L’avenir du desktop réside-t-il dans le browser ?

En voilà une bonne question a laquelle tente de répondre Nova Spivack dans cet excellent article : The Future of the Desktop. Son propos est équivoque et il anticipe ainsi une évolution à moyen terme (2 ans) de nos outils de travail vers un nouveau modèle de Webtop.

Web browser + Desktop = Webtop

Selon l’auteur (et je partage son avis) les récents progrès et innovations techniques vont complètement bouleverser les architectures actuellement exploitées par les utilisateurs lambda (OS + applications + disque dur) pour les amener à complètement revoir la façon dont ils vont stocker et exploiter les données et applications (Weptop + SaaS + Data on the Cloud).

Voici une petite synthèse de l’article :

  • Les tentatives de portage d’application desktop vers des applications en ligne sont vouées à l’échec. Les seules applications en ligne viables sont celles qui savent exploiter les spécificité de l’internet (légèreté, accès unifié, édition simultanée de documents, gestion de l’historique…).
  • Nous passons progressivement d’une gestion spatiale de l’information (stockée dans des fichiers, répertoires, serveurs…) à une gestion temporelle de l’information (répartie sur des timeline, diffusée par des newsfeed / lifestream…).
  • Le problème n’est plus de trouver l’information, mais de gérer la surinformation (infobésité). Nous passerons donc moins de temps à chercher de l’information (Google fait ça très bien) et plus de temps à la filtrer. L’objectif finale étant d’améliorer notre productivité par une meilleur gestion de notre attention.
  • La logique de documents et de fichiers sera remplacée par celle de données partagées au sein de wikis. Ce format de stockage, d’exploitation et de partage présente ainsi le très grand avantage de résoudre les conflits de versions, de synchronisation…
  • Les données devront être formatées dans des standards ouverts pour favoriser l’adoption massive de solutions de SaaS et de Data on the Cloud afin d’éviter les problématiques de verrouillage grâce à des formats propriétaires (dont l’industrie du logiciel est la spécialiste).
  • Avec l’avènement des applications et des espaces de collaboration en ligne, nous ne lancerons plus notre browser depuis notre desktop mais notre desktop (dans le sens espace de travail) depuis notre browser.

Tout ceci vous semble sur-réaliste ? Réfléchissez-y à nouveau car lorsque l’on regarde de plus près des initiatives comme AppExchange, ContactOffice, Zoho ou encore Live Mesh, on est en droit de se dire que tous les éléments sont déjà en place.

Vers un Smart Webtop

Poursuivant sur sa lancée, l’auteur nous propose également quelques pistes de réflexion sur les fonctionnalités avancées que pourrait proposer le webtop du futur :

  • Des agents intelligents seront là pour structurer vos données en tâche de fond avec un travail horizontal (associant ainsi des données entre elles en fonction de leur signification ou du contexte).
  • Peu importe la puissance de l’ordinateur que vous utiliserez, les traitements seront de toute façon réalisés par des data centers. Votre puissance de calcul sera ainsi adapté à vos besoins. Vous serez donc facturé en fonction de ce que vous aurez « consommé ». Nous nous rapprochons donc d’un concept de Personal Cloud Computing.
  • Vous aurez la possibilité de dialoguer avec votre webtop pour lui faire exécuter des tâches à faible valeur ajoutée (« trouve-moi les fichiers rédigés par telle personne et publié entre telle et telle date« , « liste-moi toutes les conversations avec telle personne sur tel sujet« …). Les requêtes pourront être formulées par écrit en langage naturel ou via un système de reconnaissance vocale.

Ouf, que d’imagination ! Là nous ne sommes plus réellement dans une optique à moyens termes, mais quand je vois des initiatives comme Aurora je me dis que le futur n’est peut-être pas si loin ! En tout cas ils y travaillent.

Toujours est-il que j’abonde complètement dans le sens de l’auteur qui fait preuve d’une grande clairvoyance et d’une vision tout à fait intéressante de la convergence entre desktop et browser.

Sun lance enfin JavaFX pour concurrencer Microsoft et Adobe sur le marché des interfaces riches

Après plus d’un an d’attente (cf. mon premier billet sur le sujet : Sun relance Java dans la compétition des interfaces riches), Sun se décide enfin à sortir une preview de JavaFX : Sun Announces JavaFX Preview. Pour faire simple, disons qu’il s’agit de la nouvelle offre pour faire des interfaces riches et concurrencer ainsi Microsoft et Adobe (et Curl).

En fait il s’agit d’un framework qui comprend des environnements d’exécution (des plug-ins pour faire tourner les applications), un langage de développement (JavaFX Script) et différents outils (environnement de développement…). Pour en savoir plus, je vous recommande le blog officiel : JavaFX Blog.

Pourquoi JavaFX ?

Pour mémoire, Sun est le créateur et un des plus gros sponsors du langage Java, maintenant largement répandu dans la communauté des développeurs, et principalement en entreprise et dans le milieu universitaire. Ce langage a la particularité d’être très rigoureux (chose que les informaticiens apprécient) et surtout qu’il est multiplateforme : un seul code pour n’importe qu’elle machine. L’astuce est de mettre à disposition une machine virtuelle qui puisse faire tourner ce code unique. Ce principe est particulièrement intéressant car les applications écrites en Java peuvent être exploitée dans le browser, grâce aux fameuses Applets. En ce sens, Java était précurseur puisqu’il permettait de faire des RIA et des RDA bien avant les autres. Oui mais voilà, Java est un langage sophistiqué (donc complexe) et les possibilités d’interfaces sont limitées. Java c’est donc très rapidement vu voler la vedette par Flash pour ce qui concerne les interfaces riches. Avec JavaFX, Sun espère redorer le blason de Java et pouvoir réussir à regagner la confiance de sa communauté (au détriment de Flash / Flex).

Je précise au passage pour qu’il n’y ai pas ambigüité que Javascript n’a pas grand chose à voir avec Java, en fait rien à voir.

Le principal avantage de JavaFX est de ne pas (trop) réinventer la roue et de pouvoir récupérer une application existante en Java pour mettre par dessus une nouvelle interface plus sexy. Sun choisit donc de capitaliser sur son immense communauté de développeurs comme Microsoft l’a fait avec Silverlight. Plus d’infos ici : What is JavaFX Preview SDK.

javafx

 

La seconde promesse forte est de pouvoir développer des interfaces « portables » sur différents terminaux cibles : web, desktop, mobile, TV et même disques Blue-Ray ! Sun élargit donc le spectre des possibles afin de surenchérir sur des offres d’interfaces universelles comme celle d’Adobe (cf. Adobe sort son arme secrète avec Open Screen).

La contre partie est que pour pouvoir profiter de tout cela, il va vous falloir installer pas mal de chose, dont le Java Runtime Environment (qui pèse plus de 15 Mo), le JavaFX plug-in for browser et le JavaFX Plugin for desktop. Et oui, ça fait beaucoup… Plus d’infos ici : Sun releases preview of JavaFX SDK.

Qu’est capable de faire JavaFX ?

Dans sa première mouture (pré-mouture ?), JavaFX est capable de prendre en charge les animations 2D, différents formats de médias (photo, vidéo…), mais il va falloir attendre quelques mois avant d’avoir la possibilité de faire de la 3D ou du streaming. De même, les versions mobiles et TV du plug-in JavaFX ne seront lancées qu’en 2009 (dates non communiquées).

Au final, nous avons donc une offre très ambitieuse (RIA + RDA + RMA) qui va s’appuyer sur une communauté importante et surtout volontaire (c’est un sérieux atout). Le fait que Sun fournisse dans ce preview un outil pour importer des objets depuis Illustrator ou Photoshop prouve que la communauté des designeurs n’est pas délaissée.

Impossible pour moi de tester le plug-in JavaFX dans le mesure où je suis censé être en vacance à l’heure où je rédige ces lignes, mais les premières impressions sont plutôt bonnes… quoique réservées (cf. Hands on with JavaFX, First Impressions et JavaFX – just for Java guys?). Ce sont visiblement le poids des applications ainsi que la structure du langage qui laissent sceptique. Pas de conclusion hâtive, c’est une preview et surtout c’est une technologie toute neuve, donc ce n’est pas étonnant si elle déstabilise au premier abord (personne n’aime perdre ses repères).

Et alors ?

Bon… force est de constater que JavaFX ne va pas révolutionner le marché du jour au lendemain :

  • L’offre est pour le moment parcellaire et fragmentée (attendons que toutes les briques soient disponibles et finalisées) ;
  • Les possibilités en terme d’animations vectorielles (les trucs qui sont beau et qui bougent dans l’écran) sont pour le moment loin d’approcher ce qu’il est possible de faire avec Flash ;
  • Les possibilités de maniement de contenus audio / vidéo restent à prouver (tout en sachant que Flash est une technologie tout à fait robuste et que Silverlight apporte des innovations tout à fait convaincantes.

Bref, Sun a du retard sur ses concurrents et ils vont devoir travailler très très dur pur le rattraper. Reste un énorme potentiel du côté des RIA d’entreprise, mais Microsoft et Adobe travaillent dur pour évangéliser leur solution respective dans ce domaine.

Est-ce la mode des tableaux riches ?

Souvenez-vous, il y a quelques mois je vous parlais des possibilités d’évolution des menus déroulants (Est-ce la mode des menus déroulant riches ?), ce soir je vous propose de découvrir les possibilités autours des tableaux enrichis (les américains préfèrent parler de « grid« , ne me demandez pas pourquoi) : Ext GWT Grid, Grid Plugins, and EditableGrid.

Il y a tout d’abord les possibilités avancées de filtres et de tris :

 

richtablesort (1)

Et il y a aussi ces incroyables possibilités d’édition en ligne (essayez donc de modifier la date) :

 

richtableedit (1)

Je trouve ces nouveaux comportements tout à fait intéressants et surtout terriblement efficaces.

Pour celles et ceux que cela intéresse, tout ceci est réalisé grâce à une librairie RIA en javascript (Ext GWT) qui se greffe au framework Java/Ajax de Google (GWT) mais qui existe aussi en version autonome (Ext JS).

Hé hé hé, ça vous la coupe tout ce jargon, hein ? En tout cas je suis particulièrement fier d’avoir pu prendre Didier de vitesse sur ce coup là !

Adobe collabore avec Google et Yahoo! pour améliorer l’indexation de Flash

Aujourd’hui est un grand jour pour les professionnels du référencement, les flasheurs et toute la communauté web en générale. Adobe vient en effet d’annoncer une collaboration active avec les équipes de Google et de Yahoo! pour améliorer l’indexation des fichiers Flash : Finally, Flash Becomes Truly Searchable.

Petite explication préliminaire : Pour indexer le web Google utilise des robots (les googlebots) qui parcourent les pages d’un site une à une, en analysent le contenu et l’associent à des mots-clés au sein d’un gigantesque répertoire (la fameux index). Problème : Ces robots ne savent lire que le HTML. Ce qui veut dire que les contenus « riches » (vidéos, sons, animations Flash…) ne sont pas indexés. Rien de très grave puisque les référenceurs avaient trouvés des parades pour indexer correctement non pas les fichiers Flash mais les pages qui les contiennent. Hé oui, car une animation Flash ne se ballade jamais toute seule dans la toile, elle est forcément encapsulée dans une page HTML.

La grosse nouveauté du jour est que Adobe vient d’annoncer une collaboration officielle avec les équipes de Google et Yahoo! pour faciliter ce travail d’indexation. Concrètement, ils ont fourni à Google et Yahoo! un robot qui est capable d’analyser les fichiers Flash. Ou du moins qui est capable d’analyser certains contenus d’un fichier Flash : les textes et les liens (c’est déjà un très bon début).

Là où ça devient intéressant, c’est que le robot d’Adobe est également capable d’interagir avec votre ficher Flash. En d’autres termes, il peut cliquer sur les boutons et faire tout un tas d’opérations de base qui lui permette « d’explorer » l’application comme un utilisateur pourrait le faire.

C’est donc une excellente nouvelle puisque vous n’aurez pas à acheter la nouvelle version de telle ou telle logiciel ou à modifier tout un tas de paramètres. Traduction : ne faites rien, Google et Yahoo se chargent d’indexer vos fichiers Flash pour vous. (cf. How to Get Flash Site at the Top of Google). C’est sûr que cette annonce jette un sacré pavé dans la marre des référenceurs : Remember All Those SEO Tips You Read? They Are Wrong.

Même s’il manque encore beaucoup de travail pour pouvoir indexer de façon réellement efficace l’intégralité du contenu des fichiers Flash (images, vidéos…), cette nouvelle est très encourageante pour les concepteurs d’applications.

Pour les concepteurs d’applications ? Oui, pour les concepteurs d’interfaces en Flash qui ne font pas d’usage intensif d’image ou de vidéos. Ha mince, c’est un peu dommage, vous ne trouvez pas ?

Force est de constater qu’avec cette annonce ils passent visiblement à côté du gros du marché : Flash n’a d’intérêt que si l’on exploite ses capacités à gérer des animations vectorielles ou la vidéo (sinon il faut faire de l’HTML ou de l’Ajax). Dans la mesure où le fameux robot fournit par Adobe n’est pas en mesure d’indexer autre chose que du texte et des liens (cf. Improving Flash Indexing) il va donc passer à côté de toute la diversité et la richesse des contenus Flash (qui repose majoritairement sur les images, animations vectorielles et vidéos).

Alors bien évidement c’est une très bonne nouvelle pour les concepteurs d’applications en Flash / Flex (qui ne font pas un usage intensif des animations et vidéos en full HD), mais depuis quand une application a-t-elle besoin d’être indéxée ? Je parle de l’application en elle-même, pas du site qui l’héberge. Il n’y a pas réellement d’intérêt à référencer une interface applicative dans la mesure où elle est forcément associée à un site compagnon (qui lui s’indexe très bien).

Bref, même si nous somme en présence d’une annonce historique, je ne peux pas partager l’enthousiasme de tout ce beau monde dans la mesure où cette première étape ne va pas révolutionner le web et encore moins le marché du SEO : Flash May Now Bring More Search Traffic, Does it Matter?. C’est une étape nécessaire qui va très certainement déboucher sur des procédés et outils d’indexation plus sophistiqués, mais dans un premier temps c’est très limité.

Il reste de plus une grande question en suspend : quid de MSN et Live Search ? J’imagine difficilement Adobe livrer un tel outil à Microsoft qui est son concurrent le plus dangereux (au travers de technologies comme Silverlight ou WPF). Irons-nous donc vers une indexation limitée aux seuls partenaires d’Adobe ? Cette forme de discrimination ne fait pas l’unanimité (cf. Adobe Gets the Press But Does Search No Favors) et même au sein des équipes d’Adobe (cf. Search-ability in Flash).

Encore une fois tout ceci n’est pas si simple et le jeux des intérêts croisés fait que le chantier d’indexation des contenus riches est encore loin d’être bouclé.

Utilisabilité des applications en ligne à l’Université du SI

Sortez vos agendas car le mois prochain va se tenir un évènement prestigieux : L’Université du SI.

UnivSI.png

Il s’agit d’un séminaire organisé sur 2 jours (les 2 et 3 Juillet) sur le thème des nouveaux leviers de productivité et de l’évolution durable des usages de l’informatique. Rassurez-vous, cette conférence s’adresse à deux cibles privilégiées (les geeks et les boss) mais les interventions vont être variées et surtout très riches avec des intervenants prestigieux : Neil Armstrong, Michel Serres, Eliyahu M. Goldratt, Guillaume Laforge

J’animerai pour ma part une session sur l’utilisabilité des applications en ligne. Je parlerai de SaaS, d’interfaces riches appliquées aux applications métiers et aux tableaux de bord,des contraintes spécifiques de l’utilisabilité dans un contexte de productivité…