la réélection de Trump, le monde se prépare à l’instauration d’un système économique et géopolitique multipolaire, avec une répartition des richesses et pouvoirs entre les États-Unis, la Chine et l’Europe, sans oublier l’influence économique et culturelle de pôles régionaux (Inde, Brésil, Moyen Orient, Afrique…).

Selon ce modèle, où les divergences politiques et économiques sont nombreuses, il n’y a aucune raison pour que le web universel tel que nous l’avons connu par le passé perdure. Il existe déjà une scission nette avec certains pays qui opèrent leur propre web (ex : Chine, Corée du Nord, Iran, partiellement la Russie…), mais les plus gros bouleversements à venir ne concerneront aps forcément les contenus, mais plutôt les aspects règlementaires.

Les règlementations très strictes appliquées dans l’Union Européenne va ainsi progressivement isoler les utilisateurs européens du reste du monde occidental. En effet, si l’intention est louable (Interoperability is at the heart of the new EU digital strategy), l’exécution est très maladroite et produit très clairement l’effet inverse (The EU Digital Package: An intensification of regulations and recommendations).

Je ne sais pas trop où toutes ces règlementations vont nous mener, ni de quoi elles nous protègent, mais ce qui est certain, c’est que je n’ai toujours pas accès aux AI Overview dans Google, à l’assistant Meta AI, ni aux différentes fonctionnalités d’Apple Intelligence.

Ma prédiction : Un coût de mise en conformité de plus en plus élevé pour les éditeurs de contenus et services souhaitant toucher les utilisateurs de l’UE. Avec nécessairement une logique de priorisation (développer de nouvelles fonctionnalités plutôt que de payer des juristes), comme nous pouvons déjà le constater chez de nombreux éditeurs et startups. Cette régulation excessive va-t-elle priver l’Europe de sa capacité d’innovation ? Tout dépend de ce que l’on appelle « innovation » : ces régulations vont certainement nous protéger des travers de l’innovation effrénée des effective accelerationists (cf. Des dangers du dogmatisme technologique), mais elles ne vont pas pour autant encourager l’innovation responsable et durable, plutôt l’imposer à des entreprises qui sont déjà asphyxiées par les charges et les obligations administratives.

Beaucoup de bullshit autour de l’informatique quantique

L’actualité de l’informatique quantique est particulièrement riche ces derniers mois avec des avancées significatives annoncées par Google, Microsoft et IBM : Google reveals quantum computing chip with ‘breakthrough’ achievements, Microsoft and Atom Computing will launch a commercial quantum computer in 2025 et IBM boosts the amount of computation you can get done on quantum hardware. Je ne suis pas forcément le mieux placé pour juger de la pertinence de ces annonces, mais ce qui est certain, c’est que les déclarations de l’équipe de recherche de Google a généré beaucoup de bruit : si le processeur quantique qu’ils ont mis au point propose des performances aussi spectaculaires (des calculs 1030 fois plus rapides qu’un super-calculateur) c’est parce qu’ils sont effectués dans des dimensions parallèles. 🤨

Encore une fois, je ne suis pas un spécialiste de l’informatique quantique, je ne me risquerai pas à commenter ces affirmations. En revanche, je sais qu’elles ne vont faire qu’accentuer le mysticisme autour de l’informatique quantique, un domaine méconnu qui fait l’objet des plus folles spéculations, et qui surtout entretient l’idée d’une technologie miraculeuse capable de résoudre tous nos problèmes (comme l’était la blockchain à la grande époque).

Pour avoir des explications précises et en français sur le processeur quantique Willow de Google, je vous recommande chaudement ce podcast et sa synthèse chez Olivier Ezratty : Actualité quantique de décembre 2024 spécial Google Willow.

Ma prédiction : Encore et toujours plus de promesses et discours optimistes qui ne reposent sur aucune réalité informatique ou quantique (ex : « De toute façon, grâce à l’informatique quantique, nous arriverons bientôt à décupler les performances et baisser les coûts« ). Attendez-vous à une nouvelle vague de prédictions sur les bienfaits mirifiques des processeurs quantiques qui nous permettront de développer des applications IA / blockchain / métavers / XR / … bien plus performantes.


Ceci conclut ma série de 20 prédictions pour l’année 2025. Je vous donne rendez-vous en fin d’année prochaine pour faire le bilan de ces prédictions et en formuler de nouvelles !