Mes articles

8 ans et 9 blogs

Comme chaque année au mois de juin, c’est l’anniversaire de l’ouverture de ce blog (déjà la huitième année), et l’occasion pour moi de faire un bilan sur mon activité. Concernant ce blog, rien de neuf, si ce n’est la confirmation de la tendance observée l’année dernière : des visites en baisse (moins de curieux) et un nombre d’abonnés stable (les habitués). Plus j’y réfléchis et plus je me dis que j’ai inconsciemment adopté le manifeste du slow blogging : ne publier des articles que si j’ai des choses intéressantes à dire. Non pas que j’ai moins de choses à dire, mais je mûris mon style d’écriture. Concrètement ça donne 2 à 3 articles de fond chaque mois, pas de quoi rivaliser avec les fermes de contenu et autres usines à blog, mais ce rythme d’écriture est celui qui me convient le mieux et surtout qui me stimule. Bon d’un autre côté, il y a mon compte Twitter sur lequel je publie pas mal de choses au quotidien et qui a récemment dépassé les 30.000 followers, les deux se complètent bien.

L’année écoulée a également été l’occasion pour moi de lancer un huitième blog : TerminauxAlternatifs.fr. Cela faisait de nombreuses années que j’avais ce projet de blog, mais je n’avais jusqu’alors jamais trouvé le positionnement éditorial qui me convenait. La diversification récente du marché (touchbook,s e-readers, TV connectées…) m’a donné l’opportunité de me positionner sur ce créneau. Je rédige donc depuis le début de l’année ce nouveau blog, qui ne traite pas que des mobiles. Vous remarquerez que la charte graphique de ce nouveau blog est dramatiquement moche. Mais ça, c’est la faute de Francis qui ne pense qu’à travailler sur ses projets, pourtant la charte est quasiment finalisée ! (pour info, Francis est la personne qui s’occupe avec brio de la refonte graphique de l’ensemble de mes blogs)

Problème : un blog principal et 7 blogs thématiques demandent beaucoup de temps et d’énergie. Je suis toujours aussi motivé, mais je ne vois pas comment parvenir à concilier mes activités de conseil / formation avec la rédaction. Il en résulte donc également un rythme de publication très lent : 2 à 3 articles maximum par blog et par mois. Il n’y a que sur MediasSociaux.fr que le rythme est plus soutenu grâce à la co-rédaction avec Cédric.

Et comme si cela ne suffisait pas, j’entame la rédaction d’un neuvième blog, en anglais : blogs.forbes.com/fredcavazza. Je ne prévoyais absolument pas de poursuivre ma diversification éditoriale, mais les équipes de Forbes m’ont offert cette opportunité et je n’ai pas pu résister à l’envie de confronter mes idées à un lectorat complètement différent mais aussi exigeant.

Forbes_FredCavazza

Il va très certainement me falloir un peu de temps avant de trouver la bonne ligne éditoriale pour les lecteurs du Forbes Magazine, mais ça va être un très bon exercice de reformulation de mes idées et opinions. Bon, de toute façon c’est un travail rémunéré,  je me prête donc volontiers à cet exercice de style.

Même si par moment, je me dis que j’ai été inconscient de me laisser embarquer dans la rédaction de neuf blogs, ma motivation est toujours intacte et je ne vois pas ce qui va m’empêcher de continuer jusqu’au dixième anniversaire de ce blog. D’autant plus que je suis en train de finaliser un changement professionnel qui devrait me faciliter la tâche tout en continuant à faire le métier que j’aime (les conférences et les formations). Mais je vous en reparlerai très bientôt…

Des bibliothèques de composants d’interfaces mobiles

J’ai déjà plusieurs occasions de vous parler des design pattern library (Vive les librairies de modèles de conception d’interfaces et Et on reparle des bibliothèques de modèles de conception), par contre je n’avais jamais abordé les librairies qui concernent les interfaces mobiles. Un manquement impardonnable tant le sujet est chaud (Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez) et le besoin est pressant (2011, l’année du point de bascule).

Je vous propose donc ce matin de découvrir plusieurs sources d’inspiration pour concevoir vos interfaces mobiles, principalement des interfaces d’applications pour smartphones. Commençons avec Mobile Patterns, une collection d’interfaces mobiles réparties dans une quinzaine de catégories :

MobileUIPatterns

Il y a ensuite Pttrns qui propose un équivalent, mais avec une trentaine de catégories :

Pttrns

Il y a enfin LovelyUI qui propose moins de catégories, mais un système de tags bien pratique :

LovelyUI

Il existe d’autres sources, mais ces trois bibliothèques devraient vous fournir tout ce dont vous avez besoin pour avoir une vue synthétique des meilleurs pratiques de conception d’interfaces mobiles. Ces bibliothèques présentent l’avantage de classer les interfaces dans des catégories, par contre elles sont très loin d’être exhaustives. C’est pourquoi je vous recommande également Cocoa Controls, une base de référence de l’ensemble des éléments d’interfaces des interfaces Mac (avec une section pour les contrôles iOS). Dans le même style, je peux également vous recommander Android Patterns qui propose une sélection d’éléments d’interface propres au système d’exploitation mobile de Google.

Si vous ne cherchez pas particulièrement des exemples de composants d’interface, simplement l’inspiration, je peux enfin vous proposer quelques collections d’interfaces : CSS iPhone, Make Better Apps, Tap Fency, Refined Mobile Design, Dribbble ou Ember.

Pour finir, si vous avez encore un peu de temps, faites donc un détour par Landing Pad (collection d’interfaces d’applications iPad) et AppSites (collection de sites web d’applications mobiles).

(via UX Movement et Mobile GUI)

De l’intérêt et de la difficulté d’exploiter un tableau de bord

Investir les médias sociaux est un travail de longue haleine qui vous demandera plusieurs années d’efforts avant de démontrer son plein potentiel. Contrairement aux campagnes d’acquisition de trafic via des mots-clés qui offrent un impact immédiat, une présence sur les médias sociaux est difficilement quantifiable à l’aide d’indicateurs numériques (cf. Calculer le ROI des médias sociaux est une perte de temps). Cependant, une démarche ambitieuse mobilisant plusieurs personnes en interne et de nombreux prestataires et sous-traitant doit nécessairement être surveillée, les indicateurs de performance sont là pour ça. Mais tout n’est pas si simple, car encore une fois, les KPIs traditionnels reposant sur des valeurs numériques ne traduisent pas forcément bien la valeur ajoutée d’une présence active sur les médias sociaux (cf. 3 approches différentes des social media analytics). Prenons l’exemple d’un commercial qui se rend à un salon professionnel pour rencontrer et discuter avec des prospects, trouveriez-vous normal d’évaluer le ROI de cette journée passée sur le salon en fonction du nombre de cartes de visite collectées ou de nombre de mains serrées ? Et pourtant, les décideurs sont toujours aussi avides de chiffres…

Ce qui nous amène tout naturellement à la problématique des tableaux de bord : comment fournir à sa hiérarchie une vision synthétique et régulière de votre activité sur les médias sociaux ? Il existe en effet quantité de solutions proposant de beaux tableaux de bord, mais ils ne conviennent pas forcément à tous les publics. Comprenez par là que les tableaux de bord des solutions de monitoring et pilotage d’une présence sur les médias sociaux ne sont qu’un agrégat de chiffres (nombre de commentaires, de fans, de RT…). Non seulement ils sont difficilement interprétables par votre hiérarchie, mais rares sont ceux qui proposent une vue unifiée.

Des solutions comme HootSuite, SocialBase, Seesmic, Threadsy, CoTweet ou Silentale sont bien pour gérer le quotidien (surveillance, multi-publication, attribution des tâches…) mais ne proposent pas de tableaux de bord suffisamment sophistiqués pour être exploités par d’autres personnes en dehors de l’équipe.

La gestion de tâches dans SocialBase

Le second problème est que les différentes plateformes sociales proposent leur propre interface de consultation des statistiques (Facebook Insight, YouTube Insight…) et que ces données sont complexes à agréger pour avoir une vue complète de l’activité et non support par support (ou page par page si vous avez une présence multiple sur Facebook).

Plusieurs solutions commencent donc à se positionner sur ce créneau :

  • Social Report, qui propose une vue unifiée de l’activité

    Le tableau de bord de Social Report
  • TwentyFeet, qui agrège de nombreuses sources (dont Google Analytics et Bit.ly) mais ne permet pas de les mélanger

    Le tableau de bord de TwentyFeet
  • SproutSocial, qui fait un effort particulier sur la présentation, mais qui peine à fusionner les données

    Le tableau de bord de SproutSocial

Bref, nous sommes loin d’avoir des outils à réelle valeur ajoutée (nombre de sources limitées, impossible de fusionner les données et de les manipuler…). Les lacunes de ces offres illustrent le manque de maturité du marché qui est encore très loin de proposer ce que l’on peut trouver dans le domaine des web analytics. L’arrivée sur le marché de gros acteurs de l’analyse d’audience (Omniture) ou du décisionnel (SAS) devrait faire évoluer les choses dans le bon sens.

Idéalement, ces solutions devraient pour proposer des tableaux de bord destinés aux community managers pour gérer leur quotidien (cf. Des content Management Systems aux Community Management Systems), mais également aux autres département de l’entreprise qui ont besoin de données en rapport avec leur domaine (visibilité pour la com’, recrutement pour le marketing, satisfaction pour la relation-clients…).

Différents indicateurs correspondants à différents niveaux de décision

Au final, les KPIs ne présentent une réelle valeur ajoutée que s’ils sont exploités dans le contexte de l’entreprise, c’est-à-dire si les données peuvent être ré-injectées dans d’autres systèmes afin d’étudier l’impact des médias sociaux (trafic, ventes, fidélisation…).

Idéalement, il faudrait pouvoir disposer d’un outil de création de tableau de bord pour choisir les données à afficher, les compléter avec des données d’autres systèmes et y inclure des variables purement qualitatives et des commentaires afin d’en faciliter la compréhension. Pour le moment, je n’ai pas encore vu d’outils proposant ce type de chose et il faut bien souvent bricoler sois-même les données pour produire des rapports et tableaux de bord exploitables par des non-initiés ou une Direction Générale. Normalement les choses devraient bouger d’ici à la fin de l’année…

Second Life fête ses 8 ans, quel bilan de cette période ?

Cette semaine, dans Second Life on fêtait le huitième anniversaire de la création de cet univers virtuel : SL8B Opens Today!. Huit années très riches en innovations et usages disruptifs. Le moins que l’on puisse dire est que Second Life aura marqué les esprits et modifié à jamais la perception des environnements virtuels par le grand public. Nombreux sont encore ceux qui me demandent si Second Life est toujours ouvert, et ma réponse est invariablement la même : Second Life est toujours actif et l’univers est bien intéressant aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque de la sur-médiatisation. Avec le recul, nous mesurons maintenant l’impact négatif de la sur-exposition médiatique de Second Life, mais les équipes de Linden Lab ont su traverser cette tempête : Grandeur, décadence, résurrection, sublimation et transformation de Second Life.

SL8B

Avec ce huitième anniversaire, vient donc le temps d’un bilan sur la situation actuelle : après moult changements d’organisation (plusieurs CEO), de stratégie et un titanesque chantier de refonte technique, Second Life est aujourd’hui une plateforme virtuelle robuste et un lieu privilégié pour la culture, l’éducation et la collaboration. Certes, la grille n’attire pas autant les foules que Facebook ou Twitter (de toute façon qui peut rivaliser en terme d’audience ?), mais les fidèles sont toujours là : Active RL Companies That Have A Presence In SL 2011.

Sur ces dernières années, nous avons pu assister à de nombreux remaniement et surtout un grand déploiement d’énergie pour faire vivre la plateforme et lui trouver de nouveaux leviers de monétisation :

Pour celles et ceux qui pensent que Second Life est un univers complètement dépassé et ringard, je vous recommande d’une part d’aller y faire un tour pour vous rendre compte des nombreuses améliorations du moteur graphique ainsi que de la qualité des environnements et contenus proposés (cf. le guide des destinations et le showcase) ; et d’autre part d’étudier de près les performances de certains v-commerçants (Stiletto Moody, la marque virtuelle à 1M de $).

SL_historical-Museum

Mais tout n’est pas rose au pays des avatars, car Second Life doit aujourd’hui faire face à la concurrence terrifiante des plateformes sociales et des autres environnements. Deux articles ont ainsi retenu mon attention ces derniers temps :

  • The Failure of Second Life, où il est question des performances graphiques de SL comparées à ce que proposent les consoles de dernières générations (notamment la PS3 avec son Home) ainsi que les dernières innovations en matière de home entertainment (Full HD, 3D, Kinect…). Rajoutez à cela le spectre du cloud gaming et SL risque de se faire définitivement dépasser.
  • At the Second Life tipping point, où l’auteur décrit l’inquiétude des propriétaires d’îles face à la dévalorisation de leur bien, ainsi que la lassitude des annonceurs qui se sentent contraints par les nouvelles guidelines de l’éditeur. En résumé : l’éditeur a fait le ménage sur la grille pour proposer une expérience plus riche et des contenus de meilleure qualité, mais au détriment de la marge de manoeuvre. En conséquence de quoi, les utilisateurs historiques se tournent de plus en plus vers les OpenSims pour y trouver un degré de liberté bien supérieur.

Au final, ce n’est pas tant de Facebook dont Second Life doit se méfier, mais plutôt de la prochaine version d’Hypergrid qui permettra de relier entre-elles les différentes OpenSims de façon cohérente. SecondLife va-t-il devenir une marque générique et subir le même sort que Frigidaire, Karcher ou K-way ? Difficile de prédire l’avenir… Toujours est-il que lorsque l’on regarde en arrière le chemin parcouru, les créateurs de Second Life et sa communauté peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli car bon nombre d’éditeurs ont bénéficié de l’héritage de cet univers virtuel pionnier.

Peut-être que pour ses 10 ans, Second ife va redevenir la destination à la mode, qui sait ? La suite de cette réflexion ici : Quel est l’héritage de Second Life ?.

Encre électronique, une révolution des technologies d’affichage

Voilà près de 10 ans que la technologie d’encre électronique est apparue pour le grand public. En 10 ans de gros progrès ont été faits sur la lisibilité, le contraste… Si les écrans avec encre électronique couleur ne sont pas encore tout à fait au point (Mirasol, chronique d’un retard annoncé), nous commençons à voir apparaitre des prototypes explorant des nouveaux usages : E Ink shows concepts galore at SID 2011: snowboards, radios, thermostats, oh my!

Les utilisations de l’encre électronique ne se limitent en effet pas aux livres électroniques, la dernière édition du salon SID proposait ainsi différents concepts :

  • Le snowboard avec un affichage sur le devant de la planche
    E ink snowboard
  • La partition de musique (que l’on peut coupler avec un déclencheur à pied pour tourner les pages)
    E ink music display
  • Les tableaux à hyper haute résolution (2400 x 1650)
    E ink 300 ppi display
  • Les appareils domestiques à affichage simple (ici un thermostat)
    E ink thermostat

Une vidéo présente ces différents prototypes et montre notamment l’exemple très intéressant d’une radio dont l’écran LCD est remplacé par un affichage à encre électronique :

L’encre électronique en remplacement des écrans LCD ? Pourquoi pas, après tout ça n’est qu’une question de coût. Tous ces prototypes ont en tout cas le mérite de nous faire ouvrir les yeux sur les innombrables opportunités offertes par l’encre électronique. Plus cette technologie sera répandue, et plus elle sera fiable et abordable (initiant ainsi un cercle vertueux).

Mieux : l’encre électronique couplée aux écrans souples vont nous offrir encore plus de possibilités : Le papier électronique flexible toujours plus spectaculaire. Il est d’hors et déjà possible de produire des panneaux de très grande taille exploitant peu de couleurs (donc à faible coût de production) :

Rollable e ink scroll

Dans cet exemple, c’est un kakemono qui a été numérisé, mais nous pouvons tout à fait envisager de révolutionner l’affichage urbain avec des panneaux équipés d’écrans souples à encre électronique (les fameuses colonnes Meurisse) qui pourraient être mis à jour à distance en fonction de l’heure ou de la fréquentation. Il existe déjà des projets dans le domaine militaire (Le papier électronique pour camoufler les chars militaires), mais les applications civiles devraient bientôt voir le jour.

L’encre électronique est une authentique révolution dont nous ne voyons que la partie visible de l’iceberg (les e-readers). Attendons quelques années pour voir dans quelle mesure cela affectera notre quotidien (dans le bon sens).