Mes 10 prédictions pour l’année 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par « extras« , je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être « porté » sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation « sociale » (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils « maison » (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de « posséder » leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que « seconde chance » est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

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Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

Mozilla expérimente une alternative aux solutions de client riche avec Prism

La Fondation Mozilla a publié la semaine dernière une nouvelle version de WebRunner qui s’appelle maintenant Prism.

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Pour faire simple, il s’agit d’une extension de Firefox qui permet de faire tourner des applications en ligne sur votre bureau et de reproduire l’expérience d’une application traditionnelle (fenêtre indépendante, icône et menus personnalisables…). Comme le résume très bien Laurent Jouanneau : « c’est Firefox sans l’interface de Firefox (boutons, barre d’adresse…)« .

Par contre ne vous méprenez pas, Prism ne permet pas d’accéder à des services en mode déconnecté (pas d’accès offline). De même, ne confondez pas WebRunner (maintenant nommé Prism) avec XulRunner, un environnement d’exécution d’applications réalisées avec XUL (le langage de description d’interface de Mozilla).

Si vous vous sentez un peu perdu, c’est normal c’est un peu compliqué (je vous recommande tout de même la lecture de ce billet : 10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur). Pour faire simple, nous pouvons distinguer deux familles technologiques :

Prism se situe entre ces deux familles avec une solution qui ambitionne de faire évoluer les services en ligne vers un modèle applicatif, contrairement à AIR par exemple qui veut transformer des applications en services en ligne. Je vous recommande pour y voir plus clair l’article de Ryan Stewart : Mozilla moves closer to the desktop with ‘Prism’.

Donc concrètement avec Prism vous n’installez rien sur votre ordinateur et vous accédez à votre service favoris au travers d’une fenêtre qui lui est entièrement consacrée (indépendante de Firefox).

La contrepartie est que cette application (tout comme les sites web) ne peut pas accéder au contenu de votre disque dur ni au hardware (contrairement à AIR ou SmartClient). L’équipe de Mozilla Labs nous promet une évolution prochaine de Prism qui permettra de gérer la persistance des données et de stocker des informations sur le disque. A terme, les futures évolutions de Prism vont donc le faire ressembler à Google Gears (et à Firefox 3).

En tout cas ne vous y trompez pas, Prism n’est pas réellement un concurrent de AIR (qui lui aussi repose majoritairement sur des technologies web) mais plutôt un coopétiteur comme le suggère Mike Chambers : Mozilla Prism and the disingenuous web. Rappelons que Mozilla et Adobe sont très proches, surtout depuis qu’Adobe à « légué » le moteur Javascript de Flash (Tamarin) à la fondation : Vers un flash player en open source pour la fondation Mozilla ?.

Quoi qu’il en soit, le fait que Prism repose sur Firefox représente un énorme avantage car il pourrait être déployé à partir d’une « simple » mise à jour. Simple mise à jour qui concerne tout de même 30% des utilisateurs du web (lire à ce sujet l’article de Mike Potter : Prism Gives Web Apps Desktop Space).

Est-ce que ce Prism est une bonne nouvelle ? Mais bien sûr enfin ! C’est une très bonne nouvelle et je félicite la fondation Mozilla pour avoir adopté une approche alternative par rapport aux solutions existantes. Petite précision : ne vous posez pas la question de savoir si Prism et Silverlight de Microsoft sont des solutions concurrentes, ça n’a rien à voir car Silverlight est avant tout un concurrent de Flash.

Comme je suis bon joueur, je laisse le mot de la fin à Tristan Nitot : The (not so) hidden goals of Prism, AIR and Silverlight.

MAJ : Bon  en fait ce n’est pas Tristan Nitot mais Microsoft qui va avoir le dernier mot puisque le principe d’applications en ligne exécutées sur le bureau n’est pas nouveau, ils appellent ça des HTML Applications : HTA Developers Center. (merci à Laurent pour l’info)

MAX Europe 2007, Jour 3

Et voilà, c’est déjà la fin. Enfin pas tout à fait car la manifestation se termine réellement demain soir. En tout cas c’est la dernière journée pour moi, dernière journée qui a été particulièrement « riche ».

Design-led Innovation

J’avais de très grosses attentes pour cette session et je n’ai pas été déçu. C’est en effet Steven Webster, le Technical Director de Adobe Consulting (ex. Iteration::Two) qui nous présente une session sur l’art de créer des « Disruptive Experiences« .

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La présentation de Steven Webster porte principalement sur la méthodologie qu’ils utilisent pour concevoir des applications riches centrées sur l’utilisateur (The 3D Process) qui comprend 3 phases : Discover, Define, Deliver. Il insiste sur l’importance de bien prendre en compte les besoins exprimés par les utilisateurs, sur la nécessite de concevoir des interfaces innovantes qui bousculent les idées reçues (dont celles de leurs clients).

Plusieurs projets ont été présentés lors de cette session (de façon plus ou moins officielle) :

  • Une application destinée aux traders (cf. la capture d’écran) ;
  • Une application de gestion de budget au quotidien ;
  • Une application de déclaration d’accidents pour une compagnie d’assurance (une sorte de constat en ligne avec schéma explicatif et tout et tout) ;
  • Une application mobile pour les experts de cette même compagnie d’assurance…

Je suis stupéfait par la qualité des interfaces qui nous ont été présentés et surtout par l’intelligence déployée pour simplifier les processus et proposer des modes de visualisation performants. Quel dommage que les blogs de l’équipe Adobe Consulting ne parlent que de technique, ces gens disposent d’une réelle expertise.

RIA and E-commerce

Une autre session que j’attendais avec beaucoup d’impatience qui est présentée par Sheila Dahlgren de Scene7 (une société rachetée en début d’année qui propose des briques technologiques pour faire du Rich Commerce).

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Quatre thèmes principaux sont abordés au cours de cette session :

  • Rich Media Meets Rich Application (la vidéo va être intégrée de façon toujours plus fine et élégante dans les sites marchands) ;
  • Favour Community Empowerment (toujours ces histoires de marketing collaboratif) ;
  • Back to the Desktop (les premières expérimentations de RDA marchandes sont déjà là, ex. FNAC) ;
  • Content is the Interface (peut importe la sophistication de l’interface, si les fiches produit sont pauvres en contenu le taux de transformation a toutes les chances de chuter).

Cette partie théorique est suivie d’une série d’exemples :

  • Nike Store, une boutique riche très soignée ;
  • Neiman Marcus, un catalogue interactif assez classique ;
  • Burton, une barre de navigation horizontale très intéressante ;
  • Oli, qui propose un système de liste de souhaits enrichie ;
  • Lenox qui permet de faire de la personnalisation de produits à la volée ;
  • ShawFloors, un démonstrateur de parquet et de tapis avec une interface très intuitive ;
  • HunterDouglas, un configurateur de fenêtre avec une gestion très fine de la luminosité simulée…

Pleins de beaux exemples et même un livret blanc sur le E-commerce 3.0. 3.0 ? Hum… ça me donne des idées de billets…

The New Creatives

Encore une session inspirationnelle avec Hoss Gifford, un artiste / designeur / cascadeur un peu fou-fou qui utilise des algorithmes et des modèles 3D pour faire des expérimentations inédites avec Flash (sa première réalisation remonte à l’époque de Flash 3 !).

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Résumé de ce qui a été dit :

  • Les filtres et effets de floutage sont très utiles pour concentrer l’attention sur une zone en particulier ;
  • La naration est essentielle pour bien véhiculer un message et restituer de l’émotion ;
  • Les personnages animés possèdent une formidable capacité à capter l’attention ;
  • Un bon schéma explicatif vaut mieux que des mots (cf. la vidéo teasing du livre The Long Tail).

The Designer of 2015

Dernière session de la journée qui est présentée par Richard Koshalek, le président de l’Art Center College of Design. Une intervention qui tourne principalement autour de la revalorisation du design et de l’innovation :

  • Les designeurs ne doivent pas être marginalisés dans des disciplines / pratiques / rôles / métiers à la périphérie du processus de production ;
  • Les designeurs doivent être les leaders de demain en qualité de « problem solvers » ;
  • Les designeurs doivent être en mesure de retourner un problème à l’envers et de poser les questions auxquelles les autres corps de métier n’ont pas pensé ;
  • Un soin particulier doit être apporté à la mise en scène et à la narration des propositions créatives (afin de maximiser leurs chances d’adoption).

Un dernier point intéressant qui confirme ce vieil adage : « la forme est aussi importante que le fond« .

Conclusion

Voilà, c’est déjà l’heure de prendre l’avion pour revenir en France. Trois jours de pur bonheur pour moi : beaucoup de rencontres, d’échanges, de surprises… et de café ! J’anticipe une année 2008 très intense dans le domaine des interfaces riches.

MAX Europe 2007, Jour 2 (suite et fin)

C’est maintenant quasiment la fin de la journée et l’excitation est à son comble avec l’annonce des gagnants des MAX Europe Awards et les Sneak Peeks.

MAX Europe Awards 2007

De nombreux projets ont été présentés à l’édition 207 des MAX Europe Awards qui récompense les meilleures réalisations.

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C’est le portail mobile ATAC Mobile qui remporte le prix, malgré une concurrence très rude du très bon site communautaire lancé pour la sortie du film Harry Potter 5.

Sneak Peeks

Beaucoup d’attentes autour des projets présentés lors de cette session. Il a été par contre très clairement stipulé que ces projets ne verraient pas tous le jour.

Flash Home Mobile, une solution technologique permettant d’exploiter Flash pour l’écran d’accueil des terminaux mobiles et pour héberger des widgets.

Flash « Next », la future version de Flash Professional qui offrira entre autre la possibilité de créer des points de liaison pour animer des objets 2D.

Visual Communicator, un outil de capture et de mixage vidéo qui permet de créer des événements au sein d’une timeline, d’afficher un prompteur, d’insérer des images/ du son / de la vidéo et d’exploiter de nombreuses transitions et effets. En résumé : l’arme ultime des vidéo-bloggeurs et podcasters.

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Web 2 Print, un service permettant de créer et de publier des modèles graphiques papier (ex. un menu de restaurant) puis de faire de l’édition en ligne.

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Photoshop Express, la version en ligne de Photoshop qui permet de retoucher et de manipuler des images. Ce service en ligne intègre un très bon système de prévisualisation (photo du bas) et de gestion de l’historique.

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Seam Carving, un outil de redimensionnement d’image (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet) tout simplement révolutionnaire car il permet de compresser les « zones mortes » d’une image et de supprimer certains éléments (comme par exemple une paire de chaussure dans l’exemple suivant).

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Tonnerres d’applaudissement pour cet outil stupéfiant qui laissera loin derrière la concurrence lorsqu’il sera intégré à Photoshop…

La journée se termine par un Event Party au dernier étage du centre de conférence. Au programme des réjouissances : Apéro sur la terrasse, casino, musique « live » et cocktail dinatoire.

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A demain pour le compte rendu de la dernière journée.

MAX Europe 2007, Jour 2 (suite)

Après un déjeuner rapide en salle de presse j’enchaine sur une session stupéfiante et sur plusieurs interviews.

The Art of Playing

Enorme surprise pour cette présentation de Rik Natzke (un artiste / flasheur) dont la spécialité est d’exploiter des algorithmes au sein de Flash pour créer des formes, animations et interactions avec Flash.

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Nous parcourons ainsi les nombreuses étapes de conception de différents projets qui ont chacun leur particularité :

  • Exploitation d’un moteur physique très réaliste et superbes effets de déformation utilisés dans des bannières pour la marque Saturn ;
  • Utilisation d’un moteur 3D pour des mini-sites HP et AAA ;
  • Simulation d’un liquide pour Virgin Atlantique ;
  • Modélisation très réaliste d’une méduse pour Discovery ;
  • Modélisation abstraite de particules et de rubans pour HP…

Toutes ces réalisations sont plus remarquables les unes que les autres et se placent tout à fait dans le cadre de travaux d’ergonomie artistique. En tout cas je vous invite vivement à découvrir les réalisations de ce petit génie.

Interview avec Kevin Lynch

Tout le bénéfice de partir avec un groupe presse est de pouvoir assister à ces interviews privatives pour pouvoir approcher les têtes pensantes d’Adobe et notamment Kevin, le Chief Software Architect d’Adobe.

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Kevin Lynch est une légende de l’industrie du logiciel et pourtant il n’en reste pas moins très avenant et disponible pour me renseigner sur les points suivants :

  • Même si de gros efforts sont actuellement réalisés pour améliorer l’expérience d’utilisation d’ordinateurs, les terminaux mobiles seront la cible de demain. Adobe est déjà en train de préparer ce marché en optimisant sa machine virtuelle (Tamarin) et en travaillant sur les contraintes liées aux terminaux mobiles (disponibilités, faible mémoire…). L’avenir est aux composants réutilisables et partagés entre les différentes déclinaisons d’une application (web, desktop et mobile).
  • Shockwave est historiquement le client 3D de référence mais ils travaillent sur une intégration progressive de la 3D dans Flash (avec la version 10). Comme le marché n’est pas encore mature, il préfèrent adopter une approche progressive.
  • Photoshop Express représente un réel paradigme dans l’industrie logiciel et dans la façon dont Adobe envisage son modèle économique.
  • Pas de commentaire sur le projet « Bordeaux » qui en est encore au stade expérimental, comme beaucoup d’autres.

Je sui peut-être paranoïaque mais j’ai ressenti un peu de gène de sa part à l’évocation de ce projet mystérieux dont personne ne souhaite parler…

Interview avec le Dr Woohoo

Quel honneur pour moi d’avoir la chance de pouvoir passer quelques minutes avec le Dr Woohoo, le Visual Engineer d’Etsy.

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L’interview tourne principalement autour des différents modes de navigation et de découverte au sein du très vaste catalogue d’Etsy :

  • Ces différents modes d’accès alternatifs aux produits sont passibles grâce à un jeu d’API (User, Shop, List…) ;
  • Ils utilisent un algorithme spécifique (combinatorics) pour lister l’ensemble des combinaisons possibles offertes par les différentes APIs et prioriser les expérimentations (c’est de cet algorithme qu’est né le Geolocator) ;
  • Ils sont en train de monter en compétences sur l’utilisabilité des interfaces riches et sur une solution interne de mesure de la performance des interfaces Flash ;
  • De nombreuses choses sont en préparation au sein du Virtual Labs.

Interview avec Greg Rewis

Ma série d’interviews se termine avec Greg Rewis, le Platform Evangelist de Flex et AIR :

  • AIR n’a pas la vocation de supporter de grosses applications mais plutôt de proposer une version persistante d’applications en ligne et d’assurer une continuité de service même en mode déconnecté.
  • Si l’intégration d’un moteur 3D dans Flash a été aussi longue c’est parce qu’ils doivent respecter des contraintes de taille et de performance du player. Si la vidéo a explosé ces dernières années, les contenus 3D seront le prochain facteur de croissance.
  • Toujours aucun commentaires sur le projet « Bordeaux ».

(à suivre…)

MAX Europe 2007, Jour 2

La deuxième journée s’annonce au moins aussi chargée que la première avec normalement quelques infos supplémentaires sur les projets « secrets ».

Keynote 2

C’est un Kevin Lynch très enjoué qui débute cette seconde Keynote avec l’annonce d’un partenariat avec la BBC pour la diffusion de contenus via le Media Player.

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Vient ensuite la présentation de quatre services sur lesquels Adobe mise beaucoup pour développer son activité de SaaS (Software as a Service) :

  • Scene 7 Imaging, du « On Demand Rich Media Publishing » (des briques techniques permettant de faire du Rich Commerce comme sur les sites de Gucci, Teamwork Athletic ou encore QVC) ;
  • Share, un service de collaboration centré sur le stockage de documents (avec une conversion à la volée en PDF + gestion des droits) ;
  • Pacifica, un service de VoIP basé sur Flash qui permettra également de passer des appels sur les réseaux de téléphonie traditionnels (une sorte de Skype en Falsh et bientôt en AIR) ;
  • CoCoMo, un service de collaboration et de communication en temps réel qui permet d’héberger des espaces de travail collaboratifs avec partage d’écran et gestion des simultanés.

Cette présentation est suivie d’une grosse démonstration de Termo, le futur outil de conception d’interfaces riches.

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Ce Termo offre les possibilités suivantes : Concevoir une application Flex avec une approche graphique et non par composants ; Importation de fichiers PSP et conversion d’éléments graphiques en composants Flex (« Convert artwork as…« ) ; ajout de comportements (« events« ) et insertion de contenus dynamiques (création de listes). La prise en main de l’outil est tout simplement révolutionnaire de simplicité. Par contre la première beta ne vera pas le jour avant 2008, il va donc falloir être patient…

La Keynote se termine par la présentation d’un nouveau site géré par l’équipe Experience Design (xd.adobe.com) et de la roadmap des nouveaux outils, services, logiciels clients…

Même si j’ai vu des choses très impressionnantes je reste un peu sur ma faim car il n’a pas été fait mention du projet « Bordeaux » (le rumeur prétend que ce futur produit serait un environnement de développement Flash tout à la souris).

Under the Hood of eBay Desktop

Le client riche de eBay est visiblement LA star de ce Max Europe, cette session lui est d’ailleurs entièrement consacrée.

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Ce projet est remarquable à plusieurs points de vue et notamment sur le soin apporté à l’interface :

  • Effets de transitions incorporés au navigateur de catégories ;
  • Système de suivi en quasi-temps réel des enchères ;
  • Intégration d’un bouton « Retour » comme dans les navigateurs ;
  • Implémentation de fonctionnalités rigolotes comme les piles de photos…

Plus d’infos sur le blog CraftyMind.

The Design Shootout

Une session particulièrement intéressante puisque les trois lead designers sur scène s’affrontent à coup de fonctionnalités inédites et de cool tricks :

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Petit résumé des astuces qui ont été présentées :

  • Fusion d’images avec Bridge ;
  • Export d’une fonction Zoom vers une page HTML dans Photoshop ;
  • Compression JPEG bien plus performante dans Fireworks que dans Photoshop ;
  • Applications d’images et de textures à des formes mappées et converties en objets 3D dans After Effects ;
  • Edition de vidéos au sein de Photoshop ;
  • Gestion avancée des feuilles de styles CSS dans Dreamweaver ;
  • Nombreuses animations et déformations d’images JPEG dans After Effects…

Une session très rafraichissante et surtout dynamique car les astuces étaient notées à l’applaudimètre.

(à suivre…)

MAX Europe 2007, Jour 1 (suite et fin)

Les sessions s’enchainent à un rythme infernal et je ne sais plus où donner de la tête…

360° Design

C’est James Hilton (le directeur de création de l’agence AKQA) qui nous présente sa vision à 360° du design.

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Les points-clés de son intervention :

  • Il n’y a pas de média à 360° mais plutôt de pertinence à 360° (rien ne sert d’être présents sur tout les supports, il faut plutôt se concentrer sur les plus pertinents dans le contexte de la marque) ;
  • La dimension participative est au cœur des expériences-client les plus engageantes (je n’ai pas su traduire « engaging« );
  • L’Attention Deficit Desorder menace tout l’écosystème publicitaire (report des temps d’audience de la TV vers des supports beaucoup moins bien maîtrisés comme les réseaux sociaux et les univers virtuels) ;
  • Il faut passer d’une logique d’Advertising (un message générique broadcasté via les médias traditionnels) à une logique d’Experiencing (une expérience de marque partagée de façon individualisée) – tout ça me fait penser à la notion de Tryvertising.

Cette session est l’occasion de découvrir un certain nombre d’opérations très innovantes réalisées par l’agence (ils sont vraiment très forts).

15 H : Je profite de la pause pour faire un tour dans le Community Pavillon :

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Ambiance gros coussins de relaxation et salons privatifs du plus bel effêt (grâce à l’utilisation de gigantesques voiles).

From the Web to the Desktop with AIR and Flex

Une session un peu plus technique orchestrée par un Daniel Dura très en forme.

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Il est si question du portage d’applications en ligne (avec Flex) vers un client riche (avec AIR) :

  • Le client riche est une notion ambigüe, il préfère parler de Web-Enabled Dekstop Application ;
  • Les applications réalisées avec Flex Builder 3 peuvent être indifféremment publiée en mode RIA (avec Flash) ou en mode RDA (avec AIR), il faut par contre être rigoureux dans l’architecture de l’application pour pouvoir réutiliser un maximum de composants ;
  • AIR apporte beaucoup de souplesse dans la personnalisation des applications (fenêtre, icône animé du system tray, menus et raccourcis clavier…
  • Possibilité de faire de la surveillance d’état et d’activité (pour gérer le basculement de mode en / hors ligne et la re-synchronisation des données) ;
  • Possibilité de faire du drag & drop depuis ou vers une application AIR (fichiers, liens, images…) ;
  • Gestion simplifiée du déploiement (par l’intermédiaire de badges) et des mises à jour (il faut pour cela acquérir un certificat).

La journée s’achève et j’ai une furieuse envie de prendre l’air (sans mauvais jeux de mots). ça tombe bien car nous avons droit à une visite guidée pédestre du centre-ville (superbe).