L’identité numérique sur Direct8

Le podcast de l’émission 8-Fi consacrée à l’identité numérique vient d’être publié : Magazine 8-Fi – Vers l’identité numérique ?

Ma trombine à la télé

Participer à une émission de télévision (surtout en direct) est une expérience très enrichissante. Quand on mesure l’ampleur de l’équipe technique et de toute la machinerie nécessaire à la fabrication d’une émission, on se sent tout petit…

Toujours est-il que j’étais très bien entouré pour cette émission :

  • Alain Bensoussan, avocat de renom dans les NTIC
  • Daniel Kaplan, le patron de la FING
  • et même Fanny du Fanny’s blog.

Un grand merci à l’équipe de 8-Fi pour m’avoir permis de participer : Dominique, Yvan et tout le staff.

Bientôt des banques P2P en France ?

Le secteur bancaire est un secteur très particulier. On y cultive le secret avec encore plus d’attention que chez les diamantaires. Je suis ainsi très surpris de ne pas avoir lu d’articles ou de billets sur le phénomène en cours dans les pays anglo-saxons : la banque P2P.

Le principe est assez simple : désintermédiation + réintermédiation. Comprenez par là que des services en ligne proposent maintenant à des particuliers de se financer entre eux, ils font ainsi sauter l’intermédiaire jusque là indispensable, à savoir la banque. Mais rassurez-vous, ils prennent quand même une commission au passage (nous parlons bien du web 2.0 où rien n’est réellement gratuit).

Des services comme Prosper aux Etats-Unis ou Zopa en Angleterre sont ainsi les pionniers d’une nouvelle forme de place de marché où prêteurs et emprunteurs se rencontrent au sein d’un écosystème redoutable : les emprunteurs décrivent leur situation financière ainsi que leur besoin de financement, leur solvabilité est alors évaluée par un système expert qui les classe dans une catégorie à laquelle correspond un taux d’intérêt qui est lui-même fonction du risque. Non seulement ce système est ouvert à des emprunteurs qui n’ont plus accès au système bancaire traditionnel (car jugés trop instables financièrement), mais en plus il permet à des prêteurs de prendre un peu plus de risque pour éventuellement gagner plus. Les taux d’intérêt pratiqués sont alors bien plus intéressants que ceux pratiqués par les établissements traditionnels : une différence de 2 à 3 points (gloups !).

Il existe d’autres services similaires à ces deux-là, mais si je vous donne tous les liens d’un coup vous n’aurez plus le plaisir de fouiner dans l’index de Google ;-)

Je tiens à préciser que nous sommes bien dans le cadre d’une banque P2P et non C2C puisqu’ici il n’est pas question de prêt entre deux personnes, mais plutôt entre un emprunteur et une communauté de prêteurs. Ce système est bien pratique car il permet de lisser le risque de non-recouvrement.

Pour en savoir plus sur ces services, je vous recommande les articles et podcast suivants :

Aux banquiers qui pensent être à l’abri de ces services, c’est-à-dire à ceux qui pensent que les utilisateurs de ces places de marché sont le rebut de la société, laissez-moi vous parler de cette étude très intéressante publiée par Deutsche Bank Research en Août 2006 : Financial services 2.0: How social computing and P2P activity are changing financial research and lendingShow Abstract (format PDF, 175 Ko).

L’auteur nous éclaire sur un point qui me semble essentiel : la typologie des utilisateurs. Sur le schéma suivant, est représenté le nombre de prêts réalisés par Prosper en fonction de la catégorie de solvabilité (AA pour très peu risqué et HR pour très risqué) :

PropserFundedLoans

 

On constate ainsi que la plupart des prêts accordés le sont à des emprunteurs ayant une solvabilité bonne à moyenne. Comprenez par là que les utilisateurs de ces plateformes ne sont pas des mercenaires mais plutôt des gens comme vous et moi qui sont juste à la recherche d’un meilleur taux. D’autres facteurs doivent très certainement rentrer en ligne de compte, notamment l’accueil traditionnellement réservé aux emprunteurs lambda (comme vous et moi), du type : désolé mais nous ne prêtons qu’aux couples de fonctionnaires (ceux qui ont déjà contracté un prêt immobilier savent de quoi je parle).

Conclusion : le modèle économique des banques P2P est viable et surtout il s’adresse à une typologie de clientèle qui est traditionnellement délaissée par les établissements bancaires. La question à laquelle il va falloir maintenant répondre n’est pas : est-ce que ces modèles vont venir s’installer en France, mais plutôt : dans combien de temps vont-ils s’installer en France. Et encore une fois, l’avantage ira à celui qui dégainera le premier, parce que le besoin est là et parce qu’un marché ne reste jamais très longtemps vierge, surtout à l’heure du web 2.0.

Vers des communautés 3.0 ?

Oui je sais le titre est un peu racoleur, car il est un peu abusif de parler de communauté 3.0 dans la mesure où nous n’en sommes pas à la troisième itération des modèles communautaires. De plus, certains ancêtres des communautés en ligne sont encore en activité.

En effet depuis 10 ans que le web existe, les communautés en ligne ont revêtu de multiples formes :

  • les newsgroup avec Usenet ;
  • les canaux IRC ;
  • les forums, qui marchent encore très fort sur certaines niches ;
  • les blogs, qui sont encore loin d’avoir atteint leur apogée (je vous recommande à ce sujet mon précédent billet sur le blog-commerce) ;
  • les wikis, qui se cherchent encore des débouchés commerciaux voir marchands (à l’image de ShopWiki) ;
  • les réseaux sociaux, qu’ils soient généralistes (comme MySpace) ou verticaux (comme Dogster ou Boompa)…

Il est possible de discerner deux constantes derrière tous ces exemples :

  1. la soif de partager des membres, car plus les possibilités sont nombreuses (à l’image de MySpace où il est possible de publier un blog, de la musique, des vidéos…) et plus ils échangent ;
  2. l’absence des poids lourds comme MSN, Yahoo! ou encore Google (Ebay est un cas à part car ils se définissent comme une communauté d’acheteurs et de vendeurs).

A partir de là, je m’interroge sur l’évolution de ces modèles communautaires et surtout sur les prochaines itérations probables :

  • des blogs communautaires qui privilégieraient l’écriture et la publication collective, car jusqu’à preuve du contraire, les blogs sont essentiellement égocentriques et il n’existe pas de plateforme de blog qui autorisent un regroupement intuitif (à moins de se lancer dans un développement spécifique) ;
  • des bases de connaissance sémantisées, à mi-chemin entre forum et wiki qui permettraient de structurer la masse de contenu et d’en faciliter l’indexation et la recherche ;
  • des plateformes d’échange universelles où seraient pris en charge tous types de format (texte, liens, photos, podcast, vidéos…) et où les auteurs disposeraient d’un espace d’expression un peu moins brouillon que MySpace (pour ne citer que lui) ;
  • des plateformes de collaboration à la frontière des espaces collaboratifs, extranet et groupware, une sorte d’extension d’outils en ligne comme SocialText ou CollectiveX ;
  • une nouvelle génération d’outils qui sauront exploiter le potentiel des dernières avancées technologiques en matière de VoIP, P2P, Web OS…

Cette liste est loin d’être complète mais il est d’ors et déjà possible de discerner des tendances et surtout de voir où les acteurs majeurs se sont positionnés :

  • Typepad avec sa plateforme Vox qui expérimente les blogs familiaux et la publication multi-support ;
  • Yahoo! et sa galaxie de services d’échanges (del.icio.us, FlickR, JumpCut…) ;
  • Google et sa galaxie d’outils collaboratifs (Writely, JotSpot, Notebook…).

Quel sera le modèle gagnant ? Voilà une bonne question à laquelle je n’ai pas encore de réponse.

Qui a pris une longueur d’avance ? Yahoo!, Ebay et Google. Qui a pris du retard ? Microsoft.

A moins que… une petite start-up plus visionnaire que les autres… vous en voyez une ?

Notes de lecture sur le livre « L’âge de Peer »

Je viens d’achever la lecture du livre l’âge de Peer d’Alban Martin et je dois avouer avoir été très agréablement surpris par ce livre remarquable. L’auteur aborde un certain nombre de thèmes relatifs au web 2.0 en général et aux réseaux P2P en particulier.

Vous trouverez ainsi dans ce livre :

  • une très bonne explication de la théorie de la Longue Traîne ;
  • un argumentaire très complet sur les impacts de la dématérialisation de la chaîne de valeur des produits culturels ainsi que le potentiel représenté par la co-création ;
  • des idées fraîches sur comment exploiter au mieux le marketing viral et les plateformes collaboratives dans le cadre des industries musicales, cinématographiques et vidéo-ludiques ;
  • des tonnes d’exemples et de mini success stories qui sont autant d’arguments à destination des sceptiques ;
  • des concepts innovants et surprenants comme le B2 P2P 2B 2C (véridique !) ;
  • un parallèle très intéressant avec les réseaux sociaux.

La conclusion que je retire de ce livre est que le P2P est un message fort envoyé par les utilisateurs aux maisons de disque et studios de cinémas. Ces derniers devraient en effet arrêter de considérer leur activité comme de la vente de supports (CD ou DVD) mais plutôt comme de la vente d’émotions (au travers d’expériences numériques ou physiques). De plus, il serait bien plus bénéfique pour ces derniers de ne plus traiter les utilisateurs des réseaux P2P comme des pirates mais plutôt comme des acteurs d’une chaîne économique entièrement remodelée.

Nous sommes dans une époque passionnante où il est possible d’être le témoin au quotidien de la mutation de nombreux métiers, mentalités et modèles économiques. Ce livre vous apportera les clés pour mieux comprendre cette révolution culturelle en cours. En plus, il est rédigé en français alors vous n’avez aucune excuse !

Et si vous souhaitez vous initier au sujet ou l’approfondir, l’auteur édite également un blog : cocreation.blogs.com.

Rentrerons-nous dans une nouvelle ère du P2P avec le Freebox HD ?

La fonction d’enregistrement numérique des Freebox HD a visiblement été activée cette nuit et les premiers test sont concluants.

Outre quelques erreurs de jeunesse (impossibilité de programmer un enregistrement…), un détail a attiré mon attention : il serait possible d’accéder au disque dur de la Freebox (38 Go) à partir d’un accès FTP pour y déposer ou y récupérer des fichiers.

Et là, je me pose la question suivante : sommes-nous en train de rentrer dans une nouvelle ère du P2P ?

En effet, après avoir connu les systèmes centralisés (Napster, eMule, Kazaa…), les systèmes décentralisés (BitTorrent), les systèmes semi-centralisés (GrabIt), est-ce que nous ne sommes pas à la veille d’une véritable révolution avec ce système qui est potentiellement un réseau d’unités de stockage connectées en permanence ?

En fait ce n’est pas tant l’espace de stockage qui représente le plus de potentiel mais plutôt la possibilité d’exploiter des machines dédiées à l’échange de fichiers vidéo qui sont connectées en permanence et toute l’année. Vous pouvez ainsi avoir des réticences à laisser branché votre ordinateur la nuit ou quand vous partez travailler, mais votre Freebox… c’est différent. Après tout il n’y a aucune donnée confidentielle, juste des fichiers vidéos. Ici, c’est bien le temps de connexion qui va compenser la bande passante : admettons que vous utilisiez votre Freebox 3 à 4 heures par jour, il reste donc 20 heure de disponible. Avec un taux de transfert ascendant de l’ordre de plusieurs centaines de Ko par seconde, ça fait combien de Go transférés en 20 heures ?

On peut ainsi imaginer des services en ligne exploitant des centaines de milliers de Freebox (des millions ?) tournant jour et nuit avec une capacité de stockage gigantesque (ça fait combien 38 Go fois plusieurs millions ?). Pire, on peut également imaginer les dérives de ce système avec des applications pirates se servant de ces millions de Freebox en mode zombie !

Devant tant de potentiel, je me dis que c’est l’occasion rêvée pour mettre en place un service équivalent à celui de TapeItOffTheInternet (dont j’ai déjà parlé dans un précédent billet) : à mi-chemin entre réseau social et moteur de recommandation collaboratif.

Je ne suis pas un spécialiste du P2P, mais j’anticipe une véritable révolution avec ce nouveau service. Et vous, est-ce que vous avez testé ? Qu’en pensez-vous ?