2011, l’année de la désillusion ?

2010 aura été une année riche en nouveautés et en expérimentations. J’ai déjà eu l’occasion de partager avec vous mon enthousiasme quant à cette nouvelle année 2011 où les tendances vont se concrétiser et les marchés émergents vont croitre significativement. La contre-partie de cette maturation va par contre se traduire par une désillusion généralisée sur de nombreux domaines. La raison est toute simple : tout changement ou innovation s’accompagne forcément de fausses promesses ou d’attentes exagérées, ceci est valable pour un certain nombre de domaines comme les médias sociaux, l’entreprise 2.0, le commerce en ligne, les terminaux mobiles…

J’anticipe donc une année 2011 plus réaliste avec des projets moins opportunistes et plus à même de créer de la valeur plutôt que de jouer sur l’effet d’annonce (« regardez ma nouvelle application HTML5 de curation pour l’iPad« ).

Médias sociaux, une inévitable bulle des attentes

J’ai déjà évoqué la bulle des médias sociaux dans mes prédictions 2011 : non pas une bulle spéculative, mais plutôt une bulle des attentes vis-à-vis de ce que le social marketing peut apporter à une marque. Les médias sociaux sont en effet un formidable terrain d’expression et d’échange pour les marques souhaitant entrer en conversation avec leurs clients / prospects dans le but de développer des interactions sociales de proximité et d’améliorer l’offre. Le problème est que l’on voit encore beaucoup trop d’opérations et campagnes dont l’unique but semble être de générer du buzz (ou de faire croire qu’il y a eu un buzz) : Trop de buzz et pas assez de dialogues.

2011 va, selon moi, être l’année du « Et après ?« . De nombreuses marques ont créé leur page Facebook, ouvert des comptes Twitter et diffusé des vidéos virales. OK, et après ? Rassurez-vous, il y a un après, mais il n’existe pas de formule magique : la maturation de la présence d’une marque sur les médias sociaux passera par un douloureux processus menant à une remise en question, plus de transparence, l’acquisition d’une plus grande souplesse dans les processus et offres, l’amélioration de la qualité du service…

Dans le cas des médias sociaux, plusieurs facteurs sont à l’origine de la désillusion :

  • Un grand nombre de prestataires peu scrupuleux prêts à faire n’importe quelle promesse pour remporter des budgets ;
  • Des médias classiques (TV, radio, presse) très maladroits dans leur façon d’aborder les médias sociaux et de les présenter au public ;
  • Des annonceurs un peu désemparés (face à un phénomène à la croissance spectaculaire) qui doivent monter des actions « commando » sous la pression d’actionnaires ou de DG trop impatients de prendre leurs concurrents directs de vitesse.

Attendez-vous donc à définir des objectifs plus réalistes et à surtout mettre en place une feuille de route précise pour structurer votre présence sur les médias sociaux et vous y installer de façon durable. En résumé : moins de buzz et plus de conversations.

Entreprise 2.0, où sont les bénéfices tangibles à la collaboration ?

Les pratiques et outils associés à l’Entreprise 2.0 ont également été générateurs de moults promesses et attentes concernant la circulation de l’information, la productivité et la créativité des équipes. J’avais été parfaitement explicite dans mon article fondateur rédigé en 2007 (Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ?) : il ne suffit pas d’installer les outils, toute dynamique de collaboration doit s’accompagner d’un changement de mentalités / habitudes de travail ainsi que des référentiels d’évaluation et leviers de stimulation des collaborateurs.

J’entends autour de moi beaucoup trop de projets de réseau social interne qui ne prennent pas, car les collaborateurs n’y trouvent pas leur intérêt. Et pour cause : la collaboration se fait au détriment de la performance individuelle. Tant que les collaborateurs seront évalués et rémunérés en fonction d’objectifs quantitatifs individuels, les projets de plateformes collaboratives ou de capitalisation sont voués à l’échec.

Là encore il n’y a pas de mystère : la conduite du changement est un facteur décisif dans la mise en place de pratiques collaboratives. Les outils sont une composante nécessaire, mais pas suffisante.

E-commerce, pas si simple de se démarquer

L’année 2010 aura été une année record pour le commerce en ligne : Bilan du E-commerce 2010. Mais ne vous laissez pas berner par ces chiffres, car la vie n’est pas rose pour les marchands en ligne. Leur quotidien est en effet une lutte incessante contre des marges toujours plus serrées et un coût d’acquisition de trafic toujours plus élevé. La réalité du terrain est la suivante : il est plus compliqué d’ouvrir une boutique en ligne qu’une boutique physique. Quels que soient les produits que vous vendez ou la niche que vous ciblez, la compétition est acharnée et les parts de marché sont très dures à acquérir et conserver. Il existe bien quelques succes stories sur des petits marchands qui ont vu leurs ventes exploser grâce aux médias sociaux et au bouche à oreille, mais ne rêvez pas : ça ne fonctionnera pas pour vous. Ou du moins, la construction d’une communauté avec une composante marchande se fera sur la durée et ne vous permettra pas d’atteindre rapidement un volume de ventes conséquent.

Vous pourriez également me citer le cas des local deals et du succès phénoménal de Groupon. OK et alors ? Il existe des dizaines de clones de Groupon qui dépensent des sommes colossales pour se partager ce petit marché. Non seulement Groupon est devenu un mastodonte, mais le géant Amazon est également rentré dans la danse avec le rachat de LivingSocial.

Moralité : Là encore il n’y a pas de mystère, il faut ramer pour exister. Et ce n’est pas parce que vous avez une page Facebook ou un beau carrousel en Flash sur votre page d’accueil que ça va être plus simple.

Smartphones, un marché encore restreint qui va souffrir de la fragmentation

Voilà plus de 10 ans que l’on nous parle de l’internet mobile. Après des débuts chaotiques au début des années 2000, le marché des services mobiles est enfin en voie de maturation. « En voie de maturation » veut dire que nous n’en sommes encore qu’au tout début. La réalité du marché est la suivante : sur les 55 millions de téléphones mobiles en circulation, seule une petite quantité est réellement capable de consommer des contenus et services en ligne. Les parts de marché des OS mobiles sont en effet très significatives : les possesseurs de smartphones ne représentent qu’une toute petite partie de la population.

Il y a certes eu près de 4 millions d’iPhone vendus en France, mais le renouvellement participe beaucoup à la surévaluation de ce créneau (on parle d’à peine 1,5 M d’utilisateurs actifs d’iPhone). De même, on nous parle beaucoup d’Android, mais les smartphones équipés de l’OS de Google ne sont pas tous égaux et ne sont donc pas à traiter comme un sous-ensemble homogène.

Vous avez lancé une application iPhone l’année dernière ? OK très bien, et après ? Toutes les grandes marques nationales sont déjà présentes sur iTunes, il va donc falloir trouver d’autres leviers de différentiation pour vous démarquer de la concurrence. Une application Android ? Oui pourquoi pas, mais pour quelle version d’Android ? La réalité du marché fait que le « marché » des possesseurs de smartphone est petit à petit en train de se fragmenter entre différents OS (Symbian, iOS, Android, Blackberry OS, Meego, WebOS, Bada…) et différentes versions d’OS.

Là encore, il n’y a pas de mystère : sous-traiter le développement d’une application iPhone à un prestataire spécialisé ne va pas vous aider à aborder sereinement le sujet de la mobilité. Vous devrez mener une réflexion plus profonde sur les véritables besoins des utilisateurs en situation de mobilité (une conversion de votre site web ou boutique en ligne n’est pas forcément pertinente) ainsi que sur la meilleure façon de toucher le plus de monde possible (les applications mobiles en HTLM5 sont une bonne piste).

Touchbooks, la presse en ligne n’est pas encore sauvée

Dans un registre similaire, le lancement en grande pompe de l’iPad en début d’année dernière a suscité les espérances les plus folles concernant la monétisation des contenus. Les touchbooks étaient alors considérés comme la solution ultime à la gratuité des sites web. Producteurs de contenus et éditeurs de presse se sont alors emballés (euphémisme) sur l’appétence du grand public vis-à-vis des applications payantes. Il existe bien des exemples intéressants comme l’application du magazine Wired (qui se vend à 25.000 exemplaires par mois en moyenne), mais il ne suffit pas de proposer une version numérique en téléchargement pour combler la baisse des ventes du papier.

Il y a moins de 500.000 iPad en circulation en France, et tous les possesseurs ne sont pas prêts à payer plusieurs abonnements par mois. Nous verrons bien ce que News Corp va réussir à faire avec le tout nouveau The Daily, mais il n’y a pas de mystère : les utilisateurs ne payeront que pour des contenus de qualité apportant une proposition de valeur différenciante (cf. Une seconde vie pour les contenus digitaux grâce à l’iPad ?).

HTML5 ne remplacera pas Flash (ni HTML)

Dernière nouveauté qui a également engendré beaucoup d’emballement : HTML5. Présenté à tort comme le pourfendeur des technologies propriétaires (avec Flash en ligne de mire), HTML5 est censé être la réponse à tout : vidéo HD, 3D en temps réel, performance des applications en ligne… Mais ce n’est pas parce que nous avons attendu 10 ans cette incrémentation (en passant de la version 4 à la version 5) que le HTML va spontanément régler tous les problèmes de compatibilité, accessibilité, distribution… J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce débat (Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés) et je réitère mes propos : l’adoption d’HTML5 comme standard de conception des pages et interfaces web va se faire sur de nombreuses années, années pendant lesquelles la technologie Flash va continuer de progresser.

Il y a également eu le buzz autour de la balise <video> d’HTML5 qui permet de lire nativement des vidéos HD sans passer par un player en Flash. La promesse est belle (se libérer de la dépendance à la chaine de production / distribution d’Adobe), mais la réalité est plus nuancée : Vidéo HTML5, la guerre des codecs est déclarée.

De même, le W3C a récemment dévoilé le logo officiel d’HTML5 (qu’il faut maintenant appeler HTML), signe que cette nouvelle itération de ce langage vient de passer un cap de maturation. La réalité est que c’est avant tout la technologie qui est maintenant mûre (les spécifications) mais pas forcément le marché. Une très grosse partie des utilisateurs utilise encore Internet Explorer qui ne reconnait pas le HTML5. Non seulement cette tranche des internautes est majoritaire, mais elle va mettre des années avant de s’équiper en navigateur de nouvelle génération (Firefox, Chrome ou IE9).

Le grand public se moque pas mal de ce débat d’expert, il a également beaucoup de réticences à changer ses habitudes (et se remettre ainsi en question). J’ai récemment entamé un vaste chantier de refonte graphique de l’ensemble de mes blogs. Cette refonte graphique s’accompagne d’un travail d’optimisation et de remise à niveau du code-source des pages (en HTML5 et CSS3, visible sur FredCavazza.net, MediasSociaux.fr et MarketingVirtuel.fr). J’ai ainsi reçu un grand nombre de messages me disant « votre site ne fonctionne pas« . Si, mes sites fonctionnent, c’est votre navigateur qui n’est pas à jour. Le problème est qu’il est beaucoup plus simple de critiquer le changement plutôt que de l’accepter (« pourquoi devrais-je changer de navigateur alors que le mien fonctionne bien ?« ).

Bref, tout ça pour vous dire que malgré tout le bien que je pense d’HTML5 et des technologies qui vont avec, le marché va mettre plusieurs années avant de se renouveler et de pouvoir en profiter. Donc pas de mystère : il va falloir encore composer avec HTML4 et Flash pendant de nombreuses années.

Pas de mystère, il faut bien travailler

En conclusion, je ne ferai que répéter ce qui est écrit plus haut : suite à l’émergence de nombreuses nouvelles pratiques et technologies, une bulle des attentes s’est formée autour des opportunités promises par des prestataires peu scrupuleux. Cette bulle va fatalement s’effondrer dans un futur proche (probablement cette année) et ramener le marché à la réalité. Au final ce n’est pas une si mauvaise chose, car cela va permettre de faire le ménage dans cette horde d’opportunistes qui entrainent les annonceurs sur des terrains glissants.

J’insiste cependant sur le fait qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Si nous allons devoir passer par une phase de débisounoursisation (l’abandon d’une vision « bisounours »), les opportunités offertes par les nouveautés / évolutions décrites plus haut sont bien réelles. Elles seront par contre plus complexes à saisir que ce que l’on veut bien admettre. Au travail !

30 commentaires sur “2011, l’année de la désillusion ?

  1. C’est tellement vrai ! Le potentiel du web2.0 et des médias sociaux est bel et bien là, mais la facilité qu’on aura à en tirer profit a été LARGEMENT surestimée… Excellent article

  2. Bonjour bonne analyse , effectivement une bonne partie du problème tient quand Meme dans le fait que les outils précédent les usages … Les recruteurs se plaignent que les reseaux sociaux ne sont pas efficaces pour le recrutement mais les utilisent comme des jobboards , les agences de com cherchent a communiquer sur ceux ci comme sur un mass MEDIA alors que la raison d’être de es reseaux est de pouvoir aller vers du marketing ONE To ONE … Gageons donc que le nécessaire reajustage aura lieu et que le reformage touchera aussi le principal risque de plantage de toute appli informatique : l’utilisateur !!!

  3. @Fred : WOW ! Comme quoi (à la différence d’autres bloggers dans le même domaine) on peut « écrire moins souvent, mais mieux » alors que la tendance est « d’écrire souvent, même si c’est inintéressant ».
    EXCELLENT article, bravo (le meilleur depuis plusieurs mois sur les blogs que je consulte).

    1) Médias Sociaux : tout à fait d’accord. Mais en allant plus loin, je dirais : qu’est-ce que les marques foutent sur ces sites, qui à l’origine, n’ont pas été conçus pour elles ? Elles y vont juste parce que c’est « in » (comme d’ailleurs la plupart des utilisateurs, mais c’est un autre sujet), mais alors il ne faut pas se plaindre si le « retour » n’est pas à la hauteur des espérances.
    Je ne dis pas que c’est inutile pour les marques, je remarque juste que Facebook et Twitter ne sont PAS POUR ELLES à l’origine, et que c’est une tentative (parfois succesful) de profiter du « buzz »…

    3) E-Commerce : ton constat m’a l’air trop pessimiste, mais je ne connaît pas assez le domaine pour te contredire (mais je suis persuadé que certaines « niches », comme tu dis, marchent bien, sans dégager des millons d’euros, évidemment ;)).

    4) ENFIN !! C’est la première fois que je vois la phrase « les possesseurs de smartphones ne représentent qu’une toute petite partie de la population » sur un blog hi-tech…
    Ceci dit, c’est clair que pour un développeur comme moi, c’est un marché à investir.

    5) Encore d’accord. D’autant que les versions papier pourront bientôt (quelques années, les expérimentations ont déjà commencé) bénéficier du « multimédia » en leur sein. Quant à la version PAYANTE des choses (Ipad ou autre), c’est voué à l’échec tant les internautes sont habitués à la gratuité (ou alors il faudrait un « complot » global de tous les éditeurs…).

    6) HTML5 : c’est bien LE SEUL POINT où je ne suis pas d’accord avec ton analyse ;). Je pense que ton post sur ce sujet est lié à une mauvaise expérience vécue (tu le dis explicitement), mais il ne faut pas en dégager une vérité absolue, encore moins une prédiction (« ne remplacera pas »‘).
    Pour 99% des sites actuellement conformes (selon le validateur W3C), la migration HTML5 est transparente, en fait ces sites sont « de-facto » conformes HTML5.
    Il reste effectivement le pbm de Flash et du codage des vidéos.
    Et certes, cela va prendre un certain temps… Mais ça se fera.
    La « communauté » sera une pression effective : présente-toi aujourd’hui sur un forum avec un site du genre « design 90’s » (avec des tableaux à tout va, des scripts non optimisés), tu vas tu faire jeter aussi sec. Ce sera la même chose avec HTML5 : les webmasters (même amateurs) seront OBLIGÉS de se conformer à la norme…

  4. PS : j’aime bien le nouveau design « sobre », MAIS je suggère de mettre les couleurs « juste un cran au-dessus ». C’est à dire :
    – la couleur de fond générale devient la couleur de fond actuelle des titres et menu.
    – la couleur des titres et menu devient la couleur de survol des menus.
    – la couleur de survol des menus est soit encore plus foncée, soit une touche de couleur.
    Bref, tout en restant dans ces couleurs grises, l’idée est de rendre l’ensemble plus sombre (ou moins agressif pour les yeux).

  5. Bravo pour cet excellent article.

    Je voudrai réagir sur les 3 thématiques : réseaux sociaux, smartphones/tablettes, HTM5. Je suis Directeur d’une jeune agence conseils en contenus numériques (Mediatools) et je vis très concrètement les effets d’emballement (il faut qu’on soit les premiers sinon ce sera trop tard) et les trop grandes prudences, les attentismes sceptiques de mes clients et partenaires.

    – Réseaux sociaux : je suis d’accord avec votre analyse : beaucoup de buzz. Mais aussi beaucoup de commerce. Et là ça marche. Les marques utilisent les réseaux sociaux pour faire connaître leur promo et le chaland répond.
    Ensuite, pouvez-vous préciser : plus de discussions ? Je vois bien ce que vous voulez dire mais mes clients ne sont pas prêts à embaucher ou déléguer pour l’animation de leur réseau. Plus précisément, ils disent : on va le faire en interne mais les gens sont déjà tellement débordés que personne ne s’en occupe. Et là on revient au parent pauvre de tous les métiers de la communication : l’écrit, le texte, la rédaction. C’est ce qui est le moins considéré et le moins bien rémunéré car tout le monde s’imagine qu’il sait écrire et surtout qu’il a le temps. Résultat, on met des budgets très importants sur le graphisme, le développement et on refuse de dégager des budgets sur le fond de tout projet : l’écrit et donc la discussion.

    – Iphone/Ipad : pour une grande marque, c’est en effet pas forcément efficace de développer une APP IOS. Mais elles le font toutes avec lucidité. Mes clients savent qu’il y a très peu d’utilisateurs mais ils le font pour l’image, la publicité. Pour se donner une culture mobile en interne. Et surtout, car l’environnement IOS est plus simple. Après il y a toujours le secret espoir que cela deviendra un mass média.
    Pour la presse et les éditeurs, je nuancerai. IOS est la seule plateforme qui propose un modèle économique. Sur les autres stores, il y a une majorité de gratuit ou bien ça ne décolle pas. Même si ce n’est pas l’eldorado, les ventes peuvent amortir des premières APP simples en 1 an. Car on ne peut pas dire que les développements de la presse française qui se contente le mettre un PDF à déplacer et à agrandir soit très coûteuse à développer. D’ailleurs ce manque de créativité est en rapport avec la faiblesse des revenus. Pour les application dites multimédias, on a l’impression d’être revenu 10 ans en arrière en terme de créativité (il y a encore peu de concepteurs et développeurs expérimentés).

    Ensuite il y a des niches qui marchent. Sur mon secteur par exemple : la jeunesse et l’éducatif. Nous avons réalisé des contes animés pour un grand d’éditeur à partir de livres et les ventes ne sont pas ridicules (plusieurs milliers en 2 mois).
    Enfin, n’oublions pas que c’est une possibilité de vendre ses publications dans le monde entier.
    Quant à la question d’exister sur l’APP STORE, c’est essentiellement une réponse de marketing direct. C’est à l’éditeur de prendre son bâton de pèlerin et de faire connaître son application auprès de ses clients, sur les blogs, via ses newsletters, avec une service de presse performant et ciblé etc. Ils savent tous faire ça avec leurs produits. Ils suffit que les équipes internes se forment aux nouveaux médias. Ecrire, communiquer, on y revient.

    HTML 5 : Nous utilisons beaucoup Flash avec toute une chaîne de créateurs qui ne va pas se former à l’HTML5 en quelques mois. Donc en attendant, on propose du Flash sur le web et on est sûr que ça marche bien. Mais il est vrai que j’attends avec impatience une réponse de Flash optimale pour les mobiles et tablettes.

  6. Bonjour,

    Je réagirais quant à moi sur la partie HTML 5 et compatibilité tous navigateurs, et notamment sur cette phrase « Si, mes sites fonctionnent, c’est votre navigateur qui n’est pas à jour. »

    Pour cela, je citerais Dave Shea, fondateur du très connu CSS Zen Garden, qui a dit deux choses à Paris Web cette année : « ce n’est pas parce qu’un propriété CSS 3 ou une balise HTML 5 existe aujourd’hui qu’il faut obligatoirement l’implémenter », et « arrêtons de parler de dégradation gracieuse, mais plutôt d’amélioration progressive ».

    En effet, faire le choix de passer en HTML 5, surtout lorsque l’on utilise le niveau 3 de CSS implique également que l’on continue de respecter le marché existant. Certes, cela pourrait ouvrir à l’envi un troll sans fin sur « les gens n’ont qu’à mettre leur navigateur à jour », mais j’estime qu’il est de notre devoir de professionnel d’avoir une démarche qui l’est tout autant.

    Pour ce faire, nous avons plusieurs solutions :
    – Ou l’on écrit des commentaires conditionnels qui lorsqu’ils détectent IE, affiche soit une autre page, soit un d’avertissement, et propose au visiteur d’ouvrir la page sur un autre navigateur en lui expliquant pourquoi.
    – Ou l’on écrit un script de détection des features du navigateur pour lui administrer du JavaScript pour émuler les propriétés CSS 3 ou les balises HTML 5 non existantes de manière native dans le navigateur concerné.
    – Ou l’on fait un total fallback, avec script de détection, fallback en JavaScript, et gestion de feuilles de styles spécifiques IE 8, IE 7 (et si l’on est vraiment courageux IE 6).

    Dans votre cas, étant donné que dans le CSS que j’ai vu il n’y a de nouveau que les pseudo-sélecteurs ‘:after’, ‘:before’, et la propriété « content », et que vous utilisez des balises HTML 5, cela ne devrait pas s’avérer très compliqué à mettre en place… ou alors vous êtes de mauvaise foi.

    Il y a dans le web, depuis l’avènement de HTML 5, comme une sorte de mentalité qui veut que « HTML 5 / CSS 3 c’est bien, IE et le reste c’est mal, et de toute façon on s’en fout ». Le malheureux résultat, c’est que des sites (re)connus comme le vôtre prennent ce parti, là où il conviendrait d’amener le changement en douceur. Après tout, pendant des années nous avons mis nos sites en compatibilité avec IE 6 et IE 7, pourquoi aujourd’hui ne ferions-nous pas pareil avec des versions d’IE 8, et de Firefox 3.6 encore massivement présents sur le marché, marché que vous reconnaissez par ailleurs ?

    La conséquence directe est, qu’on le veuille ou non, que l’identité numérique va en pâtir, mais sur ce point, malheureusement, le marché va douloureusement se réveiller…alors qu’il suffirait, en amont, de réfléchir à ce genre de problématique dès l’intégration du site web.

    Il n’est pas au professionnel de se faire le chantre d’une technologie, tout autant qu’il n’est pas au visiteur de faire les frais d’une guerre des navigateurs qui le dépasse et dont il n’a, de toute façon, que faire. Ce n’est donc qu’en respectant le visiteur que l’on continuera d’avoir une voix dans l’assemblée, et ce, même si c’est pour défendre HTML 5.

    Pour finir, voici deux ressources pouvant vous être utile pour que votre site fonctionne sous IE :
    – Script de création des balises HTML 5 non existantes sous IE : http://code.google.com/p/html5shiv/
    – Script d’émulation des sélecteurs CSS 3 : http://selectivizr.com/

  7. Merci pur cet article fred, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

    Les attentes liées aux médias sociaux sont évidentes et surement trop importantes.
    Je vois encore aujourd’hui des tentatives de campagnes dans ce domaine complètement verticales et donc d’emblée inefficaces et inutiles, voire pire.

    A tout nouvel « eldorado » son lot de désillusions et d’escrocs, c’est évident…
    Il y a pourtant de belles choses à faire, et tellement de choses à apprendre de ses réseaux et des « communautés » qui s’y trouvent!

  8. Merci pour cet article « éclairant » . Saine remise à plat qui m’engage dans d’excellentes dispositions pour attaquer un we studieux…

  9. @ Mpok > Plusieurs précisions importantes : Les médias sociaux sont des territoires de communication conçus pour les êtres humains. Derrière les marques il y a des êtres humains donc ils ont leur place sur les médias sociaux à partir du moment où une discussion est initiée et qu’ils la rejoigne (ou qu’ils produisent le contenu pour les générer). Ensuite, ce n’est pas parce que les internaute sont habitués à la gratuite qu’ils ne peuvent pas payer (pour mémoire iTunes a dépassé le cap des 10 milliards de chansons vendues).

    @ Dimitri > Oui, le contenu est le parent pauvre de la communication (au détriment de l’image), un gros problème pour un média comme l’internet qui est essentiellement textuel. Pour HTML5, je suis en phase : la technologie est maintenant mature, mais pas l’écosystème, il va donc falloir encore patienter quelques temps…

    @ PetitMowgli > ça fiat plus de 10 ans que je conçoit des sites web où mes clients exigent une rétro-compatibilité. Comme ce sont MES blogs, j’ai pris le parti de ne pas assurer cette rétro-compatibilité (malgré les protestations des personnes qui ont travaillé dessus), c’est mon caprice à moi et je l’assume ! Plus sérieusement, pénaliser les utilisateurs d’IE n’a pas pour but de les faire basculer sous Chrome ou Firefox, mais plutôt d’accélérer la migration vers IE9. Car ne nous leurrons pas : quelle que soit les parts de marché des navigateurs alternatifs, c’est IE qui fait encore référence. HTML5 et cie ne commenceront à être considérés que quand IE9 sera sorti et que MS forcera la mise à jour.

  10. Le principal problème de flash en ce moment c’est l’utilisation sur smartphone tablette. Si Adobe et les développeurs franchissent cette épreuve avec succès la gueguerre avec html5 n’aura plus lieu d’être. Le shéma redeviendra comme il y’a 1 ou 2ans : html pour les sites standards et flash (ou un autre plug-in) pour l’innovation… en attendant html6

  11. Article vraiment très intéressant.
    Juste un commentaire qui m’a hérissé (nox_42) : le flash c’est l’innovation ?? 95% des fonctionnalités flash utilisées habituellement sont utilisable avec html/css/javascript (hors vidéo qui reste LE gros point fort de flash). Le problème est que les standards sont beaucoup plus difficiles d’accès (dû en grande partie à un problème de support). De plus la guerre html/flash aura obligatoirement lieu : le flash est une technologie fermé dont les performances du moteur sont grandement remis en cause ces derniers temps à la différence du html (au sens html/css/javascript). Avec le nombre croissant de navigateur (PC, Tablette, Smartphone …) je pense qu’Adobe ne pourras jamais maintenir avec une qualité suffisante leur technologie…

  12. @Frédéric Cavazza : Certes, ne pas assurer une rétro-compatibilité est un choix. Je ne lancerais pas le débat de la légitimité de celui-ci, même si j’avoue avoir l’impression, par ce genre de discours de revivre la guerre Netscape/Internet Explorer. Quoi qu’il en soit, sans toutefois pousser jusqu’à la rétrocompatibilité, vous pourriez simplement faire une page, ou l’apparition d’un qui explique à vos visiteurs que le site ne fonctionnera pas sous IE 8 et inférieur, afin de ne pas « lâcher » de manière trop abrupte vos lecteurs sous IE.

    Pour finir, « pénaliser les utilisateurs d’IE n’a pas pour but de les faire basculer sous Chrome ou Firefox, mais plutôt d’accélérer la migration vers IE9″… faire basculer des utilisateurs qui ne connaissent pas grand chose au web vers une version…bêta ? o_O

  13. Article qui fait du bien ! ça fait plaisir de lire des gens qui savent ce qu’ils font, qui maintiennent la direction, le cap Blue Hat, le plus dur mais le plus stratégique et payant sur le…LT !

  14. Avec toutes ces technos, on en oublierai presque qu’un site html4 non design non conforme W3C sans Javascript etc… peut faire un carton ! Les supports évoluent, et c’est bien normal, mais c’est le contenu qui intéresse ! Et Html5 ne sera au point uniquement quand les conflits de codec audio et vidéo seront réglés, en attendant, toujours prévoir l’alternative Flash !

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