Social Media Landscape 2016

Si vous cherchez la version française de cet article, elle est ici : Panorama des médias sociaux 2016.

The first version of my Social Media Landscape was published in 2008. Back at this time, the landscape wasn’t very different from what it is now: publishing, sharing, discussing and networking tools (we even begin to witness the come back of livecast tools like Periscope!). Nevertheless, I have published a new version every year, with growing popularity. The reason so many people are interesting in this landscape is because there are always new comers, and because it is very complex to apprehend. Moreover, social media are playing a major role in our daily lives (Facebook users are connected more than 30 minutes per day on average).

If originally, social media were designed for conversation and sharing purpose, they evolved into mainstream information / communication / engagement channels. After years of adding new functionalities and buyout, major social platforms like Facebook or Twitter became 21’s century dominant media.

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Panorama des médias sociaux 2016

You can find the english version of this article here: Social Media Landscape 2016.

Publié pour la première fois en 2008, mon panorama des médias sociaux est devenu au fil des ans mon marronnier : je le ressors au mois de mai comme certains nous refourguent les prix de l’immobilier ou le salaire des cadres. Croyez-le ou non, mais il ne se passe pas une semaine sans que l’on me contacte pour me demander l’autorisation d’exploiter l’une ou l’autre des versions du panorama. Si ce schéma a autant de succès, c’est que le sujet n’est pas simple à comprendre et qu’il occupe aujourd’hui une place prépondérante dans notre quotidien. Le dernier sondage que j’ai vu passer faisait état d’une moyenne de 30 minutes passé tous les jours sur Facebook.

Si à la base, les médias sociaux étaient des espaces de conversation et de partage, ce sont devenus des canaux d’information, de communication et d’interaction de tout premier ordre. Après de nombreuses années d’enrichissements fonctionnels et de rachats, les grandes plateformes sociales comme Facebook ou Twitter sont les médias dominants du XXIe siècle.

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RSS n’est pas un produit grand public, c’est un outil pour les professionnels

L’annonce de la fermeture prochaine de Google Reader a provoqué une véritable onde de choc : Powering Down Google Reader. Lancé en 2005, le lecteur de flux RSS de Google occupe une place largement dominante et a su évincer ses concurrents (Bloglines étant le plus notoire). Mais après de nombreuses années de bons et loyaux services, Google décidé d’arrêter Reader le 1er juillet prochain pour concentrer les efforts sur d’autres services (A second spring of cleaning). Visiblement Reader a toujours évolué plus ou moins sous le radar et n’a jamais été dans la liste des priorités de Google malgré ses dizaines de millions d’utilisateurs journaliers (Google Reader lived on borrowed time).

La fin d'une époque...
La fin d’une époque…

Étant moi-même un utilisateur de la première heure, je suis attristé par cette nouvelle. Mais plus que la tristesse, c’est l’énervement qui me gagne ce matin, notamment contre les nombreux articles que j’ai pu lire sur le constat d’échec des flux RSS (et par analogie des autres technologies de syndication) et la grande victoire de la curation. Je serais bien incapable de vous expliquer pourquoi tant de personnes se sont donné autant de mal ces dernières années à vouloir condamner les flux RSS, aussi je vais m’efforcer de rétablir l’équilibre dans ce débat.

Non, les flux RSS ne sont pas morts, bien au contraire

RSS est donc un format de fichier permettant à deux systèmes d’information de s’échanger des flux d’information structurée. En ce sens, RSS est une technologie, pas un service. Google Reader, Netvibes, Flipboard sont des services… qui reposent sur les flux RSS. En fait de très nombreux services exploitent les flux de données structurées et RSS en particulier. La raison est que c’est une technologie mature, robuste et parfaitement maitrisée. Condamner RSS, c’est un peu comme de condamner le diesel. Encore une fois, je ne vois pas trop l’intérêt de décréter la mort d’une technologie adoptée par l’ensemble de l’industrie (cf. Why RSS still matters).

L’argument principal des détracteurs est de dire que c’est une technologie complexe et que le grand public n’y comprend rien. Effectivement, il n’est pas simple de lire un fichier RSS, mais heureusement, aucun être humain n’est censé les lire, les services comme Google Reader sont justement là pour le faire à notre place. Il y a certes le petit picto qui peut paraître obscur aux non-initiés, mais la plupart du temps il suffit de saisir l’URL d’un site pour qu’un service découvre par lui-même l’URL du flux et vous abonne automatiquement.

Bref, il n’est pas plus compliqué de s’abonner via un flux RSS que de suivre un membre sur Facebook ou Twitter. En mentionnant Twitter, je fais une transition vers le second argument des détracteurs.

La curation est l’avenir de l’information pour les touristes, c’est une aberration pour les professionnels

Le coeur du débat ne se situe pas dans la remise en question de la technologie RSS en elle-même, mais plutôt dans les usages de consommation de l’information. Au fil des années, le volume d’information et de message a considérablement augmenté avec l’avènement des médias sociaux. En conséquence de quoi, l’internaute moyen se retrouve littéralement noyé sous les articles, messages, photos, vidéos… Il est donc tout naturel qu’il ai cherché des solutions pour se simplifier la vie et éviter de subir l’infobésité. Cette solution a un nom : la curation. Elle consiste à ne sélectionner que les informations les plus pertinentes. Et c’est là où une distinction très nette doit se faire entre les internautes lambda et les professionnels de l’information. Google Reader, et les lecteurs de flux en général, sont des outils de veille qui permettent de consommer et gérer de nombreux flux d’information. Il n’est pas ici question de collecter de l’information de surface quand on a 5 minutes à perdre, mais d’effectuer un suivi systématique. Je passe ainsi plus de 2 heures par jour à lire l’intégralité des articles des flux auxquels je me suis abonné, mais c’est un choix. La veille fait partie intégrante de mon travail, plus cette fonction de veille est intense et plus je suis en mesure de générer de la valeur pour mes clients (et mes lecteurs).

Le « débat » autour de l’échec des flux RSS est donc né d’un amalgame entre une activité de veille dans un contexte professionnel et une activité d’écoute passive des tendances dans un contexte récréatif. Twitter ou Feedly ne remplaceront jamais Google Reader, car ils ne remplissent pas le même service et ne correspondent pas au même contexte d’usage. En tant que professionnel de l’information, je veux lire l’intégralité des 850 flux auxquels je suis abonné, pas simplement une sélection des plus populaires. Mais c’est mon choix, car j’ai décidé d’y investir du temps et de l’énergie dans un contexte professionnel. Libre à vous de déléguer le filtrage des informations que vous souhaitez lire à un algorithme ou à une autre personne, mais ne venez pas nous dire que les flux RSS sont un échec et que l’avenir est au service de social news. J’aime bien Flipboard ou Google Currents, mais ce ne sont pas des outils de veille.

Bref, tout ça pour dire que ceux qui proclament la mort du RSS sont grosso-modo les mêmes qui proclament la mort des blogs, des chasseurs de clics. N’y accordons pas plus d’intérêt.

Le bon outil pour le bon usage

Il me reste à traiter la question de la solution de remplacement. Il existe déjà de nombreux articles à ce sujet, aussi je vais être bref :

  • Si vous envisagez la veille comme une activité journalière et systématique, alors optez pour une solution professionnelle comme TheOldReader, NewsBlur ou Feedbin ;
  • Si vous cherchez une solution simple et élégante pour suivre l’actualité de nombreuses sources sans trop vous prendre la tête, optez plutôt pour des services grand public comme Feedly ou des services plus visuels comme Pulse ou Zite ;
  • Si vous n’arrivez pas à vous décider, attendez de voir ce que vont nous proposer prochainement Digg ou Bloglines (en quête de rédemption).

En ce qui me concerne, ma préférence va pour le moment à The Old Reader, mais je me laisse encore le temps de tester ces différents services. Idéalement je cherche une solution de veille qui pourrait remplacer Google Reader, Delicious et Evernote. Si vous connaissez un produit tout-en-un, même payant, ça m’intéresse.

Google lance Buzz pour contrer Facebook et Twitter

L’annonce vient juste de tomber, le nouveau produit « social » de Google s’appelle Google Buzz : Introducing Google Buzz et Google Buzz in Gmail.

GoogleBuzz_logo

 

À première vue il s’agit plus d’un outil de micro-partage à la FriendFeed que de microblogging à la Twitter. Ce nouveau service semble très ambitieux et représente la réponse de Google à Facebook, mais également à des services qui montent comme FourSquare.

Un service déjà à jour par rapport à ses concurrents

Voilà ce que l’on sait de Google Buzz pour le moment :

  • C’est un service intégré à Gmail (un onglet juste sous Inbox) qui permet de partager des liens, photos, images… ;
  • Les publications peuvent être privées, publiques ou restreintes (auprès d’un groupe d’amis) ;
  • Les tweets sont ouverts aux commentaires et sont agrégés dans des conversations (comme Gmail), il est également possible d’apprécier une publication (Like) ;
  • Il est possible d’adresser un tweet à une personne en particulier avec le signe @ ;
  • Les tweets seront géolocalisés, il sera possible de consulter tous les tweets d’un endroit en particulier sur les Place pages ;
  • Le service est disponible sur les terminaux mobiles et synchronisé avec Google Maps ;
  • Le flux de tweets sera filtré pour limiter la pollution.

Plus d’infos ici : Google Goes Social with Google Buzz.

L’interface est, comme toujours chez Google, très épurée et intuitive :

GoogleBuzz_feed

Il semblerait donc que les équipes de Google aient décidé d’adopter une posture de suiveur réactif plutôt que d’innovateur : If Google Wave Is The Future, Google Buzz Is The Present.

Voici à quoi ressemble un profil avec un flux de Buzz (en l’occurence celui de Mashable) :

GoogleBuzz_Mashable

Plus proche de Friendfeed et Foursquare que de Facebook et Twitter

Même si je n’ai pas encore pu tester ce service (déploiement en cours…), je pense ne pas me tromper en disant que ce service ne souhaite pas devenir un clone de Twitter et propose ainsi des fonctions plus proches de FriendFeed :

  • Pas de limitation dans le nombre de caractères ;
  • Possibilité de commenter les publications ;
  • Affichage des photos et vidéos directement dans les tweets…

Le fondateur de FriendFeed a déjà fait un petit commentaire à ce sujet : FriendFeed (and Gmail) Founder’s Reaction To Google Buzz: “This Seems Vaguely Familiar”.

Ce service est également assez proche de Foursquare ou Brightkite :

  • Les tweets sont géolocalisés et donc consultables dans un périmètre donné (nearby) ;
  • Les points d’intérêts agrègent les tweets publiés à proximité (principe de placestream) ;
  • Il est possible de simplement signaler son passage dans un lieu sans rien publier de particulier (l’équivalent d’un ping ou d’un check-in) ;
  • Le service est disponible sur les téléphones mobiles et smartphones.

 

GoogleBuzz_mobile

Si vous ne pouvez accéder à la version web sur Gmail, la version mobile sur buzz.google.com est dès maintenant accessible via iPhone ou smartphone Android (avec la reconnaissance vocale en prime).

Un service intégré à la suite Google qui exploite le graph social des utilisateurs

L’avantage de coupler ce service à Gmail est de pouvoir bénéficier directement de la base d’utilisateurs et de pouvoir exploiter leur graph social. Il n’existe pas à ma connaissance de chiffres officiels, mais il me semble qu’il y a près de 100 millions d’utilisateurs de Gmail dans le monde, ce qui place Google Buzz largement en retrait par rapport à Facebook et ses 400 millions de membres (dont une bonne partie hyper-actifs).

Là où Google Buzz peut par contre faire la différence, c’est qu’il s’intègre à une myriade de services existants pour servir de ciment social : Picasa pour les photos, YouTube pour les vidéos, Latitude pour la géolocalisation, Profile pour l’authentification, Reader pour les news, Goo.gl pour les URLs courtes… Il est également possible d’importer vos publications d’autres sites comme FlickR, Twitter et bien sur vos flux RSS.

Autant dire que nous pouvons nous attendre à un démarrage canon pour ce service, en tout cas sûrement plus rapide que Yahoo! Meme ou Yahoo! Buzz. En fait ce qui va vraiment accélérer le déploiement du service va être sa capacité à analyser votre historique de mails et à construire ainsi votre liste de followers / followings à partir de votre base de contacts.

Un service tourné vers l’avenir (et contre Facebook)

En faisant le choix de ne pas limiter les tweets à 140 caractères, Google Buzz se tourne donc résolument vers l’avenir (pour s’extraire de la contraintes des SMS, même si le service est compatible). Notons de plus qu’il n’y aura pas d’application iPhone / Android mais plutôt une application en ligne construite visiblement avec HTM5. Plus simple à déployer / maintenir, pas besoin de se faire approuver dans les marketplaces, prise en charge native de la géolocalisation… les avantages sont nombreux et ce service s’intègre à merveille sur le tout récent Nexus One.

Si l’on prend un peu de recul, il semble clair que ce nouveau service est la réponse tant attendue de Google à Facebook, il signe le grand retour de Google dans les médias sociaux depuis le rachat de Blogger et YouTube (Orkut ne compte pas). Attendez-vous à une bataille épique et surtout une course à l’armement.

Quel va être l’impact du lancement de Google Buzz ?

Difficile de se faire un avis sur ce service dans la mesure où je n’ai pas encore mis la main dessus. Mais je peux néanmoins émettre quelques hypothèses :

  • Gmail se positionne donc comme la pierre angulaire de la stratégie sociale de Google (mail + messagerie instantanée + microblog), ceci pourrait confirmer une probable fusion de Wave et Gmail ;
  • La pression sur Facebook va être de plus en plus forte, j’anticipe une accélération du processus de transformation open source de Facebook pour garder les faveurs de la communauté (à moins que Google ne les prenne de vitesse : How Google Buzz is Disruptive: Open Data Standards) ;
  • De nouvelles opportunités de revenus pour les AdWords ;
  • Une ré-orchestration des real-time search et des social search results ;
  • Disparition prochaine de services de moindre importance comme Jaiku ou Latitude ;
  • Intégration probable dans les Google Apps pour en faire un outil de micro-partage interne ;
  • Remise à jour en urgence des social desktop apps comme Tweetdeck, Seesmic & cie ;
  • Pourquoi pas le lancement ou le rachat d’un service équivalent par Apple.

À ce stade je ne me risquerai pas à prédire une disparition prochaine de tel ou tel service. J’imagine que dans un premier temps Google Buzz va venir compléter une liste déjà bien longue. Pour la suite et son avenir à moyen terme, celà va dépendre de l’implication de Google dans la promotion de ce nouveau service (cf. Les acquisitions ratées de Google) et de la place qui va lui être laissé dans la stratégie globale.

Quels scénarios d’évolution pour Twitter

Avec la rentrée viennent les bonnes résolutions de la rentrée. Une de mes premières résolutions est donc d’arrêter de publier des article sur Twitter, ou du moins d’en publier moins car j’ai comme l’impression que nous approchons de la saturation. Mais il faut dire que malgré son apparente simplicité, Twitter a l’incroyable faculté d’hypnotiser la blogosphère au point d’en devenir un des sujets de prédilection depuis près de 2 ans. À tel point que l’on se demande quel sujet va venir éclipser la Twittmania : Il y a une vie après Twitter (heu… laquelle déjà ?).

Plutôt que de revenir sur les clés du succès de Twitter, je préfère essayer de me projeter et de lister différents scénarios d’évolution possibles. Vos remarques et propositions sont bien évidemment les bienvenues dans les commentaires.

Scénario 1 : La ligne de commande du web

Dans un précédent article j’avais comparé Twitter à la CB du web. Mais lorsque je regarde les différents services gravitant dans l’écosystème de Twitter, je me dis qu’une évolution possible serait de « standardiser » de fait les tweets pour en faire des instructions façon lignes de commande. Mais si enfin, des lignes de commande comme il est possible d’en saisir quand vous êtes en mode « console ». Twitter deviendrait donc une gigantesque console à l’échelle du web, une interface textuelle qui permet aux utilisateurs et aux services de communiquer entre eux.

L’intérêt des interfaces à lignes de commande est leur souplesse et leur évolutivité. De nombreuses fonctions et informations sont ainsi publiées sur Twitter avec une syntaxe bien particulière pour pouvoir être utilisées ultérieurement par des services extérieurs. Concrètement il s’agit de services en ligne qui vont parcourir la Twittosphère et récupérer les tweets qui utilisent la bonne syntaxe pour proposer une lecture plus simple.

Premier exemple avec Boarding qui permet de recenser les voyageurs en transit et faire des rencontres informelles dans les aéroports. Exemple de syntaxe : « #boarding in cdg for yyz » = « J’embarque à Paris pour Toronto« .

L'interface de Boarding pour les voyageurs en transit
L'interface de Boarding pour les voyageurs en transit

Il y a également StockTwits qui analyse les tweets relatifs aux sociétés cotées et permet d’en faire une synthèse, il suffit pour cela d’insérer le ticket Nasdaq de la société dont vous parlez précédé du symbole $ :

StockTwits pour les boursicoteurs-tweeteurs
StockTwits pour les boursicoteurs-tweeteurs

Dans le même style il y a aussi PollyTrade, un service qui vous permet de passer des ordres du type « @pollytrade buy 100 shares AAP« . Plus d’infos ici : Boursicoter avec Twitter.

Pour les fans de ciné il y a aussi FlixPulse qui agrège les avis de la Twittosphère :

Les critiques de film avec FlixPulse
Les critiques de film avec FlixPulse

Il existe également un service de rating plus ouvert (Out of 5) qui utilise un principe équivalent mais sans possibilité de faire des moyennes.

On retrouve enfin un service de rencontre (Radaroo) qui utilise une syntaxe assez complexe :

Radaroo
La syntaxe du service de rencontre Radaroo

Notons également le très particulier Ideas Culture qui permet de faire des demandes de recherche d’informations qui sont traitées dans la nuit par des équipes travaillant en Australie : Services uses Twitter to crowdsource ideas overnight.

Bref, tous ces exemples me font dire que la simplicité de Twitter et surtout les nombreuses possibilités offertes par les API permettent de développer tout un tas d’usages autour de cette fonction de ligne de commande.

Scénario 2 : le nouveau flux RSS

Quoi que l’on puisse en dire, et même si je suis un fan de la première heure, les flux RSS ne sont pas réellement entrés dans les habitudes du grand public, ni même des collaborateurs en entreprise. Pourtant il existe un réel besoin d’un flux d’informations brutes (de type flux AFP) que Twitter pourrait bien combler. C’est en tout cas le point de vue de certains : Rest in Peace RSS et Twitter humanise la technologie RSS. Les arguments avancés sont qu’avec Twitter la masse d’utilisateurs permet de faire du filtrage collaboratif sur les infos et que l’on trouve plus facilement son ou ses « fournisseurs » en fonction des affinités que vous avez avec lui (ou elle).

Je ne rentrerais pas dans le débat de savoir si les abonnés RSS ont plus de valeur que les followers (cf. RSS Subscribers or Twitter Followers: Which Are Worth More?) mais je pense qu’il serait juste de dire que Twitter est un très bon canal d’informations en temps réel pour celles et ceux qui veulent surveiller de loin, mais que pour une activité de veille plus intensive et systématique, les flux RSS sont tout de même recommandés.

Tout ça pour dire que dans certains domaines, Twitter est utilisé comme un canal de diffusion en temps réel :

Bref, il existe autant de domaines d’application que de types d’information. En ce qui concerne l’immobilier, il existe même des robots capable de répondre à des requêtes : RealEstate.com Launches Useful Twitter Bot. (ha non mince, c’est plus de la ligne de commande ça).

Scénario 3 : Une plateforme de jeux en temps réel

Les jeux ont toujours été un vecteur très performant de sociabilisation, et Twitter peut faire entrer cette sociabilisation dans l’ère du temps réel en permettant aux joueurs de rester en contact ou de se rencontrer avec des services comme TweetMyGaming (TweetMyGaming Compiles Video Game Conversations from Twitter in Real-Time) ou Twoof (qui permet de lier vos deux comptes Doof et Twitter) ou de partager les réactions des joueurs au cours d’une partie (How Twitter is Changing the World of Professional Poker).

Mais les applications les plus intéressantes sont celles qui concernent les jeux en ligne directement intégrés à Twitter, ou du moins qui se servent de Twitter comme canal d’interaction (MSPOG + microblog = Micro social RPG) et qui représentent un marché juteux (Virtual Mafia Game Making Actual Money on Twitter).

Même s’il existe déjà de nombreuses plateformes sociales dédiées aux joueurs (RaptR, GamerDNA…), c’est encore une fois Twitter vers lequel les regards se tournent : Can Twitter Become the New Casual Gaming Hub? Pourquoi ? Toujours pour les mêmes raison : simplicité, ouverture, modularité…

Conclusion

J’arrête là ma liste de scénarios d’évolution possibles car il faut que je vous en laisse aussi ! Plus sérieusement, je constate que la stratégie de Twitter qui consiste à complètement ouvrir sa base de donnée au travers de nombreuses API a été payante pour gagner très rapidement en popularité et surtout en ferveur. Dans un avenir proche il pourrait être tout à fait envisageable d’exploiter un service reposant sur Twitter sans que vous ayez à passer par Twitter.com (inscription, autorisation, manipulation…), tout serait délégué à des services tiers et Twitter serait alors une sorte de couche de communication.

Une évolution intéressante qui, de plus, pourrait devenir un modèle économique pour Twitter qui ne facturerait pas les utilisateurs mais les services qui exploitent sa base de données.

Alors selon vous Twitter peut-il réussir cette forme de reconversion ?

Comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog

Depuis l’apparition des blogs au début des années 2000 et leur très forte émancipation (notamment grâce à des acteurs comme Skyblog en France), il a fallu grosso-modo 5 ans à la blogosphère pour se structurer (faisant apparaître 3 sous-ensembles : high-tech, politique et life style) et se professionnaliser (cf. Changement d’époque pour les blogs ?). C’est un résumé grossier mais là n’est pas le propos de cet article.

Tout se passait bien jusqu’à l’explosion des médias sociaux (avec sa myriade de services) et la forte montée en puissance du micro-blogging (Twitter a-t-il atteint le point de bascule ?). Alors que l’on pensait la blogosphère toute puissante, voilà que deux services sont venus bouleverser la donne : Twitter et FriendFeed. Le premier sert à publier des messages ultra-courts (même en situation de mobilité), le deuxième sert à agréger sa production sur les médias sociaux. Vous pourriez me dire (à juste titre) que c’est une tempête dans un verre d’eau, il n’empêche qu’au fil du temps j’ai constaté une modification radicale dans les pratiques de blog, et notamment chez les acteurs « historiques » de la blogosphère :

Bref, les choses ont irrémédiablement changé suite à la maturation d’outils et plateformes sociales complémentaires (cf. Blogging Vs Microblogging + Lifestreaming + Social Networking). Comment expliquer ce changement : Lassitude des lecteurs ? Saturation de la blogosphère ? Envie de tester d’autres supports ? C’est un peu tout cela à la fois, mais surtout la mutliplication des supports : Is Blogging Evolving Into Life Streams?.

Aujourd’hui la configuration que je croise le plus souvent est la suivante :

  • L’activité de veille / filtre quotidienne sur Twitter (ou FriendFeed) ;
  • Des billets plus longs sur les blogs.

Il y a une logique derrière cette évolution : le blog n’est plus le support de prédilection pour de l’information chaude, il a été supplanté par le microblog. Illustration la semaine dernière avec l’annonce du lancement de Chrome OS : Je me suis dépêché de rédiger un billet sur le sujet à peine quelques heures après l’annonce, résultat : rien (très peu de commentaires et quasiment aucun lien). J’ai quelques jours plus tard pris le temps de rédiger un article plus complet avec une réflexion mieux argumentée et le résultat est bien plus satisfaisant (des commentaires plus riches, plein de liens entrants). L’enseignement que je peux en tirer est le suivant : j’arrête définitivement de faire la course à l’info chaude, moins de billets mais des articles plus réfléchis (que je pourrais qualifier « d’info tiède »). Finalement c’est Jakob Nielsen qui avait raison avant l’heure en préconisant de rédiger des articles et non des billets (Write Articles, Not Blog Postings).

Bien évidemment ceci ne s’applique pas à tous les blogs, les billets d’humeur sont toujours très largement appréciés, mais par ceux qui ont envie de les lire !

Reste maintenant à savoir comment les blogs vont évoluer. Sur cette question scénarios sont envisageables (What is the Future of Blogging?) :

  • Une transformation des blogs en lifestream (notez que lifestream et blogs peuvent tout à fait cohabiter (c’est ce que je fais avec ma barre latérale) ;
  • Une transformation des blogs en plateformes sociales (par l’intermédiaire de social bar comme Google Friend Connect ou Stribe) ;
  • Une transformation des blogs en web TV (peu probable car il faut tout de même de l’équipement, mais peut-être que les plateformes de livecast peuvent nous y aider) ;
  • Une redéfinition des blogs (un site comme un autre ?) ;
  • Un nouveau modèle encore à définir (Google Wave est un bon point de départ).

Comme vous pouvez le constater, les options sont encore nombreuses. En tous cas je reste persuadé que l’on ne peut plus se permettre de ne miser que sur un seul format : la prise de parole sur le web doit s’envisager comme un ensemble de publications sur différents formats (billets, articles, tweets, vidéos, diaporamas…).

Pour le moment je reste fidèle à mon support d’origine (mes 7 blogs) mais je commence à voir des choses tout à fait intéressantes avec des plateforms hybrides comme Tumblr ou Posterous qui permettent de publier avec différents formats, depuis différentes sources.

Finalement peut-être que le bon choix est celui de Steve Rubel : un lifestream modulaire pour sa production quotidienne et de temps en temps des articles de fond publiés sur des médias à forte audience (Mashable…).

Quoique, ça manque peut-être un peu d’interactivité tout ça… peut-être une petite touche de Facebook / LinkedIn par dessus et ça commencera à être bien.

Dans le doute je vous pose la question : préférez-vous plus de billets (1 par jour) ou des analyses plus poussées (quitte à tomber à 1 ou 2 articles par semaine) ?

Volkswagen expérimente le profilage des tweeteurs en mode déporté

Une des pratiques-clés du marketing consiste à disséquer un marché en sous-groupe ayant un comportement d’achat homogène et d’y adapter le message et/ou l’offre, c’est ce que nous appelons le profilage. Jusqu’à présent, pour définir le profil d’un internaute (et déterminer à quel sous-groupe il appartient), il fallait le soumettre à un questionnaire. Puis sont apparus les solutions de marketing 1to1 (qui s’appuient sur l’historique des achats), puis les solutions de ciblage comportemental (qui utilisent l’historique des visites au travers d’un cookie mutualisé) et enfin les solution exploitant le social graph (oui c’est bien de Facebook dont je parle).

Le problème de toutes ces solutions, c’est quà un moment il faut vous rendre sur un page et cliquer sur un gros bouton qui dit quelque chose comme « Oui j’accepte de vous ouvrir mon compte pour que vous puissiez fouiller dans ma liste d’amis et mes données personnelles« . C’est d’une part très intimidant et de plus cela ne résout pas le problème du trafic entrant (il faut toujours capter une partie du trafic pour le rediriger vers cette fameuse page).

C’est là où Volkswagen innove et propose une simple bannière où vous n’avez qu’à saisir votre nom d’utilisateur Twitter pour que l’on vous fasse une suggestion de modèle :

VW_Twitter

Et voilà la suggestion après une analyse sémantique des mes tweets :

VW_Twitter2

Si vous voulez tester la bannière, elle est ici : Meet The Volkswagens.

http://ds.serving-sys.com/BurstingRes//Site-15744/Type-2/0C1B3FFA-16CE-4FBA-8E4E-EC062E9BF9F6.swf?ebDomain=www.theonion.com&ebAdID=1620226&cp=http://ds.serving-sys.com/BurstingCachedScripts//Res/ebV54_&ebIntTime=http://ds.serving-sys.com/BurstingCachedScripts//Res/ebInteractionTimeV62_12.swf&ebDCPipe=http://bs.serving-sys.com/BurstingPipe/BurstingDataCapturePipe.asp&ebResourcePath=http://ds.serving-sys.com/BurstingRes//&ebCampaignID=76889&ebStreamingAppURL=rtmp%3A//cp16207.edgefcs.net/ondemand&ebStreamVirtualPath=Res/Site-15744/&ebAdIdentifier=gEbBanners[0].displayUnit_1620226&ebLC=gEbBanners[0].displayUnit_ebBannerFlash_1620226

Il y a plusieurs choses intéressantes avec cette bannière :

  • Elle est très facilement exportable / viralisable ;
  • Elle ne vous demande « que » votre nom d’utilisateur, pas un accès complet à votre profil (ce qui est par ailleurs possible) ;
  • Elle est très facilement trackable (nombre d’encapsulation, nombre et date des analyses…).

Bien évidement, le ciblage ne fonction bien qu’avec un minimum de tweets publiés et de préférence en anglais. Mais ce que je trouve intéressant est qu’avec un tel dispositif ils peuvent se constituer une belle liste de tweeteurs à surveiller et à relancer plus tard : soit quand il y a des promos (un petit tweet de rappel), soit lorsqu’un mot-clé est détecté (« car« , « sedan« , « VW« , « ford« , « changing« …) auquel cas un petit DM peut être très facilement généré.

Bref, c’est non intrusif et subtil. Une pierre de plus au très belle attirail de VW qui compte déjà un tweet de RP (@VWPR) et des tweets de campagne comme @VWEscape (cf. Twitter, a microsite and Facebook help launch Volkswagen lifestyle vehicles).

Je me demande si l’algorithme de ciblage tient compte du nombre de followers et s’il est capable de retrancher du compte les faux followers à la uSocial (cf. Not enough Twitter followers? Pay uSocial to find more).

(via Net-Marketing)

PS : Au cas où vous vous poseriez la question, non ce n’est pas un billet sponsorisé pour le compte de VW, ni un billet indépendant, ni même un billet encore plus vachement indépendant.