Il est urgent de réfléchir aux fondamentaux d’une nouvelle société numérique

Nous sommes en 2019, le numérique est omniprésent dans notre quotidien, et il n’y aura pas de retour en arrière (nous n’allons pas débrancher le web). Après 20 ans de croissance ininterrompue, le numérique occupe une place prépondérante dans notre quotidien professionnel / personnel et touche tous les citoyens. Plutôt que de continuer à faire comme si rien n’avait changé, je suis partisan de regarder la réalité en face et de l’affronter en ouvrant un grand débat, non pas sur le droit impétueux de pouvoir rouler à plus de 80 km/h sur une route départementale, mais sur les fondements d’une nouvelle société : une société moderne où les citoyens ne se méfient plus du numérique, des machines ou des algorithmes, et vivent en harmonie avec leur époque.

Une surchauffe dans les usages numériques

Après 20 ans de croissance effrénée, nous arrivons à un point de saturation des innovations et usages numériques. Comprenez par là que les choses vont trop vite : le rythme d’adoption des innovations et usages numériques est supérieur à la capacité d’absorption du marché, c’est à dire des consommateurs, des entreprises, des citoyens… Il en résulte un phénomène de rejet, en partie justifié (), qui mérite que l’on prenne le temps de comprendre comment notre quotidien a pu évoluer aussi vite et de définir une feuille de route pour l’avenir. L’objectif étant de poser les bases d’une nouvelle société pérenne où le numérique occupe une place prépondérante sans que cela dégrade la confiance des citoyens, le pouvoir d’achat des consommateurs, l’employabilité des salariés, la compétitivité des entreprises…

De nombreux signaux nous prouvent que notre économie et plus généralement notre société souffre d’une crise de croissance numérique :

Bref : arrêtons de faire comme si rien n’avait réellement changé et que tout allait bien, parce que ce n’est plus le cas.

Si le numérique reste le moteur de la croissance de notre économie, il semble aujourd’hui apporter plus de problèmes que de solutions. Voilà pourquoi la « Startup Nation » est remise en question et pourquoi le besoin de régulation n’a jamais été aussi fort. Non pas que les acteurs du numérique soient malveillants, mais il est plutôt sain de chercher à cadrer des usages et technologies qui sont omniprésents dans le quotidien de dizaines de millions de Français.

Nous voyons ainsi de plus en plus d’analyses et d’argumentations solides pour sauvez les internautes d’eux-même. Le récent livre de Bruno Patino (La civilisation du poisson rouge, présentée ici : Les réseaux sociaux nuisent gravement à l’humanité) est ainsi une très bonne synthèse du drame auquel nous participons collectivement de notre plein gré : « Nous sommes devenus des poissons rouges enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au ménage de nos alertes et de nos messages instantanés […] L’addiction qui se développe, les effets de bulles informationnelles, de déséquilibre, de dissémination de fausses nouvelles et de contre-réalités sont aussi et sans nul doute surtout une production intrinsèque du modèle économique des plates-formes. Et ce modèle est amendable. Mais il faut s’y mettre. De toute urgence. Il y a une voie possible entre la jungle absolue d’un Internet libertaire et l’univers carcéral de réseaux surveillés. Cette voie possible, c’est la vie en société. Mais nous ne pouvons laisser à ces plates-formes le soin de l’organiser seules, si nous souhaitons qu’elle ne soit pas peuplée d’humains au regard hypnotique qui, enchaînés à leurs écrans, ne savent plus regarder vers le haut« .

Une volonté de réinitialiser le web portée également par la FING dans une tribune publiée en début d’année : Il est temps de décrire le numérique que nous voulons.

Un nouveau fossé numérique, bien plus profond, contre lequel les gouvernements tentent de bricoler des solutions

Il y a donc un fossé qui se creuse entre ceux qui comprennent et maitrisent le numérique, clairement une minorité, et les autres. Ce dont nous sommes témoins est l’apparition d’une nouvelle forme de fracture numérique : The new digital divide is between people who opt out of algorithms and people who don’t. Cette nouvelle fracture numérique est à la fois plus large et plus profonde que la précédente (qui concernait uniquement l’équipement ou l’accès) risque de devenir réellement problématique si nous ne prenons pas les mesures pour y remédier.

Les gouvernements commencent à bouger et mettent en marche l’appareil législatif pour essayer de cadrer tout ça (Le Parlement européen vote de nouvelles lois pour protéger les emplois atypiques), certains pays plus que d’autres (Australia Passes Law to Punish Social Media Companies for Violent Posts et The UK’s tech backlash could change the internet) et surtout prennent des mesures pour éviter la fuite des devises (European Parliament passes online platform rules placing new limits on Amazon and Google et Google hit with €1.5 billion antitrust fine by EU).

Un nouveau cadre fiscal qui ne plait pas du tout aux GAFA qui déploient des efforts considérables en lobbying pour discréditer ces évolutions. Du coup, l’Union Européenne se met à son tour à faire de la sensibilisation pour justifier ses actions : Une fiscalité équitable de l’économie numérique.

Très clairement, nous sommes sur la bonne voie, car les géants du numérique ne pouvaient pas continuer à optimiser leur fiscalité avec autant d’impunité. Mais ceci ne concerne que l’aspect fiscal du numérique, or, il y a de nombreux autres aspects à traiter.

Une grande réflexion pour accepter le numérique et non le rejeter

Tout à commencé avec la mode des vacances déconnectées, puis des séminaires de « digital detox ». Phénomène de mode il y a encore quelques années, le rejet du numérique est aujourd’hui une réalité (Plaidoyer contre le populisme numérique), et même un thème de campagne électorale des deux côtés de l’Atlantique (Margrethe Vestager au Parlement Européen, Elizabeth Warren aux États-Unis).

Vous pouvez êtes sceptiques quant aux motivations réelles de ces hommes et femmes politiques qui s’insurgent contre le numérique (leur finalité est de se faire élire, pas d’améliorer votre quotidien), il n’empêche que nous nous devons de réagir face à la montée en puissance du capitalisme de surveillance. Détaillée dans un livre publié en début d’année par Shoshana Zuboff, la notion de capitalisme de surveillance désigne la capacité des géants du numérique à influer nos choix quotidien à l’aide d’une panoplie de services que nous utilisons tous les jours et de montagnes de données dont ils disposent sur leurs utilisateurs. Chercher à influer sur les comportements d’achat n’est à priori pas répréhensible, sinon il faudrait construire de nombreuses prisons pour enfermer tous ces publicitaires, mais rester passif face à l’accumulation de cash et de pouvoir des GAFAM, BATHX et cie relève de l’irresponsabilité.

Encore une fois, je ne suis pas en train de vous dire que ces entreprises sont malveillantes, mais qu’elles ne déploient pas encore les ressources suffisantes pour minimiser les risques d’utilisations détournées que certains pourraient faire de tous les outils qui sont mis à disposition (publicités ciblées, APIs…). La question que nous devons nous poser est la suivante : voulons-nous vieillir et élever nos enfants dans un quotidien où le numérique est plus une source de risque que d’émancipation ?

Cette question est parfaitement illustrée par le montée en puissance de l’intelligence artificielle qui cristallise les débats. Source d’angoisse et de fantasmes, l’intelligence artificielle est la parfaite incarnation d’un sujet numérique complexe, saccagé par les médias, que le grand public préfère rejeter plutôt que d’en comprendre l’intérêt et les enjeux. Je peux tout à fait comprendre qu’il est plus simple d’enchainer les stories sur Instagram en appuyant simplement avec son pouce que de se farcir un bouquin de plusieurs centaines de pages sur le machine learning… Il n’empêche que ça reste un sujet de première importance, un réel enjeu sociétal au même titre que les perturbateurs endocriniens (au hasard), qui mérite que l’on se penche sérieusement sur la question pour pouvoir cadrer et agir si besoin. C’est d’ailleurs ce qu’a entrepris la Finlande avec une initiative pédagogique très intéressante : Democratising AI knowledge to inform ethical choices. Certes, il existe également des réflexions tout aussi intéressantes en France (ex : Le leader de demain devra combiner intelligences émotionnelle, artificielle et collective), mais elles ne bénéficient pas de relais vers l’ensemble des citoyens.

Ce qui est valable pour l’IA l’est également pour l’ensemble des domaines impactés par le numérique. Partant du principe que les usages numériques vont continuer de croitre, il y a une réelle nécessité de définitivement tourner la page du XXe siècle, et de nous projeter dans le XXIe siècle en posant les bases d’une nouvelle société numérique. Comme j’ai souvent l’occasion de le répéter lors de mes conférences : c’était peut-être mieux avant, mais c’était avant. Nous devons maintenant réfléchir à la façon dont nous voulons / pouvons intégrer le numérique dans notre quotidien afin d’en tirer le meilleur et de ne plus subir le pire (ex : harcèlement, fake news, désociabilisation…).

Des initiatives concrètes, mais dispersées

N’allez pas penser que je me contente de dénoncer sans rien proposer de concret, de faire ma « Greta du numérique », car cette réflexion me travaille de longue date. En cherchant bien, on se rend rapidement compte qu’il existe un grand nombre d’initiatives pour mieux vivre le numérique au quotidien selon différents aspects :

Comme vous pouvez le constater, les initiatives sont nombreuses et les citoyens ne sont pas forcément réfractaires (ex : Les Français sont prêts à avoir recours à la télémédecine). L’important aujourd’hui est d’élever la réflexion pour ne pas s’embourber dans des débats stériles. Le problème est que le numérique est un sujet qui touche tous les aspects de notre quotidien, mais qui n’est traité que de façon « locale » et non globale. Pourtant, il faut être aveugle pour ne pas voir l’impact global du numérique sur notre quotidien et les transformations qui en découlent, aussi bien sur le plan économique (Qui sont les freelances en 2019 ?) que sociétal (The weird rise of cyber funerals, Teens have less face time with their friends – and are lonelier than ever) qu’environnemental (Ten big global challenges technology could solve).

Encore une fois, je ne me contente pas de dénoncer, car j’ai bien conscience qu’il existe de nombreuses réflexions officielles, mais menées de façon disparate :

Ce dont nous avons besoin aujourd’hui est d’initier une réflexion plus ambitieuse sur l’impact et le rôle du numérique dans notre quotidien.

Élever la réflexion pour faire face aux enjeux du XXIe siècle

Tony Blair, l’ex-premier Ministre britannique est un très bon exemple de personnalité publique cherchant à élever la réflexion : The next great debate will be about the role of tech in society and government.

De même, le Japon a lancé une vaste initiative autour de la « Society 5.0« , c’est à dire de leur vision de la société à l’heure de la quatrième révolution industrielle : « A human-centered society that balances economic advancement with the resolution of social problems by a system that highly integrates cyberspace and physical space« .

Le gouvernement du Japon propose ainsi une réflexion très aboutie sur ce que le numérique peut apporter à la population, à l’industrie et à tous les aspects du quotidien : Realizing Society 5.0.

Cette réflexion est poussée très loin et portée par le gouvernement qui ne compte pas se faire imposer les règles des géants chinois ou américains du numérique et commence à poser les bases de SA société numérique : What is Society 5.0?.

Vous pouvez trouver que cette vision est un peu (trop) idyllique, mais elle repose sur une réflexion ambitieuse qui va bien au-delà des préoccupations fiscales.

Certes, vous pourriez me dire qu’une initiative équivalente a été lancée l’année dernière en France avec les États Généraux du numérique (dont les premières synthèses sont en ligne), mais tout ceci manque d’ambition puisqu’il n’est question pour le moment que de réguler la concurrence ou de réprimer les contenus illicites.

À mon échelle, il n’y a pas grand-chose que je puisse faire pour élever le débat, si ce n’est éveiller votre curiosité avec cet article et vous inciter à rêver à votre tour à une grande réflexion institutionnelle, c’est à dire menée par le Gouvernement avec un minimum d’ambition, voir par une coalition de gouvernements européens.

Vous pouvez aussi commencer à vous poser des questions :

  • Qu’est-ce que le numérique m’apporte ou peu m’apporter ?
  • À quoi ressemblerait mon quotidien pro/perso sans le numérique ?
  • Qu’est-ce que je peux apporter au numérique ?

Tout comme chacun(e) d’entre nous doit se responsabiliser en ce qui concerne l’écologie, il est de la responsabilité de chacun(e) de mener une réflexion sur la place que nous souhaitons donner au numérique dans notre quotidien et sur la meilleure façon de mettre les contenus, services, outils et supports numériques au service de l’humanité.

15 commentaires sur “Il est urgent de réfléchir aux fondamentaux d’une nouvelle société numérique

  1. Excellent article qui démontre à la fois la multiplicité et la complexité de la société numérique dans laquelle nous vivons. J’aime particulièrement le fait de dire que cela va trop vite. En fait, non seulement d’un point de vue économique pour les consommateurs et les marchés, mais aussi pour les gens, dans nos vies de tous les jours, sauf naturellement pour ceux qui carburent au numérique ou qui, disons-le, ont intérêt à augmenter la cadence, à créer un sentiment d’urgence qui empêche justement de réfléchir. Les impacts du numérique vont bien au-delà du numérique. C’est pour ça qu’il est tout à fait judicieux de réfléchir aux fondamentaux d’une nouvelle société numérique. Bravo pour ce bel article !

  2. Bon article, même si je trouve l’analyse un peu « restreinte ». Je rajouterai deux points, non évoqués (ou peut-être un peu trop sommairement) :

    On sait également que toute l’industrie du numérique est un monstre, qui consomme énormément d’énergie. Si internet était un pays, il serait le 3eme plus gros consommateur d’électricité derrière la Chine et les Etats-Unis. Et cette électricité est énormément dite « carbonée » (responsable du réchauffement climatique), car les data-centers qui hébergent les « internets » sont pour la plupart situés dans des pays où l’électricité est produite à partir du charbon (Etats-Unis, Chine, Allemagne, etc…). Et cette consommation double tous les 4 ans, car le volume de données à héberger ne cessent de croitre. Parce que cette fameuse IA devant laquelle Laurent Alexandre se prosterne a besoin d’un volume incommensurable (et toujours croissant) de données (le « big data »). Et tout ça pour quoi? Pour sauver l’humanité? Non, à date, les projets d’IA ne sont développés (presque) qu’à des fins marketing (aux USA) ou politiques (en Chine). Il a fallu des milliers de photos et de lignes de codes pour que Facebook arrivent à reconnaitre votre visage sur une photo. Oui, mais tout ça, pour quoi? Cette débauche d’énergie ne vous a finalement apporté que le fait que vous puissiez taguer votre ami. Un peu maigre comme résultat, par rapport à l’effort que ça a consenti, non? Les données « utiles » aux être humains représentent une part de plus en plus petites des données qu’internet produit (ici, je veux parler par exemple des sites informationnelles comme Wikipedia, ou encore les données qui permettent de faire de l’IA appliquée à la médecine, et de sauver des vies). Les données que créent Facebook, Google, Microsoft n’ont que très peu de valeur (en terme d’utilité publique), mais ce sont ce types de données qui sont le plus produites.

    Et puis : à date, la plupart du réseau internet passe par les cables et non par les satellites (contrairement à une certaine « légende urbaine). A la différence des satellites (qui sont financés par la NASA, l’Europe, etc…, et donc sont sous souveraineté des Etats), les cables sont mis en place par le secteur privé (entreprises). Ce qui peut poser certains problèmes de souveraineté et d’éthique. Peut-on vraiment être à l’aise du fait que, lorsqu’on envoyer un email aux Antilles (qui font pourtant partie de notre même pays), toute cette information passe dans des cables exploités par une entreprise étrangère? Qu’est-ce qui empêche cette entreprise chinoise ou japonaise de « revendre » cela aux plus offrants? Bref, alors que les ressources en pétrole commencent à se tarir, la géopolitique des cables va prendre de plus en plus de place. Et les pros IA ou Bitcoins semblent oublier que l’Europe a encore bien plus de retard dans ce domaine (et que cela est bien plus préoccupant). Au lieu de rester obnubilé par ce que font nos voisins en terme d’intelligence artificielle, de numérique, … (bref, tout le contenu), on oublie que l’on prend du retard également sur le contenant (les cables). Et on sait bien qu’en terme technologique, le contenant a bien plus de pouvoir de restreindre et d’imposer sa loi au contenu, que l’inverse….

      1. Oui. les GAFAM se sont engagés à le faire d’ici 2020. On verra bien si les engagements sont tenus (ce n’est pas encore gagnés pour Amazon, Microsoft et Facebook). Ceci dit, ça ne résous pas le problème de la durabilité des data-centers, car énergie renouvelable veut dire « non polluante » (et encore, quoique) mais ne veut pas dire énergie illimitée. Les panneaux solaires ont besoin de métaux rares pour fonctionner, qui sont malheuresement aussi en quantité limitée dans nos sols. Les seuls sources d’énergie qui sont inepuisables (et donc viables à long terme) sont la géothermie (chaleur du sol) et l’hydraulique. Les autres sources (nucléaire, eolien, solaire) nécessitent des ressources naturelles en quantité limitée (uranium, metaux rares) et très polluantes à extraire (l’industrie minière du cobalt ou de l’uranium n’est pas plus propre que celle du charbon).
        En bref, le passage des data-centers du charbon vers l’energie solaire (les derniers data centers d’Apple et de Google sont essentiellement basés là-dessus) déplace le problème de la durabilité du « big data », mais ne le règle pas. :-(
        Et puis, il y a les autres. Tous les data-centers du monde entier qui n’appartiennent pas à Facebook, Google ou Apple. Beaucoup de personnes, en France, vont faire des pieds et des mains pour ne plus utiliser d’energie nucleaire dans leur usage domestique. Pourtant, lorsqu’ils vont créer un site internet, ils ne vont pas avoir le reflexe de magasiner leur hebergeur pour s’assurer qu’il utilise une « energie propre ». Il y a aussi une grosse part d’education à faire chez le consommateur, qui n’est pas forcément « averti » sur le sujet de l’alimentation énergetique du web. Mais à sa décharge, c’est un sujet dont on parle très peu : lorsqu’on met en garde les gens contre les dangers du web, on va parler de la hierarchisation de l’information liées aux algorithmes (qui créent des biais), la propagation des fake news, la securité et la protection des données, etc… mais jamais de son alimentation.

        Et tout ceci s’applique également à la blockchain, dont on peut se poser la question de savoir si c’est une solution si viable que ça, compte tenu de la demande d’energie que cela demande (puissance de calcul). Car rien n’est gratuit, et faire travailler une machine/un ordinateur/ une IA, ça a toujours eu un cout (hier, c’était le pétrole, aujourd’hui, c’est le cobalt, le fer, et le zinc).

      2. Et je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas de dire : « on débranche internet ». Simplement, de se poser toutes les questions qui méritent d’être posé, comme lors de chaque revolution technologique. Pour éviter que l’on refasse les mêmes erreurs que précédemment avec le nucléaire, le charbon et les produits phyto-sanitaires.

    1. Plutôt que de penser l’UE comme d’une fin en soi de simples difficultés de communication entre voisins, il faut la penser comme un laboratoire global pour l’ordre d’un monde dont les interdépendances ne suivent plus des frontières dont les contours seraient identiques quelques soient les typologies d’échanges considérées.
      Nous sommes en train de perdre l’UE, non pas par un manque de souveraineté nationale mais parce que justement les souverainetés nationales nous empêchent de travailler à mettre en place une structure de dialogue agoniste avec laquelle la collaboration serait plus intéressante que l’antagonisme (je n’écris pas « concurrence » car la concurrence n’est pas nécessairement contraire à la collaboration).
      Les USA existent, la Chine existe… et si l’existence de l’UE, avec le Brexit qui est loin d’être une simple péripétie, commence à être discutable, l’Allemagne justement existe par exemple. Alors nous n’avons pas utilisé l’euro comme un outil de convergence des balances commerciales (la convergence fiscale est une blague, et si on met de côté sa bêtise crasse c’est parce que justement derrière il y a derrière l’idée de convergence des balances commerciales… mais comme chaque nation a envie d’arnaquer l’autre en se croyant plus méritante, juste parce qu’en fait elle connait et assume son fonctionnement interne et ses propres biais, nous n’arrivons pas à aller droit au but), qu’à cela ne tienne ! faisons-le sur la France.
      La France est une toute petite puissance, qui veut se croire plus grande qu’elle n’est et à laquelle les autres pays aiment bien le lui faire croire parce que les discours lui suffisent la plupart du temps. Ne nous inscrivons pas trop brutalement dans des logiques de guerre contre les autres pays, surtout quand ils sont bien plus puissants, et montrons plutôt les vertus de la collaboration et de l’agonisme, déjà en interne (d’autant plus que les autres pays en question se retrouvent avoir les mêmes problèmes en fait). La technologie de la blockchain pourrait s’avérer exactement l’outil manquant pour mettre en place des monnaies de plusieurs types dont l’euro ne serait plus qu’une monnaie de référence, et s’avérer aussi un socle pour tout un tas de contrats dont l’ensemble pourrait former un nouveau contrat social… et techniquement cela pourrait faire partie d’une boucle vertueuse.

      1. On est bien d’accord sur le constat de l’Europe. Elle doit être envisagée comme une solution, et non comme un problème.
        En revanche, ce n’est pas tant l’Europe (et la France) qui s’inscrit dans une logique de guerre avec les autres pays mais l’inverse. On sait par exemple que la NSA a réussi à écouter des discussions diplomatiques de l’ambassade d’Allemagne (et d’autres puissances européennes). Tout ça, parce qu’ils maitrisent l’infrastructure technologique du numérique (les cables) et les acteurs (toutes les entreprises americaines sont contraintes de partager toutes leur données à la NSA et à la CIA). Bref, on ne parle pas que d’une « guerre économique » ici, mais bien de géopolitique.
        Pour la blockchain, cet outil répond en effet à un besoin, mais, compte tenu de son extrême gourmandise en puissance de calcul (et donc en energie), on est en droit de se poser la question si elle est vraiment viable en l’etat. Peut-être devrait-on la considérer non pas comme une fin, mais comme un moyen d’en faire quelque chose de plus viable, en l’améliorant. Et puis, il existe déjà des solutions, autres que les crypto-monnaies, pour avoir d’autres types de monnaie que l’euro, comme en atteste le nombre de monnaies locales qui sont en circulation dans toute l’Europe : https://www.nouvelobs.com/topnews/20181027.AFP8044/l-eusko-basque-devient-la-monnaie-locale-la-plus-utilisee-en-europe.html 🙂

  3. Une approche positive et un accompagnement sont sans doute très importants.
    Je pense tout de même qu’il est nécessaire de neutraliser à la base un certain nombre de représentations qui se sont construites relativement à un monde dominé par des expression de contraintes matérielles qui n’ont plus court.
    Relativement aux échanges sur les réseaux sociaux par exemple : nous ne sommes pas formés à la discussion et au dialogue. La collaboration est interdite et même éliminatoire sur les examens, elle ne fait l’objet que d’activités périphériques mal évaluées et surtout toujours individuellement ; l’exercice de l’expression est systématiquement contrôlé ; l’oralité est peu valorisée et en France notamment ne fait l’objet d’aucun apprentissage ; le débat est peu connu et la transmission des savoirs est peu discutée et toujours très mal. En dehors des pratiques familiales, la seule école de l’échange est l’audiovisuel… et finalement les pratiques sur les réseaux sociaux sont très proches de ce qui se passe notamment à la télévision. Soyons clairs : les plus grands trolls de l’Histoire y sont non seulement autorisés, mais en fait ils ont tout simplement des postes de porte-parole d’autorités de contrôle institutionnalisées, c’est à dire que plus les gens ont un comportement déplacé plus on leur tend un micro plus on oblige les gens qui portent des micros à le leur tendre. Il ne s’agit plus ici d’un état contingent de la réalité mais d’une construction consciente dont la structure induit directement les comportements : un système de licences d’exploitation de fréquences exclusive à des contenus, une corporation construite autour d’une extension des droits supposément universels de liberté d’expression, différentiation artificielle de canaux de consommation, asymétrie verticale de la diffusion. Je vois donc ici deux axes d’action évidents et relativement simples.
    La question des données personnelles me semble plus complexes et difficile. Et il me semble que pour l’instant nous nous contentons de ne traiter que de questions périphériques qui forment un nuage difficile à dépasser. Mon hypothèse est que la question centrale en est la manipulation des personnes et de leurs comportements, parce que finalement nous avons accepté collectivement la manipulation comme étant acceptable voire productrice de richesses. Même si la manipulation va beaucoup plus loin que la question de la publicité, je trouve troublant que par exemple nous nous soucions plus d’une publicité qui nous serait proposée relativement à notre profil indiquant que nous sommes susceptibles d’être intéressés par un produit que d’une publicité qui, ne sachant rien de son audience, va utiliser des moyens particulièrement nocifs pour chercher à faire acheter n’importe qui. De même je suis soucieux à l’idée que des gouvernements puissent utiliser des données non pas pour maintenir l’ordre dans un cadre de démocratie faites de rapports de force entre minorités mais pour maintenir un consensus quitte à accepter du désordre. L’exploitation des données personnelles, permettant à connaître des comportements à la fois en masse et en qualité, est une richesse formidable, simplement nous avons institutionnalisé un certain nombre d’abus par le simple fait que nous manquions autrefois d’outils.
    L’hyper activité et réactivité économique et sociales vont bien plus loin que l’émergence brutale de startups ou même un « remplacement » par des machines des travailleurs déjà utilisés comme des machines : il faut acter la chute de la valeur de la reproduction du même, l’irréalité concrète du copyright, l’alphabétisation quasi totale de la population et la démocratisation des compétences sur la complexité à plus de 30%, le phénomène de mobilité géographique et sociale qui tend vers la juxtaposition… etc. Je dirais qu’avec toute cette augmentation de l’activité sociale il faudra bien relâcher la pression de la structuration du travail par le salariat… ou ça explosera. Les changements de support de l’information ne transforment qu’indirectement les objets économiques ; c’est plus grave que cela, ils en changent les sujets.

    Je crois que tenter d’accepter le numérique est très secondaire. Ce qui semble central serait plutôt d’accepter l’historicité de l’efficacité de nos systèmes sociaux (c’est la fin de la Fin de l’Histoire). C’est à dire que si nous coupions du jour au lendemain l’Internet, les conséquences de ruptures démographiques, culturelles et comportementales seraient toujours présentes. Le plan réactionnaire ne pourrait donc pas être celui-là, mais plutôt de s’attaquer au système d’instruction de masse, à soumettre les libertés individuelles à des appartenances (communautaires, religieuses, professionnelles) dans une re-verticalisation de la société, renforcer les systèmes de licence, centraliser les richesses et les moyens (même si cela peut passer par le renforcement de GAFAM quelconque qui, un peu gênantes, peuvent représenter à terme des autorités ou au minimum des intermédiaires), décrédibiliser la démocratisation des capacités individuelles d’exercice des libertés (d’expression notamment parce que c’est ce qu’il y a de plus visible), rigidifier les rapports de force hiérarchiques.
    Alors ce ne serait pas trivial à reconnaître, et ce type de réaction est souvent de l’ordre du subconscient, collectif la plupart du temps. Mais que le Japon utilise le numérique et notamment la robotique n’est par exemple pas une surprise et que cela renforce les dynamiques démographiques originales de ce pays non plus ; il s’agit en réalité d’une fuite et d’une accentuation d’un déni et non d’une acceptation. Les états généraux du numérique en France pourrait bien avoir été (sub-)pensés de la même façon, c’est à dire qu’il pourrait ne pas tant s’agir d’une initiative qui pècherait par son manque d’ambition que d’une initiative dont l’ambition subconsciente serait de revenir au monde du 20è siècle par tous les moyens, y compris ceux du 21è siècle… ce sont deux lectures quasi contraires.

    Le numérique s’inscrit dans des logiques d’émancipation des contraintes matérielles et d’amélioration de notre gestion des contingences qui semblent faire partie de la condition humaine. Comme tout, la technique doit servir l’humanité (bon… on pourrait être plus précis, en parlant des individus comme véhicules de gènes et de mèmes… ce serait pertinent, mais long), mais surtout servir le moteur de l’humanité (à terme elle disparaîtra, c’est comme ça) et en fait c’est surtout vrai pour nos organisations sociales. Ce que nous vivons actuellement c’est un phénomène de niveau de performances, à partir duquel soit nous changeons nos organisations pour utiliser correctement nos outils (principaux symboliques en fait) grâce à une révolution cognitive soit nous régressons pour retrouver les conditions qui ont produit exactement la situation actuelle… ce qui ne va jamais très loin et débouche plutôt sur un éclatement civilisationnel.
    L’approche utilitariste et finaliste ne suffira pas, et ce n’est même pas « déjà un début » : le numérique est le symptôme d’une mutation, c’est la mutation qu’il faut regarder, par le biais du numérique pourquoi pas (d’autant plus que, bon, c’est notre métier témoignant de nos compétences cognitives).

  4. Bonjour,
    D’abord merci pour cet article, et de manière générale pour la qualité de vos posts.

    Je reste néanmoins surpris, en vous lisant, par la déconnexion entre votre regard et la peinture de plus en plus sombre (et malheureusement documentée) que peignent les « effondristes », de toutes obédiences, du futur.

    Même Laurent Alexandre, malgré toute sa supériorité, se voit obligé d’essayer de traiter (très maladroitement) le sujet (avec morgue et arrogance, ca va de soi…). C’est dire !

    Une réponse à votre article parle de l’énergie, et dans la discussion vous en venez également à parler des métaux. Ce n’est, malheureusement, qu’une partie (importante il est vrai) du problème.
    L’effondrement d’une société est largement amplifié par son degré de complexité.
    Et toutes les sociétés qui tendent vers l’effondrement cherchent au travers de la complexification à résoudre les problèmes créés par l’efficacité liée à leur complexité.

    Malgré l’évidence de la nécessité, il est utopique de penser que nous consommerons moins d’énergie que ce que nous pouvons. Le nous désignant ici l’Humanité. Le mécanisme qui sous tend ce constat s’appelle l’effet rebond. Ce qui est économisé ici, sera consommé là sous une autre forme.
    L’espèce humaine consommera toute l’énergie à sa disposition, et sous toutes les formes qui lui sont accessibles.
    Et le déclin énergétique couplé au désordre créé par l’utilisation de cette énergie (réchauffement climatique, artificialisation des sols, 6eme extinction de masse…) créera un point de basculement profond qui va tout changer.

    Localement, une société, d’une part consciente du désastre qui s’annonce, et d’autre part consciente du rôle de la complexité sous toutes ses formes, et notamment technologique, peut travailler sur la résilience en décomplexifiant ce qui peut l’être (en sachant que la guerre pour les ressources va être impitoyable et que VAE VICTIS est un invariant de l’espèce humaine).

    Nous sommes en haut de la gaussienne.
    La chute à venir sera vertigineuse.
    La société 5.0 ressemblera plus à la 2.0 qu’a un film de science fiction.

    1. Il faut regarder l’Histoire : les effondrements ne se produisent pas par adaptation et changement de paradigme mais suite à des rigidifications qui finissent par prendre la forme de l’ascétisme ultra autoritaire.
      Aujourd’hui tous nos instruments de mesure de la valeur passent par la mesure de la transformation et les transactions matérielles de transmission de propriété. Tous les organisations émergentes de dépassement de la marchandise (ou produit-déchet, puisque la transaction est en l’occurrence un abandon) sont prohibées, plus ou moins explicitement, relativement au constat, absolument correct, que cela met en péril notre système social. Les seules critiques institutionnalisées se portent toujours sur la consommation comme le côté sombre de la production bienfaitrice, alors que des pistes apparaissent en faveur d’une maximisation de la consommation conjointe à une minimisation de la production.
      Le déclinisme va de paire avec un diagnostic de décadence, où finalement l’observateur se retrouve nostalgique de sa croyance en la Fin de l’Histoire. Il va nous falloir choisir entre le dépassement de notre organisation sociale (qui fait système) et la destruction de la réalité… force est de constater, à travers l’Histoire, que l’homme préfère bien souvent le système à la réalité. Aussi il faudrait, je crois, miser sur des mutations de comportement qui iraient plus vite que nos réactions basées sur des postures conscientes, et que l’obsolescence de notre système aille plus vite que la convocation des moyens de coercition des pouvoirs de contrôle.
      Ce que nous constatons à un niveau macroscopique c’est un glissement autoritaire et une rigidification… mais au niveau local ça bouge vite. En gros je pense qu’il faut miser sur l’organisation loin de l’équilibre, contre-entropique, plutôt qu’un écroulement entropique de la complexité (d’autant que nous avons désormais les moyens d’éradiquer toute l’espèce humaine), dans une approche vitaliste plutôt que tanathophile.

      Il suffit de voir la popularité grandissante d’une approche populaire de l’ascétisme et du malthusianisme (toujours xénophobe et en faveur des plus forts qui pourtant dans une approche démographique devraient justement être les premiers visés : les premières victimes d’une vraie politique malthusienne seraient ceux qui justement la soutiennent)… nous sommes quand-même mal barrés.

    2. Effectivement, je doute que les consommateurs soient subitement pris de remords et adoptent des réflexes de consommation citoyenne et durable. La parade serait de taxer plus fortement la consommation, donc la TVA, avec une TVA réduite pour les produits de première nécessité ou issus d’une production durable / locale. Une décision très impopulaire à prendre…

      1. @Fred> Ce que je dis c’est que justement la consommation est une question périphérique, qui permet de faire diversion par rapport à la question centrale de la production. Et si nous voulons protéger la question centrale, si la poser est à la limite du tabou, c’est parce qu’elle fait système.
        Par contre je suis d’accord sur l’idée que nous pouvons influencer la production par la consommation… mais remarquons que les volontés sont difficiles à fédérer sur ce thème ou, plus exactement, que nos comportements devancent nos postures à ce niveau.

      2. @ropib : « Les seules critiques institutionnalisées se portent toujours sur la consommation comme le côté sombre de la production bienfaitrice, alors que des pistes apparaissent en faveur d’une maximisation de la consommation conjointe à une minimisation de la production. » Pour moi, il est très difficile de concilier les deux. On l’a vu avec l’electricité. Quand on a remarqué que la production d’electricité par le charbon était un problème, on a créé les panneaux solaires. Quand on a vu que les voitures à essence polluaient, on a créé la voiture electrique. Mais ces deux technos demandent des ressources naturelles (minerais) qui sont en quantité aussi limitée que le charbon ou le pétrole dans nos sols (et donc pas plus viable). Ça ne règle donc pas le problème mais le remplace par un autre. Il aurait peut-être plutôt se dire que prendre les transports en commun ou demander aux gens de ne plus chauffer leur piscine (consommation) étaient plus efficaces que de produire des produits de substitution.

        @fred : Oui, la taxation est un bon moyen, mais il ne faut pas que cela repose exclusivement sur le consommateur (TVA). Les taxes à l’entrée (douanes) sont un bon moyen aussi. Par exemple, quand Renault achète du cobalt ou du nickel en Chine pour ses batteries, il est normal qu’il soit taxé aussi (cela pousserait peut-être le service R&D à trouver d’autres solutions, pour ne pas rogner leur marge). De même pour le transport : s’il était plus taxé, Carrefour, Leclerc, etc… se diraient peut-être que, finalement, acheter des tomates en France revient moins cher que d’en importer du Maroc….

  5. Moi je trouve personnellement qu’il n’y a pas eu tant d’évolution que ca coté technologie de l’information ces dernières années, il y a adoption massive certes, transformation pour la masse, mais les bases ont été posé il y a déjà longtemps, les ingénieurs comme moi qui ont baigné dedans voyaient l’avenir proche car eux avait déjà adopté les comportement décris ici. Je vous donne un exemple, il y a plus de 10 ans je discutais avec pas mal de couples qui à l’époque avait des gamins de 12/13/14 ans et qui ne voyaient pas l’utilité qu’un jour il puisse possède un mobile à cet age.. il y avait meme une hostilité profonde… et moi j’était certain que ca irait aussi ds la poche de ces gamins… et bien leur seconde progéniture avait tous eu un mobile à 13 ans !!!
    Ce que je veux dire c’est que « Nous sommes les Borgs. Abaissez vos boucliers et rendez-vous sans condition. Nous intègrerons vos caractéristiques biologiques et technologiques aux nôtres. Votre culture s’adaptera à nos besoins. Toute résistance serait futile. »
    On a gagné quoi !!! les Geek on a converti toute la population !! et maintenant on vous suce la cervelle :)
    Bon C’est effrayant !! Mais va falloir maintenant que tout le monde rejoigne le collectif, et obéir aux ordres de l’algorithme !!!
    C’est juste la prochaine étape, merci l’IA et autre Algo sympathique qui peuvent mettre en place des systèmes de controle de la population mais aussi des politiques et de l’organisation du collectif. On ne va plus voter pour des politiques mais un ensemble de lois qui vont être controlés par la techno ! Lois proposé en QCM bien sure faut pas déconner :)

    Les Gens vont kiffer l’IA, ils vont kiffer ne plus prendre de décision, c’est qd meme le pieds quoi !

    ;)

  6. Bonjour. Article et commentaires très intéressants. Je ne suis ni ingénieur, ni geek mais une personne intéressée par les développements technologies et notamment leur application dans nos modes de communication. Lorsque je lis les postes je me sens démunie et presque allez disons le « effrayée ». Je me revois devant le livre de George Orwell 1984 » mais heureusement il l’a toujours dit « ce livre est une satire ». Notre monde n’a pas basculé et heureusement du coup mon optimisme revient et j’aimerai à dire que ne pas faire face aux défis des développements technologiques serait un suicide. Il existe bien sûr des impacts négatifs qu’on ne peut nier (ex : « les impacts du smartphone » de l’Ademe » : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-impacts-smartphone.pdf mais les impacts ne sont pas que négatifs. J’y vois du bon dans ces développements. Comme pour tout, il faut réguler et apprendre à bien gérer leur utilisation. Cela ne sera plus le rôle des politiques qui semblent eux-mêmes dépassés par ces avancées technologiques. Qui alors ? la question reste ouverte. La technologie et les espèces vivantes devront apprendre à vivre ensemble, croire autre chose serait illusoire.
    Comme je l’ai dit plus haut je m’intéresse plus particulièrement à l’impact de ces technologies sur notre mode de communication. Aujourd’hui beaucoup argumentent que nous communiquons plus mais moins. Plus en quantité moins en qualité. La communication digitale répond à un besoin de nos sociétés d’aller toujours plus vite et plus loin (convergence des médias, les médias sociaux, la communication mobile, les outils de mesure d’efficacité, les outils de mesure de suivi). On nous annonce la disparition des traducteurs. Nous pourrons nous déplacer avec des appareils à traduction connectés qui traduiront simultanément dans n’importe quelle langue. Nous communiquons plus vite, à une plus large audience, de sujets que nous maitrisons plus ou moins et surtout la communication digitale nous permet de faire rêver : vivre dans un monde virtuel en réalité augmentée mais surtout avoir une super intelligence qui saurait tout faire mieux que nous. Les agences immobilières, les agences de voyages commencent déjà à nous faire voyager ou visiter un appartement sans bouger ! les sensations seront créées à l’infini….
    Le big data est à l’ordre du jour. Avoir le maximum d’information pour rendre la machine aussi intuitive que l’humain ou que l’animal. Nous en sommes bien loin mais ça avance. Les outils de communication tels que nous les connaissons seront amené à disparaitre j’en suis convaincue. L’impact des nouvelles technologies sur nos modes de communication sera de plus en plus important. Aujourd’hui la physique de l’information quantique commence à faire couler de l’encre. Nous y arrivons et je n’ai aucun doute que de grands investisseurs ont déjà attaqué la question : http://guillemant.net/index.php?cate=articles&part=physique_information&page=Vers_la_physique_de_demain.htm. La communication digitale, la révolution numérique ne sont que des étapes tout comme l’a été la révolution industrielle. Les défis des avancées technologiques notamment sur nos modes de communication sont bien réels. Ils remettent notamment à mal la véracité de l’information et sa manipulation à des fins pas toujours louables. Mais nous ne pourrons plus jamais revenir en arrière, alors la seule question à Se poser c’est quand et comment allons-nous ?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s