De l’intérêt de soigner les tableaux de bord

Ceux qui ont mis en oeuvre ou pilotent une activité d’analyse d’audience savent à quelle point cette démarche est consommatrice de temps et d’énergie (voir à ce sujet mon précédent billet : Connaissez-vous la règle des 10/90 ?). Voilà pourquoi les éditeurs de solutions proposent des tableaux de bord synthétiques à destination des décideurs pour que ces derniers puissent évaluer la situation en un coup d’oeil.

Oui mais voilà, tous les tableaux de bord ne sont pas égaux. Rares sont ceux qui ont compris que less is more, comprenez par là qu’un bon tableau de bord sert avant tout à afficher moins d’informations (uniquement les plus pertinentes) et éviter ainsi un phénomène de saturation.

Avinash Kaushik vient de publier un billet très intéressant sur le sujet : Web Analytics Tools: Does User Interface (UI) Matter?. Il compare ainsi deux tableaux de bord dont celui de Measure Map, un outil d’analyse d’audience des blogs racheté par Google l’année dernière (et toujours pas intégré à Google Analytics) :

Le tableau de bord de Measure Map

Ce tableau de bord est à la fois un modèle de simplicité, d’efficacité et d’élégance. Pour la petite histoire, c’est Jeffrey Veen qui a supervisé la réalisation de l’outil.

Concevez et analysez l’activité de vos widgets avec MuseStorm

Pour celles et ceux qui s’intéressent aux widgets, je vous propose de découvrir ce service : MuseStorm.

Logo de MuseStorm

Non seulement ce service vous permet de concevoir vos propres widgets qui peuvent tourner sur des services en ligne (Blogger, WordPress, TypePad, Myspace…) ou sur des moteurs (Yahoo! Widget, Google Desktop, Dashboard et Vista venir), c’est somme toute assez simple puisqu’un widget ne repose que sur du HTML et du Javascript. Là où ça devient intéressant c’est que ce service vous permet également de suivre l’audience et l’activité de vos widgets : MuseStorm Analytics.

Capture d'écran de l'analyse d'audience d'un widget

Ceci est à mon sens un grand bond en avant dans le développement des widgets, de plus le service prévoit d’étendre la compatibilité de ces widgets avec les plateformes mobiles et les messagerie instantanées (?!?). Pour ceux qui veulent tester, ça se passe ici :

Je signale au passage qu’il existe d’autres services d’analyse d’audience comme le Widget Syndication Metrics de WidgetBox ou celui de ClearSpring. (via Mashable)

Mes 10 prédictions pour 2007

Maintenant que nous sommes rentrés dans l’année 2007, je vais me livrer à l’exercice très périlleux des prédictions. Je précise qu’il s’agit d’un exercice de style et que ces prédictions n’engagent que ma responsabilité (donc vous ne serez pas remboursé si elles ne se réalisent pas !).

1/ Rationalisation dans la vidéo en ligne

Avouez-le : il commence a y avoir beaucoup trop de services de partage de vidéos en ligne. Je sais bien que 1% de 1,65 milliard ça représente beaucoup de dollars (même 0,5%). Malheureusement tout le monde ne peut pas vivre sur ce créneau, surtout avec des frais d’hébergement et de bande passante exorbitants. J’anticipe donc un certain nombre de disparitions et quelques fusions dans tous ces services.

Il en va également de même chez Google où trois services sont maintenant en concurrence : Google Video, YouTube et Picasa. Si Google persiste dans sa stratégie de marque ombrelle (et il aurait tort de ne pas le faire), ces services devraient tous être fusionnés dans Google Video.

2/ Montée en puissance des RDA et renouveau des RIA

2007 sera l’année de naissance des Rich Desktop Applications. Deux facteurs vont influer sur ce phénomène : d’une part la maturation d’offres traditionnelles (notamment .Net de Microsoft, Eclipse RCP en Java), d’autres part l’attractivité d’offres alternatives (comme XUL Runner de Mozilla ou le très prometteur Apollo de chez Adobe). De plus, nous allons probablement voir arriver sur ce segment de nouveaux acteurs que l’on n’attendait pas forcément comme Google et son Google Desktop ou comme Apple avec QuickTime qui reste largement sous-exploité (cette dernière prédiction a été emprunté au blog The Universal Desktop).

Si 2006 aura été l’année des RIA, 2007 ne sera pas en reste puisque la famille des technologies interfaces riches va s’agrandir avec l’arrivée de nouveaux entrants comme la version 4 d’OpenLaszlo et le fameux WPF/E de Microsoft.

Bref, tout ce que nous croyons savoir sur les applications et les interfaces risque d’être fortement bousculé par toutes ces RIA et RDA.

3/ Transformation des métiers et outils liés à l’analyse d’audience

Nous allons entrer dans une ère d’ultra-compétitivité où le modèle du PPC va progressivement laisser la place au PPA, à savoir un modèle de rémunération fondé sur la transformation et non sur l’exposition ou le clic. D’où une forte nécessité de maitriser la performance des sites / campagnes et de mieux appréhender le comportement des visiteurs.

Tout ceci nous mène bien évidemment aux outils de mesure d’audience. Et c’est là où la transformation va se faire : nous allons passer d’une logique d’outils à une logique de services. Les éditeurs de solutions vont donc redoubler d’efforts pour passer d’un modèle de vente de licences à un modèle de vente de services (du software à la demande et le conseil qui va avec). Voilà pourquoi les géants du secteur comme Webtrends et Omniture ont entamé une démarche de repositionnement de leur offre en abandonnant le système de nommage par numéro au profit de noms un peu plus évocateurs comme WebTrends Marketing Lab ou Omniture Genesis.

En tout cas je souhaite vivement que les métiers liés à l’analyse d’audience prennent enfin la place qu’ils méritent.

4/ Adoption progressive de solutions d’Entreprise 2.0

Quand je parle d‘Entreprise 2.0, il faut en fait comprendre Web 2.0 en entreprise, car le problème c’est que le web 2.0 a très mauvaise réputation dans le monde de l’entreprise où l’on fait des choses sérieuses (comme par exemple maintenir des applications écrites en Cobol il y a 20 ans… mais c’est un autre débat).

Toujours est-il que les offres d’Entreprise 2.0 se multiplient et que les offres existantes s’améliorent de jour en jour (à l’image de SocialText, SalesForce ou SuiteTwo). De plus, le lancement très probable du pack Google Apps for Your Enterprise (incluant Jotspot, Writely, Spreadsheets, Gmail, Calendar… et même ThinkFree d’après les dernières rumeurs) devrait accélérer la manœuvre.

Je précise que ces solutions bénéficieront dans un premier temps aux collaborateurs au travers d’intranet next gen et d’applications en ligne. Plus d’infos ici : Web 2.0 in the Enterprise.

5/ Mouvements de concentration dans les réseaux sociaux professionnels

Ne trouvez-vous pas étonnant que des poids lourds comme Monster ne se soient pas encore aventurés dans la mouvance 2.0 ? C’est d’autant plus étrange que des sites comme LinkedIn représentent une (relative) faible valorisation (on parle de 150 millions de $).

Je verrais bien en 2007 une vague de rachats pour former des chaines de services complémentaires comme par exemple une fusion entre FaceBook (pour les années universitaires), Monster (pour la phase de recherche d’emploi) et LinkedIn (pour les évolutions de carrière). En France ça donnerait quelque chose comme Copains d’avant + CooptIn + Viadeo.

6/ Grandeur et décadence de Second Life

Ça n’est un secret pour personne : le succès foudroyant de Second Life va également participer à son échec, probablement en 2007. Tout comme MySpace dont la croissance a été tellement forte qu’elle a entrainé des dérives (comme cette campagne ratée pour Campari) et participe maintenant à la dépréciation de ce méta-réseau social.

J’anticipe donc un désintérêt progressif pour Second Life qui va progressivement être envahi de spammeurs, pirates, cyber-terroristes et autres marchands de sexe. Les adopteurs précoces migreront progressivement vers des univers virtuels open source comme le Metaverse Project (encore en gestation) ou vers des communautés hybrides (hors ligne / en ligne) comme Tribe Wanted.

Pour celles et ceux qui veulent se dégouter de Second Life, c’est ici : Let the backlash begin. Pour les autres, c’est ici : Second Life  »Business Communicators » Wiki.

7/ Prise de conscience de l’importance de la gestion de l’identité numérique

Que celles et ceux qui ne savent toujours pas ce qu’est la gestion de l’identité numérique se reporte immédiatement à ce précédent billet : Qu’est-ce que l’identité numérique. Pour les autres, rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire tout le topo.

Je suis fortement convaincu que les problématiques liées à la gestion d’identités multiples ou à l’usurpation d’identité vont devenir de plus en plus pressantes et que les fournisseurs de service d’identité numérique ou de gestion de la réputation vont connaitre une très forte croissance. Petit conseil : réservez dès à présent votre pseudo sur des serveurs comme MyOpenID.

8/ Une seconde chance pour les services mobiles

Voilà plus de 5 ans que chaque année doit être l’année de l’explosion des services mobiles. En fait on en parle depuis le siècle dernier (soit l’année 2000). Il n’empêche que plusieurs facteurs vont favoriser un début d’amorçage de prémisse de décollage de ces fameux services mobiles qui vont doubler l’ARPU des mobinautes : l’arrivée sur le marché de smartphone et autres musiphone qui vont accélérer le taux de renouvèlement, la multiplication des applications en ligne dont le portage peut se faire à moindre coût, la maturation de technologies autorisant les widgets mobiles et les RMA (Rich Mobile Application).

9/ L’affrontement du siècle entre Yahoo!/AOL/Microsoft et Google/Apple

Vous le savez sans doute Yahoo! est à vendre. Ou alors c’est peut-être AOL… je ne sais plus trop… Bref, toujours est-il que pour contrer la stratégie de domination de l’univers de Google, Microsoft aurait bien besoin de casser sa tirelire (qui avoisine les 50 milliards de $) pour s’acheter des alliés comme Yahoo! et AOL (qui sont tous les deux dans des situations inconfortables) afin de rivaliser avec Google.

De son côté Google s’est trouvé avec Apple un partenaire de choix qui a sût conquérir le cœur de millions de fans avec des produits à la pointe de la branchitude. L’année 2007 nous réservera sans doute de très belles surprises avec pourquoi pas les offres suivantes :

  • un Google iPhone qui intégrerait un player iTunes et la suite de services Google Apps
  • un Mac OS Leopard compatible avec Google Desktop et les Google Apps

10/ Google Desktop se transforme en Google OS

2007 sera l’année où la chenille (Google Desktop) va se transformer en papillon (Google OS). Et oui… parce que c’est bien là où les têtes pensantes de Google voulaient en venir : un OS virtuel qui viendrait s’insérer entre l’utilisateur et son système d’exploitation (Windows, Linux, Apple). J’anticipe donc une nouvelle version de Google Desktop qui permettra d’accéder aux services Google (Gmail, Calendar, Writely, JotSpot…) en mode déconnecté.

J’ai une entière confiance dans les équipes de Google pour résoudre tous les problèmes de synchronisation et les conflits potentiels résultant de ces modes synchrones / asynchrones. De toute façon, SocialText Unplugged nous a prouvé que c’était possible et viable, donc ce n’est une question de temps. Pour en savoir plus c’est ici : Google Desktop Could Bring Google Data Offline.

Voilà, ça fait dix prédictions. A vous de trouver les autres dans vos commentaires.

Notes de lecture sur le livre ‘Waiting for Your Cat to Bark’

Je suis un grand fan des frères Eisenberg, aussi bien sur le persuasive design que sur l’analyse d’audience. D’ailleurs j’ai déjà eu l’occasion de vanter les mérites de leurs précédents bouquins.

Ayant achevé le dernier ouvrage (‘Waiting for Your Cat to Bark‘), je dois avouer être resté sur ma faim : très littéraire, le livre ne fait que survoler les concepts d’ergonomie incitative et de marketing de persuasion sans réellement rentrer dans les détails.

Au final, qu’avons nous ? Un livre très orienté marketing avec de nombreuses références de la littérature anglaise, un peu de publicité à peine déguisée sur leur méthode de travail (la Persuasion Architecture) et beaucoup de redondance.

Une chose est sûre, ce livre n’est pas à mettre entre toute les mains, car il faut une solide connaissance du sujet (le marketing de persuasion) pour apprécier à leur juste valeur les conseils qui y sont distillés. Parce que oui, j’y trouve mon compte, mais le lecteur néophyte restera perplexe devant tant de théorie et si peu d’exemples pratiques.

En conclusion : lisez plutôt ‘Submit Now (la référence dans ce domaine).

Et pour ceux qui souhaitent quand même acquérir cet ouvrage, contactez moi car Amazon m’a livré deux exemplaires, j’ai donc un exemplaire neuf à vendre.

Connaissez-vous la règle des 10/90 ?

Je viens de découvrir une règle tout à fait pertinente dans cet article publié sur le blog d’Occam’s Razor : Five « Ecosystem » Challenges for Web Analytics Vendors. L’auteur y fait ainsi référence à la règle des 10/90 : si vous investissez 10$ dans une solution d’analyse d’audience, alors vous devrez investir 90$ dans l’analyse et l’interprétation des données recueillies.

Voilà effectivement une règle qui reflète parfaitement la réalité du marché de l’analyse d’audience : des solutions vendus à prix d’or mais largement sous-exploitées. Il faut bien comprendre que choisir et mettre en oeuvre un outil n’est que la partie visible de l’iceberg. La valeur ajoutée d’une démarche d’analyse d’audience ne réside pas dans la mise en oeuvre d’une solution, mais plutôt dans l’exploitation des données ainsi que dans les modifications apportées à votre site web.

Pour en savoir plus, je vous recommande cet autre billet : The 10/90 Rule for Magnificent Web Analytics Success.

Cette règle amène cependant une question importante : quel est le ROI pour 100$ investis dans une démarche d’analyse d’audience ? Je manque cruellement de données pour pouvoir répondre à cette question, par contre je peux vous recommander cet article qui apporte un début de réponse : The Risk of Conversion Rate Optimization. L’auteur y compare notamment différentes démarches d’optimisation (analyse d’audience, tests utilisateurs, référencement…) :

UXP_Optimization_Tactics

 

Sur ce graphique, issu d’un rapport du cabinet Forrester sur le commerce en ligne, on constate que l’analyse d’audience est la solution la plus efficace pour améliorer la performance d’un site. De quoi justifier l’investissement de vos 100$…

Un livret blanc sur l’analyse d’audience en français

L’équipe de Web-Analytique vient de mettre en ligne un livret blanc sur l’analyse d’audience : Livre blanc du web analytique. Ce livret blanc est en français, il est gratuit et en plus sans publicité apparente alors profitez-en.

Le livret est concis et simple à lire. Il s’agit plus d’une vulgarisation des concepts d’analyse d’audience que d’un ouvrage de référence sur les dernières techniques en cours, mais c’est déjà un travail remarquable de la part d’une équipe de bénévoles.