La technologie n’est qu’un outil

Je ne le répéterais jamais assez : la technologie n’est qu’un outil. Et en tant que tel, cet outil doit être utilisé à bon escient. D’ailleurs je ne suis pas le premier à le dire : Des usages, des besoins et des outils.

Alors quand je lis dans le très sérieux Business 2.0 magazine qu’AJAX est la technologie la plus novatrice de l’année 2005 devant les médicaments biogénériques, la radio numérique via satellite, la voix sur Wi-Fi ou encore le Wi-Max, je me demande si le journaliste qui a écrit l’article n’a pas lui aussi succombé aux sirènes de la facilités et de l’effet de mode : Seven Technologies That Change Everything.

Même si j’ai déjà eu l’occasion d’exprimer mon enthousiasme sur le renouveau des service en ligne, je pense qu’il est important de garder à l’esprit que la technologie n’est plus un facteur-clé de succès mais un facteur-clé d’échec.

En d’autres termes : Si ça fonctionne tant mieux. Mais le service est-il utile, répond-t-il à un besoin de façon efficace… Si ça fonctionne pas, bye-bye.

Heureusement que certains ont une opinion un peu plus mature sur la question comme par exemple le blog O’Reilly Radar qui nous apprend que le très bon service en ligne Writely repose sur des technologies Microsoft : The Secret Sauce of Writely.

Pour le patron de Writely, le secret d’un bon service en ligne repose sur la volonté de s’intéresser aux utilisateurs et plus particulièrement à leur apporter une solution pour répondre à un besoin non couvert.

A méditer.

Sun et Google plancheraient sur une version en ligne d’OpenOffice

Alors que la version 2 d’OpenOffice tarde à sortir, voilà que l’on apprend sur SlashDot que Sun et Google serait en train de travailler sur une version en ligne de la suite bureautique : Google & Sun Planning Web Office.

Wow ! Avec la force de frappe de ces deux géants, il y aura de quoi faire blémir les autres tentatives équivalentes (Ajax Office, gOFFICE, Num sum, ThinkFree…). A suivre de très près ! (merci à Thomas pour l’info)

MAJ (05/10/2005) Et pour ceux qui pensent que Google va s’arrêter là, je vous recommande cet article : GoogleNet Continued… Welcome To The Future. On y parle entre autre du réseau WiFi gratuit financé par la publicité, de l’ordinateur portable à 100$ et d’une connexion internet universelle par satellite avec la NASA. On se croirait dans le prochain James Bond, non ?

C’est quoi une page web ?

Le web évolue ou pour être plus précis, le web a évolué. Le concept de web 2.0 ne plaît pas, c’est un fait, n’en parlons plus. Plutôt que de spéculer sur l’avenir de l’internet, je vous propose plutôt que de vous retourner et de méditer sur le chemin parcouru.

A la base, c’est quoi une page web ?

Sans rentrer dans les détails, et en vulgarisant, une page web est composée de trois couches :

  1. le contenu
  2. la présentation
  3. le comportement (les fonctionnalités et interactions)

Et maintenant, c’est quoi une page web ?

A peu près la même chose. Dans le fond, si vous observez bien la page que vous êtes en train de lire, hormis la date, vous auriez bien des difficultés à dater cette page.

Mais alors, y a-t-il eu évolution ? Oui ! Mais elle est subtile cette évolution.

Contenu : tout le monde lit-il la même chose ?

Non, définitivement. La preuve :

  • si vous surfez sur mon site, vous aurez accès à l’ensemble du contenu des pages ;
  • si vous utilisez un lecteur de flux RSS, il se peut que vous n’ayez accès qu’à des extraits de pages (les x premiers caractères) ;
  • si vous utilisez un portail de syndication du type NetVibes, vous n’aurez accès qu’aux titres de mes billets ;
  • si le contenu était formaté en XML et transformé à la volé via une feuille de style XSL vous pourriez aussi bien voir une page WAP qu’un fichier PDF.

En fonction de votre contexte d’utilisation, le contenu auquel vous aurez accès peut être complètement différent (plus ou moins riche).

Présentation : version dégradée ou allégée ?

Pour la présentation, c’est la même chose :

  • si vous surfez sur mon site avec un navigateur récent (comme Firefox ou Opera) vous aurez devant vos yeux une mise en page sobre avec de jolis coins arrondis ;
  • si vous utilisez un navigateur comme IE, vous aurez les mêmes couleurs mais plus de coins arrondis ;
  • si vous imprimez cette page, plus de couleurs, mais une police de caractère plus adaptée à la lecture sur papier ;
  • si vous utilisez un lecteur de flux RSS, c’est le style par défaut du lecteur qui sera utilisé ;
  • si vous utilisez un navigateur alternatif (lecteur d’écran, PDA…) vous aurez une version encore plus dégradée ;
  • si en plus, vous utilisez une extension du type GreaseMonkey qui altère le comportement de la page pour l’enrichir (ou la détourner), alors là… c’est la porte ouverte à tout.

En fonction du terminal et du logiciel d’accès à internet, la présentation de cette page sera également très différente.

Comportement : plus ou moins riche ?

Prenons l’exemple de la page suivante : The accessible AJAX calculator.

  • si vous utilisez un navigateur qui se respecte, la réponse est rapatriée de façon dynamique sans avoir besoin de recharger la page ;
  • si votre navigateur est plus ancien, il aura plus de mal à interpréter le bout de code AJAX et devra rafraîchir la page pour rapatrier le résultat ;
  • si le javascript est désactivé sur votre navigateur la calculatrice ne fonctionnera pas, seuls les liens hypertextes seront actifs.

En fonction de la capacité de votre navigateur à interpréter des bouts de code, le comportement d’une page sera plus ou moins riche.

Conclusion

Vous l’aurez bien compris : une page web reste une page web, mais la notion même de page arrive à expiration :

  • du contenu syndiqué (via RSS?) et modulaire (via XSL??) ;
  • une présentation flexible (via CSS) et adaptable (à l’aide de l’attribut media) ;
  • un comportement qui peut être dégradé (avec les balises <script> et <noscript>)…

Autant de petites évolutions qui au fil des ans ont fait évoluer les concepts de pages et de sites web. Les standards W3C, l’accessibilité, le web sémantique l’utilisabilité… sont autant de leviers pour proposer une utilisation plus riche de l’internet. Le tout au service des utilisateurs, pour une expérience en ligne plus agréable, plus performante, plus simple, plus puissante, plus… mieux, non ?

Et ce n’est qu’un début : les réseaux sociaux, les interfaces riches, les microformats… seront les leviers de demain pour bâtir celui-dont-on-ne-doit-pas-nommer-le-nom (pour ceux qui ne suivent pas, il ne s’agit pas de Voldemort !).

L’évolution du web ne passera pas QUE par la technique

Vous remarquerez que je n’ai volontairement pas utilisé le mot web 2.0 (beaucoup trop polémique en ce moment).

Sans vouloir relancer le débat, je souhaiterais préciser une petite chose : l’évolution du web tel que nous le connaissons ne passera pas forcement QUE par une évolution technologique.

Oui, je parle bien ici d’évolution fonctionnelle et ergonomique. Pourquoi ? Tout simplement parce que les modèles de structuration de page ainsi que les systèmes de navigation jusqu’à présent utilisés arrivent à leur limite. Trop d’informations, trop de fausses informations, pas assez de temps pour tout décortiqué.

Il nous faut un nouvel internetIl faut que l’internet évolue pour faciliter la tâche des utilisateurs noyés, perdus, abusés. Et ceux qui ont été les premiers à s’exprimer ouvertement sur le sujet ne sont pas des techniciens. La preuve :

J’essaye également d’apporter ma modeste contribution à ce nouvel internet (peu importe le nom) et comme vous devez le savoir, mes centres d’intérêt sont plus proches de l’ergonomie et du marketing.

Que peut-on en déduire ? Que le web 2.0 a plus à voir avec la volonté de simplifier la tâche des utilisateurs (en explorant de nouveaux modèles de navigation, de recherche, d’affichage et de manipulation de l’information) qu’avec des évolutions technologiques très décriées (à l’image d’AJAX).

Web 2.0 : de quoi avez-vous peur ?

Ce soir je déprime. Alors que j’étais plus qu’enthousiaste de l’accueil fait au projet Phénix, je n’avais pas encore vu les réactions très vives de certains :

Pourquoi tant de haine et de méfiance ? Je sais bien que chat échaudé craint l’eau froide mais quand même.

Avez-vous la mémoire courte ? J’ai connu deux ans de traversé du désert suite à l’effondrement de la bulle spéculative où les entreprises ne voulaient plus faire de sites web et je peux vous assurez que ça n’a rien de drôle d’alterner CDD et ASSEDIC. Durant cette période certains disaient même que l’internet allait disparaitre, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Le web et les services en ligne ont de nouveau la côte. Et à quoi le devons-nous ? Aux blogs, aux wikis, aux réseaux sociaux, aux folksonomies, aux innovations de Flickr, Technorati, GMail, Google Maps, Basecamp, JotSpot… tout ceux qui sont associés au web 2.0.

Je suis le premier à apprécier à sa juste valeur ce revirement de tendance et les sceptiques devraient en faire autant : éviter de critiquer ce qui va peut-être les faire vivre dans quelques années (mois ?). N’est-ce pas stimulant d’avoir l’opportunité de travailler sur de nouveaux projets ? Finalement, quand on y pense, c’est peut-être ça le web 2.0 : un nouveau départ, des services en ligne plus performants, des technologies plus matures, des entreprises qui ont à nouveau envie d’innover, d’expérimenter.

En tout cas je voudrais profiter de ce billet pour rassurer tout les sceptiques et les méfiants : les investisseurs ne sont pas des idiots, ils apprennent vite et ne reproduiront en aucun cas les erreurs du passé. Il n’y aura pas de seconde vague de spéculation. Juste un peu d’argent pour ceux qui ont osé prendre des risques et innover.

Bon allez, tout n’est pas perdu et visiblement je ne suis pas le seul enthousiaste : Le Web 2.0 à la française. Merci Cyril de me remonter le moral.

MAJ (29/09/2005) : Un très bon article d’InternetActu sur le sujet qui résume assez bien l’ensemble des points de vue : Qu’est-ce que le web 2.0 ?. (merci à Samuel pour le lien)