Les leçons à retenir de Mobile 2.0

Le blog Blue Flavor a récemment publié un compte-rendu de la conférence Mobile 2.0 qui a eu lieu à San Franciso : 10 Things I Learned at Mobile 2.0.

L’auteur a synthétisé tout ça en 10 leçons à retenir, petits extraits :

  • Mobile 2.0 = The Web, comprenez par là que la version mobile du web est condamnée au profit du web en situation de mobilité (tout ça me rappelle un billet que j’avais rédigé l’an dernier : Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité) ;
  • The mobile web browser is the next killer app, où l’auteur nous explique que la bataille des navigateurs va ête encore plus acharnée sur les mobiles avec 4 compétiteurs en course : Internet Explorer, Opera Mini, Minimo (de chez Mozilla), et Nokia/Apple Webkit ;
  • Mobile Web Applications are the future, où il est question de porter des services en ligne sur des versions adaptées aux contraintes d’affichage et de saisie des terminaux nomades ;
  • AJAX is the next frontier / Javascript kills battery life, où l’auteur nous explique que les navigateurs web des terminaux nomades de dernières générations sont en théorie capable d’interpréter de l’Ajax mais engendre une consommation bien trop importante d’énergie (une interface Ajax consommerait ainsi 10 fois plus d’énergie !) ;
  • Mobile Widgets are the next big thing, décidément il est vraiment temps de vous mettre aux widgets.

Un billet plein d’enthousiasme qui fait également l’éloge de futurs services collaboratifs mobiles pour les quels je suis très sceptiques, et notamment les services de partage de vidéos en situation de mobilité.

Là où je suis par contre très agréablement surpris c’est que l’auteur parle d’applications du type RDA sur les mobiles (des Rich Mobile Application ?). Il fait ainsi référence au moteur de widget natif dans Opera (qui sera probablement porté dans Opera Mini) ainsi qu’à XUL, le langage de description d’interface de la fondation Mozilla qui permettrait de réaliser des applications mobiles avec beaucoup plus de souplesse qu’en Java (un langage très puissant mais plus lourd).

Et vous, ça vous inspire quoi le mobile 2.0 ? 3.0 ?

Toward a web 3.0?

The web 2.0 has just hardly shown us its potential that we are beginning to think about it’s next iteration: web 3.0.

Is this mysterious web 3.0 a reality? No, not at all. Is it timely to talk about it right now? Yes, because foundations of a new era of online services are being shaped.

To have a sharper understanding of the stakes of this (hypothetical) web 3.0, it is important to look at ancient models, to compare them with actual models (web 2.0 oriented) and to anticipate a near future.

Web 1.0: an integrate experience

The first version of the modern web, the one corresponding to the end of the 90’s (I am disregarding the laborious beginning of the web),is basically based upon an integrated experience from beginning to end by big actors.

Web1

 

If we take the example of choosing and buying a cultural product (a book or a CD), one of the most complex online experience, we can see that actors like Amazon are present on every link of the value chain:

  • products’ discovery within home or orientation pages ;
  • evaluation with users’ notes and reviews ;
  • purchase with wish lists or shopping cart ;
  • payment thanks to an integrated service.

Web 2.0: a collaborative and destructured experience

If we now look at power users, they have access to a much wider array of online information sources and merchant services. Those stands as new links which substitute for older ones in the value chain:

Web2

 

We are now observing major shifts in the user experience:

  • products are discovered in blogs, social networks, on recommendations engines like Pandora or within shopping community like ShopWiki ;
  • choice can be validated on social shopping portals like Crowdstorm or on specialized sites like LibraryThing (for books) or Yahoo! Tech (for gadgets) ;
  • purchase can be made on shopping engines like the ones provided by Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) or Zlio ;
  • payment can be made thanks to deported systems like PayPal or Google Checkout.

Web 3.0: an immersive and extended experience

If we anticipate growing innovating services, we can again identify new links for the value chain which is no longer limited to the web:

Web3

 

Users’ buying experience will be more immersive but also extended outside of web browsers:

  • products’ discovery could be made inside virtual worlds (like the ones from Habbo Hotel and Second Life), inside online gaming network (like World of Warcraft or Xbox Live) or thanks to widgets (like those provided by Apple’s Dashboard or Yahoo! Widget) ;
  • products’ evaluation could be based on independent services which relies on universal reputation management systems (as those provided by BazaarVoice, iKarma or Rapleaf) ;
  • purchase could be made on merchant mashups like Cooqy or through connected applications like the Mozilla Amazon Browser ;
  • finally, payment could be directly handled by the operating system (by using the upcoming CardSpace in Vista), on other devices (like mobile devices with Mobile PayPal) or with virtual means of payment (Linden Dollars for example, since banks are working hard on providing banking services in Second Life).

What about semantic web?

A recent article published in the NY Times (Entrepreneurs See a Web Guided by Common Sense) describes web 3.0 as the semantic web. It’s an interesting vision, but let me remind you that semantic languages like RDF are being in use for years. Many other initiatives have been developed to structure data and information: syndication with RSS, forms with XForms, financial reports with XBRL, digital identity with FOAF, microformats…

Adding an operational semantic layer to the web is a huge work, which will require years (decades?), furthermore this work could be slow down with recent progress made by search engines and databases which can enable similar usage as those described in the article.

To conclude with this semantic issue, let me precise that semantic layers are especially relevant to softwares and systems, which means semantic technologies doesn’t appeal to end users (the ones which are responsible for the web 2.0 revolution).

When can we expect a web 3.0?

For the moment, it is too early to make a sharp prediction, all the more since my comparison is limited to the web’s merchant side, which is far from reflecting is richness. For printing purpose, you can find a bigger overhaul schema here: Web 3.0.

But what is certain, is the fact that we will progressively migrate a part of our usage from online services to connected applications (thanks to RDA or widgets) or mobile devices. Likewise, digital identity management will take a far more bigger importance.

Thus, behaviours regarding online information or services will shift from web (HTML pages) to internet (connected applications). So it is wiser to talk about internet 3.0 than web 3.0.

Vers un web 3.0 ?

A peine le web 2.0 et ses concepts disruptifs commence-t-il à révéler son réel potentiel que l’on commence déjà à parler de la prochaine itération : le web 3.0.

Ce mystérieux web 3.0 est-il une réalité aujourd’hui ? Non, pas du tout. Est-il opportun d’en parler dès maintenant ? Oui, car les fondements d’une ère nouvelle pour les services en ligne sont en train d’être façonnés.

Pour mieux comprendre et appréhender les enjeux de cet (hypothétique) web 3.0, il me semble important de revenir sur les anciens modèles, de les comparer avec les modèles actuels et de se projeter dans un avenir proche.

Web 1.0 : une expérience intégrée

La première version moderne du web, celle que nous avons connu à la fin des années 90 (je fais abstraction des débuts laborieux de l’internet), correspond schématiquement à une expérience intégrée de bout en bout par de gros acteurs.

Web1

 

Si nous prenons comme exemple le choix et l’achat d’un produit culturel (livre ou CD), une des expériences les plus complexe en ligne, nous constatons que des acteurs comme Amazon étaient présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur :

  • La découverte dans les têtes de rubriques et sous-rubriques ;
  • La validation avec les notes et avis des autres utilisateurs ;
  • L’achat avec la liste de souhaits ou le panier ;
  • Le paiement qui est intégré au site.

Web 2.0 : une expérience collaborative et déstructurée

Si l’on se place maintenant dans la peau d’un internaute averti (les fameux power user), il dispose d’une palette bien plus large de sources d‘informations et de services marchands. Ces derniers sont autant de nouveaux maillons de la chaîne de valeur qui viennent se substituer aux précédents.

Web2

 

L’expérience de l’utilisateur tout au long de son achat sera complètement déstructurée :

  • La découverte d’un produit peut se faire sur des blogs ou des réseaux sociaux affilié, sur des moteurs de recommandations comme Pandora ou au sein de communautés d’achat comme ShopWiki ;
  • La validation d’un choix peur se faire sur des portails de social shopping comme Crowdstorm ou sur des sites spécialisés comme LibraryThing (pou les livres) ou Yahoo! Tech (pour les gadgets technologiques) ;
  • L’achat peut se faire sur des boutiques en marques blanches comme celles que propose Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) ou encore Zlio ;
  • Le paiement peut enfin être déporté sur des systèmes d’encaissement comme ceux de PayPal ou de Google Checkout.

Web 3.0 : une expérience immersive et étendue

En anticipant une montée en puissance de services innovants qui commencent à voir le jour, il est possible d’identifier encore de nouveaux maillons pour une chaîne de valeur qui ne se limitera plus au web.

Web3

 

L’expérience d’achat de l’internaute sera d’une part plus immersive mais surtout plus étendue à d’autres domaines que le web :

  • La découverte de produits pourra se faire dans des univers virtuels (comme ceux d’Habbo Hotel ou de Second Life), dans des jeux en ligne (comme dans World of Warcraft ou le Xbox Live) ou à l’aide de widgets (comme ceux proposés par le Dashboard d’Apple ou Yahoo! Widget) ;
  • La validation des produits serait fondée sur des services indépendants qui s’appuieraient sur des systèmes de gestion universelle de la réputation des prescripteurs (comme ceux de BazaarVoice, iKarma ou Rapleaf) ;
  • L’achat pourrait se faire à l’aide d’un mashup marchand comme celui de Cooqy ou à l’aide d’applications marchandes connectées comme le Mozilla Amazon Browser) ;
  • Le paiement pourrait enfin se faire directement au sein du système d’exploitation (en exploitant le futur CardSpace de Vista), sur d’autres terminaux (comme les mobiles à l’aide de PayPal Mobile) ou à l’aide de moyens de paiement qui sont utilisés dans les univers virtuels (en Linden Dollars par exemple puisque des banques vont prochainement proposer des services bancaires dans Second Life).

Et le web sémantique ?

A la base de ces réflexions sur le web 3.0, il y a un article publié sur le NY Times : Entrepreneurs See a Web Guided by Common Sense. Cet article nous décrit le web 3.0 comme un web sémantisé. Vision intéressante mais faussé : il est important de rappeler que les principes (et technologies) du web sémantique n’ont pas attendu le web 3.0 pour se développer et se perfectionner. Voilà de nombreuses années que le RDF est exploité comme meta-langage et que de nombreuses autres initiatives permettent de structurer l’information : pour la syndication, les formulaires, le reporting financier, l’identité numérique ou encore les microformats.

Sémantiser le web est une entreprise titanesque et il faudra de nombreuses années (décennies ?) pour y arriver, d’autant plus qu’avec les progrès réalisés par les moteurs de recherche ou les bases de données, il est tout à fait possible d’apporter les mêmes bénéfices que ceux cités dans l’article.

Pour finir, rappelons que la couche sémantique de l’information présente surtout un gros potentiel pour les systèmes informatiques, comprenez par là que les utilisateurs (ceux qui sont à l’origine de la révolution du web 2.0) n’y trouvent pas forcément d’intérêt.

C’est pour quand le Web 3.0 ?

Pour l’instant il est encore beaucoup trop tôt pour pouvoir faire une prévision fiable, d’autant plus que ma comparaison ne prend en compte que la facette marchande du web (ce qui est loin de refléter sa richesse). Vous trouverez une version plus grande de ce schéma ici : Web 3.0.

Ce qui est certain par contre, c’est que nous allons progressivement déporter une partie des services que nous utilisons sur le web vers notre poste de travail (à l’aide de widgets ou de RDA) ou vers nos terminaux mobiles. De même, la gestion de notre identité numérique va prendre une place bien plus importante.

Notre mode de consommation de l’information ou des services en ligne va donc s’éloigner du web (et ses pages HTML) au profit de l’internet (et ses applications connectées). Il serait donc plus juste de parler d’internet 3.0 plutôt que de web 3.0.

Je vous donne donc rendez-vous dans un an ou deux pour vérifier si cette prédiction se réalise ou si nous évolueront vers des services encore plus sophistiqués.

Des révélations sur Netvibes

J’ai participé hier avec Tariq Krim à une conférence organisée par le Club des anciens de Centrale. Cette conférence en Ping Pong avec le patron de Netvibes, a été l’occasion pour moi de redécouvrir ce service. Redécouvrir car je l’avais testé dès sa sortie sans réellement y accorder plus d’importance par la suite. Grave erreur, car contrairement à ce que laisse penser son interface, l’offre évolue et dans le bon sens.

Lors de cette conférence, Tariq a ainsi fait le point sur la situation actuelle et les usages de Netvibes :

  • entre 7 et 8 millions d’utilisateurs actifs ;
  • 1/3 des utilisateurs se connecte 1 heure par jour, près de 10% sont connectés en permanence ;
  • 30% de parts de marché des lecteurs de flux RSS en Europe (48% pour ce blog) ;
  • compatibilité assurée avec les modules de Google ;
  • des modules marchands opérationnels (comme ceux de Box ou d’Ebay) qui permettent de faire des transactions directement dans votre page ;
  • des utilisateurs qui exploitent Netvibes et sa capacité à lire les flux RSS pour en faire un tableau de bord qui leur permet de scruter l’actualité, contrairement aux infovores comme moi qui utilisent d’autres types d’outils (comme Bloglines ou Google Reader) pour consommer de l’information en mode industriel ;
  • la faiblesse apparente du service, c’est à dire la possibilité de l’utiliser sans créer de compte, en fait un avantage concurrentiel décisif car cela permet de convertir des utilisateur craintifs ;
  • Netvibes est une alternative aux moteurs de widget (comme Yahoo! Desktop et Google Desktop) pour les utilisateurs qui ne possèdent pas les droits sur leur ordinateur professionnel pour pouvoir installer ces logiciels ;
  • un modèle économique qui repose sur de l’affiliation non-intrusive (l’utilisateur n’est exposé à des offres qu’aux moments les plus opportuns) par opposition aux modèles de rémunérations basés sur les bannières ou les liens sponsorisés.

Comme il était en grande forme, notre Tariq national en a également profité pour faire quelques révélations sur les nouveautés du service :

  • toujours plus de modules compatibles et de modules marchands ;
  • une meilleur compatibilité avec les dernières versions des navigateurs (Firefox 2, IE 7, Opera 9…) ;
  • une version mobile quasi-finalisée (avec une phase de beta-test privée à laquelle j’aimerais bien participer !) ;
  • une version Wii opérationnelle (mais où se sont-ils procuré une Wii ?) ;
  • plus d’interactivité entre les modules avec la capacité d’un module à en ouvrir un autre et à échanger de l’information ;
  • des modules collaboratifs qui autorisent la consultation et l’édition simultanée.

Tariq nous a enfin éclairé sur les futurs défis qu’il souhaite relever :

  • intégrer des modules plus complexes comme la consultation de comptes bancaires ou de factures ;
  • exploiter des protocoles standards d’authentification pour faire du SSO (avec notamment OpenID) ;
  • sémantiser les modules et l’information qui circule (ils ont pour cela recruté un nouveau directeur technique des plus prestigieux).

Voilà, ça fait beaucoup de chantiers passionnants à mener et en tout cas une bien belle aventure pour cette start-up française dont les américains sont envieux. Je persiste par contre à dire que si ce service souhaite conquérir un public plus large, il devra proposer des fonctionnalités plus tournée vers les novices comme une visite guidée ou un assistant à la création ainsi que des onglets thématiques génériques dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet (Netvibes 2.0 ?).

Je vais conclure en citant une phrase qui m’a bien amusé : Netvibes, c’est la Suisse du web 2.0 (pour illustrer sa neutralité et le respect de la confidentialité).

Les widgets bientôt normalisés par le W3C

Décidément, le W3C n’arrête pas de me surprendre en sortant à tour de bras tout un tas de spécifications relatives aux interfaces riches. Dernières spécifications en date : Widgets 1.0 Working Draft.

L’objectif de ces spécifications est de normaliser l’intégration de widgets dans une page web en proposant une grammaire XML pour les décrire et les définir. Je présuppose qu’à terme, ces spécifications deviendront un module de la grammaire étendu XHTML 2. Mais bon, c’est une autre histoire et nous aurons d’autres occasions d’en reparler.

Toujours sur le thème des widgets et des interfaces riches, je vous recommande les billets suivants :

Tiens au fait, est-ce que vous dites « un » ou « une » widget ?