De la pédagogie des mini-jeux

Vous souhaitez faire passer un message dans un contexte ludique ? Vous voulez vulgariser sans vous lancer dans des explications jargonneuses ou trop simplistes ? Alors les tutogames sont pour vous. Bon en fait j’avoue avoir inventé ce nom en contractant « tutoriel » et « advergames« . Parce que c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : des petits jeux très simples d’accès dont le but n’est pas de faire de la publicité mais d’expliquer.

Illustration avec le mini-site M2M de chez Orange. L’objectif de ce site est d’expliquer de façon ludique les concepts de communication « Machine-to-Machine » au travers de petits dossiers animés sur des applications concrètes (environnement, transport, logistique…).

orangem2m_home

Différents contenus et mini-jeux sont ainsi proposés pour illustrer des domaines d’application. Ici la gestion de flotte « intelligente » avec une simulation de taxis (il faut gérer les priorités et minimiser les A/R) :

orangem2m2

Là un mini-jeux qui concerne les systèmes de prévention des pannes avec ce réparateur de chaudières :

orangem2m1

La prise en main des jeux est immédiate, la réalisation soignée (qui tourne autour de la couleur orange), les transitions impeccables… bref, c’est du bon boulot.

Si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas à les signaler dans les commentaires.

Vers une structure générique pour les sites corporate ?

Aviez-vous déjà remarqué que les sites corporate des grands groupes US se ressemblent tous ? Nous savions déjà que le public américain est très friand de mises en page sobres (fond blanc, grille de lecture symétrique, typo unifiée…) mais de là à adopter une structure quasi identique… Jugez plutôt :

cisco

ibm

chevron

ge

ford

Dans cette série nous retrouvons ainsi une structure à 5 niveaux qui facilite grandement le décryptage de la page et permet de bien exploiter la largeur de la page pour laisser un maximum de place à l’image centrale.

Nous avons donc une structure qui ressemble à ça :

structuregenerique

Cette uniformité est-elle due à un processus Darwinien ? Possible car je ne peux que reconnaitre l’efficacité de cette structure qui privilégie l’émotion (très large bandeau identitaire) tout en proposant un contrat de lecture limpide.

Est-ce cela que nous pouvons appeler une convention ? Peut-être : cette structure conviendra au plus grand nombre sans toutefois être une figure de style imposée.

Voyez-vous d’autres exemples ? Zurich ?

Orange à la conquête du web 2.0

Avec une telle position dominante sur l’accès à internet et la mobilité, Orange ne pouvait pas se permettre de se laisser distancer sur les services en ligne (Wanadoo reste une marque encore très présente dans la tête des clients). Il a fallu un certain temps aux équipes pour s’organiser (en témoignent des services peu inspirés comme BubbleTop ou My BE) mais il semblerait qu’Orange ait maintenant atteint une vitesse de croisière confortable avec en moyenne un nouveau service en ligne tous les deux mois (voir plus quand ils sont en forme).

orange_home

Non ceci n’est pas un billet sponsorisé mais plutôt ma modeste contribution pour donner un peu de visibilité à des équipes qui font de gros efforts pour revenir dans la course. Je parle bien de combler un retard, car tous les projets cités plus bas s’inspirent de services existants. Mais c’est tout de même une très bonne chose d’avoir un acteur français avec autant de moyens et d’ambitions.

Mais commençons par le commencement avec une petite clarification sur les différentes entités d’Orange dont sont issus les projets et quelques liens centrés sur l’innovation :

  • Orange Labs qui est en charge de faire de la R&D et de développer des prototypes dans le cadre d’expérimentations (à ne pas confondre avec Lab’Orange) ;
  • L’Explocentre qui est l’incubateur du groupe et qui se charge de monter des projets et d’en tester la viabilité (ils éditent notamment le site BetaExplore) ;
  • Le Technocentre qui intervient dans la phase de finalisation des projets en vue d’un lancement grand public ;
  • Orange Vallée, une filiale qui expérimente, teste et incube également ;
  • Orange Innovation TV, un portail de l’innovation avec différentes chaînes thématiques.

Voilà pour un tour d’horizon rapide de qui fait quoi. Intéressons-nous maintenant aux différents projets avec plus d’une dizaine de services plus ou moins avancés :

  • Djinngo (anciennement Bubbletop) un service de page personnelle accessible sur le web et le mobile avec une fonction de blog intégrée ;

djinngo

  • MaZoneVidéo, un service de partage de vidéos ;mazonevideo
  • Pikeo, un service de partage de photos ;pikeo
  • Katoa, un service de scrapbooking en ligne ;katoa
  • SoundTribes, une communauté musicale qui milite pour la promotion de jeunes talents ;soundtribes
  • WhoseGame, un portail de casual games ;whosegame
  • WorMee, un service de partage de playlists qui est jumelé avec RadioMee ;wormee
  • ComeInMyWorld, un univers virtuel à mi-chemin entre Second Life et Meetic ;cimw
  • HomeLook, un service de surveillance personnelle (pour votre maison) ;homelook
  • 24-24Actu, un moteur de recherche d’actualités multi-support (texte, images, vidéos…) ;
  • Friendize, une plateforme communautaire centrée sur la diffusion d’informations au sein d’espaces privatifs ;
  • Welles, une plateforme de contenus dont on ne connait pas grand chose pour le moment.

Mais ce n’est pas tout puisqu’ils travaillent également sur du hardware :

  • Hello, un ordinateur ultra-simplifié pour les séniors ;

helloorange

  • Tabbee, une tablette PC qui rentre en concurrence avec la TechCrunch Tablet ;orange_tabbee
  • Keanu, une télécommande gestuelle pour manipuler du contenu depuis (en face de) votre télévision.

Ouf ! Voilà donc une belle brochette de projets. Alors oui, vous pourriez me dire qu’ils existent déjà ailleurs (et qu’il ne leur manque plus qu’un service de microblog) mais au risque de me répéter, je pense qu’il n’y a pas 36 façons d’innover : Il faut observer, apprendre, expérimenter et se lancer. D’après ce que j’ai pu voir, les équipes d’Orange sont donc en train de se structurer pour aborder l’innovation de façon industrielle.

Oui c’est moins glamour que le petit génie qui bricole dans sa chambre d’étudiant, mais estimez-vous que nous avons trop d’innovateurs en France pour nous permettre de bouder tous ces efforts ? Bref, pour une fois qu’un industriel français innove à grande échelle dans les services en ligne, ça serait injuste de ne pas en parler. Et en plus ça me change de toujours parler de Google, Facebook et Twitter !

(Merci à Caroline pour m’avoir aidé à préparer ce billet)

Mes trois sites coup de coeur (mai 2009)

Je continue dans ma série de sites « coup de coeur » avec, hasard de mes rencontres, trois sites d’agence.

Il y a tout d’abord le minimaliste site de Built by Buffalo :

buffalo

J’apprécie dans ce site la grille de lecture très marquée, l’uniformité des couleurs et le bandeau de navigation façon Apple (vaguement).

Il y a ensuite le très mignon site de Pixelcraft :

pixelcraft

J’adore cette impression d’espace avec ces grandes zones vides qui renforcent l’attention sur les éléments centraux de la page, la couleur de fond, la typographie des titres et surtout les illustrations tout en rondeur.

Et pour finir nous avons le très stylisé site de For A Beautiful Web :

forabeautifulweb

Comment ne pas tomber sous le charme de ce formidable travail typographique avec cette profondeur quasi palpable des titres ? Bon effectivement ça tranche avec le minimalisme des deux précédents sites mais cela me permet de conclure en beauté.

Est-ce la mode des interfaces gestuelles ?

Les interfaces riches sont formidables car elles nous permettent de repousser toujours plus loin les limites des sites web et du bon vieux HTML. Mais par moment on se demande s’ils ne les repoussent pas trop loin ces limites… Prenez par exemple ces trois sites qui proposent une interface gestuelle :

  • Red Issue, un site de styliste où il faut tracer des flèches sur les bords de l’écran pour parcourir les différentes pages du site

redissue

  • Toshiba What’s Next, un mini-site « expérientiel » où les éléments du décors réagissent en fonction des symboles que vous tracez à l’écran

citroends

Tout ça c’est très sympa mais est-ce réellement viable ? Si vous êtes un créateur en décalage par rapport au marché et à vos concurrents, admettons que vous ayez besoin de vous démarquer à tout prix. Mais si vous êtes une marque grand public avec des produits grand public et que vous devez séduire le… grand public, alors je m’interroge sur la pertinence d’une telle démarche.

Il est à mon sens essentiel de mettre en valeur les produits (ou l’expérience qu’il proposent) au travers d’une interface novatrice dans la présentation et la mise en scène, mais pas dans le système de navigation / manipulation. Ce dernier est en effet soumis aux mêmes règles d’utilisabilité que les sites en HTML : simplicité, facilité d’apprentissage, guidage, tolérance aux erreurs…

Bref, je reste persuadé qu’il y a un fort décalage entre l’ambition affichée par les deux dernières marques (qui, quoi que le directeur marketing ou l’agence en pensent, restent des marques grand public) et les produits vendus (qui ne sont pas censés révolutionner le marché). Apple n’a pas eu besoin de ce type d’interface pour promouvoir son iPod ou son iPhone, un « simple » site web suffit : simple, utile, informatif. Et puisque l’on parle de l’iPhone et de son interface tactile, je précise que les trois exemples montrés plus haut me font plus penser à l’interface d’un Palm Pilot qu’autre chose.

Ne vous méprenez pas sur ma prise de position, je reste un fervent adepte des interfaces riches appliquées au e-commerce, mais on ne peut pas tout se permettre sous prétexte que les objectifs de vente sont élevés (« il faut frapper un grand coup« ). Le but du jeu est de séduire, pas de désorienter, non ?

(via Hebiflux et Interfaces riches)