Université du S.I. 2009 : Conception de plateformes sociales

Comme chaque année depuis… l’année dernière, Octo Technology organise l’Université du Système d’Information, le rendez-vous des geeks et des boss. Le principe de cette manifestation est de réunir dans un même espace des speakers de profils variés regroupés dans 4 grandes thématiques : Gouvernance, Technologies, Méthodologies et Utilisabilité (cf. le programme). Ça va se passer les 1er et 2 juillet prochain à Paris.

USI2009

 

C’est donc dans la catégorie Utilisabilité que je vais avoir le plaisir d’intervenir aux côtés d’autres visages connus comme Amélie Boucher ou Johan Adda. Mon intervention s’intitule « L’impact du Web 2.0 sur les standards de conception« , ce titre ne me plait pas trop mais le sujet va, je pense, beaucoup vous intéresser. J’y parlerais notamment des changements de comportement et des attentes des internautes à l’heure des médias sociaux ainsi que de l’impact de la dimension sociale sur les standards de conception. Traduction : Comment concevoir une plateforme sociale (standards de facto, bonnes pratiques et pièges à éviter). J’interviens le premier jour, juste après Joël De Rosnay et en même temps que Didier Girard (oups !).

Mais ce n’est pas tout, car il y aura également un Espace Utilisbailité avec des démonstrations de eye-tracking, de tables interactives et de terminaux mobiles next-gen, du speed consulting

Bref, c’est à mon sens l’évènement majeur de ce milieu d’année, à ne pas manquer.

MSPOG + microblog = Micro social RPG

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la façon dont les plateforme sociales sont en train de révolutionner les plateformes de jeux en ligne (Social Networks + Casual Games = Social Games). J’ai également abordé le succès des jeux portés sur les grands réseaux sociaux (Social Games, une mine d’or pour les plateformes sociales). La prochaine étape dans cette dynamique de transformation semble être déjà atteinte avec l’apparition de nouveaux types de jeux en ligne : les social games qui exploitent Twitter et les mobile social games qui commencent à cartonner sur l’iPhone.

Le paradoxe des jeux en ligne massivement mono-joueurs

Dans mon précédent article traitant des social games, j’avais fait l’impasse sur les alternative games pour ne pas trop vous embrouiller avec des termes jargonnants. Il va malheureusement falloir que je m’y plonge un peu. Vous connaissez déjà les jeux de plateau qui se jouent au tour à tour (Monopoly…), vous connaissez les jeux de rôle massivement multijoueurs (World of Warcraft…) alors vous ne devriez pas avoir de mal à saisir le principe des jeux en ligne massivement mono-joueurs (MSPOG ou MSO pour les intimes) qui se situent à mi-chemin. Le principe est de proposer un jeu en ligne avec une réalisation très sobre (texte + images) qui se joue de façon asynchrone (chacun son tour), à la fois individuelle (vous êtes seul devant votre écran) et collectif (vous intégrez des guildes pour accomplir des quêtes).

Il existe de nombreux termes pour décrire ce type de jeux (« Text-base online RPG« , « alternative games« …) et il se déclinent en de nombreux thèmes (heroic fantasy, anticipation, vampires…). Du fait des mécanismes de jeux et des limitations, le gameplay de ces jeux repose donc beaucoup sur la gestion de l’inventaire et des points d’énergie : faire des missions vous rapporte de l’argent (pour acheter des armes, des potions et de l’équipement) mais vous coûte des points d’énergie (en fonction de la difficulté des missions). Le modèle économique des éditeurs repose sur ces deux variables : ils proposent du micro-paiement pour convertir vos euros en monnaie locale ou acheter des points d’énergie.

Assez peu connus du grand public, les jeux alternatifs en ligne ont cependant connu un grand essor avec leur portage sur les plateformes sociales comme Facebook (lire à ce sujet un précédent article sur Elven Blood). La spécificité du portage de ces jeux est de parfaitement exploiter le levier viral et d’utiliser le public wall pour recruter d’autres joueurs. Les jeux les plus populaires comme Mob Wars ou Mafia Wars comptent plus de 12 millions de joueurs actifs.

MafiaWars

Mafia Wars sur Facebook

Micro Social RPG : les jeux alternatifs à l’heure des microblogs

Dans les exemples précédemment cités, Facebook est utilisé à la fois comme plateforme d’hébergement (vous y jouez au travers de l’interface Facebook) mais également comme canal de diffusion : vos faits d’armes sont relayés sur le public wall, vous recrutez d’autres joueurs directement depuis votre liste d’amis, vous êtes alertés via le système de messagerie interne… Mais rien ne vous empêche d’utiliser une autre plateforme sociale.

C’est là que Spymaster entre en scène avec un gameplay quasi similaire (accomplissement de missions, gestion de l’inventaire et des points d’énergie…) mais reposant sur Twitter. Concrêtement vous vous inscrivez sur le site PlaySpymaster avec vos identifiants Twitter, vous recrutez d’autres joueurs dans votre liste de followers et vous enchaînez les missions. Toutes vos actions sont alors relayées par des tweets. Vous pourriez me dire que cela génère une pollution terrible dans le flux et que la première chose à faire est de désactiver ce système de notification mais c’est sans compter l’ingéniosité des éditeurs du jeux : plus vous relayez vos actions dans votre flux Twitter et plus vous gagnez d’argent ou de points d’énergie. Ce principe est redoutable car un joueur ayant bien accroché au jeu aura besoin de plus d’argent / points donc va relayer le jeu de façon plus intensive.

Spymaster

Le tableau de bord de Spymaster

Le jeu est également très bien conçu d’un point de vue viral car la puissance d’un joueur est fonction du nombre d’autres joueurs qu’il a réussi à recruter. Description complète ici : Spymaster Twitter Game, The Complete Guide.

Pour le moment il n’est pas possible d’acheter des points ou de l’équipement mais j’imagine bien que c’est la prochaine étape du développement de ce Micro Social RPG. Et il n’est pas le seul puisque d’autres commencent à faire leur apparition comme 140Mafia (cf. The Mob Comes to Twitter), attendez-vous donc à une déferlante de jeux alternatifs sur Twitter dans les prochaines semaines. Les mois d’été seront-ils prétexte à des parties endiablées ? Sûrement.

Vers des adver-micro-social-games ?

Tout ceci est très bien, mais existe-t-il des applications commerciales de ces jeux ? Oui, avec notamment cette campagne réalisée pour la sortie du quatrième volet de Terminator : Resistance 2018. Le principe est assez simple : la résistance s’organise contre les machines et vous incite à la rejoindre en ajoutant le compte @Resistance2018 à votre liste de following pour pouvoir être impliqué dans des opérations. Il y a également un certain nombre d’instructions qui sont diffusées via le blog « officiel » de la résistance.

Resistance2018

Le flux Twitter de Resistance 2018

Tout l’intérêt de cette campagne ne réside pas dans le gameplay assez simple mais plutôt dans l’immersion de l’univers de la franchise Terminator et dans le potentiel viral du dispositif (recrutement viral, système de leaderboard…). Un cas d’école très intéressant qui pourrait tout à fait être réutilisé dans un autre contexte et pour une autre marque (souvenez-vous qu’il s’agit avant tout de jeux textuels). Plus d’infos ici : Terminator Salvation plays « with » Twitter.

Et cela ne risque pas de s’arrêter là puisque ces social games vont bientôt débarquer sur nos consoles de jeux pour compléter un gameplay riche avec une expérience sociale intégrée : XBox 360 to support Twitter and Facebook.

Ne vous laissez pas leurrer par ce côté vidéo-gadgeto-geek, les jeux vidéos représentent un marché colossale et sont surtout durablement ancrés dans les habitudes des consommateurs : Les américains jouent plus qu’ils ne vont au cinéma. Voilà pourquoi ils sont un support de choix pour les annonceurs souhaitant toucher leurs cibles au travers d’un dispositif à engagement plus fort que la TV, la radio ou les bannières.

La ruée vers l’iPhone pour les social games

Autre tendance lourde pour le marché des jeux en ligne : l’explosion du nombre d’iPhone et le portage de ces social games rendu possible avec des technologies comme Facebook Connect for iPhone. Les grands éditeurs se sont ainsi rués sur cette niche avec des versions mobiles de leurs titres phares (Mafia Wars, Vampires BloodLust, AgencyWars…) : SGN Launches Agency Wars & Adds Facebook Connect to iBowl.

MafiaWars_iPhone

 

Encore une fois, le côté asynchrone facilite grandement la tâche du portage de ces jeux sur un terminal mobile. Ces derniers deviennent alors un moyen idéal pour une expérience de jeux fragmentée (quelques minutes plusieurs fois dans la journée) mais répétée. Le marché est d’ailleurs en train de se structurer avec des plateformes de mobile social games comme Aurora Feint qui permet d’avoir une gestion centralisée des crédits, du personnage… Tous les détails sont ici : Aurora Feint To Roll Out OpenFeint 2.0, A Social Gaming Platform For The iPhone.

AuroraFeint

 

Là aussi, les applications commerciales ou « marketing » sont évidentes : sponsoring, placement de produits, lancement d’un jeu lié à un univers de marque… Les barrières à l’entrée sont plutôt basses et le public en demande, donc comment y résister ?

Prochaine étape : les alterned reality games à la sauce micro-social ?

Tout ceci nous amène à nous interroger sur la suite, à savoir la prochaine étape. Hé bien figurez-vous que la prochaine étape naturelle semble être toute trouvée avec les jeux en réalité alternée (alterned reality games ou ARG). Pour faire simple, les ARG sont des jeux de fiction qui se jouent dans la vie réelle (au travers des canaux traditionnels) mais exploitant une trame narrative et des informations alternatives. Si mes sources sont exactes, la première expérience commerciale à grande échelle remonte à 2001 avec un ARG pour la promotion du film AI (plus d’infos ici : Retour sur les Alternate Reality Game). Mais les exemples plus récents sont nombreux avec notamment CanYouStopIt lancé par SFR (SFR se lance dans le jeu en réalité alternée) et d’autres exemples aux US (Le créateur de Heroes prépare une expérience immersive mobile).

CanYouStopIt

Le jeu en réalité alternée de SFR

Mélangez les ARG avec la puissance virale de Facebook, la proximité / instantanéité de Twitter, les capacités de géolocalistation de l’iPhone et vous obtenez un ticket gagnant. En fait c’est plus que ça, c’est le nirvana du story-telling et de l’immersion au service d’une expérience de jeu unique (qui se situe à la frontière des Mobile Multiplayer Trans-Reality Game).

Donc pour faire simple ça donne : Social Games + ARG + MMTRG = Micro-Géo-Social-Mixed-Alterned Reality Games. Simple, non ?

6 ans de blog en 6 billets

Déjà 6 ans que ce blog est ouvert, 6 ans pendant lesquels j’ai pu rédiger plus de 2.000 billets et créer 6 autres blogs. Six années très intenses qui ont à jamais changé ma façon de travailler et peut-être même de réfléchir. Des années au cours desquelles l’internet a été profondément bouleversé. C’est quand je regarde mes statistiques que je me rends bien compte de l’ampleur de ce bouleversement : je suis retombé au même nombre de visiteurs uniques qu’en juin 2006 !

vu-mois

Ce phénomène s’explique (je pense) par un mode de consommation de l’information complètement différent : la majeure partie de mes lecteurs ne vient jamais sur ce site et se « contente » du flux RSS (dont les abonnements sont en progression constante).

Quels enseignements après 6 ans de blog ?

Je ne prétends pas avoir la science infuse ou être en mesure de dicter les règles d’or du bon blogueur, par contre je peux vous livrer les trois points-clés que je retiens de ces 6 années de blog :

  1. Ne pas tricher. Ne sous-estimez jamais la capacité de votre lectorat à démonter une argumentation bancale. Si vous n’êtes pas légitime sur un sujet ou si votre billet ne tient pas la route alors mieux vaut éviter de prendre la parole (d’autres le feront mieux que vous).
  2. Plus vous donnez et plus vous recevez. Il n’y a pas de limite à ce que la communauté peut vous rendre. Je ne vous parle pas de monétisation mais plutôt de rétribution d’estime, de social currency ou de karma (appelez-ça comme vous voulez). En tout cas je suis convaincu du bénéfice de partager un maximum de choses et je compte bien perséverer dans ce sens.
  3. Le contenu est roi. Il n’y a pas d’influence sans un contenu pertinent. Avec l’avènement de plateformes de microblog comme Twitter ou de réseaux sociaux à la Facebook, nous pourrions être tenté de croire que chacun peut avoir son quart d’heure de gloire, mais ce n’est pas si simple. Une forte audience / visibilité n’est pas gage d’influence ou de crédibilité, seuls les articles bien argumentés marquent durablement les esprits et trouvent leur place au haut des pages de résultats de Google.

Six billets qui ont marqué ce blog

Difficile pour moi de faire un choix aussi restreint parmi plus de 2.000 articles rédigés. Mais je me prête volontiers à ce petit jeu pour vous livrer les 6 billets qui ont le plus marqués l’histoire de ce blog.

Le billet qui a généré le plus de trafic : Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ? Rédigé en juillet 2007, cet article est encore à ce jour le plus consulté tous les mois. Je serais bien incapable de vous dire le nombre de fois où cette page a été vu, mais c’est de loin celui qui a généré le plus de trafic. Pour la petite histoire, il est le résultat de plusieurs mois de réflexion, discussions et de collecte d’informations. Rédigé en deux jours (avec la version anglaise) pendant une période de creuse, je crois ne pas avoir perdu mon temps sur ce coup là !

Le billet dont je suis le plus fier : Vers la règle du clic unique. Un billet publié en 2006 sur lequel je me suis arraché les cheveux (littéralement). Passé quasiment inaperçu à sa publication, je reste très attaché au point de vue que j’y développe et reste persuadé qu’il est encore d’actualité.

Le billet qui a généré la plus grosse polémique : Web 2.0, une première définition ? Le moins que l’on puisse dire c’est que ce Web 2.0 a nourri des débats passionnés (un peu trop des fois). Je ne crois pas être le premier à m’être lancé dans une définition du web 2.0 mais ce premier « gros » article a suscité quelques échanges de noms d’oiseaux dans les commentaires (des réactions très vives que je n’ai pas trouvé ailleurs). Même si aujourd’hui je trouve que ce billet est un peu « pauvre » (je préfère nettement cet article que j’ai rédigé pour le JDnet : La révolution par les usages ou celle-ci : Le web 2.0 selon Fred Cavazza), je suis tout de même très content d’avoir pu participer de façon active à la vulgarisation du concept de web 2.0. Le plus amusant dans cette histoire, c’est que maintenant que le terme est passé de mode (on parle beaucoup plus volontiers de « médias sociaux »), il n’existe toujours pas de définition courte qui mette tout le monde d’accord. Je retiendrais celle-ci : le web en mode lecture/écriture (« The Read/Write Web« ).

Le billet qui est toujours actif : Ces petits objets qui révolutionnent votre quotidien. Publié en 2006, ce billet mentionne un combiné toilettes + lave-mains. Je reçois régulièrement des emails (tous les mois) de personnes cherchant à trouver les coordonnées d’un importateur. (Précision : ce combiné n’est pas distribué en France mais il en existe d’autres).

Le billet qui a été le plus critiqué : Native Client, la technologie RIA de Google qui risque de faire long feu. Publié en fin d’année dernière dans de mauvaises conditions (j’avais décidé de faire une pause d’un mois pour cause de surmenage), je ne pouvais pas passer à côté de cette nouveauté. Un sujet très casse-gueule qui demandait des explications techniques très pointues pour lesquelles je n’ai pas su trouver les bonnes formulations. Conséquence : une très vive réaction de la communauté des développeurs et un débat qui est passé complètement à côté du coeur du sujet de l’article. Rétrospectivement je trouve que mes explications étaient approximatives, le billet est maintenant corrigé et je suis très satisfait du résultat. Est-ce que je garde de l’amertume de cet épisode douloureux ? Non pas du tout : d’une part car c’est à ça que servent les commentaires (échanger des points de vue, contre-argumenter…) et parce que le billet en question a gagné en qualité (explications, argumentation).

Le billet que je n’ai jamais eu le courage d’écrire : Pourquoi Twitter ne remplacera pas les blogs. Je lis ça et là qu’à l’heure du real-time web les blogs ne sont plus pertinents et que les microblogs comme Twitter sont l’avenir de l’information participative et des discussions. Heu… c’est aller un peu vite en besogne car il y a une très grosse différence entre rapidité de diffusion de l’information et pertinence. De plus la limitation de la longueur des tweets (140 caractères) est un sacré frein à la qualité de l’argumentation. Certains disent encore que Twitter remplace les flux RSS. Encore une belle erreur de jugement : les flux RSS sont un outil de diffusion extrêmement puissant mais qui nécessite le recours à un outil de lecture adapté (oubliez Netvibes et adoptez plutôt Google reader). Bon… je sens que je suis bien parti là… peut-être trouverais-je le courage de m’y mettre prochainement…

En route pour une septième saison

Je suis toujours aussi motivé pour poursuivre mon travail de rédaction sur ce blog : Il me demande beaucoup de temps et d’énergie mais il m’apporte tellement ! J’ai trouvé un bon équilibre au niveau de ma ligne éditoriale (des articles de fond sur ce blog et des articles plus courts mais ciblés sur mes blogs de niche) et de mon rythme de publication (entre 8 et 10 billets par semaine).

Merci à celles et ceux qui commentent régulièrement sur ce blog de même qu’à ceux avec qui j’échange par email.

Mes trois sites coup de coeur (juin 2009)

Je continue dans ma série de sites “coup de coeur” avec trois applications en ligne superbement mises en valeur par leur site web.

On commence avec DailyBurn, une application en ligne de fitness tracking :

dailyburn

La grille de lecture est limpide, les visuels attractifs et l’harmonie des couleurs très… harmonieuse. En plus ils ont le bon goût de proposer une visite guidée intégrée à la page d’accueil.

Il y a ensuite Tea Round App, une application pour iPhone qui sert à définir des tours de préparation pour le thé (WTF?) :

tearound

Autant je suis très dubitatif quand à l’intérêt réel de cette application, autant je suis immédiatement tombé amoureux de cette ambiance boisée très chaleureuse, des petits coups de crayon, du jeu typographique (en bas de page). Cerise sur le gâteau, la visite guidée en 4 étapes qui utilise un slider façon iPhone (« Step 1« …).

Il y a enfin Ballpark, une application en ligne de facturation :

ballpark

Rien de révolutionnaire dans le choix des couleurs mais une construction de la page en strates tout à fait convaincante avec une parfaite lisibilité et un fort contraste permettant de bien guider l’attention sur le bouton d’action. Vous apprécierez au passage les titres qui sont un modèle de concision et d’incitation. Et ne ratez surtout pas la superbe page de comparaison des offres ainsi que le magnifique formulaire de création de compte.

La suite le mois prochain…

Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?

Alors que nous pensions que le marché de la recherche était définitivement acquis à Google (qui capte plus de 90% des parts de marché en France) voici que deux lancements en deux semaines m’amènent à remettre en question la suprématie de Google : Bing et WolframAlpha. Entendons-nous bien : Google n’est pour le moment pas menacé mais les innovations et le positionnement de ces deux nouveaux services de recherche souffle un vent de fraîcheur dans ce secteur.

Nous sommes ainsi tous à peu près d’accord pour dire que Google a remporté la bataille de la recherche algorithmique pour laquelle les équipes de R&D posséderont toujours une longueur d’avance (du moins c’est ce que je pense). Reste alors aux concurrents à trouver d’autres terrains de bataille pour pouvoir se démarquer. Et c’est là où les deux nouveaux services présentés plus bas rentrent en scène avec la proposition de valeur suivante : ne pas rechercher mieux que Google mais différemment. L’objectif étant de ne pas chercher à se battre sur la pertinence des résultats mais plus sur la modalité de recherche.

Il y a tout d’abord WolframAlpha qui se veut être non pas un moteur de recherche mais un moteur réponses : Là où Google se charge de remonter une liste de résultats correspondants à un ou plusieurs mots-clés, Wolgram préfère afficher une réponse unique à une question.

wolfram_weather

 

Le levier de différenciation de Wolgram est donc de proposer un moteur d’analyse syntaxique très sophistiqué lui permettant d’apporter une réponse unique et fiable à des questions du type « quel est l’âge du capitaine » :

wolfram_obama

Vous pourriez me dire (à raison) que Google propose déjà ce type d’approche  mais vous tomberez toujours systématiquement sur une liste de résultats. Bref, Wolgram se veut donc être un moteur de recherche « intelligent » qui comprend vos questions et vous mâche le travail d’interprétation des résultats. Reste encore à régler le problème de la largeur du champ de recherche (à combien de questions peut-il répondre) et la barrière de la langue (ça fonctionne bien en anglais mais quid du français ?). Plus d’infos ici : WolframAlpha, une nouvelle sorte de science pour une nouvelle sorte de moteur de recherche.

Dans un style proche mais différent nous trouvons ensuite Bing de Microsoft qui se positionne comme un outil d’aide à la décision. L’idée est à peu près la même : ne pas confronter les utilisateurs à une liste de résultats qui risque de les dérouter mais leur faciliter la tâche en présentant des résultats structurés. Et c’est dans la recherche de produits que Bing dévoile sa plus forte valeur ajoutée, il se transforme en un assistant d’achat qui se charge de collecter / agréger les avis et de comparer les prix :

bing_shopping

Une approche tout à fait intéressante car c’est sur de la recherche « marchande » que Google réalise 90% de son C.A. avec les adwords. Microsoft a donc choisi de se concentrer sur ce créneau et d’anticiper le clic suivant la liste de résultats en intégrant et en retraitant les données. Peut-on dire que c’est de l’affiliation forcée ? Oui pourquoi pas. Cela nécessite de nouer de nombreux partenariats avec des services externes, mais quand on s’appelle Microsoft ce n’est pas un problème insurmontable, bien au contraire. Autre illustration avec cette recherche d’hotels dans la chaîne Travel (intégration du moteur de Farecast racheté l’année dernière par Microsoft) :

bing_hotels

Signalons au passage que Microsoft a également prévu un programme de cashback associé à son moteur. Pour le moment Bing est très limité en France donc il vaut mieux tester la version US. Plus d’infos ici : Discover Bing et Bing Opens Up. Is It Good? It’s Too Early To Tell (et sur la version mobile : Microsoft’s Bing is Now Mobile, Too).

Donc au final, j’anticipe un marché de la recherche plus ouvert où les utilisateurs choisiront le moteur en fonction de la nature de leur recherche : Google pour une recherche générique à base de mots-clés, WolframAlpha pour de la recherche en langage naturel (comme Ask le propose dans une certaine mesure) et Bing pour de la recherche pré-achat.

Bien évidement ce ne sont pas les seules initiatives d’alternatives à Google, mais ce sont tout de même deux très bon candidats qui risquent de stimuler les autres :

  • Amazon avec son moteur A9 qui en plus d’avoir un accès direct aux produits et à la marketplace du géant du e-commerce peut également exploiter les précieuses données de sites comme Amapedia, Alexa, IMDB ou encore SoundUnwound ;
  • Yahoo! qui n’en finit pas d’agoniser (une nouvelle version ?) et qui ferait bien de nous sortir un moteur performant car reposant sur le pléthorique Yahoo! Answers mais également sur toutes les chaînes de contenu (News, Sports, Food…), les chaînes marchandes (Shopping, Tech, Travel…) ou encore les services 2.0 « maison » (FlickR, Delicious, MyBlogLog…) ;
  • Wikipédia qui est de très loin la plus grosse base d’informations de la planète et qui pourrait proposer une expérience de recherche tout à fait convaincante en mixant les contenus de l’encyclopédie collaborative, les contenus des autres sources (WikiNews, Wikia Answers…) et pourquoi pas y rajouter une pincée du très attendu Wikia People Search.

Bref, les possibilités sont nombreuses. Cela veut-il dire que les 3 acteurs précédemment cités doivent déréférencer leurs contenus de Google ? Non pas du tout, mais comme ils ont accès aux données sources ils pourraient présenter des résultats bien plus structurés.

Les lecteurs les plus attentifs pourraient me dire que tout ceci est vain dans la mesure où Google propose déjà des outils de recherche verticaux (Products, Knol, Squared…) mais ça vaut quand même le coup d’essayer, non ?