MIX 08 : Jour 1 (suite)

La journée continue avec notamment plusieurs conférences sur le thème du web 2.0.

What Is the face of the next Web?

Une table ronde organisée par Chris Bernard (User Experience Evangelist) avec une belle brochette d’intervenants (de gauche à droite) : Tjeerd Hoek (Frog Design), Paul Dain (Tribal), Anthony Franco (EffectiveUI), Mark Kurtz (Gage), Garrick Schmitt (Avenue A | Razorfish).

MIX08_Panel1

 

Les points-clés :

  • Il y a beaucoup de choses à améliorer dans le web 2.0 avant de commencer à parler de la suite ;
  • Les clients des agences évoluent de même que leurs connaissances et leur niveau d’exigence, il faut donc progresser vite et anticiper ;
  • Le web sémantique apportera beaucoup de choses mais les utilisateurs finaux n’en bénéficieront pas de façon significative avant des années (décennies ?) ;
  • Le momentum est clé dans le web 2.0, peut-être plus que la stratégie où le message => peut importe que n’ayez rien à dire, il faut être au bon endroit au bon moment (font-ils allusion à Facebook ?) ;
  • Ebay Desktop a été réalisé en 6 semaines pour moins de 100.000 $ => les innovations technologiques permettent encore d’améliorer l’expérience des utilisateurs (dans certains cas) ;
  • Les plateformes les plus immersives sont celles où les utilisateurs interagissent avec des données sociales ;
  • Pour qu’une créée un engagement positif avec ses cibles, elle doit être très réactive, à l’écoute et bien mettre en scène ses leviers de différentiation
  • bla bla bla bla…

Le reste de la conférence est moins intéressante et j’avoue avoir été perturbé par mon voisin de droite qui me narguait avec son Mac Book Air son Kindle :

MIX08_MacBookAir_Kindle

 

Je profite de la pause pour admirer les deux exemplaires de tables interactives Surface :

MIX08_Surface

 

Je reste également scotché devant le stand Rock Band où ils ont monté un véritable podium pour la compétition de Guitar Hero :

MIX08_RockBand

 

Web 2.0 and Beyond: What Is the Business Reality?

Beaucoup trop de monde à cette table ronde où Loïc Lemeur est invité. D’ailleurs je m’y casse le nez car la salle est trop pleine pour accueillir plus de monde, GRRRRRRR !

Solving Problems with Pictures

Très grosse surprise avec cette conférence stupéfiante de Dan Roam, l’auteur de The Back of the Napkin, un évangéliste du visual thinking :

  • Les schémas nous permettent de communiquer de façon bien plus efficace ;
  • l’impact d’un bon schéma est largement supérieur à celui d’un rapport ou d’un diaporama ;
  • Par certains aspects, le Visual Thinking est une discipline très proche du Paper Prototyping ;
  • Le schéma n’est que la dernière étape d’un processus d’observation, d’analyse et d’interprétation.

La conférence est ponctuée d’exemples très intéressants :

Napkin

 

Un formidable orateur pour un sujet passionnant.

Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign adoptent OpenID

Je réagis un peu tardivement à une nouvelle qui n’a bizarrement pas fait beaucoup de bruit dans la blogosphère française : Des représentant de Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign viennent de rejoindre la board de la Fondation OpenID (Evolving the OpenID Foundation Board).

Cette nouvelle marque un tournant décisif dans… dans quoi déjà ? Je pense que le moment est bien choisi pour quelques lignes d’explications (adaptées de la définition officielle et de celle de Wikipedia) :

  • OpenID est un système d’authentification décentralisé qui permet l’authentification unique ;
  • Authentification unique = 1 seul identifiant que l’on peut utiliser auprès de plusieurs sites et services en ligne (qui sont « compatibles » OpenID) ;
  • Cet identifiant unique est obtenu auprès de fournisseurs d’identité (OpenID providers) ;
  • Lorsque vous vous inscrivez à un service compatible, vous esquivez le long formulaire d’inscription en saisissant votre identifiant OpenID (le service demande alors à votre fournisseur d’identité de vous authentifier, ce dernier vous répercute la demande) ;
  • OpenID ne gère QUE l’authentification, pas l’identité (donc vous devrez quand même renseigner votre profil).

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous recommande ce blog : Spread OpenID, ainsi que cet article qui commente l’annonce de Yahoo! qui est devenu fournisseur d’identité : Yahoo! to Provide OpenID – Will It Take the Next Step?.

Jusqu’à présent les problématiques d’authentification n’avaient pas passionnées grand monde car jusqu’à présent les utilisateurs compensaient en faisant un effort de mémorisation des login / mots de passe, mais combien de temps cela allait-il durer ? Hé bien maintenant la question ne se pose plus dans la mesure où potentiellement les poids lourds du web (Google, Yahoo, Microsoft) vont devenir des fournisseurs d’identité.

Concrètement vous pourrez bientôt vous inscrire à un service lambda en vous servant de votre identifiant Yahoo!, Google ou Microsoft. « Pourrez » car ce n’est pas encore effectif, seul Yahoo! propose ce service : openid.yahoo.com.

Très intéressant, surtout lorsque l’on sait que ces trois poids lourds comptent leurs utilisateurs par centaines de millions. Ceci devrait donc grandement faciliter l’adoption de nouveaux services par les internautes qui seraient ainsi exempts de « corvée de mot de passe« .

Mais avec un peu de recul, on se rend également compte que ceci permettrait également d’évaluer l’appétence des internautes vis à vis d’un nouveau service en surveillant les demandes d’authentification. Et oui ! Puisque c’est Yahoo! / Google / Microsoft qui gèreront vos inscriptions aux différents services, il sera alors beaucoup plus simple pour eux d’identifier le ou les services qui fidéliseront le mieux leurs utilisateurs. Ils ne leur resteront plus qu’à faire leur marché en négociant les prix à la baisse (« c’est grâce à moi que vous avez pu recruter une partie de vos utilisateurs« ).

Redoutable ? Oui tout à fait !

Mais rassurez-vous, il n’y a pas que du mauvais dans cette annonce puisque deux autres acteurs de choix ont rejoint l’aventure :

  • VeriSign, leader du marché de la sécurité par authentification forte (des mécanismes plus sophistiqués qu’OpenID) mais qui était déjà utilisateur via son Personal Identity Provider ;
  • IBM, très gros acteur de l’entreprise 2.0 et des formats ouverts.

Difficile pour le moment d’évaluer l’impact de cette nouvelle sur le rythme d’adoption d’OpenID par le grand public. Toujours est-il que je vous engage à créer dès maintenant votre identifiant unique en utilisant par exemple MyOpenID, un acteur indépendant qui propose des services sympas comme la création d’une page publique (ex. http://fredcavazza.myopenid.com/) ou le support de MicroID.

Acheter deviendrait-il ringard ?

En voilà une question polémique ! C’est en tout cas ce que l’on est en droit de se demander quand on commence à étudier de plus près les différentes solutions alternatives : communautés d’échange, service de location et de possession partagée.

Parlons des communautés d’échange tout d’abord. Le principe est simple : vous décrivez ce que vous possédez ainsi que ce que vous souhaitez avoir et le système se charge d’orchestrer les échanges en assurant de la fluidité. Ce principe s’applique aux jeux vidéo (avec notamment SplitGames) mais également aux fringues avec OurThreads :

OurThreads

 

Plus d’infos ici : Buy or Swap Clothes with OurThreads.

Nous avons ensuite les services de location, où tout à commencé avec Netflix, le service de location de DVD « nouvelle génération » : vous payez un montant forfaitaire qui vous donne le droit de recevoir un DVD, de le visionner et de le réexpédier pour en recevoir un autre. C’est en quelque sorte du leasing de DVD.

Là où ça devient intéressant, c’est quand vous appliqué ça aux objets de luxe, comme sur Bag Borrow Or Steal :

BagBorrow

 

Une authentique caverne d’Alibaba ! Mais attention, nous parlons d’objets de luxe : un sac Prada se loue à partir de 150$ la semaine.

Nous avons enfin les services de possession partagée, sur le même principe que les résidences en time sharing. Allez donc faire un tour sur Fractional Life pour vous rendre compte à quel point ce concept peut être terriblement tentateur :

FractionalLife

 

Bien évidement vous constaterez que tout ces services ne sont viables qu’avec un minimum de volume et de fluidité. Et c’est exactement à ça que servent les places de marché en ligne.

Si ces concepts vous interpellent, je vous recommande la lecture du très bon papier de Trend Watching sur les trysumers (une contraction de try et consumers).

Et pour conclure, je me permettrait de citer un grand philosophe (Smaïn) : « Le soleil brille pour tout le monde, à toi de comprendre que tu peux louer des parasols« .

Pourquoi Yahoo! et Microsoft ont tout intérêt à fusionner

La nouvelle est tombée vendredi après-midi et c’est une véritable bombe : Microsoft fait une offre de 44,6 milliards de $ pour racheter Yahoo! Voici l’annonce officielle : Microsoft Proposes Acquisition of Yahoo! for $31 per Share et la lettre envoyée aux employés de Microsoft : Ballmer’s Internal E-Mail to The Troops Explaining the Yahoo Acquisition.

miahoo

 

(je précise que je ne cautionne absolument pas ce montage réalisé par Bertrand, mais ça m’a bien fait rire…).

Deux éléphants courent-ils plus vite ensemble ?

C’est bien la question à laquelle ont tenté de répondre de nombreux blogueurs et analystes. Car il faut bien avouer que ces deux géants se trouvent dans des situations « délicates« . Yahoo! dont la machine à innover et le programme publicitaire ne fonctionnaient pas ; et Microsoft qui s’enlisait dans différents chantiers (Live, Windows Live, Office Live…) sans réellement convaincre. Il y a bien entendu eu tous ces rachats pour sauver les apparences, mais malgré leurs efforts respectifs, ces deux marques ne pesaient pas lourd face aux Google, SalesForce et autres Facebook. Pour résumer la situation : ces deux là ne sont plus « dans le coup ».

Et pourtant… quand on y réfléchit bien, Yahoo! et Microsoft possèdent une audience considérable et surtout des services bien plus populaires que tous ces réseaux sociaux dont on parle. Hotmail et Yahoo! Mail approchent ainsi chacun les 300 millions d’utilisateurs. Rajoutez à cela les nombreux services satellites comme FlickR, del.icio.us, MSN… et vous avez LE poids lourd incontestable de l’audience (cf. Microhoo! What Does it Mean for Users?).

Poids lourd incontesté de l’audience mais pas du marché très lucratif de la recherche, car Google représente toujours 77% de parts de marché contre 19% pour cette nouvelle alliance (cf. Microsoft veut acheter Yahoo. Ah bon ?). Certes, l’audience est cruciale mais à quel prix ? Car les visiteurs de Yahoo! et de Microsoft sont bien souvent les mêmes. Cette fusion permettrait donc d’augmenter la part d’audience, mais pas le nombre de visiteurs (cf. Microsoft values Yahoo Visitors at $1,200 Each).

D’autant plus que va se poser la douloureuse question de l’arbitrage entre les services concurrents, à l’image de Yahoo! Photos qui a fermé ses portes au profit de FlickR. Pour les premiers pronostics c’est ici : What Would a Combined Microsoft-Yahoo Look Like?

Mais bon, les futurs mariés ne forment pas non plus un couple dépareillé, bien au contraire. Les synergies sont ainsi nombreuses entre les différents services : ceux qui vont être consolidés (Yahoo! Widgets et Sidebar, Yahoo! Messenger et MSN Messenger, Yahoo! Maps et Live Maps, Yahoo! Pipes et Popfly…) et ceux qui sont encore largement sous-exploités (JumpCut, KickStart, Yahoo! Avatars, Yahoo! Games…). Plus de précisions ici : What Microsoft gets for its $44 billion purchase of Yahoo!.

Et à ceux qui pensent que Microsoft et Yahoo! sont dans l’impasse au niveau de la recherche algorithmique, je vous rappelle qu’il faut maintenant compter sur la technologie de Fast rachetée récemment.

Yahoo! ID, la clé de voute de l’édifice ?

Avec toute cette profusion de services mis en commun dans la corbeille des mariés, comment s’en sortir ? Grâce à l’authentification unique bien évidement ! L’authentification unique est le sésame qui ouvre la porte à une collection vertigineuse de services, c’est également le moyen de fidéliser une audience colossale et de développer les usages au sein de cette galaxie de services.

L’authentification unique, c’est également le vieux rêve de Microsoft (Passport ça vous rappelle quelque chose) qu’ils essayent de relancer avec Live ID.

C’est là où Yahoo! ID rentre en scène, ou plutôt devrais-je dire Yahoo! OpenID. En fondant son service d’authentification sur un standard ouvert comme OpenID Yahoo! décuple l’intérêt d’avoir un compte (et une adresse email).

Ceci est d’autant plus intéressant qu’OpenID est une des solutions d’authentification à l’étude au sein du consortium DataPortability. Consortium au sein duquel on retrouve (entre autre) Google et Facebook.

Facebook pourrait être la première cible…

Affaiblir la position dominante de Google est un objectif évident de cette fusion, à long terme. Mais à plus court terme, Yahoo! et Microsoft doivent d’abord évincer les nouveaux entrants qui dérangent : MySpace, Facebook et cie… Au sujet de MySpace, considérons que le problème se règlera de lui-même dans la mesure où malgré une audience encore considérable, ce service est en perte de vitesse faute d’avoir trouvé un second souffle.

Reste le « cas » Facebook à régler. Facebook est-il si dangereux que ça ? Non pas réellement, et ceci pour plusieurs raisons :

  1. Microsoft a déjà mis un pied dans la maison. Rappelons que Microsoft a une réputation de fossoyeur : ils avaient la fâcheuse habitude de racheter des services concurrents pour pouvoir les saborder. Certains analysent déjà ce rachat comme une bourde (cf. Est-ce que l’achat de Facebook par Microsoft a eu un impact sur le membership?).
  2. Facebook ne gagne pas d’argent. Pire : ils anticipent un déficit de 150 millions de $ en 2008 (cf. Facebook Finances Leaked). Ce qui est plus que fâcheux en cette période d’instabilité économique et boursière.
  3. Facebook est un colosse aux pieds d’argile. Toute la valorisation de Facebook repose sur sa base d’utilisateurs. Or, nous savons maintenant que l’équipe ne maîtrise absolument rien, en témoignent les nombreuses fois où ils ont dû faire marche arrière face à la pression des membres (pour la première version du News Feed, pour le Project Beacon, pour la radiation de Scoble). Moralité : le social graph de Facebook ne va pas être si facile que ça à monétiser (cf. Social Networking Inventory Not Monetizing As Well As Expected).
  4. Facebook et sa platform reposent sur une technologie propriétaire. Propriétaire ? Voilà un mot qui appartient au passé, surtout avec des initiatives comme OpenSocial ou la Social Graph API que Google vient de sortir (cf. Google starts linking social networks).

Bref, plus que jamais je réitère mon scepticisme vis à vis de Facebook (cf. Pourquoi je ne crois plus en Facebook) et suis persuadé que les efforts communs de Yahoo! et Microsoft accoucheront d’une offre « sociale » majeure tout à fait crédible.

… et Android la seconde

Il y a un sujet que nous n’avons pas encore abordé, c’est celui de la mobilité. Et il faut bien reconnaitre que dans ce domaine, un rapprochement entre Yahoo! et Microsoft serait intéressant car leurs offres de mobilité sont complémentaires : Yahoo! Go pour les téléphones et Windows Mobile pour les smartphones.

Et il faudra au moins ça pour rattraper le retard sur Symbian (qui possède près de 75% de parts de marché) ou pour contrer l’arrivée d’Android.

Au final ce sont les utilisateurs qui vont gagner

Je suis très optimiste via à vis de cette fusion, c’est ce qui peut arriver de mieux à Yahoo! (qui allait s’effondrer sous son propre poids) et à Microsoft. Je fais ainsi entièrement confiance à Ray Ozzie pour l’intégration de Zimbra et pour redonner un second élan à ces deux géants.

Et puis de toute façon, les utilisateurs y trouveront forcément leur compte : au mieux, les services auxquels ils sont abonnés s’améliorent ; au pire ça stimulera la concurrence.

Reste maintenant au board de Yahoo! d’accepter cette offre…

Sprout Builder, un éditeur de widget en ligne

Visiblement les grands esprits se rencontrent : je vous présentais la semaine dernière des exemples de mini-sites à encapsuler et voilà qu’un éditeur est déjà disponible : Sprout Builder. Il s’agit en fait d’un service de conception de widgets. Widgets ? Oui, c’est leur façon à eux de décrire un mini-site : une sorte de container dans lequel vous mettez ce que vous voulez (texte, audio, vidéos, services…).

Exemple avec ce widget dédié à Ben Harper :

http://farm.sproutbuilder.com/28/load/RwDS2gCVAPwGiBRc.swf

Ça ne vous rappelle rien ? Mais la différence vient de l’éditeur en ligne, un modèle de sobriété et d’efficacité :

Sprout.jpg

Ce service vous propose ainsi de créer des widgets que vous pourrez ensuite encapsuler dans vos blogs, pages MySpace, Facebook… et que vous partagerez également avec votre communauté. Le gros avantage est que tout changement est ensuite répercuté immédiatement sur toutes les instances déployées à droite et à gauche.

Révolutionnaire ? Oui en quelque sorte car nous assistons ici à la résurrection des pages persos, sauf que maintenant ces mini-sites bénéficient de la puissance sociale et de l’effet réseau. Est-ce suffisant pour initier un nouveau phénomène de mode (à l’image de la révolution des blogs) ? Probablement. Pour en savoir plus je vous invite à lire ces différents articles : SproutBuilder, You’ve Got to See This Drag and Drop Widget Maker et Sprout Launches WYSIWYG Widget Creator.

Cerise sur le gâteau, ce Sprout Builder propose un ensemble de templatespour ne pas avoir à démarrer de zéro et en prime les widgets créées sont compatibles avec des annuaires comme Clearspring ouSpringWidgets.

Autant le dire tout de suite, ce service est tellement abouti qu’il place la barre très très haute pour d’éventuels concurrents. Peut-être un rachat est-il à prévoir dans les mois à venir…