Utilisabilité et interfaces riches

Voilà un article qui tombe à point nommé : Usability for Rich Internet Applications. Il est vrai que les interfaces riches nous ouvrent de nouvelles possibilités d’améliorations… mais également de dysfonctionnements.

L’auteur de cet article identifie quatre challenges majeurs à relever lors du processus de conception d’une interface riche :

  1. Décider du niveau d’enrichissement (à savoir doit-on révolutionner l’interface ou juste lui apporter quelques améliorations) ;
  2. Choisir les bons éléments d’interactivité (l’auteur préconise l’utilisation d’éléments déjà existant comme les glissières) ;
  3. Ne rafraîchir que des portions de l’écran (où il est primordial d’utiliser des retours visuels à l’écran pour informer l’utilisateur des rafraîchissements) ;
  4. Casser le modèle de navigation page à page.

Pour ceux qui sont allergiques à l’anglais, je vous recommande également le support de la conférence que j’ai donné en début de mois au Webdesign Festival : Comment concilier interfaces riches et utilisabilité (fichier PDF – 3,2 Mo).

Et pour illustrer le tout, je vous propose de découvrir un nouveau framework de composants d’interfaces riches : Telerik. (via gwix)

MAJ (21/02/2006) : Pour ceux que cela intéresse, mon employeur organise un petit déjeuner gratuit sur le thème du Rich Media. J’aurais l’occasion d’y faire la présentation sur les interfaces riches qui est proposée en téléchargement plus haut. Pour vous inscrire, envoyez un message ici : sforget@sqli.com en précisant que vous venez de ce blog. (petite précision : le nombre de places est limitée et sont en priorité réservées aux clients et prospects de mon employeur, pas à ses concurrents ;-))

Yahoo! publie sa bibliothèque de schémas de conception ainsi qu’un framework AJAX

C’est une révolution, une vrai révolution. Et, une fois n’est pas coutume, c’est Yahoo! (et non Google) qui créé l’événement et vient de publier coup sur coup :

Une bibliothèque pour standardiser les interfaces

Pour ceux qui se posent la question, un design pattern est un schéma de conception pour représenter un élément d’interface. Pour faire simple : un système d’onglets ou une navigation page à page sont deux schémas de conception. En gros, ce sont des éléments d’interface que l’on peut réutiliser à l’infini.

Il existait déjà des bibliothèques (à l’image de la Web Design patterns ou de la User Interface Design Patterns) mais là où la librairie de schémas de conception de Yahoo! est d’une valeur ajoutée inestimable c’est qu’elle nous fait bénéficier du retour d’expérience de Yahoo! sur certains éléments. Inutile de se demander comment représenter des onglets ou un chemin de navigation, il suffit de se fier au savoir-faire de Yahoo!. Pour s’en convaincre il suffit de voir les différents exemples : chemin de navigation, onglets, navigation page à page.

Un framework pour enrichir vos interfaces

Pour ceux qui se posent la question, un framework est composé de briques pou pouvoir intégrer beaucoup plus rapidement des fonctionnalités. Dans le cas de Yahoo!, il s’agit d’éléments pour concevoir beaucoup plus rapidement une interface riche : sélecteur de date, glissière, navigation arborescente, glissé-déposé.

Avec ce framework, je crois que les interfaces riches vont définitivement acquérir leurs lettres de noblesse. D’une part car les briques que proposent Yahoo! semblent robustes aux niveaux techniques, fonctionnelles et ergonomiques, d’autre part parce qu’il est gratuit.

Et en prime, les ingénieurs de chez Yahoo! ont de la suite dans les idées. Je vous recommande à ce sujet la lecture de ce très bon article qui parle de niveaux de compatibilité des navigateurs ainsi que d’enrichissement progressif et de dégradation harmonieuse : Graded Browser Support.

Et un blog pour argumenter le tout

Et comme ci ça ne suffisait pas, Yahoo! nous propose également le blog de leurs équipes de développement d’interfaces utilisateurs : Yahoo! User Interface Blog.

J’ai toujours été fan des interfaces des services Yahoo! Ils m’ont et m’inspirent encore énormément. Voilà pourquoi aujourd’hui est un grand jour, un TRÈS grand jour pour le monde de la conception de site web. Les répercutions de ces publications ne vont peut-être pas se voir immédiatement mais risquent de bouleverser la donne à moyen terme. Nous aurons largement l’occasion d’en reparler.

En route pour Limoges !

Que faites-vous les 2 et 3 février prochain ?

Si vous n’avez rien de prévu et que vous passez par Limoges alors ne ratez surtout pas le Webdesign International Festival. Comme l’édition 2006 est placée sous le signe des dernières tendances et des innovations technologiques, seront abordés des thèmes aussi variés que l’accessibilité, les standards web (XHTML, CSS…), l’utilisabilité, Flash…

Au programme de cette manifestation :

  1. Le Webjam Contest où des équipes de designeurs vont s’affronter en live pour réaliser des interfaces web à partir d’un thème imposé ;
  2. Les Butterfly Awards où seront récompensés les meilleurs réalisations et créateurs web de l’année ;
  3. L’Université du Webdesign qui, comme son nom ne l’indique pas, est une série de conférences sur le thème du design et de la conception web.

Limoges accueillera pour cette occasion de très grand noms du web design comme Joshua Davis ou encore Molly Holzschlag ; mais également des personnalités françaises comme Tristan Nitot, Loïc Le Meur, Amélie Boucher et même notre Elie Sloïm national.

J’ai également la chance de participer à cette manifestation et animerais deux conférences sur l’ergonomie incitative et sur les interfaces riches.

Si vous souhaitez vous inscrire ou avoir plus d’informations, je vous recommande le programme officiel : WIF 2006 (fichier PDF, 1.700 Ko).

La fin de l’architecture de l’information ?

Est-ce la fin de l’architecture de l’information ? Je ne saurais pas le dire en tout cas je vous propose de lire trois articles plutôt alarmistes :

  • Information Architecture in a European dimension dans lequel il y est réalisée une analyse SWOT de la discipline dans différents pays européens (mais pas en France) ;
  • Content is King No More: Web 2.0 Is About Interaction où l’auteur nous explique qu’avec l’émergence de nouveaux usages et des interfaces de plus en plus dense, la couche de contenu (l’architecture de l’information) d’un site aura bien moins d’importance que la couche de présentation (l’interface qui permet d’y accéder) ;
  • Understanding the Limited Value of Wireframes où l’auteur nous explique qu’avec la montée en puissance des interfaces riches et des nouveaux usages, l’étape de maquettage statique d’un site (le story-board ou wireframe en anglais) perdra beaucoup de sa valeur par rapport à l’étape de prototypage dynamique.

Gloups ! Si après ça le message n’est pas clair… Bon OK, alors laissez moi le clarifier une bonne fois pour toute : le web est en train d’évoluer. Et il évolue beaucoup plus vite que vous le pensez. Dans ce contexte, il devient plus qu’urgent de faire évoluer en parallèle nos mentalités et nos façons de travailler. Ceci avec un objectif bien précis en tête : concevoir des services en ligne (et les interfaces qui vont avec) plus performant, plus puissant, plus simples.