Hypothèses sur le rachat d’Omniture par Adobe

La nouvelle est tombée la semaine dernière et a surpris tout le monde : Adobe met la main sur Omniture pour un montant de 1,8 milliard de dollars (Adobe to Acquire Omniture). Officiellement il est question de synergies (bla-bla-bla) mais les avis de spécialistes sont unanimes pour dire qu’il y a d’autres raisons à ce rachat et surtout au montant de ce rachat.

Pour mémoire rappelons qu’Omniture est (était) un des deux géants de l’analyse d’audience avec Webtrends et qu’ils se sont illustrés ces dernières années par une politique d’acquisitions agressives : Omniture rachète Visual Science (qui avait fusionné avec WebSideStory). En quelques années nous sommes ainsi passé d’un marché atomisé à une configuration de marché tout à fait particulière suite à un phénomène de concentration (entre éditeurs) et au mercato auquel se sont adonnés les grands de ce monde (Google avec Urchin pour donner naissance à Google Analytics, Yahoo! avec IndexTools qui devient Yahoo! Web Analytics). Outre Webtrends, il reste maintenant nettement moins de solutions « indépendantes » comme par exemple CoreMetrics, Unica ou encore Nedstat.

Mais revenons à nos moutons avec cette histoire d’acquisition et la grande question : Pourquoi payer un tel montant ? Après tout Microsoft a bien développé son propre outil (AdCenter Analytics), Adobe aurait pu faire de même (Adobiture – Brave and measured or foolish?). La réponse semble toute bête : Adobe était pressé, ils avaient du cash en banque et Omniture était en situation difficile (More color on Adobe + Omniture). La belle affaire !

Développer des synergies entre les métiers de la création et ceux du marketing

Plus sérieusement, la raison invoquée est de pouvoir intégrer de façon plus efficace la mesure d’audience dans l’ensemble du processus avec un outil de pilotage faisant le lien entre les différents métiers (créatifs, producteurs, régies, agences, annonceurs…). Il est donc ici question d’étendre la gamme avec des solutions à chacune des étapes : Creative Suite pour la création, Flash Platform pour la distribution, Site Catalyst pour l’optimisation.

L’intégration d’Omniture permettrait à Adobe de faire plus que de l’analyse quantitative sur les contenus rich media, de faire de l’analyse qualitative pour mieux séduire les annonceurs (cf. What Adobe’s Weird Omniture Acquisition Means for Advertising). L’intégration au sein d’Adobe permettrait aux équipes d’Omniture d’acquérir de l’expérience sur les contenus vidéo ainsi que les interfaces riches et mobiles (cf. Omniture and Adobe – a first take).

Ceci étant dit, on se repose la question de savoir s’il n’aurait pas été plus simple de développer des marqueurs génériques ou de monter une solution « maison ». Encore une fois peut-être est-ce purement opportuniste de la part d’Adobe qui ne voulait pas se faire prendre de vitesse par les autres poids lourds (Google, Microsoft…).

Changement de mentalité, changement de métier

Venons-en maintenant à des raisons plus profondes et notamment les mentalités chez Adobe, ou plutôt les modèles économiques. Pendant des décennies Adobe a « pratiqué » la vente de licences et les équipes doivent maintenant adopter de nouvelles méthodes (et mentalités) pour vendre du service. Le fameux Software-as-a-Service qui permet de mieux fidéliser les clients et de lisser les revenus sur l’année. Cette acquisition se place donc dans la continuité d’acquisitions de fournisseurs de solutions SaaS (Scene7, GoodBarry) et devrait permettre à Adobe de récupérer des clients grands comptes facturés en mode SaaS (cf. Adobe Flexes Its Online Muscle and Acquires Omniture).

Par projection nous pourrions donc logiquement nous dire que la prochaine acquisition d’Adobe concernera la pièce manquante de son puzzle : une solution de gestion de contenu d’envergure. Au choix : Interwoven ou pourquoi pas OpenText qui a récemment avalé Vignette.

Attendons et observons…

Yahoo! se lance dans l’analyse d’audience en rachetant IndexTools

Voilà une nouvelle qui fait sensation : alors que Yahoo! vient de refuser une seconde fois l’offre de rachat de Microsoft, ils viennent d’annoncer le rachat d’IndexTools, un éditeur de solutions d’analyse d’audience : Yahoo! Announces Agreement to Acquire IndexTools’ Analytics Business.

IndexTools.jpg

Les premières réactions sont plutôt bonnes :

En tout cas c’est une nouvelle qui vient alimenter une actualité particulièrement chaude dans le secteur des Web Analytics avec l’apparition de nouveautés chez Google Analytics (notamment l’option de data sharing et les vues par semaines et mois que j’attendais depuis bien longtemps) :

GoogleAnalyticsBeta.jpg

L’actualité est également marquée par l’apparition de nouvelles solutions open source comme le très prometteur Piwik qui se veut être une alternative à Google Analytics c’est une solution installée, qui repose sur un principe de plug-in (modularité) et propose également des API (évolutivité).

Pour en savoir plus sur cette nouvelle solution, je vous propose ce diaporama : Piwik, Open Source Web Analytics Software. (Merci à Matthieu pour le lien)

Omniture rachète Visual Science (qui avait fusionné avec WebSideStory)

La nouvelle vient de tomber : Omniture (un des poids lourds de l’industrie de l’analyse d’audience) vient de mettre la main sur Visual Science pour un montant de 394 millions de $ : Omniture to Acquire Visual Sciences.

Bon OK, à côté des (soi-disant) 15 milliards de $ de Facebook ça ne pèse pas lourd, mais ce rapprochement est tout de même emblématique de ce qui est en train de se passer dans le monde de l’analyse d’audience : un phénomène de repli et de concentration lié à l’arrivée récente de Google Analytics sur ce créneau. Pour faire simple : le middle market disparait au profit des plus gros acteurs (Omniture et WebTrends) tandis que les grosses régies publicitaires proposent des outils gratuits d’analyse de la performance comme « agrément » à leur prestation (Google Analytics pour Google Adwords et Gatineau pour Microsoft adCenter)

Pour mémoire, Visual Science est une société assez récente qui a révolutionné le marché avec une approche quasi-temps réel de l’analyse d’audience et des outils de reporting très puissants (voir à ce sujet la fiche consacrée à Visual Science sur le portail Web-Analytique) :

Screenshot_VisualScience

 

Difficile de prédire l’avenir de cette fusion : Que vont devenir toutes ces offres ? Quelle va être la nouvelle logique de gamme ? Combien de temps pour assurer l’interopérabilité entre les plateformes des différentes marques du futur groupe ? La nouvelle entité survivra-t-elle au rouleau compresseur Google ?

Bon en tout cas c’est Adrien qui doit être content ! (via GrokDotCom)

Une nouvelle version pour Google Analytics

Google Analytics fait peau neuve : New Version of Google Analytics!

Le service d’analyse d’audience de Google propose ainsi un nouveau tableau de bord beaucoup plus performant (avec un système de personnalisation à la Netvibes) :

GoogleAnalytics1

Cette nouvelle version propose entre autre une possibilité de comparaison de deux plages très convaincant :

GoogleAnalytics2

Visiblement le rachat de MeasureMap (qui n’est toujours pas intégré) a permit de renforcer les équipes de Google (avec notamment Jeffrey Veen, l’ancien fondateur d’Adaptive Path).

On en parle ici :

Après Google Analytics, bientôt un Yahoo! Analytics ?

Suite au récent lancement de sa nouvelle plateforme de liens sponsorisés, les équipes de Yahoo! Search Marketing devraient sortir une solution d’analyse d’audience dans le courant de l’année : Yahoo Analytics – A Reality?.

Bon c’est sûr que cette annonce ne fait pas autant de bruit que le rachat de DoubleClick par Google, mais c’est tout de même un signe que le paysage des solutions d’analyse d’audience est en pleine mutation.

D’après les premières informations, cette solution serait payante (dans les 6.000 $ à l’année pour un compte premium). Pour une analyse plus poussée, je vous recommande cet article : Yahoo Takes on Google in the Analytics Game.