On s’ennuie ferme du côté du web 2.0

On s’ennuie même tellement ferme que l’on en vient à spéculer sur des rumeurs stupides comme celle d’un éventuel rachat de YouTube par Google. Tout le monde y va de sa petite analyse ou spéculation et je trouve ça franchement désagréable. Pourquoi désagréable ? Tout simplement parce que cela fait consommer de la bande passante inutilement.

J’avais déjà eu l’occasion de m’exprimer au sujet de YouTube (voir mon précédent billet à ce sujet : YouTube dans une impasse ?). Mais bon dans le doute, voici mon pronostic : YouTube ne se fera racheter par personne, et certainement pas par Google.

Les raisons sont simples :

  1. YouTube est une coquille vide, à par quelques rares exceptions les contenus que ce service héberge ne lui appartienne pas (pire, ces contenus sont protégés par le droit d’auteur) ;
  2. Google dispose déjà d’un service d’échange de vidéo performant et sur lequel il a déjà beaucoup investi (notamment sur un moteur d’analyse d’images pour pouvoir placer de la publicité contextuelle) ;
  3. Google dispose déjà de partenariats industriels avec le monde des médias sur sa propre plateforme (notamment avec la chaîne Current TV ou avec les nombreux programmes qui sont commercialisés en pay-per-view).

De plus, l’histoire nous a déjà démontré que les utilisateurs sont capables de migrer très rapidement d’un service à un autre (même par millions) comme ce fut le cas avec Friendster et MySpace.

Et puis entre nous, ne trouvez-vous pas qu’avec YouTube, nous sommes un peu loin des concepts fondateurs du web 2.0 (intelligence collective, architecture participative…) ? Peut-être serait-il temps de dire tout haut ce que la majorité d’entre nous pense tout bas : 1,5 milliard de dollars, c’est un peu cher pour un vidéo gag en ligne, non ?

MAJ (09/10/2006) : ça vient juste d’être confirmé : Google rachète YouTube pour 1,65 milliards de dollars en échange d’actions.

Ceci confirme au moins trois choses :

  1. Internet = l’avenir de la télévision ;
  2. Dans la course à la domination des services communautaires, Google veut aller vite et il paye le prix fort pour cela ;
  3. En tant qu’être humain je ne suis pas infaillible.

Tout ceci mérite reflexion : Pourquoi Google payerait-il un tel prix pour du contenu à la limite de la légalité ? Pour une technologie qui n’est pas la sienne ? Pour un mécanisme communautaire qui doit encore faire ses preuves ?

Et dire que je me souciais de la bande passante… avec un montant de rachat aussi élevé, cette histoire risque de faire beaucoup de bruit et d’occuper une grosse partie de la bande passante.

YouTube dans une impasse ?

A en croire les spécialistes, YouTube serait dans une situation très inconfortable :

  • le succès phénoménal de ce service engendre des frais d’exploitation exorbitants (on parle de 100.000 $ par jour pour l’hébergement et la bande passante) ;
  • les grandes sociétés de production commencent à réclamer des droits d’auteur sur les millions d’oeuvres pillées et détournées (à l’instar de Universal Music Group) ;
  • le prix de vente est complètement délirant (1,5 milliard de dollars).

Mark Cuban, un milliardaire de l’ancienne nouvelle économie, vient ainsi de déclarer dans un article de News.com : seul un abruti pourrait racheter YouTube (Only a ‘moron’ would buy YouTube). Selon ce dernier, si YouTube est encore en ligne c’est parce que les avocats des majors attendent un rachat avant de déclencher un déchaînement juridique. En d’autres termes : poursuivre YouTube en justice coûterai aujourd’hui beaucoup d’argent pour pas grand chose (puisque cette société n’a quasiment rien en fonds propres), par contre dès qu’un repreneur se sera fait connaître, alors là… ça risque d’être un festival de procès et autres démarches juridiques.

Moralité : la vrai valeur de YouTube ce n’est pas 1,5 milliard de dollars, mais plutôt 1,5 milliard de coups de pied au cul !

Yahoo! rachète Jumpcut

J’ai déjà eu l’occasion il y a quelques mois de vous parler de services innovant permettant d’éditer et de partager des vidéos en ligne (voir mon précédent billet : Un nouvel âge d’or pour la vidéo en ligne ?). Ce matin j’apprends que Yahoo! vient de racheter JumpCut : Jumpcut Joins the Yahoo! Family, et c’est une très bonne nouvelle.

Très bonne nouvelle parce que d’une, le service est performant (j’en avais fait une démonstration lors de l’Université de Primptemps de la FING), et parce qu’il vient s’insérer dans une ligne de services tout aussi performante (dont FlickR pour la gestion et le partage des photos).

Entre le rachat de Grouper par Sony (pour 65 millions de $), ce rachat (pour 65 millions de $également) et le succès de MySpace Video, YouTube va commencer à se sentir très seul. D’autant plus qu’il y a toute une horde d’avocats qui attend un éventuel rachat pour lui tomber dessus et réclamer des millions de dollars de droits d’auteur floués. (via 2803)

Des vidéos à 360° pour constater les dégâts de l’ouragan Katrina

Alors que l’ouragan Ernesto s’approche des côtes de la Floride, la chaîne MSNBC propose un mini-site sur les ravages provoqués par l’ouragan Katrina : Rising From Ruin.

Vous trouverez sur ce mini-site des éléments multimédias très impressionnants : slideshows commentés, vues 360° et surtout des vidéos à 360° : Waveland wreckage.

L’interface de visualisation de ces vidéos est un modèle du genre :

Le bandeau d’affichage avec glissière (sous la vidéo principale) est très intuitif, la fenêtre de localisation à droite est également très utile pour se situer. De plus, toutes les vidéos, animations et commentaires audio sont parfaitement synchronisés. Du très beau travail.

En tout cas les dégâts sont considérables, et la reconstruction ne semble pas avancer bien vite…

Vers un mariage du web et de la vidéo ?

La vidéo est de plus en plus ancrée dans le web, ça vous l’aviez remarqué (enfin j’espère). Mais avez-vous noté à quel point la vidéo est devenue omniprésente ? La version française de Google Video par exemple, vous saviez qu’elle était lancée ?

Et ce n’est pas tout, les géants de l’internet se lancent dans des initiatives qui se rapprochent beaucoup plus de l’univers télévisuel que du web :

  • Yahoo! vient de lancer son émission The 9 qui présente les 9 sujets du jour les plus remarquables ;
  • Google Current TV est une initiative similaire (sur le principe d’un best-of du jour) ;
  • Amazon va encore plus loin et propose son propre talk show (Amazon Fishbowl).

Vous l’aurez compris, la frontière entre TV et internet est de pus en plus fine. Je suis en train de préparer un billet plus long à ce sujet, alors restez connecté.