L’avenir du Social Gaming est-il aux User Generated Games ?

En ce moment le monde du web est tourmenté par deux phénomènes : l’avènement des médias sociaux et des pratiques communautaires déclinées à toutes les sauces, la prise de conscience de la rentabilité des portails de casual games. Autant les réseaux et outils sociaux généralistes (MySpace, Facebook, Twitter…) se révèlent être beaucoup plus complexes que prévu à rentabiliser, autant des portails de casual games comme PlayFirst, iWin et Big Fish Games affichent des revenus annuels très alléchants (une croissance à deux chiffres sur ces 5 dernières années, cf. Companies seek cash out of casual games). Ceci est d’autant plus intéressant que les casual games permettent de toucher des cibles jusque-là délaissées (les femmes de plus de 35 ans, cf. Social Gaming Site Cafe.com Launches, Targets Diverse Demographics).

A partir de ce constat, que pouvons-nous tirer comme conclusion logique ? Qu’il faut fusionner les casual games avec les réseaux sociaux. Vous obtenez ainsi les social games (lire à ce sujet mes précédents billets : Social Networks + Casual Games = Social Games et Casual games + Communauté + RIA = Doof).

Oui mais voilà, le marché est quasi-saturé par des acteurs qui sont soit très puissants (Yahoo! Games, MSN Zone…), soit bénéficient d’un très grand savoir faire (Electronic Arts avec Pogo, Viacom avec Shockwave), soit sont archi-spécialisés sur une niche (à l’image de SGN ou Three Rings). Comment faire dans ces conditions pour se différencier et grappiller des parts de marché / d’audience ? Tout simplement en sollicitant les utilisateurs.

Trois approches des UGG

Rentrent alors en scène les jeux générés par les utilisateurs (« User Generated Games » ou UGG), sur le même principe que les User Generated Content. Nous pouvons distinguer dans ce segment trois catégories d’acteurs :

  • Les portails d’agrégation de jeux générés par les utilisateurs, c’est le modèle de Kongregate (le Youtube du Casual Game) où les concepteurs de jeux publient leur création sur un portail qui se charge de trouver l’audience et de fédérer une communauté ;
  • Les services de personnalisation de jeux comme Pictogame ou ugenGames où les joueurs sont invités à personnaliser les jeux (je vous recommande Line Driver ou encore Sniper) et à les re-publier sur leur blog / profil ;
  • Les plateformes de créations de jeux comme Popfly Game Creator , Fyrebug ou encore The Sims Carnival où les membres peuvent créer des jeux à partir de modèles (course de voiture, casse brique…) qu’ils vont ensuite déployer sur leur blog / profil (et sur le portail).

Quels modèles économiques pour les UGG ?

Bien évidement tout ceci n’est viable que si les revenus sont partagés entre le portail et les éditeurs de jeux, c’est ce qui les motivent à proposer le meilleur gameplay possible ou la plus forte viralité. Car le secret des social games repose sur leur aspect… social (multi-joueurs, tchat, message board…). C’est d’ailleurs sur ce point que se battent actuellement les portails : Pour fidéliser l’audience ; pour créer un sentiment d’appartenance communautaire ; pour créer de l’affect entre le membre et son profil / son avatar (notamment pour des services comme Cafe ou Meez).

Mais revenons à nos moutons (numériques) : La première source de revenus des User Generated Games est naturellement la publicité (bannières, intersticiels…). La deuxième source est la vente de jeux autonomes (auxquels il est possible de jouer hors-ligne). La dernière source concerne les micro-revenus provenant de commissions prélevées sur des achats de boosts ou sur des défis (« on parie que je fais un meilleur score que toi ?« ).

Les widgets au service de la viralité

Viralité… la capacité d’un jeu à s’auto-promouvoir est ainsi clé pour limiter les dépenses en acquisition de trafic et pour faire grossir rapidement la base d’utilisateurs (à la recherche de la fameuse taille critique). Tous les moyens sont bons pour favoriser la viralité, mais le plus efficace est encore d’exploiter les widgets pour non pas attirer des visiteurs mais déporter le service là où il y a du trafic.

Certaines plateformes vous proposent ainsi d’exporter vos créations, soit parce qu’elle sont soignées (assez rare), soit parce qu’elles sont cocasses (du type match de boxe entre deux adversaires politiques). Le Saint Graal du widget serait de pouvoir publier son jeu en un clic sur les principales plateformes sociales (Myspace, Facebook, Bbo, Hi5, WordPress…) et de pouvoir synchroniser le tableau des high scores ou le message board.

Tout cela ne vous rappelle rien ? Mais si enfin, c’est le même concept que des plateformes de création de widgets comme Sprout Builder mais appliqué au casual gaming.

Est-ce la seule solution ?

Non bien sûr que non, vous avez aussi la possibilité d’embaucher une armée de développeurs chinois ou indiens pour créer vos propres casual games, mais la rentabilité de l’opération est incertaine. D’autant plus que trouver le bon gameplay est un art qui requiert de l’expérience et un authentique savoir-faire.

Moralité : les User Generated Games sont très certainement la meilleure option pour rapidement grignoter des parts de marché aux acteurs déjà en place (les grands portails de casual games) et acquérir une position défendable face aux concurrents asiatiques (plus sophistiqués et surtout bien mieux organisés, cf. Réseau social + univers virtuel + jeu en ligne = $).

En tout cas je vous le dis et je le répète : après la musique (MySpace), la vidéo (YouTube) et les applications (Facebook), les jeux seront le prochain levier social capable de mobiliser rapidement un gros volume d’audience et surtout de mettre en place des modèles de revenus viables (pour tous les maillons de la chaîne de valeur).

Et encore, je ne vous ai même pas parlé des mobile social games

23 commentaires sur “L’avenir du Social Gaming est-il aux User Generated Games ?

  1. Je ne sais pas si c’est du social gaming mais je vois beaucoup les jeunz jouer à swat au boulot ;) Y en a un qui fait des cartes pour un autre jeu dont j’ai oublié le nom. Dommage qu’on ai pas eu ça quand j’étais jeune :) Moi c’était boulder dash :)

  2. Bong sang, Boulder dash ^^ C’est pas tout jeune ! Je jouais à Rick Dangerous sur PC1512 d’Amstrad, Gost’n’Goblins, Toki, etc. sur Amiga 500. C’était la bonne époque, pas de jeux sociaux ni Lan de furieux ^^ J’espère sincèrement que les jeux vidéos évolueront encore dans le bon sens et que la scène Française sera de plus en plus présente au niveau mondial !

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