Les limites de la sagesse des foules

La polémique gronde en ce moment autour d’un article publié dans le Wired Magazine : Herding the Mob. L’auteur y décortique ainsi toutes les techniques abusives destinées à corrompre les services comme eBay, Digg ou del.icio.us qui exploitent des systèmes de tri fondés sur la popularité ou la réputation des utilisateurs.

L’article est pertinent et les accusations sont lourdes. On y parle de services permettant d‘acheter des votes sur Digg (1$ le vote) ou encore de cet utilisateur qui a revendu sur profil pour plus de 800$.

Le site WebProNews renchérie avec cet article : Wisdom of Crowds Is Dead, on y parle de la corruption de Digg et même de Wikipedia.

J’avais déjà abordé cette question il y a quelques années dans un précédent billet où je m’interrogeais sur une éventuelle dérive mercantile.

Alors bien évidemment cela ne veut pas dire que ces services sont condamnés, mais juste que leurs éditeurs doivent être extrêmement vigilants pour ne pas nuire à la pertinence du service. Je pense que ce phénomène de corruption est une fatalité, il représente le revers de la médaille.

Un commentaire sur “Les limites de la sagesse des foules

  1. il faut toujours rester prudent et ne pas faire preuve d’angélisme. Mais à part ça cela ne remet pas en cause la sagesse des foule, dès lors que chcun doute de ce qu’il lit et pense par lui même.

  2. Si Wikipédia acceptaient un peu de commercial, ça règlerait une partie du problème : pourquoi il n’est pas possible de créer un lien pertinent vers une boutique si la boutique vend quelque chose présenté sur Wikipédia ? En n’oubliant pas de séparer les liens commerciaux des autres… voire même de faire payer (ça ne me parait pas absurde pour financer l’encyclopédie).

  3. C’est un sujet vraiment passionnant ! Je pense que le meilleur endroit pour étudier cela c’est dans les MMORPG entre autre. Vous avez des systéme très complexes de renommée etc… et toujours de vilains exploiteurs dès lors qu’une dérive mercantile est possible. Et je ne connais pour le moment aucune exception ! Et il faut bien avouer une chose, si cela existe, c’est avant tout parce qu’il y a de l’argent à gagner (directement ou indirectement).

  4. Bonne idée Jean-Yves : pour chaque définition de Wikipedia, une partie « publique » avec la définition éditable et une partie « commerciale » où les annonceurs peuvent enchérir pour avoir une place. Pourquoi pas, ça serait une solution pour financer une activité de modération plus ambitieuse. En tout cas ça ne me gênerait pas. /Fred

  5. C’est un peu le débat qui a lieu sur le blog de Thierry Crouzet depuis l’article d’Eric sur AgoraVox : Thierry a une grande confiance en la vertu naturelle (et quasi-biologique) des masses auto-organisées. Mais la nature du réseau n’est pas d’être démocratique, dit Francis Pisani. Et cela est d’autant plus vrai que les technologies avantagent toujours plus ceux qui savent s’en servir, voire les détourner…

  6. Jean-Yves, Fred C. => Pour ma part, je suis vraiment réfractaire à ce genre d’idée, car ce sera rapidement la foire… imaginez tous les détournements possibles, et le faussement que cela provoquera également dans les résultats Google, provoqué par une encyclopédie. Je pense vraiment que c’est nocif pour l’idée générale de Wikipédia qui nous montre là une manière très démocratique et sans ingérence commerciale ! Pour une source de revenus complémentaires, je trouve que Firefox est bien plus intéressant dans sa collaboration avec Google (et les autres). Wikipédia pourrait très bien offrir la possibilité dans un encart « commercial » de lancer une recherche sur google. Chaque clic rémunéré sur la page de résultat serait alors avec une commission pour Wikipédia. Les annonceurs pourront toujours enchérir sur le mot voulu, sans polluer Wikipédia et sans fausser l’indexation google par une présence achetée et donc discriminative sur l’encyclopédie.

  7. En même temps, une autre sagesse des foules n’est-elle pas de savoir prendre du recul face à des infos aussi subjectives ? De plus, un site qui met des moyens importants pour se faire connaitre par ces biais ne mérite-t’il pas aussi de l’attention du fait du dynamisme que cela peut prouver ? Ce sont des questions que je me suis déjà posées sur mon site d’annuaire de jeux (JpC), où j’ai donné la possibilité, comme beaucoup d’autres sites de types annuaire, de noter les jeux présentés. Régulièrement, des gens viennent râler sur mon forum pour dire que les autres « trichent » (en donnant des notes à leur propre jeu autant que possible, en incitant leurs joueurs à venir noter très souvent, en donnant des mauvaises notes à leurs concurrents, etc), et que ce système de votes n’a « aucune valeur », et devrait être supprimé. Pourtant, je le conserve ;-) (et je tâche de repérer et de mettre de l’ordre dans les « grosses tricheries »). Car c’est au moins un signe de vitalité des jeux concernés, alors que le plus fréquent défaut des jeux amateurs dont je traite est justement le manque d’animation. Merci pour ces liens que je vais aller lire…

  8. J’ai oublié de dire que justement, les gens qui râlent contre les triches de notes embrayent en suggérant de mettre en place un système de notes réservées à une « élite », bref, un système de réputation, ou de cooptation. Ce qui à mon sens ne fait que déplacer le problème de triche des notes vers les comptes pouvant noter (comme vu dans ces articles), et retire une bonne part de l’intérêt participatif de la notation ouverte à tous. Le seul autre système intéressant possible pour connaitre la valeur des jeux référencés est d’avoir une vraie équipe de testeurs qui donne son avis de quasi pro, mais il faut avoir les ressources nécessaires… c’est bien pour cela que ces systèmes participatifs ont vu le jour, non ?

  9. Et qu’en est-il des publicités issues du commerce équitables qui suivent des canons strictes et sains? Wikipedia serait un medium pouvant les véhiculer car wikipedia est soluble dans les chartes commerces équitables. Peut-être Wikipedia pourrait cautionner cela…Un business à visage social…

  10. Comme toutes les technologies certains en profiteront mais je ne crois pas que cela veux dire que cette même technologie n’est pas bonne. Prenons l’exemple de wikipedia. Je ne connais aucune autre organisation qui a eut une croissance aussi rapide et qui est parvenue à la gêrer. Ce n’est pas parfait, il y a des articles « commerciaux » du parasitisme mais cela n’empêche pas le fait qu’il faut qualifier cette expérience de réussi.

  11. Quel mythe cette sagesse des foules, elle à l’instinct grégaire quand tout va bien, et totalement individualiste quand cela va mal et quand il y a de l’argent à la clé presque toujours individualiste sauf si elle a besoin des autres. Comme en informatique, les systèmes collaboratifs ont des failles, et elles seront toujours découvertes par des personnes ou entreprises peu scrupuleuses. Il faut se réjouir qu’un projet comme Wikipédia ai réussi à réellement aboutir, car l’annuaire DMOZ n’est toujours pas rodé. Pour éviter au maximum la corruption 2 choses peuvent être mise en œuvre : – accepter l’argent venant de personne et non d’entreprise (c’est ce que font souvent les grandes assos tel Greenpeace). – séparer au maximum la collecte (de fond) et les réalisateurs de contenu (un peu le principe développé par le couple Trésor Public (qui collecte) / Impôts (qui demande l’impôt) ).

    
    

    Et encore cela n’empêche pas le détournement d’argent par les dirigeants, rappelez-vous de l’Arc :) NB : l’achat d’amis sur Myspace, ce n’était pas destiné qu’aux « rémis sans amis » mais aussi aux groupes (musicaux principalement) dans une optique de développement clientèle.

  12. Est-il possible d’emmettre une opinion FORT DEFAVORABLE sur Wikipedia sans se faire lyncher ? Stop à l’hystérie Wikipédique. Wikipedia illustre parfaitement ce phénomène, non pas en termes de détournement commercial, mais en terme de subversion idéologique. Les exemples foinsonnent, Wikipedia est une encyclopédie tout ce qu’il y a de moins neutre et tout ce qu’il y a de plus engagée (fortement à gauche si l’on doit la positionner sur l’échiquier politique francais). Alors après, si vous êtes d’accord avec ce qu’ils écrivent, ca ne vous choque pas ni ne vous dérange, ni ne remet en cause selon vous la supposée objectivité du support. Mais écoutez ceux pour qui ce n’est pas le cas. Wikipedia est certes une initiative louable dans son esprit, mais en pratique c’est un véritable outil de propagande idéologique. C’est un peu comme feu Demoz, une belle initiative minée en interne par des activistes : ses propres contributeurs qui se sélectionnent entre eux et qui s’auto-valident en cercle. D’ou la dérive.

  13. Paul je trouve que ton post est assez étonnant par son manque de nuance. Wikipédia est fortement à gauche ? cela veut-il dire que quand tu es à droite ou centriste on te refuse d’écrire un article ? ou que les personnes de droite n’ont pas envie d’y écrire ? ou encore est-ce que les personnes de droite sont censurés par les terribles modérateurs communistes-révolutionnaires de Wikipédia ? OK, Wikipédia est imparfait (qualité parfois douteuse), mais l’idéologie n’a pas lieu d’être dans la plupart des définitions (exemple) et pour le reste, politique, économie principalement, personne ne peut y échapper, car l’idéologie est intrinsèque à ces domaines. Les « exemples foinsonnent » selon toi ? Donne-nous en au moins un, où la « subversion idéologique » est une évidence, puis une fois l’article rééquilibré par tes soins, on verra comment réagiront les modérateurs. Par ailleurs, estime-nous sur le total d’articles mondiaux, la proportion d’articles honteusement idéologiques et subversif ? En ce qui me concerne, je trouve Wikipédia très pratique, tu cherches une info de maladie, de pays, n’importe quoi, il y a au moins les infos de base, et même si parfois il vaut mieux essayer de valider les informations douteuses, je trouve ta vision de Wikipédia totalement surréaliste.

  14. Et Encyclopedia Britannica est de droite, Le Figaro d’extrême-droite, Le Monde est de droite (Eric Le Boucher et Minc sont des fans de Sarkozy, qui lui-même est à droite de la droite de l’extrême-droite), Fred est un centriste libéral et Internet est capitaliste. En fait, sur le Net, il n’y a que moi qui suit totalement neutre et objectif… puisque je vous le dis. :)

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