Des interfaces riches accessibles au W3C

Le W3C vient d’initier une démarche de normalisation pour l’accessibilité des interfaces riches : Roadmap for Accessible Rich Internet Applications, et c’est un très bonne nouvelle.

Le W3C avait déjà initié différents chantiers autour d’AJAX et des interfaces riches (voir à ce sujet mes précédents billets : AJAX en voie d’être légitimé par le W3C ? et Le W3C et les interfaces riches) sans toutefois intégrer de contraintes relatives à l’accessibilité.

Le document est assez long et indigeste à lire, mais il est question des XForms et de XHTML 2.

Et si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous recommande également cet article sur la rédaction d’une charte ergonomique pour les applications en ligne : A Framework for Web Application User Interface Design Guidelines.

Pleins de menus chez Yahoo!

J’ai déjà eu l’occasion de louer les mérites de Yahoo! et surtout de son équipe de concepteurs qui non seulement fait du très bon travail mais en plus partage le tout avec la communauté des développeurs.

Leur dernière publication en date concerne un ensemble de menus de navigation : Yahoo! UI Library: Menu.

Les menus de Yahoo! en action

Ces menus sont à priori accessibles (respect des critères d’accessibilité et des normes W3C, navigation au clavier, conformité au DOM…) mais cela mériterait un peu avis d’expert (Aurélien ? Matthieu ?).

AJAX en voie d’être légitimé par le W3C ?

On parle beaucoup d’AJAX en ce moment comme la technologie du futur. Mais saviez-vous que la brique technologique de base d’AJAX (l’objet XMLHttpRequest) était un composant ActiveX conçu par Microsoft ? Oui, bien sûr que vous le saviez.

Bon, toujours est-il que le rejeton de la grande famille web est en train de se faire reconnaître par le W3C (l’organisme de régulation et de standardisation de l’internet). La preuve avec cette ébauche de spécification : The XMLHttpRequest Object W3C Working Draft.

Avec ces spécifications, AJAX pourrait bien gagner ces premières lettres de noblesse. Si, en plus, des géants comme Yahoo! (avec sa User Interface Library) et Microsoft (avec son framework Atlas) s’y mettent, alors l’adoption sera bien plus rapide que prévue.

Tous à poil pour les standards web

Demain est un grand jour, c’est la première journée annuelle des naturistes du web : First Annual Naked Day.

Rassurez-vous, il est bien ici question de standards web et de qualité du code. Le principe est le suivant : demain (5 avril), les webmasteurs de la planète sont invités à désactiver leurs feuilles de styles CSS pour afficher une version brute de leur site (uniquement le HTML). L’objectif est de faire prendre conscience aux internautes de l’importance de la sémantique du balisage.

En gros, si vous utilisez une sémantique propre qui respecte les normes du W3C, alors votre site restera parfaitement consultable même sans feuille de styles. Par contre, si vous utilisez une sémantique exotique avec des balises détournées de leur fonction première et tout un tas d’astuces CSS alors vote site sera fortement pénalisé (la grosse honte !).

C’est en quelque sorte une journée porte ouverte où les visiteurs pourront juger de la qualité du code.

Bon, vous voilà prévenu : demain je désactive ma feuille de style. (via Gou Blog)

Google Page Creator : le retour des pages persos ?

Aujourd’hui Google vient de lancer un service en ligne de création de sites web : Google Page Creator.

Petit tour du propriétaire

A première vue, l’interface de création de page semble simple à appréhender :

GooglePageCreator

 

Idem pour l’écran de gestion des différentes pages :

GooglePageCreator2

 

Pour voir le résultat final, ça se passe ici : fredcavazza.googlepages.com.

Google contre le W3C ?

Non, à priori pas trop de problème du côté du code qui semble lisible avec une sémantique à peu près propre. Je ne voudrais pas m’avancer trop, car un examen plus minutieux doit être fait pour auditer les pages un peu plus complexes générées avec cet outil.

Mais bon, inutile de chipoter : le code source des pages est plus propre que celui de 99% des sites web actuellement en ligne. Entre nous je ne pense pas que Google milite activement pour les standards web mais plutôt qu’il cherche à se simplifier la tâche de référencement et d’indexation (nous en reparlerons plus loin).

Bon et alors, c’est la révolution ?

Non, clairement pas. Le principe des pages persos n’est pas nouveau. La possibilité d’éditer des pages en ligne n’est pas nouvelle non plus (les wikis en sont un très bon exemple). Admettons que la grande nouveauté de ce service est de donner accès aux débutants à un outil de création de site.

Notons au passage des petites fonctionnalités révolutionnaires comme la sauvegarde automatique des pages en arrière plan (déjà présent dans GMail) ou encore les nombreux gabarits de page (template en anglais mais qu’ils ont choisi d’appeler look pour simplifier).

Mais ce nouveau service appelle une question : à qui va-t-il servir ?

Quid des blogs ?

Et oui, a-t-on besoin des pages persos maintenant que les blogs se sont à peu près démocratisés ? En fait la réponse est simple :

  • si vous avez des choses à dire qui tiennent en quelques pages et qui ne bougent pas trop dans le temps, alors ce service est pour vous ;
  • si vous souhaitez prendre la parole dans la durée, alors c’est un blog qu’il vous faut.

Pages persos et blogs sont deux modes de communication différents. Vous pouvez faire des pages persos avec un moteur de blog ou faire un blog avec un éditeur de page persos. Mais bon, comme ils possèdent également Bloggeur

Mais alors à qui va servir ce service ?

Aux autres services de Google bien sûr ! Car à y regarder de plus près :

  1. pour avoir accès aux pages persos il faut créer un compte Google (donc GMail, GTalk, GPay…) ;
  2. cet outil va potentiellement servir à alimenter ou compléter les petites annonces de Google Base.

Est-ce que l’on peut interpréter cela comme une tentative de Google de rattraper son retard sur Yahoo (avec sa myriade de services) ou Apple et son tout nouveau iWeb ? Peut-être…

Est-ce que cela peut présager la sortie prochaine d’une suite bureautique en ligne ? Peu envisageable !

Est-ce que cela va concurrencer les blogs ? Aucune chance !

Est-ce que les pages créées avec l’outil de Google seront mieux référencées ? Oui, très certainement. De toute façon Google stockait déjà en cache la majeure partie des pages publiées sur internet, donc comme ça… c’est déjà fait !

Conclusion

Difficile de deviner quelles sont les motivations réelles de Google avec ce service ni ce qu’il nous réserve pour l’avenir. Je pense ne pas avoir pour l’instant le recul nécessaire pour anticiper une réussite ou un échec de ce service. Attendons et observons…