Zynga à la recherche de nouvelles mécaniques de jeu

Sur le créneau des social games il y a Zynga et les autres (cf. Tour d’horizon des social games). Pour vous la faire simple, Zynga s’est imposé en à peine trois ans comme le leader incontesté des jeux sociaux. Cette réussite est d’autant plus enrageante pour la concurrence que le gameplay exploité sur les principaux titres (FarmVille, FrontierVille, CityVille) est toujours le même : Aménager son territoire pour accroitre ses richesses.

Conscient que cette mécanique de jeu ne durerait pas éternellement, les équipes ont commencé à travailler sur des légères modifications au gameplay pour éviter de lasser les joueurs. Nous avons ainsi vu le tout dernier Empire & Allies introduire les assauts contre les territoires ennemis (Zynga strikes again with launch of Empires & Allies, First Strategy Combat Game).

Plus récemment, la suite de FrontierVille (Pioneer Trail) a également de nouvelles règles du jeu comme la limitation à trois joueurs associés ou le système de progression plus diversifié : FrontierVille Sequel Pioneer Trail Gets Zynga a Little Closer to Making Hardcore Games, Limits Friends.

ThePionnerTrail

Mais c’est avec le tout dernier Adventure World que les choses commencent réellement à bouger avec des cartes beaucoup plus grandes et surtout la possibilité de jouer à plusieurs simultanément : A Closer Look at Zynga’s Adventure World.

Adventure_World-550x343

Des espaces de jeu plus grands, des quêtes plus sophistiquées… il fallait au moins ça pour relancer l’intérêt et conserver son avance. Il faut dire que Zynga est loin d’être seul sur le créneau et que la concurrence commence à être sacrément féroce :

L’intensité concurrentielle va donc être de plus en plus forte pour Zynga qui doit de plus composer avec l’humeur des marchés financiers puisque la société est maintenant cotée en bourse. Heureusement les équipes ont plus d’un tour dans leur sac avec notamment l’utilisation prochaine d’une licence très prestigieuse : Indiana Jones (Indiana Jones Whips His Way onto Adventure World).

 

AdventureWolrd_Indy-550x452

Le célèbre Mafia Wars va également bénéficier d’un sérieux lifting avec un environnement en 3D isométrique et plus de liberté dans les actions  : Zynga To Debut New, 3D Version Of Facebook Game Mafia Wars.

Mais le meilleur reste à venir, car le prochain nouveau titre de Zynga s’orientera manifestement vers un gameplay proche des MMORPG avec Kingdoms & Quests : Kingdoms & Quests looks like Zynga’s next big game, a social RPG?. Autant vous dire que l’attente est particulièrement forte autour de ce titre, surtout de la part des hardcore gamers qui attendent ce jeu au tournant.

Tout ceci est très intéressant, mais je suis surpris que Zynga n’ait pas encore pris la décision de miser sur des titres plus contemporains pour y intégrer de façon plus intensive les sponsors, comme peut le faire un Ijji au Japon. Zynga éditeur de jeux sociaux pour les marques ? Avouez que l’idée vous séduit également, non ?

Vers un second stade de maturité pour les médias sociaux

Historiquement le dernier trimestre de l’année a toujours été très studieux. Du coup, beaucoup de chiffres concernant les médias sociaux ont été publiés / remis à jour ces dernières semaines, et c’est une aubaine, car cela nous permet d’y voir plus clair.

Il y a tout d’abord cette très belle infographie qui met en parallèle les plateformes sociales du monde entier : The Growth of Social Media. Intéressant, même si je pense qu’ils minorent fortement les plateformes sociales chinoises et japonaises.

MS_Visitors_Growth

Nous avons ensuite une autre belle infographie comparative sur : Facebook aux USA vs Facebook en France. On constate ainsi que le taux de pénétration de Facebook est proportionnellement largement supérieur aux USA qu’en France (idem pour Twitter) :

Facebook_Fr_USA

Nous avons ensuite des statistiques officielles publiées par TwitterTwitter: 100M active users per month, 50% log on every day, 55% on mobile, 1B Tweets every 5 days. Les chiffres sont impressionnants, mais malheureusement nous n’avons pas de ventilation par pays :

  • 100M d’utilisateurs actifs dont la moitié se connecte tous les jours ;
  • 55% des utilisateurs actifs se connectent via des terminaux mobiles ;
  • 40% des utilisateurs actifs lisent, mais ne publient pas.

Des statistiques très intéressantes qui nous donnent envie d’en savoir plus sur les usages précis des tweeteurs. Ça tombe bien, car ils viennent d’annoncer la disponibilité prochaine d’un outil d’analyse d’audience : Twitter Releases Web Analytics Tool.

Nous avons enfin des chiffres astronomiques sur Tumblr, le petit chouchou des hipsters : In One Year, Tumblr Goes From 1 Billion Posts To 10 Billion.

Donc comme vous pouvez le constater, tous les indicateurs sont au vert. Forcément puisque ce sont les plateformes elles-mêmes qui fournissent les chiffres ! Au-delà de cet élan généralisé d’optimisme (ça compense avec les marchés financiers), je vous propose de regarder de près l’interprétation que peuvent en faire les différents cabinets d’analyse.

Tout d’abord Nielsen qui confirme la tendance haussière : The Social Media Report Q3 2011. Ce rapport fournit des statistiques socio-démographiques très intéressantes et surtout très détaillées, malheureusement uniquement valables pour les USA.

Nielsen-SM-report

Chose intéressante, le rapport également met l’accent sur le rôle primordial des terminaux mobiles dans l’adoption et la fréquence d’utilisation, même chez les séniors !

Il y a ensuite un rapport un peu plus fouillé chez GlobalWebIndex qui nous révèle des tendances plus éclairantes : Wave5 Trends. Il y est bien évidemment question de l’impact des médias sociaux et des terminaux mobiles sur les usages quotidiens des internautes.

Online_behaviour

Ce rapport détaille ainsi cinq grandes tendances qui nous donnent des enseignements très intéressants :

  • La montée en puissance de la consommation passive de vidéos et du « web en mode relax » (The Lean-back Web) qui entraîne des interactions sociales moins poussées ;
  • Des attentes toujours plus fortes envers les marques (contenus et faveurs) ;
  • L’avènement des interactions sociales en temps réel (des usages qui se déportent donc de la création à la transmission) ;
  • Une certaine lassitude de Facebook (avec un taux de pénétration qui plafonne dans les pays développés).

SN_decline

Non vous ne rêvez pas : Les usages de Facebook auprès des jeunes sont en diminution dans les pays occidentaux et même en Inde. Il convient de prendre néanmoins du recul par rapport à ces chiffres : D’une part, il s’agit d’un phénomène d’ajustement mécanique (le taux de pénétration sur cette tranche d’âge atteignant presque les 90%) ; d’autre part, je suis persuadé que cette tendance peut être observée sur les autres plateformes sociales. Après 5 années de croissance forte, les usages des médias sociaux plafonnent et évoluent vers plus de facilité : Tout comme les internautes se sont emballés puis lassés des blogs, les membres historiques de Facebook (les adopteurs précoces) y passent un eu moins de temps pour se rabattent sur des plateformes plus branchées (Instagram…).

Confirmation de cette lassitude vis-à-vis de Facebook chez Gartner : Les réseaux sociaux confrontés à la maturité des utilisateurs. Sur 6300 utilisateurs interrogés,24% déclarent utiliser moins les plateformes sociales et 31% des adopteurs précoces disent qu’ils commencent à s’ennuyer.

Même son de cloche pour DDB Paris et OpinionWay dont l’étude montre que plus de 40% d’utilisateurs de Facebook se sont déjà désabonnés d’une page de marque : Why 2 In 5 Facebook Users Click Unlike. Les raisons de ce désabonnement sont détaillées par pays dans le graphique ci-dessous :

Reasons_Unsubscrib_Brand_Page

Manque d’intérêt pour la marque, trop de publications, des messages pas assez pertinents… les membres se lassent très vite et sont surtout très exigeants. Cela confirme donc la tendance identifiée par le rapport du GlobalWebIndex (The Social Brand). Pour plaire, il faut donc investir un minimum dans du contenu de qualité, j’en parlais justement la semaine dernière : L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo.

Terminons avec l’étude la plus alarmiste de toutes qui nous vient de chez Forrester : State of social media marketing in Europe. Si 40% des professionnels interrogés déclarent déjà faire du social marketing, 40% disent ne pas vouloir en faire du tout. Plus d’1/3 des marques ne souhaitent donc pas s’aventurer sur les médias sociaux, c’est à la fois énorme et TRÈS inquiétant. Plusieurs raisons sont invoquées au sujet de ce refus (pas de garantie de succès, pas de personnel compétent, manque d’outils de mesure fiables…) :

Forrester_SM_Challenges

Donc je récapitule :

  • Les usages des médias sociaux sont globalement en croissance grâce aux terminaux mobiles et aux pays émergents ;
  • Les adopteurs précoces commencent à montrer de la lassitude, aussi bien pour les marques présentes que pour les plateformes elles-mêmes ;
  • Les marques sont encore très frileuses vis-à-vis d’un territoire de communication en rupture par rapport aux supports qu’elles utilisent traditionnellement.

Toutes les conditions sont donc réunies pour que les médias sociaux tombent dans le creux de la désillusion, à moins que les éditeurs ne parviennent à relancer l’intérêt, ce que sont justement en train de faire Facebook (avec les grosses annonces prévues pour la conférence f8) et Google avec Google+.

Concernant les annonceurs, il semble maintenant évident que nous rentrons dans ne seconde phase de maturité des usages (Pour une vision plus critique des médias sociaux) et qu’il va impérativement falloir faire évoluer les pratiques pour mieux coller aux attentes des utilisateurs. Je pense ne pas me tromper en résumant ça par un basculement nécessaire du social marketing au social CRM. Je détaillerais tout ça dans un prochain article (sûrement en fin de semaine si j’ai le courage).

Amazon et Ebay changent ENFIN de sites web

Le web est constitué d’une infinité de sites, plus ou moins jeunes. Certains sites changent régulièrement, d’autres sont tellement connus qu’ils se contentent d’une refonte tous les 10 ans (W3C, IMDB, MSDN… quand les dinosaures se font une jeunesse), d’autres doivent se faire forcer la main (Propositions de refonte pour Wikipedia et Craigslist). Même s’il n’existe pas réellement de règle sur la fréquence idéale de mise à jour ni sur l’obligation de coller aux « tendances » graphiques, il y a toujours des irréductibles pour traîner des pieds. De façon surprenante, les dernières refontes majeures d’Amazon et Ebay datent d’il y a 4 ans, à moins d’un mois d’intervalle (Une nouvelle version pour eBay et Une nouvelle version pour Amazon). Ils se sont visiblement donnés le mot, car les deux ancêtres de l’internet se en train de déployer quasi simultanément une nouvelle version.

Commençons par Ebay qui semble avoir lancé son chantier légèrement en avance avec une mise en page à étages :

eBay_Home

Cette nouvelle page d’accueil privilégie visiblement la sobriété, car elle suprime la couleur jaune historiquement utilisée dans le menu de navigation. Pour cette nouvelle version, nous avons donc droit à une hiérarchisation très formelle des unités d’information : la recherche, la navigation, la réassurance (Welcome, Shop safely) et la communauté (Popular). Une large place est encore réservée à la publicité et à l’auto-promotion (le gigantesque carrousel au centre de la page).

Concernant la page intérieure, un gros effort a été fait pour simplifier la compréhension des différentes versions d’un même produit (New, Refurbished, Used, Bundles…) et une présentation beaucoup plus proche de ce que l’on trouve sur des sites marchands traditionnels :

eBay_Product

Avec cette refonte, Ebay souhaite donc développer la performance marchande de sa plateforme, au détriment peut-être de ses contenus ou de la communauté.

Pour Amazon la refonte est plus radicale avec un objectif d’interopérabilité : Amazon is testing a slick new site design, built with tablets in mind. Le haut de page est donc réduit au minimum avec un menu de navigation replié par défaut et un gigantesque moteur de recherche :

Amazon_Home

Visiblement cette refonte n’est que partielle, car elle ne concerne que le header. Vous constatez de plus que sur la version ci-dessus ce dernier est utilisé à des fins d’auto-promo, mais que dans sa version standard, le traitement graphique du header est d’une sobriété à toute épreuve :

Amazon_Product

Nous avons donc confirmation que le coeur de page ne change pas et que la refonte se concentre sur une réorchestration du header et principalement du menu de navigation. La raison de cette refonte est très simple : Le menu de navigation actuel fonctionne très bien sur un ordinateur, mais est très problématique sur une tablette où il n’est pas possible de survoler un item avec la souris.

Outre une plus grande sobriété pour donner plus d’importance aux produits, la motivation première d’Amazon semble donc être d’anticiper la montée en puissance des tablettes avec une conception orientée multi-écran. Pour le moment cette nouvelle version n’est pas encore déployée en Europe, et j’attends avec impatiente de pouvoir la tester sur différents terminaux mobiles.

MàJ (21/09/2011) : Visiblement l’approche d’Amazon fiat des émules car la BBC s’y met également : The BBC debuts new touchscreen-inspired homepage design.

Mes trois sites coups de coeur (septembre 2011)

Comme tous les mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont tapé dans l’oeil. Je ne serais pas vous expliquer pourquoi, mais la sélection de ce moi-ci a été draconienne tellement il y avait de candidats.

Commençons avec Square, le fameux service de paiement par smartphone :

Square

Un bel exemple de site minimaliste puisqu’il n’a qu’une seule page, ou plutôt un seul gabarit avec des contenus adaptés en fonction des cibles. La mise en page est très simple, mais terriblement efficace : une illustration à droite, la promesse, le formulaire et les éléments de réassurance à gauche. La hiérarchisation de l’information au sein du cadre est particulièrement soignée avec des titres et accroches qui ressortent bien, une densité de l’information facilitant la lecture et la concentration de l’attention. Bref, c’est tout bon.

Poursuivons avec Teechan+lax, une agence web US :

TeehanLax

Le découpage en 3 blocs permet de bien cloisonner les unités d’information (navigation, promesse et publications) et le choix des couleurs facilite le repérage et la lisibilité. J’apprécie particulièrement la vidéo floutée et sont effet hypnotisant qui permet d’attirer le regard sur la promesse. Même si la vidéo est en fait une boucle d’à peine 10 secondes, j’ai vraiment cru qu’ils avaient branché une webcam dans les bureaux !

Terminons avec Pancake, un service en ligne de gestion commerciale et facturation :

Pancake

Là encore, le découpage en trois zones permet de dissocier la navigation, la promesse et explications, et le détail des fonctionnalités. Vous noterez au passage l’association judicieuse du visuel et des typos pour attirer l’attention sur la promesse au centre de l’écran (les espaces vides autour participent également) de même que la mise en scène du bouton d’action et du prix. Rien de très révolutionnaire dans cette page, mais une belle exécution et une grande cohérence dans les traitements graphiques.

Comme j’avais beaucoup de « candidats », je vous donne également les autres URLs que j’avais mises de côté et que je laisse à votre libre appréciation : Seamless, Fork CMS, 89Bytes et Skinnyo.

La suite le mois prochain…

Nouvelles boutiques pour Zara et Uniqlo

Cette semaine, deux marques grand public d’envergure ont lancé leur boutique en ligne outre-Atlantique : Zara et Uniqlo. Les plus observateurs noteront que ces distributeurs sont déjà présents en France (Nouvelle boutique très sobre pour Zara et Uniqlo mise sur la France), mais ces nouvelles versions US introduisent des petites améliorations et une grande richesse de contenu.

Je vous propose donc de commencer avec Zara qui capitalise sur une page d’accueil minimaliste qui privilégie le côté spectaculaire de visuels plein écran. Les visuels sont supposés fonctionner comme des panneaux coulissants… mais là ça ne fonctionne pas vraiment. Du coup on ne sait pas trop où cliquer, heureusement le menu est bien mis en évidence.

ZARA_Home

La mise en page minimaliste est conservée sur les pages de catégorie qui s’affichent sans rechargement de la zone périphérique de la page. De même, les différentes options de filtre et tri permettent d’affiner la liste des produits en souplesse.

Zara_Category

La fiche produit est également un modèle de sobriété avec beaucoup d’espace blanc, peut être un peu trop, car il faut passer la souris sur Composition and Care pour avoir plus de détails. Vous noterez au passage la possibilité d’activer un Super Zoom qui n’en a que le nom (rien à voir avec ce que propose Darty).

Zara_Product

Il y a pour finir le Look Book qui propose encore une fois de superbes photos en plein écran :

Zara_Lookbook

Au final, nous avons donc un site d’une sobriété parfaitement assumée. Rien de très spectaculaire, mais une utilisation optimisée de très larges photos en fond de page (elles s’adaptent parfaitement quelle que soit la taille du navigateur).

Autre ambiance chez Uniqlo qui attaque très fort avec une page d’accueil particulièrement chargée. Cette page au contenu très dense regorge d’invitations visuelles qui incitent le visiteur à survoler les différents blocs, déclenchant des animations et même des transitions (notamment le carrousel qui révèle un mini-index). Cette page ne souffre pas de problèmes ergonomiques majeurs, mais elle est tout de même assez déroutante dans sa découverte « à tâtons » malgré une grille de lecture très bien marquée.

UNIQLO_Home

Au niveau de la page catégorie, nous avons droit à la même mise en page cubique, ainsi qu’une utilisation particulièrement astucieuse du carrousel qui propose des ensembles et du contenu… mais qui du coup repousse la première rangée de produits tout en bas de l’écran (pourtant j’utilise un moniteur Full HD !). Bizarrement ils ne proposent pas les options de filtrage et tris comme dans la version française.

Uniqlo_Category

La page produit est également très sobre. La capture d’écran ne le retranscrit pas, mais le menu de navigation déroulant est plutôt compliqué à manipuler, car il force l’utilisateur à déplacer latéralement sa souris pour dérouler la bonne sous-rubrique (très frustrant).

Uniqlo_Product

Le site est plutôt bien fourni en contenus de toute sorte. La palme revient tout de même au catalogue consultable en ligne qui est d’une densité littéraire rarement vue chez la concurrence.

Uniqlo_Catalog

Finalement c’est ça qui surprend chez Uniqlo : Le contraste entre des écrans très dépouillés et des rubriques avec des tonnes de textes à lire. Pourtant l’ensemble fonctionne très bien.

Ces deux exemples confirment donc la tendance que j’avais déjà noté, à savoir une maturité de l’utilisation des modules enrichis, aussi bien pour la navigation et la sélection, la valorisation ou les différents contenus inspirationnels.