Des réseaux sociaux internes aux plateformes de collaboration conversationnelles

À une époque pas si lointaine, l’Entreprise 2.0 était un sujet très porteur. Face au succès du Web 2.0 et des premières plateformes sociales de grande envergure (Facebook, Youtube…), les entreprises se sont dit qu’il serait forcément bénéfique d’internaliser ces pratiques (blog, wiki…) pour fluidifier le partage d’informations, capitaliser la connaissance et stimuler la collaboration. Le concept d’Entreprise 2.0 était né et il allait générer un formidable engouement, notamment autour des réseaux sociaux internes (autrement appelés RSE). Quand je dis « formidable engouement », en fait c’étaient surtout les DSI et éditeurs de logiciels qui étaient enthousiasmés à l’idée de bousculer un statu quo vieux de plusieurs décennies (le couple emails / MS Office).

10 ans après, que reste-t-il de l’Entreprise 2.0 ? Pas grand-chose, car les salariés n’aiment pas changer leurs habitudes, et car les entreprises sont des organisations sociales souffrant d’une terrible inertie. L’idée de départ reste néanmoins bonne, d’ailleurs elle a été réintroduite sous d’autres formes (ex : Social business). Plus récemment, on en trouve une descendance dans la nouvelle coqueluche du moment : la transformation digitale. Après tout, la transformation digitale n’est autre que l’utilisation systématique des outils et pratiques issus du numérique afin d’améliorer la performance des entreprises (cf. De l’Entreprise 2.0 à la transformation digitale).

De la Taylorisation à la collaboration

Quel que soit le terme que vous utilisez ou le concept auquel vous faites référence, la finalité est la même : améliorer les performances de l’entreprise. Le problème est que la majeure partie des entreprises est encore pilotée avec des outils du XXe siècle (ERP) reposant sur des logiques du XIXe siècle (le Taylorisme). Je n’ai rien contre l’organisation scientifique du travail, c’est une approche qui a fait ses preuves, simplement elle n’est plus adaptée aux défis auxquels les travailleurs du savoir sont confrontés aujourd’hui.

Je pense ne rien vous apprendre en disant que nous sommes depuis longtemps dans une économie globalisée où tout s’accélère et où l’innovation et l’expérience utilisateur semblent être les seuls leviers viables de croissance et de rentabilité. Ceci implique nécessairement de savoir faire preuve d’agilité, une philosophie qui ne cohabite pas forcément bien avec le Command & Control.

J’ai déjà eu de multiples occasions de vous expliquer que le salut des entreprises ne réside pas dans leur capacité à faire travailler leurs employés plus vite, mais de les faire travailler mieux. Rassurez-vous, je ne vais pas vous ressortir la carte « collaboration » et la brandir comme Excalibur, j’imagine que vous avez compris le topo. J’insiste néanmoins sur le fait que pour progresser, les entreprises doivent impérativement revoir leurs méthodes de travail, en s’inspirant notamment des techniques de Design Thinking (la nouvelle marotte de Big Blue : IBM Buys Germany’s Ecx.io, Its Third Creative Services Acquisition In A Week). Certes, toutes les entreprises ne sont pas prêtes à prendre un virage aussi radical qu’IBM, mais elles gagneraient beaucoup à se focaliser un peu moins sur les time sheet et un plus sur des cartes d’empathie.

De l’échec des solutions de collaboration « lourdes »

Travailler différemment, travailler mieux, collaborer, libérer l’information et la connaissance… sont autant de crédos martelés par les apôtres de l’Entreprise 2.0. Le problème est qu’en se focalisant un peu trop sur les outils (notamment les réseaux sociaux d’entreprise), les entreprises souhaitant initier ces pratiques collaboratives ont sous-estimé la résistance au changement. Si personne ne peut remettre en cause l’ingéniosité de solutions de collaboration comme Yammer, Podio ou Jive, force est de constater que la révolution n’a pas eu lieu et que les changements se font attendre. Il faut croire que les facteurs psychologiques et émotionnels pèsent beaucoup plus lourd dans la balance qu’on ne le pensait.

J’ai conscience d’y aller un peu fort en parlant d’échec, mais je ne peux que constater une adoption très très lente de ces plateformes de collaboration. Pour y voir plus clair, je vous recommande fortement la dernière version de l’étude Lecko : RSE tome 8 – Équiper et stimuler son organisation pour se transformer. Cette étude très riche met en évidence un terrible paradoxe : 92% des managers pensent que développer la culture collaborative est important, mais seuls 32% pensent que c’est une priorité. Résultat : les 3/4 des managers ne sont pas utilisateurs du RSE. Si les chefs ne montrent pas l’exemple, comment voulez-vous que les équipes suivent ?

En fait, ce dont souffrent les entreprises, c’est d’un terrible manque de discernement : la collaboration c’est bien, surtout pour les autres (« pour moi, tout va bien, mais je suis persuadé que les autres pourraient gagner en efficacité« ). Du coup, nous avons vu ces dernières années de nombreux éditeurs proposer des solutions plus légères pour aborder le sujet de collaboration sous un angle moins contraignant :

L’idée derrière toutes ces solutions est de ne pas trop perturber les collaborateurs en leur proposant des logiques collaboratives moins formelles exploitant des pratiques qu’ils ont déjà assimilées (ex : les panneaux et post-it de l’excellent Trello). C’est dans ce cadre que Slack s’est rapidement imposé comme la nouvelle star des solutions de collaboration : Encore un service qui ambitionne de remplacer l’email.

Encore et toujours les conversations

Dès que l’on parle de collaboration, la métaphore de la machine à café (ou de la fontaine à eau) revient quasi systématiquement : un lieu de passage où les collaborateurs ont des échanges informels. Ces conversations de surface peuvent sembler anecdotiques, mais elles ont le mérite de libérer la parole (contrairement aux réunions qui peuvent être très intimidantes) et de stimuler la fertilisation croisée. De nombreuses solutions se sont déjà positionnées sur le créneau des conversations, mais Slack propose une approche différente mélangeant plusieurs concepts :

  • des canaux de discussion plutôt que des groupes thématiques ;
  • une plateforme ouverte permettant de se connecter à des services externes ;
  • des robots conversationnels permettant d’effectuer des tâches basiques (planifier une réunion à plusieurs…) ;
  • une messagerie individuelle ou collective.

Rien de très nouveau du côté des fonctionnalités, mais un produit fini parfaitement cohérent, très agréable à utiliser qui se concentre sur un seul bénéfice : améliorer la communication au sein des équipes.

slack

La grande force de Slack est de proposer une approche informelle de la communication / collaboration qui fait un penser à la CB : parfois en s’en sert pour diffuser de l’information de façon explicite, d’autre fois on s’en sert pour détecter des signaux faibles (prendre le pouls d’une équipe, d’un projet ou avoir une idée de l’ambiance, du ressenti sur un sujet). Certains pourraient y voir une forte ressemblance avec Google Wave, un service révolutionnaire, mais trop en avance sur son temps. D’autres le comparent à Twitter ou au Yammer des débuts.

Toujours est-il que ce service remporte un immense succès et entraine dans son sillage de nombreuses autres solutions qui adoptent à leur tour ce modèle de collaboration reposant sur les conversations. C’est notamment le cas de HipChat, une solution de « conversation d’équipe conçue pour l’entreprise » proposée au sein de la gamme d’Atlassian.

hipchat

Il y a surtout Talkspirit, l’éditeur français qui a opéré un superbe pivot pour se repositionner sur le travail en équipe, une équipe « connectée à son écosystème » et « augmentée pour accélérer la réussite des projets ».

talkspirit

Signalons enfin Facebook qui en profite pour recycler son Messenger au sein d’un Facebook @ Work qui peine terriblement à convaincre : Facebook just launched a chat app for companies that’s a direct threat to Slack.

La collaboration peut-elle être domestiquée ?

Si l’on fait le compte, ça commence à faire beaucoup d’outils en interne : l’email, l’intranet, le RSE, les plateformes collaboratives externes… Est-ce bien raisonnable d’investir dans un énième solution de collaboration interne ? Oui je pense, car les habitudes n’ont toujours pas été changées, et car nous avons définitivement abandonné l’idée d’une grande plateforme unifiée.

Au final, le poste de travail de demain sera beaucoup plus hétérogène qu’on ne le pensait, et permettra de satisfaire des profils de collaborateurs très différents : certains resteront fidèles à leurs vieux outils (emails, fichiers bureautiques), d’autres adopteront des outils plus agiles avec leurs collègues (ex : Slack, Trello…). Au final, l’important n’est pas d’imposer un modèle, mais plutôt de laisser les collaborateurs s’organiser entre eux en leur donnant un certain niveau d’autonomie. N’oublions pas que la finalité n’est pas de forcer l’adoption d’un outil, mais d’améliorer l’agilité et les performances de l’entreprise (la collaboration est un moyen, pas une fin en soi).

Je fais ici le parallèle entre la collaboration interne et la transformation numérique : former les collaborateurs au web et leur imposer de nouveaux outils ne donnera pas forcément de bons résultats. Il faut dans un premier temps leur faire comprendre les enjeux de la transformation (rester compétitif) et le rôle qu’ils ont à jouer (développer de nouvelles méthodes de travail). Pour la collaboration interne, c’est la même chose : dans un premier temps, aider les collaborateurs a bien comprendre la nature et l’étendue des dysfonctionnements (saturation d’emails, réunions anti-productives, rétention d’informations…) et leur démontrer qu’ils sont à la fois le problème et la solution. Et pour se faire, rien de tel que de libérer la parole !

Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup

C’est donc la veille du WE de Pentecôte que Google a décidé de lancer sa nouvelle « bombe » : Google Wave. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau service est tellement novateur qu’en donner une définition fiable est un excercice de haute voltige : Went Walkabout. Brought back Google Wave.

Pour faire simple :

  • Google Wave est ou outil de collaboration qui se situe à mi-chemin entre l’email, la messagerie instantanée et le wiki ;
  • Une wave est à la fois une discussion et un document, elle peut être exportée et peut encapsuler un certain nombre de social widget (au format Open Social) ;
  • C’est une application en ligne, de même qu’une plateforme ouverte et extensible (chacun peut proposer son extension) mais également un protocole (que vous pouvez utiliser librement dans vos services / applications) dont le code source est publié (afin de bénéficier de  l’apport de la communauté).

Voilà pour une première description. Au niveau de l’interface, ça ressemble à un produit Google avec 3 colonnes (la navigation et les contacts, la boîte de réception et la fenêtre de visualisation) :

google_wave_ui

D’un point de vue « technique », il s’agit d’une application en ligne puisque Wave est accessible au travers du navigateur mais qui nécessite tout de même le recours à l’extension Gears pour supporter la fonction de drag & drop (qui n’est pas encore standardisée dans les spécifications de HTML 5).

Google Wave = Email 2.0 ou Wiki 2.0 ?

La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on découvre l’interface est de se dire que Wave est un système de messagerie amélioré. Par messagerie, j’entends les systèmes modernes comme Gmail qui agrègent les emails en discussions et permettent d’encapsuler divers éléments (photos, vidéos, cartes…). Et effectivement, la boîte de réception présente de forte similitude :

wave_inbox

Mais la comparaison s’arrête là car une Wave est une discussion active que l’on peut faire évoluer librement (il existe un historique avec la fonction Playback). Sur la capture d’écran suivante vous pouvez d’ailleurs voir les réponses qui sont directement insérées dans le texte ainsi que étiquettes de couleur pour indiquer l’auteur et la nature des modifications :

wave_edit

Mais Wave peut faire plus avec notamment la communication en temps réelle façon messagerie instantanée : vous voyez ainsi les contributions s’afficher au fur et à mesure, les fichiers joints apparaîtrent les uns après les autres… c’est très pratique pour accélérer les discussions et préparer les réponses lorsqu’une phrase est en cours de rédaction. Nous avons donc un bon candidat pour venir remplacer l’email (Google Wave: What Might Email Look Like If It Were Invented Today?).

Outre les discussions, Wave permet aussi de travailler sur des documents plus longs et structurés où chacun peut apporter ses corrections, compléments et commentaires. Ces derniers sont insérés au plein coeur du texte mais vous avez la possibilité de ne pas les afficher pour imprimer le document ou de n’afficher que les commentaires pour archiver une discussion. Là encore la communication en temps réel est très utile car elle autorise l’édition simultanée. De ce point de vue, Wave est donc à la fois plus simple et plus puissant qu’un wiki, une prouesse !

Et pour rajouter à la confusion, une Wave peut également être publiée dans un billet de blog (ou n’importe quelle page HTML) où les visiteurs pourront la consulter mais également la modifier. Ils poussent même le vice en intégrant Wave au réseau social « maison » : Orkut.

Gadgets et robots pour améliorer la flexibilité

Le coeur de Wave est donc ce système de communication. Mais pour assurer une capacité d’évolution maximale à ce produit, les équipes ont opté pour un système d’extensions qui repose sur les robots (pour automatiser des tâches comme la découverte automatique de liens ou pour synchroniser Wave et Twitter – ex. Twave) et sur les gadgets (pour encapsuler des éléments « riches » comme une carte ou un sondage) :

wave_map_yes_no_maybe

La communauté des développeurs va donc être au centre de ce projet car c’est sur elle que va reposer à la fois l’écosystème des extensions mais également des logiciels compatibles et des versions mobiles (il existe pour l’instant des prototypes de Wave sur Android et iPhone). Dans la ligne de mire de Google, le formidable écosystème développé autour de Twitter, le service de référence quand il est question de système ouvert.

Pour un aperçu complet des fonctionnalités, je vous recommande cette vidéo, un peu longue mais ça vaut le coup de regarder jusqu’au bout des 1 H 20 :

Google Wave = Lotus Notes 2.0 ?

Tout comme Lotus Notes avait révolutionné la collaboration en entreprise il y a 15 ans, l’ambition de Wave est énorme : faire évoluer durablement les habitudes de travail à l’aide d’un outil issu de la génération « social media« . Hé oui, car c’est bien de cela dont il est question : ne pas reproduire mais proposer un mode de collaboration en net rupture avec les outils traditionnels (Google Wave To Bring Web 2.0 Lifestyle to Work).

De ce point de vue là, Wave propose une alternative très puissante aux logiciels de messagerie qui n’en finissent pas de se ringardiser ou aux mastodontes comme Oracle ou SAP qui engendrent des coûts exorbitants d’intégration. C’est donc la grande souplesse d’utilisation et l’évolutivité de Wave qui peut faire peur, de même que son intégration à des suites applicatives à la sauce SaaS (The enterprise implications of Google Wave).

enterprise_waves

C’est à mon sens là toute la force de Google Wave : il ne remplace pas les systèmes de communication / collaboration existants, il les complète (dans un premier temps). La nature ouverte et extensible de Wave en fait donc un atout redoutable pour assurer une transition en douceur depuis les outils d’ancienne génération (email, bureautique…) vers les outils de l’entreprise 2.0.

Wave peut-il réussir là où bien d’autres ont échoué ? Peut-être car la vision de Google est bien plus novatrice que celle d’autres éditeurs et parce qu’ils comptent bien sur la communauté pour multiplier les domaines d’application possibles de Wave. Mais ceci ne se fera pas en quelques mois, attendez-vous à une longue phase de maturation pour ce produit qui vient à peine de naître.

Dans tous les cas de figure, la prochaine étape logique est l’intégration de Wave dans la suite Google Apps. La grande question est de savoir quelle sera l’étape suivante…

Mes 10 prédictions pour l’année 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par « extras« , je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être « porté » sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation « sociale » (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils « maison » (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de « posséder » leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que « seconde chance » est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

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Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

Une nouvelle version pour SplitGames

*** Attention : Auto-promotion ***

Et voilà, elle est enfin en ligne. Quoi ? Mais la seconde version de SplitGames bien sûr ! Il faut dire que les grands travaux ont commencé voilà près de 5 mois et j’ai vraiment été ravi de pouvoir travailler sur ce chantier.

Logo_SplitGames

Ce projet me tient particulièrement à coeur parce que j’y ai mis beaucoup de mon savoir-faire : ergonomie incitative, interfaces riches, communauté 2.0… C’est toujours très stimulant de pouvoir travailler sur un site qui accepte d’innover et de se démarquer. Le site dans sa première version avait remporté 2 Clics d’Or, c’est dire si la barre était déjà placée haute ! En tout cas j’espère bien que cette seconde version récoltera d’autres prix car elle le mérite.

Pour ceux qui ne connaissent pas, SplitGames est une communauté d’échange de jeux vidéo. Le principe est simple : vous vous inscrivez, vous donnez la liste des jeux que vous possédez ainsi que ceux que vous souhaiteriez bien avoir et la plateforme se charge d’organiser les échanges. Quand on voit le prix des consoles de dernière génération et les prix des jeux, ce système est redoutable. La communauté regroupe aujourd’hui près de 65.000 membres et 16.000 jeux différents.

Pour bien apprécier le travail réalisé, je vous conseille les écrans suivants :

  • la page d’accueil avec ces infos-bulles géantes qui apparaissent au survol de la souris sur la jaquette d’un jeu ;
  • le formulaire d’inscription où un gros travail de lisibilité et de guidage a été fait ;
  • la page de description des offres avec un traitement très sympa des formes et des couleurs ;
  • le tableau de bord où sont listés tous les échanges (un véritable casse-tête pour tout faire rentrer !) ;
  • la fiche jeux où la guidage est très important.

Un grand bravo à toute l’équipe qui a travaillé sur ce projet… qui travaille encore puisque ce qui est en ligne à l’heure actuelle ne représente qu’une première phase. La suite devrait arriver dans les prochaines semaines…

Sachant que la cible visée est plutôt jeune et avec une bonne connaissance de l’outil informatique et une grande aisance sur le web, qu’en pensez-vous ?

*** Fin de l’auto-promotion ***

Mes 10 prédictions pour 2007

Maintenant que nous sommes rentrés dans l’année 2007, je vais me livrer à l’exercice très périlleux des prédictions. Je précise qu’il s’agit d’un exercice de style et que ces prédictions n’engagent que ma responsabilité (donc vous ne serez pas remboursé si elles ne se réalisent pas !).

1/ Rationalisation dans la vidéo en ligne

Avouez-le : il commence a y avoir beaucoup trop de services de partage de vidéos en ligne. Je sais bien que 1% de 1,65 milliard ça représente beaucoup de dollars (même 0,5%). Malheureusement tout le monde ne peut pas vivre sur ce créneau, surtout avec des frais d’hébergement et de bande passante exorbitants. J’anticipe donc un certain nombre de disparitions et quelques fusions dans tous ces services.

Il en va également de même chez Google où trois services sont maintenant en concurrence : Google Video, YouTube et Picasa. Si Google persiste dans sa stratégie de marque ombrelle (et il aurait tort de ne pas le faire), ces services devraient tous être fusionnés dans Google Video.

2/ Montée en puissance des RDA et renouveau des RIA

2007 sera l’année de naissance des Rich Desktop Applications. Deux facteurs vont influer sur ce phénomène : d’une part la maturation d’offres traditionnelles (notamment .Net de Microsoft, Eclipse RCP en Java), d’autres part l’attractivité d’offres alternatives (comme XUL Runner de Mozilla ou le très prometteur Apollo de chez Adobe). De plus, nous allons probablement voir arriver sur ce segment de nouveaux acteurs que l’on n’attendait pas forcément comme Google et son Google Desktop ou comme Apple avec QuickTime qui reste largement sous-exploité (cette dernière prédiction a été emprunté au blog The Universal Desktop).

Si 2006 aura été l’année des RIA, 2007 ne sera pas en reste puisque la famille des technologies interfaces riches va s’agrandir avec l’arrivée de nouveaux entrants comme la version 4 d’OpenLaszlo et le fameux WPF/E de Microsoft.

Bref, tout ce que nous croyons savoir sur les applications et les interfaces risque d’être fortement bousculé par toutes ces RIA et RDA.

3/ Transformation des métiers et outils liés à l’analyse d’audience

Nous allons entrer dans une ère d’ultra-compétitivité où le modèle du PPC va progressivement laisser la place au PPA, à savoir un modèle de rémunération fondé sur la transformation et non sur l’exposition ou le clic. D’où une forte nécessité de maitriser la performance des sites / campagnes et de mieux appréhender le comportement des visiteurs.

Tout ceci nous mène bien évidemment aux outils de mesure d’audience. Et c’est là où la transformation va se faire : nous allons passer d’une logique d’outils à une logique de services. Les éditeurs de solutions vont donc redoubler d’efforts pour passer d’un modèle de vente de licences à un modèle de vente de services (du software à la demande et le conseil qui va avec). Voilà pourquoi les géants du secteur comme Webtrends et Omniture ont entamé une démarche de repositionnement de leur offre en abandonnant le système de nommage par numéro au profit de noms un peu plus évocateurs comme WebTrends Marketing Lab ou Omniture Genesis.

En tout cas je souhaite vivement que les métiers liés à l’analyse d’audience prennent enfin la place qu’ils méritent.

4/ Adoption progressive de solutions d’Entreprise 2.0

Quand je parle d‘Entreprise 2.0, il faut en fait comprendre Web 2.0 en entreprise, car le problème c’est que le web 2.0 a très mauvaise réputation dans le monde de l’entreprise où l’on fait des choses sérieuses (comme par exemple maintenir des applications écrites en Cobol il y a 20 ans… mais c’est un autre débat).

Toujours est-il que les offres d’Entreprise 2.0 se multiplient et que les offres existantes s’améliorent de jour en jour (à l’image de SocialText, SalesForce ou SuiteTwo). De plus, le lancement très probable du pack Google Apps for Your Enterprise (incluant Jotspot, Writely, Spreadsheets, Gmail, Calendar… et même ThinkFree d’après les dernières rumeurs) devrait accélérer la manœuvre.

Je précise que ces solutions bénéficieront dans un premier temps aux collaborateurs au travers d’intranet next gen et d’applications en ligne. Plus d’infos ici : Web 2.0 in the Enterprise.

5/ Mouvements de concentration dans les réseaux sociaux professionnels

Ne trouvez-vous pas étonnant que des poids lourds comme Monster ne se soient pas encore aventurés dans la mouvance 2.0 ? C’est d’autant plus étrange que des sites comme LinkedIn représentent une (relative) faible valorisation (on parle de 150 millions de $).

Je verrais bien en 2007 une vague de rachats pour former des chaines de services complémentaires comme par exemple une fusion entre FaceBook (pour les années universitaires), Monster (pour la phase de recherche d’emploi) et LinkedIn (pour les évolutions de carrière). En France ça donnerait quelque chose comme Copains d’avant + CooptIn + Viadeo.

6/ Grandeur et décadence de Second Life

Ça n’est un secret pour personne : le succès foudroyant de Second Life va également participer à son échec, probablement en 2007. Tout comme MySpace dont la croissance a été tellement forte qu’elle a entrainé des dérives (comme cette campagne ratée pour Campari) et participe maintenant à la dépréciation de ce méta-réseau social.

J’anticipe donc un désintérêt progressif pour Second Life qui va progressivement être envahi de spammeurs, pirates, cyber-terroristes et autres marchands de sexe. Les adopteurs précoces migreront progressivement vers des univers virtuels open source comme le Metaverse Project (encore en gestation) ou vers des communautés hybrides (hors ligne / en ligne) comme Tribe Wanted.

Pour celles et ceux qui veulent se dégouter de Second Life, c’est ici : Let the backlash begin. Pour les autres, c’est ici : Second Life  »Business Communicators » Wiki.

7/ Prise de conscience de l’importance de la gestion de l’identité numérique

Que celles et ceux qui ne savent toujours pas ce qu’est la gestion de l’identité numérique se reporte immédiatement à ce précédent billet : Qu’est-ce que l’identité numérique. Pour les autres, rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire tout le topo.

Je suis fortement convaincu que les problématiques liées à la gestion d’identités multiples ou à l’usurpation d’identité vont devenir de plus en plus pressantes et que les fournisseurs de service d’identité numérique ou de gestion de la réputation vont connaitre une très forte croissance. Petit conseil : réservez dès à présent votre pseudo sur des serveurs comme MyOpenID.

8/ Une seconde chance pour les services mobiles

Voilà plus de 5 ans que chaque année doit être l’année de l’explosion des services mobiles. En fait on en parle depuis le siècle dernier (soit l’année 2000). Il n’empêche que plusieurs facteurs vont favoriser un début d’amorçage de prémisse de décollage de ces fameux services mobiles qui vont doubler l’ARPU des mobinautes : l’arrivée sur le marché de smartphone et autres musiphone qui vont accélérer le taux de renouvèlement, la multiplication des applications en ligne dont le portage peut se faire à moindre coût, la maturation de technologies autorisant les widgets mobiles et les RMA (Rich Mobile Application).

9/ L’affrontement du siècle entre Yahoo!/AOL/Microsoft et Google/Apple

Vous le savez sans doute Yahoo! est à vendre. Ou alors c’est peut-être AOL… je ne sais plus trop… Bref, toujours est-il que pour contrer la stratégie de domination de l’univers de Google, Microsoft aurait bien besoin de casser sa tirelire (qui avoisine les 50 milliards de $) pour s’acheter des alliés comme Yahoo! et AOL (qui sont tous les deux dans des situations inconfortables) afin de rivaliser avec Google.

De son côté Google s’est trouvé avec Apple un partenaire de choix qui a sût conquérir le cœur de millions de fans avec des produits à la pointe de la branchitude. L’année 2007 nous réservera sans doute de très belles surprises avec pourquoi pas les offres suivantes :

  • un Google iPhone qui intégrerait un player iTunes et la suite de services Google Apps
  • un Mac OS Leopard compatible avec Google Desktop et les Google Apps

10/ Google Desktop se transforme en Google OS

2007 sera l’année où la chenille (Google Desktop) va se transformer en papillon (Google OS). Et oui… parce que c’est bien là où les têtes pensantes de Google voulaient en venir : un OS virtuel qui viendrait s’insérer entre l’utilisateur et son système d’exploitation (Windows, Linux, Apple). J’anticipe donc une nouvelle version de Google Desktop qui permettra d’accéder aux services Google (Gmail, Calendar, Writely, JotSpot…) en mode déconnecté.

J’ai une entière confiance dans les équipes de Google pour résoudre tous les problèmes de synchronisation et les conflits potentiels résultant de ces modes synchrones / asynchrones. De toute façon, SocialText Unplugged nous a prouvé que c’était possible et viable, donc ce n’est une question de temps. Pour en savoir plus c’est ici : Google Desktop Could Bring Google Data Offline.

Voilà, ça fait dix prédictions. A vous de trouver les autres dans vos commentaires.

Rétrospective sur mes prédictions 2006

Avant de me lancer dans des prédictions pour l’année 2007, je souhaitais revenir sur mes prédictions faites pour le second semestre 2006 et voir dans quelle mesure elles avaient été réalisées.

Google propose ses services sous forme de solutions pour les entreprises

Même si l’annonce n’a pas encore été faite, tous les observateurs s’accordent à dire que le Google Apps for Your Domain va très prochainement se transformer en Google Apps for Your Enterprise. D’autant plus avec le rachat de JotSpot qui pourrait fédérer tous les outils déjà existant et se positionner comme une solution alternative très crédibles aux intranet ‘’traditionnels ». Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : ça va se faire

Facebook ne se fait racheter par personne

Des discussions sont toujours en cours, les rumeurs parlent d’offres supérieures à 1 milliards de dollars pour Viacom et NewsCorp, mais les fondateurs de Facebook s’obstinent à faire monter les enchères. On se demande bien jusqu’où… Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

Montée en puissance des réseaux sociaux verticaux

Il est aujourd’hui très difficile de lister les multiples initiatives de réseaux sociaux de niche. Toujours est-il qu’avec la croissance mal maîtrisée de MySpace (où l’on retrouve tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi), les réseaux de niche représentent d’autant plus de valeur qu’ils se restreignent à un domaine particulier. En tout cas les exemples sont nombreux et la tendance sera de développer des réseaux qui sont de préférence compatibles entre eux (par le biais de service de gestion de l’identité numérique). Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

MTV tente une contre-offensive dans les sites communautaires pour jeunes

Pas grand chose du côté de Viacom (la maison mère de MTV). Peut-être se rattraperont-ils en 2007 ?
Verdict : Je me suis trompé mais l’avenir peut nous réserver des surprises

OpenAjax s’enlise

L’euphorie autour d’Ajax semble s’être calmée et c’est une très bonne chose. Alors que les framework des grands acteurs continuent de prendre des parts de marché, nous sommes à l’aube d’une bataille sans merci autour des [RDA. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

Arrivée en France de places de marché de l’innovation

Le concept de crowdsourcing est encore balbutiant en France. Alors que Yahoo! Answers s’adjuge une victoire par KO face à Google Answers, les places de marchés BtoB brillent par leur absence en France. Reste la très belle initiative de CrowdSpirit, mais c’est du BtoC…
Verdict : Je me suis trompé mais l’avenir peut nous réserver des surprises

Le web 2.0 sort de la blogosphère et commence à intéresser les grands comptes

Je suis le témoin au quotidien de nombreuses expérimentations autour des flux RSS, des blogs et des wikis dans les grands comptes pour lesquels je travaille, mais je ne peut pas en parler (clause de confidentialité oblige). Est-ce que le web 2.0 en entreprise peut se résumer aux flux RSS, aux blogs et aux wikis ? Non, certainement pas. Force est de constater que les concepts d’interfaces riches ou de mashup font encore très peur aux patrons. Toujours est-il que les offres de wiki d’entreprise comme celles de SocialText et de Confluence séduisent de plus en plus de grands groupes américains. L’année 2007 nous dira si des packages comme SuiteTwo ou l’hypothétique Google Apps for Your Enterprise sauront s’imposer dans les groupes français.
Verdict : ça va se faire

Voilà, un bilan plutôt positif qui me motive pour fignoler mes prédictions 2007 (dès demain si je suis en forme).

Amazon lance un clone de Digg

Une fois n’est pas coutume, le nouveau service de la semaine vient d’être lancé par Amazon : UnSpun.

Logo d'UnSpun

Avouez que ça change, pour une fois que ce n’est ni Google ni Yahoo!… Bon bref, tout ça pour dire que ce nouveau service est à mi-chemin entre Digg et 43Things : les utilisateurs créés des listes où chacun peut ajouter des items et voter pour les plus pertinents.

Rien de bien révolutionnaire, même pas le fait que ce service repose sur le framework RubyOnRails. En fait, il faut plus y voir un signe de la volonté d’Amazon de continuer ces expérimentations sans en faire des tonnes, comme ça… juste pour voir… Plus d’infos ici : Amazon goes Ruby on Rails.