Les machines deviendront-elles l’égale de l’homme ?

Je viens de terminer la première saison de Terminator – The Sarah Connor Chronicles, une très bonne série qui relate le combat d’une poignée de résistants contre la rebelion menée par les machines.

Science-fiction ? Pas tant que ça, surtout quand on voit ce que les machines sont capables de faire de nos jours. Ne ratez surtout pas la séquence (35 s. à partir de début) où la bestiole se fait méchamment bousculer mais parvient à rester sur ses pattes :

Autant je suis sidéré par les progrès réalisés en matière de robotique, autant cette vidéo me met mal à l’aise. Cela doit surement venir de l’aspect à la fois fragile et terriblement menaçant de ce robot (à mi-chemin entre biche et mouche géante).

Bref, les questions qui me travaillent en ce moment sont les suivantes : Jusqu’où irons-nous ? A quoi ressembleront les robots dans 10-20-30 ans ? Quels progrès auront été réalisés en intelligence artificielle ? A quoi vont bien pouvoir nous servir ces robots de plus en plus perfectionnés ? Le jeune John Connor aura-t-il une relation avec Cameron dans la saison 2 ?

Tous solidaires avec Éric et son histoire de Fuzz

Comme sans doute beaucoup d’entre-vous, j’ai été extrêmement surpris et révolté par cette honteuse histoire d’acteur français qui assigne en justice le site Fuzz (et son propriétaire) pour avoir hébergé un lien renvoyant sur une rumeur publiée dans un blog people : Bonne nouvelle, Fuzz rapporte enfin beaucoup d’argent !

Bien évidement vous vous doutez bien que cet acteur n’est pas un spécialiste du web et qu’il s’est sans doute fait conseillé par une ribambelle d’avocats qui ne cherchent pas trop à comprendre comment le service fonctionne et appliquent les mêmes méthodes que pour les journaux people. Comme le fait fort justement remarqué Pierre Chappaz, c’est comme s’ils attaquaient le propriétaire d’un kiosque à journaux pour les propos ou photos d’un journal vendus en rayon.

Bref, toute cette histoire est lamentable et j’espère sincèrement qu’elle se terminera bien. La suite ici : Fuzz et assignation en justice, ils en parlent.

Allez Éric, on est tous avec toi !

Deviendrons-nous tous des médias potentiels ?

Je constate depuis un certain temps une montée en puissance des services d’agrégation du type SocialThing, Ziki, mEgo ou encore LiFE2Front. Dernier en date, FriendFeed qui est semble-t-il la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : FriendFeed Gets $5M, Launches to the Public.

Il faut dire qu’avec cette ribambelle de services « 2.0 » tout est prétexte à publication et partage : vos billets (via flux RSS), vos favoris (del.icio.us), vos photos (FlickR), vos diaporamas (Slideshare), vos achats (Shopalize), vos films loués (Netflix), vos chansons écoutées (Last.fm), vos humeurs (Facebook Feed & Status), vos moindres faits et gestes (Twitter)…

N’importe qui peut se prêter à ce petit jeu, mais il est tout de même préférable d’avoir un peu d’audience pour que ça devienne intéressant. Exemple : Loic Lemeur, l’homme public que l’on peut suivre au quotidien à l’aide de son blog, de son flux Twitter ou des ses podcast. Imaginez un peu ce que cela pourrait donner avec une version mobile de Seesmic

Petit à petit nous nous rapprochons de la notion de sousveillance pour laquelle il existe déjà des services comme Justin.tv, BlogTV ou encore le tout récent Yahoo! Live. Nouvelle forme d’expression ? Très certainement, car contrairement aux blogs où il faut publier pour exister, dans le cas de ces services de Lifecast l’exposition est passive et quasi-pervasive, du moins pour la partie publique de la vie des auteurs. D’ailleurs, produisent-ils réellement du contenu ? Vaste question…

Comment cette tendance va-t-elle évoluer ? Difficile à dire, d’autant plus avec Google qui a récemment racheté Jaiku. Essayez donc d’imaginer ce qu’ils pourraient faire en appuyant ce service sur leurs data-centers : une indexation en quasi-temps réel de notre quotidien, une sorte de back-up permanent de notre vie de tous les jours.

Finalement le concept de lifestream n’a jamais été autant d’actualité (lire à ce sujet ce blog : Lifestream Blog). Je m’étonne que les éditeurs de services en ligne n’ont pas encore étendu ce principe en proposant des variantes :

  • des lifestreams familliaux (regroupant les activités quotidiennes des différents membres de la famille) ;
  • des lifestreams locaux (regroupant le quotidien des habitants d’un même quartier) ;
  • des lifestreams verticaux (pour des groupes homogènes de passionnés ou de professionnels d’un même métier)…

Vous êtes libre de compléter cette liste dans les commentaires.

Mes réflexions autour de Silverlight 2 et du MIX08

Suite à une série de billets publiés sous forme de compte-rendu, je me livre maintenant à une analyse à froid de la stratégie de Microsoft sur les interfaces riches et sur Silverlight en particulier.

Silverlight est là pour durer

Au vue de l’ambition et des moyens qui sont engagés par Microsoft, il est clair que les interfaces riches est un créneau (marché ?) que Microsoft veut investir durablement. Traduction : ils mettent le paquet pour réussir.

Ce n’est donc pas un hasard si Silverlight est proposé dans les mises à jour de Windows, le déploiement doit se faire rapidement.

Deux leviers de différenciation

Pour rattraper son retard sur Flash, Silverlight doit trouver sa place dans un marché un quête d’un second souffle. Microsoft a donc choisi de miser sur deux critères de différenciation : La vidéo HD et les applications d’entreprise.

Le premier car ce créneau est encore quasi vierge (du coup Adobe contre-attaque avec son initiative HD Video). Le gros partenariat avec NBC pour la retransmission des J.O. devrait jouer un rôle important dans l’évangélisation de Silverlight auprès du grand public.

Le second car Adobe a du mal à pénétrer ce marché et que Microsoft dispose déjà d’une très importante base de clients et de développeurs (lire à ce propos un billet de l’année dernière : Réflexions autour de Silverlight). La mise à disposition d’un ensemble de composants standards d’interface (boutons, menus déroulant, champs…) est ainsi un premier pas vers une approche industrialisée du développement de RIA d’entreprise.

Un discours tourné vers les annonceurs

Force est de constater que Microsoft ne s’embête pas trop à séduire les utilisateurs, ce serait un chantier bien trop laborieux et inutile (surtout avec Deux sites qui se font concurrence : microsoft.com/silverlight et silverlight.net).

Microsoft préfère concentrer son attention sur les annonceurs en leur fournissant des outils qui facilitent la monétisation des contenus :

  • L’intégration native de la gestion des publicités au sein de l’environnement de développement (ad templates) qui permet de gérer l’apparition de bannières à des moments précis de la timeline ou sur déclenchement d’un évènement, de gérer leur comportement, d’afficher des bannières transparentes en sur-impression (ad overlay) ou encore de faire du tracking ;
  • La possibilité de faire du téléchargement progressif (progressive download) pour ne pas gâcher de la bande passante inutilement (améliorant ainsi les coûts d’exploitation) ;
  • La possibilité d’activer la gestion dynamique de la bande passante (adaptive streaming) qui permet de réduire la qualité d’une vidéo pour ne pas interrompre le streaming (et donc l’affichage des fameuses bannières).

Bref, vous l’aurez compris, ils ont pensé à tout et les annonceurs / agences ne seront pas sourds à ces outils très précieux.

Quid des outils de conception ?

Je ne sais pas pour vous mais j’ai la très désagréable impression d’être la troisième roue du carrosse. Je m’explique : pour faire un site web ou une application en ligne, vous avez besoin de trois types d’intervenants : les designeurs qui s’occupent du look&feel, les développeurs qui s’occupent de la programmation et de la viabilité technique, les architectes fonctionnels qui se chargent des aspects métiers et de l’utilisabilité.

Microsoft tout comme Adobe concentrent tout leurs efforts sur les designeurs et les développeurs, mais ne s’adressent pas du tout aux concepteurs. C’est très dommage, car ces trois métiers travaillent de concert et devraient partager le même environnement de travail.

Je rêve ainsi d’une plateforme unifiée servant à faire la conception graphique, technique et fonctionnelle d’une RIA. Une plateforme de conception où il serait possible de :

  • Créer des arborescences ;
  • Modéliser des processus métiers ou des parcours clients (sous forme de use cases) ;
  • Faire du prototypage rapide sur des écrans fonctionnels (appelé ça comme vous voulez : storyboard, wireframe…) ;
  • Décrire le comportement des interfaces et des différentes modalités d’interaction (des sortes de mini-specs).

Jusqu’à présent l’offre des grands éditeurs est inexistante sur ce créneau, il n’existe que des acteurs de niche comme Norpath ou Axure.

Pour l’instant je n’ai entendu que des rumeurs et bruits de couloir : une extension à la suite Expression pour Microsoft et un certain projet « bordeaux » chez Adobe (un outil à mi-chemin entre Fireworks et Thermo).

2008 sera une année décisive

Je suis intimement persuadé que 2008 va être une année charnière pour les interfaces riches où tout va se jouer en quelques trimestres. Les enjeux sont de taille et le web 2.0 se cherche un second souffle, la bataille s’annonce donc épique avec un probable point culminant pour les sorties officielles de Silverlight 2 et Flash 10.

En attendant, Microsoft (tout comme Adobe) poursuit son travail d’évangélisation et de séduction. Espérons qu’ils n’oublieront personne en chemin (cf. mon paragraphe sur les outils de conception).