IE 7 / Opera 9 : le choc des beta 2

Ca y est, la course est lancée entre les previews et autres beta pour savoir qui de IE 7 ou Opera 9 sortira le premier. Je vous propose un petit comparatif pour savoir ce que ces deux previews ont dans le ventre.

Je précise que je ne me risquerais pas à évaluer la performance des moteurs de rendu CSS de ces deux navigateurs. Premièrement parce que ce sont des previews et deuxièmement parce que d’autres sont bien mieux placés que moi pour le faire. Intéressons-nous donc plutôt aux différentes améliorations du côté de l’interface.

Une interface novatrice pour IE 7

Le développement d’IE 7 est toujours en cours mais l’équipe de développement nous gratifie régulièrement de preview de la future version du navigateur de Microsoft. Dernière en date la Beta 2 Preview. Pour cette nouvelle preview, IE 7 nous propose un système d’onglets très convainquant.

IE7-1

 

Nous sommes ici dans un mode de fonctionnement très proche de ce que peut proposer Firefox. Une chose amusante : IE 7 reprend à l’identique l’ensemble des raccourcis clavier de Firefox (Ctrl+T pour un nouvel onglet, Ctrl+W pour le supprimer, Ctrl+clic pour ouvrir un lien dans un onglet, Ctrl+Tab pour basculer à un autre onglet…).

Il existe également une fonction permettant d’afficher toutes les pages web sous forme de mosaïque (un peu à l’image d’Exposé de Mac OS) :

IE7-2

 

La prise en charge des flux RSS est également simplifié avec un petit son qui est joué lors de la détection d’un flux ainsi que l’affichage simultanée d’une cartouche d’explications sur ce que sont les flux RSS et comment s’inscrire de même qu’un menu de navigation et de tri dans les catégories identifiées sur le flux :

IE7-3

 

On notera ensuite la disparition du menu traditionnel au profit de boutons qui déroulent un certain nombre d’options. L’utilisateur peut s’il le souhaite afficher de nouveau le menu mais c’est quand même agréable de n’occuper que 2 lignes.

Enfin, cette preview apporte un certain nombre d’autres nouveautés :

  • un système de filtre anti-phishing ;
  • un moteur de recherche intégré ;
  • une fonction de zoom de page…

Du BitTorrent dans Opera 9

C’est hier qu’est sorti la technology preview 2 d’Opera 9. Toujours du très bon pour cette neuvième version :

  • un système d’onglets également très au point ;
  • toujours pas de publicité ;
  • une interface très claire…

 

Opera9-1

Au niveau des nouveautés nous allons trouver l’affichage de miniatures au survol de la souris sur les onglets :

Opera9-2

 

Encore plus intéressant, la possibilité d’ajouter des widgets (à l’image de Konfabulator ou des Microsoft Gadgets) qui viennent s’afficher en surimpression de la fenêtre :

Opera9-4

 

Mais la plus grosse nouveauté d’Opera 9 est sans conteste la prise en charge des fichiers BitTorrent :

Opera9-3

 

Il y a fort à parier que cette fonctionnalité va beaucoup faire parler d’elle (à moins que l’extension AllPeers pour Firefox vienne également jouer les trouble-fête).

Conclusion

Nous sommes ici face à deux approches complètement différentes :

  • d’un côté IE 7 qui n’hésite pas à puiser le meilleur des autres navigateurs en calquant par dessus une interface simplifiée et qui ose l’innovation (saluons-le) ;
  • d’un autre côté Opera 9 qui enrichi son navigateur et le dote de fonctionnalités très alléchantes pour les utilisateur avancés.

Je me garderais bien de vous conseiller l’un ou l’autre, surtout dans la mesure où il existe d’autres navigateurs qui ont fait leurs preuves et qui bénéficient du soutien des utilisateurs (Firefox pour les utilisateurs de Windows et Safari pour les utilisateurs d’Apple). Et vous, c’est quoi vote retour d’expérience ?

Les facteurs limitant du web 2.0

Jeremy Chone du site Bits and Buzz vient de publier un très bon billet sur celui-dont-on-ne-doit-pas-citer-le-nom : Web 0.x to Web 2.0 Simplified. Ce billet est très bon pour deux choses, la première est un schéma qui résume parfaitement le paradigme entre web 1.0 et web 2.0 :

L’auteur définit ainsi l’ère du web 2.0 comme une ère où les producteurs de contenu (notamment au travers des blogs, wikis, album photos en ligne…) vont prendre une place de plus en plus importante par rapport aux consommateurs de contenu (les visiteurs).

L’autre point important de ce billet est l’identification de 3 facteurs limitant du web 2.0 :

  1. les communautés isolées d’utilisateurs, c’est à dire le caractère exclusif de certaines communautés qui ne s’ouvrent pas à l’extérieur et qui forcent les utilisateurs à adhérer à différentes communautés de façon indépendante et parallèle (à quand une identité universelle voir du SSO en ligne ?) ;
  2. le manque d’interopérabilité entre les différents services en ligne (on en revient à la notion de portabilité décrite dans un précédent billet) ;
  3. les limitations liées à l’architecture de l’internet qui force la grande majorité des services en ligne à fonctionner en mode client-serveur (il faudrait chercher un début de réponse dans l’intégration de modules P2P aux navigateurs à l’instar d’Opera qui intègre un client BitTorrent ou de l’extension AllPeers pour Firefox).

Et vous, vous voyez d’autres facteurs limitant ?

Droits d’auteur et loi DADVSI : tous les coups sont-ils permis ?

Alors que j’abordais le sujet de la musique en ligne récemment (voir mon précédent billet : Musique en ligne, il est temps d’arrêter de prendre les clients pour des poireaux), voici que l’actualité s’accélère et que le scandale autour du projet d’amendement de la loi DADVSI prend de l’ampleur avec une opération minable de lobbying.

Rappel des faits : alors que s’ouvraient hier les premiers débats sur le projet d’amendement de la loi DADVSI , le cabinet du ministère de la Culture avait invité des employés de Virgin et de la Fnac à faire une petite démonstration de leurs services de téléchargemet musicaux aux députés, et ceci juste avant l’ouverture de la séance. Voir à ce sujet les différents articles dont parle un billet du Standblog.

Pour mémoire, l’amendement dont il est question peut avoir des répercutions très graves sur le monde du logiciel libre. Je vous recommande à ce sujet de vous documenter sur d’autres blogs comme Formats Ouverts ou Maître Eolas qui maîtrisent beaucoup mieux le sujet que moi.

Dans tout cette histoire je trouve très dommageable que des sociétés (en l’occurrence Virgin et la Fnac) sous couvert de vouloir protéger leur activité de téléchargement de musique en ligne (qui doit représenter 0,001 % de leur C.A.) ne mesure pas tout à fait les conséquences de leur manoeuvre de désinformation à l’assemblée et mettent en péril des centaines voir des milliers d’emplois, à savoir tout ceux qui vivent directement ou indirectement du mouvement open source.

J’espère que la blogosphère saura se faire entendre et que la presse et les médias traditionnels vont relayer cette histoire lamentable.

Musique en ligne : il est temps d’arrêter de prendre les clients pour des poireaux

Je viens de lire un article très intéressant sur la musique en ligne publié le blog de ZDNet : Back to 1999. L’auteur y fait une retrospective des débuts de la musique en ligne et du P2P en 1999 (Napster, Kazaa, MP3.com…) et constate depuis le chemin parcouru : beacoup de procès, des sites fermés, des patrons licenciés… et pourtant, le secteur n’a jamais été aussi prolifique, l’auteur nous donne comme preuve le lancement de deux services révolutionnaires :

  • MP3tunes Locker qui permet pour 40$ par mois de déposer sur un serveur vos fichiers musicaux pour pouvoir y accéder depuis n’importe où, ceci avec un espace de stockage et une bande passante illimitée (pour plus d’infos voir cette note publiée sur Boing Boing : Michael Robertson launches Oboe « music locker » service) ;
  • G2G Share, un service de peer-to-peer basé sur Gmail dont le principe est simplicime : vous indiquez au service votre compte Gmail, celui-ci indexe tous les fichiers présent dans les archives et vous pouvez commencer à les partager (quand on sait que la capacité de stockage de Gmail approche des 3 Go ça fait peur).

Moralité : on ne peut pas lutter contre le progrès, surtout quand celui-ci est porté par des consommateurs qui se rebèlent conte une industrie qui n’a pas sû évoluer en presque 20 ans. Oui, c’est bien l’industrie du disque que je met en cause : j’ai acheté mon premier CD dans les années 80 et il m’a coûté dans les 120 francs. 20 ans après, le prix de vente, la qualité voir la capacité de ces mêmes CD n’a pas changé. Et après cela ils s’étonnent que le P2P remporte un tel succès !

Bien entendu il est possible d’argumenter sur le rôle prescriptif que peuvent jouer les services en ligne (à l’image de MySpace ou de Pandora) mais dans la majeure partie des cas, P2P = piratage. D’autant plus si les fournisseurs d’accès s’y mettent (voir à ce sujet le nouveau service proposé par Free pour échanger des fichiers volumineux).

Est-ce qu’iTunes et ses déclinaison (iPod, RokR…) est le modèle à suivre ? Je ne sais pas. Mais je suis sûr d’une chose : rien n’arrêtera le progrès, et les procès d’intention des maisons de disque ne freineront pas l’imagination des utilisateurs blasés par cet eco-système obsolète. Prochaines industries sur la liste : films, jeux vidéo, logiciels, systèmes d’exploitation… (merci de compléter la liste)

Réseaux sociaux + Bit Torrent + TV = Tape It Off The Internet

Et c’est reparti pour un petit remix de concept : Tape It Off The Internet est un site communautaire qui repose sur un système de recommandations de série TV et de films (à partir des notes que vous et vos amis donnent à ces programmes) à télécharger via Bit Torrent (un protocole P2P).

TIOTI

 

On appréciera au passage la liste de caractéristiques sur la gauche de l’écran qui reprend les grands clichés du web 2.0 (via le blog de Pierre).