Quels scénarios d’évolution pour Twitter

Avec la rentrée viennent les bonnes résolutions de la rentrée. Une de mes premières résolutions est donc d’arrêter de publier des article sur Twitter, ou du moins d’en publier moins car j’ai comme l’impression que nous approchons de la saturation. Mais il faut dire que malgré son apparente simplicité, Twitter a l’incroyable faculté d’hypnotiser la blogosphère au point d’en devenir un des sujets de prédilection depuis près de 2 ans. À tel point que l’on se demande quel sujet va venir éclipser la Twittmania : Il y a une vie après Twitter (heu… laquelle déjà ?).

Plutôt que de revenir sur les clés du succès de Twitter, je préfère essayer de me projeter et de lister différents scénarios d’évolution possibles. Vos remarques et propositions sont bien évidemment les bienvenues dans les commentaires.

Scénario 1 : La ligne de commande du web

Dans un précédent article j’avais comparé Twitter à la CB du web. Mais lorsque je regarde les différents services gravitant dans l’écosystème de Twitter, je me dis qu’une évolution possible serait de « standardiser » de fait les tweets pour en faire des instructions façon lignes de commande. Mais si enfin, des lignes de commande comme il est possible d’en saisir quand vous êtes en mode « console ». Twitter deviendrait donc une gigantesque console à l’échelle du web, une interface textuelle qui permet aux utilisateurs et aux services de communiquer entre eux.

L’intérêt des interfaces à lignes de commande est leur souplesse et leur évolutivité. De nombreuses fonctions et informations sont ainsi publiées sur Twitter avec une syntaxe bien particulière pour pouvoir être utilisées ultérieurement par des services extérieurs. Concrètement il s’agit de services en ligne qui vont parcourir la Twittosphère et récupérer les tweets qui utilisent la bonne syntaxe pour proposer une lecture plus simple.

Premier exemple avec Boarding qui permet de recenser les voyageurs en transit et faire des rencontres informelles dans les aéroports. Exemple de syntaxe : « #boarding in cdg for yyz » = « J’embarque à Paris pour Toronto« .

L'interface de Boarding pour les voyageurs en transit
L'interface de Boarding pour les voyageurs en transit

Il y a également StockTwits qui analyse les tweets relatifs aux sociétés cotées et permet d’en faire une synthèse, il suffit pour cela d’insérer le ticket Nasdaq de la société dont vous parlez précédé du symbole $ :

StockTwits pour les boursicoteurs-tweeteurs
StockTwits pour les boursicoteurs-tweeteurs

Dans le même style il y a aussi PollyTrade, un service qui vous permet de passer des ordres du type « @pollytrade buy 100 shares AAP« . Plus d’infos ici : Boursicoter avec Twitter.

Pour les fans de ciné il y a aussi FlixPulse qui agrège les avis de la Twittosphère :

Les critiques de film avec FlixPulse
Les critiques de film avec FlixPulse

Il existe également un service de rating plus ouvert (Out of 5) qui utilise un principe équivalent mais sans possibilité de faire des moyennes.

On retrouve enfin un service de rencontre (Radaroo) qui utilise une syntaxe assez complexe :

Radaroo
La syntaxe du service de rencontre Radaroo

Notons également le très particulier Ideas Culture qui permet de faire des demandes de recherche d’informations qui sont traitées dans la nuit par des équipes travaillant en Australie : Services uses Twitter to crowdsource ideas overnight.

Bref, tous ces exemples me font dire que la simplicité de Twitter et surtout les nombreuses possibilités offertes par les API permettent de développer tout un tas d’usages autour de cette fonction de ligne de commande.

Scénario 2 : le nouveau flux RSS

Quoi que l’on puisse en dire, et même si je suis un fan de la première heure, les flux RSS ne sont pas réellement entrés dans les habitudes du grand public, ni même des collaborateurs en entreprise. Pourtant il existe un réel besoin d’un flux d’informations brutes (de type flux AFP) que Twitter pourrait bien combler. C’est en tout cas le point de vue de certains : Rest in Peace RSS et Twitter humanise la technologie RSS. Les arguments avancés sont qu’avec Twitter la masse d’utilisateurs permet de faire du filtrage collaboratif sur les infos et que l’on trouve plus facilement son ou ses « fournisseurs » en fonction des affinités que vous avez avec lui (ou elle).

Je ne rentrerais pas dans le débat de savoir si les abonnés RSS ont plus de valeur que les followers (cf. RSS Subscribers or Twitter Followers: Which Are Worth More?) mais je pense qu’il serait juste de dire que Twitter est un très bon canal d’informations en temps réel pour celles et ceux qui veulent surveiller de loin, mais que pour une activité de veille plus intensive et systématique, les flux RSS sont tout de même recommandés.

Tout ça pour dire que dans certains domaines, Twitter est utilisé comme un canal de diffusion en temps réel :

Bref, il existe autant de domaines d’application que de types d’information. En ce qui concerne l’immobilier, il existe même des robots capable de répondre à des requêtes : RealEstate.com Launches Useful Twitter Bot. (ha non mince, c’est plus de la ligne de commande ça).

Scénario 3 : Une plateforme de jeux en temps réel

Les jeux ont toujours été un vecteur très performant de sociabilisation, et Twitter peut faire entrer cette sociabilisation dans l’ère du temps réel en permettant aux joueurs de rester en contact ou de se rencontrer avec des services comme TweetMyGaming (TweetMyGaming Compiles Video Game Conversations from Twitter in Real-Time) ou Twoof (qui permet de lier vos deux comptes Doof et Twitter) ou de partager les réactions des joueurs au cours d’une partie (How Twitter is Changing the World of Professional Poker).

Mais les applications les plus intéressantes sont celles qui concernent les jeux en ligne directement intégrés à Twitter, ou du moins qui se servent de Twitter comme canal d’interaction (MSPOG + microblog = Micro social RPG) et qui représentent un marché juteux (Virtual Mafia Game Making Actual Money on Twitter).

Même s’il existe déjà de nombreuses plateformes sociales dédiées aux joueurs (RaptR, GamerDNA…), c’est encore une fois Twitter vers lequel les regards se tournent : Can Twitter Become the New Casual Gaming Hub? Pourquoi ? Toujours pour les mêmes raison : simplicité, ouverture, modularité…

Conclusion

J’arrête là ma liste de scénarios d’évolution possibles car il faut que je vous en laisse aussi ! Plus sérieusement, je constate que la stratégie de Twitter qui consiste à complètement ouvrir sa base de donnée au travers de nombreuses API a été payante pour gagner très rapidement en popularité et surtout en ferveur. Dans un avenir proche il pourrait être tout à fait envisageable d’exploiter un service reposant sur Twitter sans que vous ayez à passer par Twitter.com (inscription, autorisation, manipulation…), tout serait délégué à des services tiers et Twitter serait alors une sorte de couche de communication.

Une évolution intéressante qui, de plus, pourrait devenir un modèle économique pour Twitter qui ne facturerait pas les utilisateurs mais les services qui exploitent sa base de données.

Alors selon vous Twitter peut-il réussir cette forme de reconversion ?

Comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog

Depuis l’apparition des blogs au début des années 2000 et leur très forte émancipation (notamment grâce à des acteurs comme Skyblog en France), il a fallu grosso-modo 5 ans à la blogosphère pour se structurer (faisant apparaître 3 sous-ensembles : high-tech, politique et life style) et se professionnaliser (cf. Changement d’époque pour les blogs ?). C’est un résumé grossier mais là n’est pas le propos de cet article.

Tout se passait bien jusqu’à l’explosion des médias sociaux (avec sa myriade de services) et la forte montée en puissance du micro-blogging (Twitter a-t-il atteint le point de bascule ?). Alors que l’on pensait la blogosphère toute puissante, voilà que deux services sont venus bouleverser la donne : Twitter et FriendFeed. Le premier sert à publier des messages ultra-courts (même en situation de mobilité), le deuxième sert à agréger sa production sur les médias sociaux. Vous pourriez me dire (à juste titre) que c’est une tempête dans un verre d’eau, il n’empêche qu’au fil du temps j’ai constaté une modification radicale dans les pratiques de blog, et notamment chez les acteurs « historiques » de la blogosphère :

Bref, les choses ont irrémédiablement changé suite à la maturation d’outils et plateformes sociales complémentaires (cf. Blogging Vs Microblogging + Lifestreaming + Social Networking). Comment expliquer ce changement : Lassitude des lecteurs ? Saturation de la blogosphère ? Envie de tester d’autres supports ? C’est un peu tout cela à la fois, mais surtout la mutliplication des supports : Is Blogging Evolving Into Life Streams?.

Aujourd’hui la configuration que je croise le plus souvent est la suivante :

  • L’activité de veille / filtre quotidienne sur Twitter (ou FriendFeed) ;
  • Des billets plus longs sur les blogs.

Il y a une logique derrière cette évolution : le blog n’est plus le support de prédilection pour de l’information chaude, il a été supplanté par le microblog. Illustration la semaine dernière avec l’annonce du lancement de Chrome OS : Je me suis dépêché de rédiger un billet sur le sujet à peine quelques heures après l’annonce, résultat : rien (très peu de commentaires et quasiment aucun lien). J’ai quelques jours plus tard pris le temps de rédiger un article plus complet avec une réflexion mieux argumentée et le résultat est bien plus satisfaisant (des commentaires plus riches, plein de liens entrants). L’enseignement que je peux en tirer est le suivant : j’arrête définitivement de faire la course à l’info chaude, moins de billets mais des articles plus réfléchis (que je pourrais qualifier « d’info tiède »). Finalement c’est Jakob Nielsen qui avait raison avant l’heure en préconisant de rédiger des articles et non des billets (Write Articles, Not Blog Postings).

Bien évidemment ceci ne s’applique pas à tous les blogs, les billets d’humeur sont toujours très largement appréciés, mais par ceux qui ont envie de les lire !

Reste maintenant à savoir comment les blogs vont évoluer. Sur cette question scénarios sont envisageables (What is the Future of Blogging?) :

  • Une transformation des blogs en lifestream (notez que lifestream et blogs peuvent tout à fait cohabiter (c’est ce que je fais avec ma barre latérale) ;
  • Une transformation des blogs en plateformes sociales (par l’intermédiaire de social bar comme Google Friend Connect ou Stribe) ;
  • Une transformation des blogs en web TV (peu probable car il faut tout de même de l’équipement, mais peut-être que les plateformes de livecast peuvent nous y aider) ;
  • Une redéfinition des blogs (un site comme un autre ?) ;
  • Un nouveau modèle encore à définir (Google Wave est un bon point de départ).

Comme vous pouvez le constater, les options sont encore nombreuses. En tous cas je reste persuadé que l’on ne peut plus se permettre de ne miser que sur un seul format : la prise de parole sur le web doit s’envisager comme un ensemble de publications sur différents formats (billets, articles, tweets, vidéos, diaporamas…).

Pour le moment je reste fidèle à mon support d’origine (mes 7 blogs) mais je commence à voir des choses tout à fait intéressantes avec des plateforms hybrides comme Tumblr ou Posterous qui permettent de publier avec différents formats, depuis différentes sources.

Finalement peut-être que le bon choix est celui de Steve Rubel : un lifestream modulaire pour sa production quotidienne et de temps en temps des articles de fond publiés sur des médias à forte audience (Mashable…).

Quoique, ça manque peut-être un peu d’interactivité tout ça… peut-être une petite touche de Facebook / LinkedIn par dessus et ça commencera à être bien.

Dans le doute je vous pose la question : préférez-vous plus de billets (1 par jour) ou des analyses plus poussées (quitte à tomber à 1 ou 2 articles par semaine) ?

Volkswagen expérimente le profilage des tweeteurs en mode déporté

Une des pratiques-clés du marketing consiste à disséquer un marché en sous-groupe ayant un comportement d’achat homogène et d’y adapter le message et/ou l’offre, c’est ce que nous appelons le profilage. Jusqu’à présent, pour définir le profil d’un internaute (et déterminer à quel sous-groupe il appartient), il fallait le soumettre à un questionnaire. Puis sont apparus les solutions de marketing 1to1 (qui s’appuient sur l’historique des achats), puis les solutions de ciblage comportemental (qui utilisent l’historique des visites au travers d’un cookie mutualisé) et enfin les solution exploitant le social graph (oui c’est bien de Facebook dont je parle).

Le problème de toutes ces solutions, c’est quà un moment il faut vous rendre sur un page et cliquer sur un gros bouton qui dit quelque chose comme « Oui j’accepte de vous ouvrir mon compte pour que vous puissiez fouiller dans ma liste d’amis et mes données personnelles« . C’est d’une part très intimidant et de plus cela ne résout pas le problème du trafic entrant (il faut toujours capter une partie du trafic pour le rediriger vers cette fameuse page).

C’est là où Volkswagen innove et propose une simple bannière où vous n’avez qu’à saisir votre nom d’utilisateur Twitter pour que l’on vous fasse une suggestion de modèle :

VW_Twitter

Et voilà la suggestion après une analyse sémantique des mes tweets :

VW_Twitter2

Si vous voulez tester la bannière, elle est ici : Meet The Volkswagens.

http://ds.serving-sys.com/BurstingRes//Site-15744/Type-2/0C1B3FFA-16CE-4FBA-8E4E-EC062E9BF9F6.swf?ebDomain=www.theonion.com&ebAdID=1620226&cp=http://ds.serving-sys.com/BurstingCachedScripts//Res/ebV54_&ebIntTime=http://ds.serving-sys.com/BurstingCachedScripts//Res/ebInteractionTimeV62_12.swf&ebDCPipe=http://bs.serving-sys.com/BurstingPipe/BurstingDataCapturePipe.asp&ebResourcePath=http://ds.serving-sys.com/BurstingRes//&ebCampaignID=76889&ebStreamingAppURL=rtmp%3A//cp16207.edgefcs.net/ondemand&ebStreamVirtualPath=Res/Site-15744/&ebAdIdentifier=gEbBanners[0].displayUnit_1620226&ebLC=gEbBanners[0].displayUnit_ebBannerFlash_1620226

Il y a plusieurs choses intéressantes avec cette bannière :

  • Elle est très facilement exportable / viralisable ;
  • Elle ne vous demande « que » votre nom d’utilisateur, pas un accès complet à votre profil (ce qui est par ailleurs possible) ;
  • Elle est très facilement trackable (nombre d’encapsulation, nombre et date des analyses…).

Bien évidement, le ciblage ne fonction bien qu’avec un minimum de tweets publiés et de préférence en anglais. Mais ce que je trouve intéressant est qu’avec un tel dispositif ils peuvent se constituer une belle liste de tweeteurs à surveiller et à relancer plus tard : soit quand il y a des promos (un petit tweet de rappel), soit lorsqu’un mot-clé est détecté (« car« , « sedan« , « VW« , « ford« , « changing« …) auquel cas un petit DM peut être très facilement généré.

Bref, c’est non intrusif et subtil. Une pierre de plus au très belle attirail de VW qui compte déjà un tweet de RP (@VWPR) et des tweets de campagne comme @VWEscape (cf. Twitter, a microsite and Facebook help launch Volkswagen lifestyle vehicles).

Je me demande si l’algorithme de ciblage tient compte du nombre de followers et s’il est capable de retrancher du compte les faux followers à la uSocial (cf. Not enough Twitter followers? Pay uSocial to find more).

(via Net-Marketing)

PS : Au cas où vous vous poseriez la question, non ce n’est pas un billet sponsorisé pour le compte de VW, ni un billet indépendant, ni même un billet encore plus vachement indépendant.

MSPOG + microblog = Micro social RPG

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la façon dont les plateforme sociales sont en train de révolutionner les plateformes de jeux en ligne (Social Networks + Casual Games = Social Games). J’ai également abordé le succès des jeux portés sur les grands réseaux sociaux (Social Games, une mine d’or pour les plateformes sociales). La prochaine étape dans cette dynamique de transformation semble être déjà atteinte avec l’apparition de nouveaux types de jeux en ligne : les social games qui exploitent Twitter et les mobile social games qui commencent à cartonner sur l’iPhone.

Le paradoxe des jeux en ligne massivement mono-joueurs

Dans mon précédent article traitant des social games, j’avais fait l’impasse sur les alternative games pour ne pas trop vous embrouiller avec des termes jargonnants. Il va malheureusement falloir que je m’y plonge un peu. Vous connaissez déjà les jeux de plateau qui se jouent au tour à tour (Monopoly…), vous connaissez les jeux de rôle massivement multijoueurs (World of Warcraft…) alors vous ne devriez pas avoir de mal à saisir le principe des jeux en ligne massivement mono-joueurs (MSPOG ou MSO pour les intimes) qui se situent à mi-chemin. Le principe est de proposer un jeu en ligne avec une réalisation très sobre (texte + images) qui se joue de façon asynchrone (chacun son tour), à la fois individuelle (vous êtes seul devant votre écran) et collectif (vous intégrez des guildes pour accomplir des quêtes).

Il existe de nombreux termes pour décrire ce type de jeux (« Text-base online RPG« , « alternative games« …) et il se déclinent en de nombreux thèmes (heroic fantasy, anticipation, vampires…). Du fait des mécanismes de jeux et des limitations, le gameplay de ces jeux repose donc beaucoup sur la gestion de l’inventaire et des points d’énergie : faire des missions vous rapporte de l’argent (pour acheter des armes, des potions et de l’équipement) mais vous coûte des points d’énergie (en fonction de la difficulté des missions). Le modèle économique des éditeurs repose sur ces deux variables : ils proposent du micro-paiement pour convertir vos euros en monnaie locale ou acheter des points d’énergie.

Assez peu connus du grand public, les jeux alternatifs en ligne ont cependant connu un grand essor avec leur portage sur les plateformes sociales comme Facebook (lire à ce sujet un précédent article sur Elven Blood). La spécificité du portage de ces jeux est de parfaitement exploiter le levier viral et d’utiliser le public wall pour recruter d’autres joueurs. Les jeux les plus populaires comme Mob Wars ou Mafia Wars comptent plus de 12 millions de joueurs actifs.

MafiaWars

Mafia Wars sur Facebook

Micro Social RPG : les jeux alternatifs à l’heure des microblogs

Dans les exemples précédemment cités, Facebook est utilisé à la fois comme plateforme d’hébergement (vous y jouez au travers de l’interface Facebook) mais également comme canal de diffusion : vos faits d’armes sont relayés sur le public wall, vous recrutez d’autres joueurs directement depuis votre liste d’amis, vous êtes alertés via le système de messagerie interne… Mais rien ne vous empêche d’utiliser une autre plateforme sociale.

C’est là que Spymaster entre en scène avec un gameplay quasi similaire (accomplissement de missions, gestion de l’inventaire et des points d’énergie…) mais reposant sur Twitter. Concrêtement vous vous inscrivez sur le site PlaySpymaster avec vos identifiants Twitter, vous recrutez d’autres joueurs dans votre liste de followers et vous enchaînez les missions. Toutes vos actions sont alors relayées par des tweets. Vous pourriez me dire que cela génère une pollution terrible dans le flux et que la première chose à faire est de désactiver ce système de notification mais c’est sans compter l’ingéniosité des éditeurs du jeux : plus vous relayez vos actions dans votre flux Twitter et plus vous gagnez d’argent ou de points d’énergie. Ce principe est redoutable car un joueur ayant bien accroché au jeu aura besoin de plus d’argent / points donc va relayer le jeu de façon plus intensive.

Spymaster

Le tableau de bord de Spymaster

Le jeu est également très bien conçu d’un point de vue viral car la puissance d’un joueur est fonction du nombre d’autres joueurs qu’il a réussi à recruter. Description complète ici : Spymaster Twitter Game, The Complete Guide.

Pour le moment il n’est pas possible d’acheter des points ou de l’équipement mais j’imagine bien que c’est la prochaine étape du développement de ce Micro Social RPG. Et il n’est pas le seul puisque d’autres commencent à faire leur apparition comme 140Mafia (cf. The Mob Comes to Twitter), attendez-vous donc à une déferlante de jeux alternatifs sur Twitter dans les prochaines semaines. Les mois d’été seront-ils prétexte à des parties endiablées ? Sûrement.

Vers des adver-micro-social-games ?

Tout ceci est très bien, mais existe-t-il des applications commerciales de ces jeux ? Oui, avec notamment cette campagne réalisée pour la sortie du quatrième volet de Terminator : Resistance 2018. Le principe est assez simple : la résistance s’organise contre les machines et vous incite à la rejoindre en ajoutant le compte @Resistance2018 à votre liste de following pour pouvoir être impliqué dans des opérations. Il y a également un certain nombre d’instructions qui sont diffusées via le blog « officiel » de la résistance.

Resistance2018

Le flux Twitter de Resistance 2018

Tout l’intérêt de cette campagne ne réside pas dans le gameplay assez simple mais plutôt dans l’immersion de l’univers de la franchise Terminator et dans le potentiel viral du dispositif (recrutement viral, système de leaderboard…). Un cas d’école très intéressant qui pourrait tout à fait être réutilisé dans un autre contexte et pour une autre marque (souvenez-vous qu’il s’agit avant tout de jeux textuels). Plus d’infos ici : Terminator Salvation plays « with » Twitter.

Et cela ne risque pas de s’arrêter là puisque ces social games vont bientôt débarquer sur nos consoles de jeux pour compléter un gameplay riche avec une expérience sociale intégrée : XBox 360 to support Twitter and Facebook.

Ne vous laissez pas leurrer par ce côté vidéo-gadgeto-geek, les jeux vidéos représentent un marché colossale et sont surtout durablement ancrés dans les habitudes des consommateurs : Les américains jouent plus qu’ils ne vont au cinéma. Voilà pourquoi ils sont un support de choix pour les annonceurs souhaitant toucher leurs cibles au travers d’un dispositif à engagement plus fort que la TV, la radio ou les bannières.

La ruée vers l’iPhone pour les social games

Autre tendance lourde pour le marché des jeux en ligne : l’explosion du nombre d’iPhone et le portage de ces social games rendu possible avec des technologies comme Facebook Connect for iPhone. Les grands éditeurs se sont ainsi rués sur cette niche avec des versions mobiles de leurs titres phares (Mafia Wars, Vampires BloodLust, AgencyWars…) : SGN Launches Agency Wars & Adds Facebook Connect to iBowl.

MafiaWars_iPhone

 

Encore une fois, le côté asynchrone facilite grandement la tâche du portage de ces jeux sur un terminal mobile. Ces derniers deviennent alors un moyen idéal pour une expérience de jeux fragmentée (quelques minutes plusieurs fois dans la journée) mais répétée. Le marché est d’ailleurs en train de se structurer avec des plateformes de mobile social games comme Aurora Feint qui permet d’avoir une gestion centralisée des crédits, du personnage… Tous les détails sont ici : Aurora Feint To Roll Out OpenFeint 2.0, A Social Gaming Platform For The iPhone.

AuroraFeint

 

Là aussi, les applications commerciales ou « marketing » sont évidentes : sponsoring, placement de produits, lancement d’un jeu lié à un univers de marque… Les barrières à l’entrée sont plutôt basses et le public en demande, donc comment y résister ?

Prochaine étape : les alterned reality games à la sauce micro-social ?

Tout ceci nous amène à nous interroger sur la suite, à savoir la prochaine étape. Hé bien figurez-vous que la prochaine étape naturelle semble être toute trouvée avec les jeux en réalité alternée (alterned reality games ou ARG). Pour faire simple, les ARG sont des jeux de fiction qui se jouent dans la vie réelle (au travers des canaux traditionnels) mais exploitant une trame narrative et des informations alternatives. Si mes sources sont exactes, la première expérience commerciale à grande échelle remonte à 2001 avec un ARG pour la promotion du film AI (plus d’infos ici : Retour sur les Alternate Reality Game). Mais les exemples plus récents sont nombreux avec notamment CanYouStopIt lancé par SFR (SFR se lance dans le jeu en réalité alternée) et d’autres exemples aux US (Le créateur de Heroes prépare une expérience immersive mobile).

CanYouStopIt

Le jeu en réalité alternée de SFR

Mélangez les ARG avec la puissance virale de Facebook, la proximité / instantanéité de Twitter, les capacités de géolocalistation de l’iPhone et vous obtenez un ticket gagnant. En fait c’est plus que ça, c’est le nirvana du story-telling et de l’immersion au service d’une expérience de jeu unique (qui se situe à la frontière des Mobile Multiplayer Trans-Reality Game).

Donc pour faire simple ça donne : Social Games + ARG + MMTRG = Micro-Géo-Social-Mixed-Alterned Reality Games. Simple, non ?

Twitter existait déjà en 1935

Alors que Twitter est toujours le sujet le plus chaud de la blogosphère, cette image d’archive nous apprend que le principe du microblog existait déjà en 1935 :

twitter robot from 1935!

Le « Notificator » était une sorte de distributeur automatique de messages : les clients inséraient une pièce puis pouvaient rédiger un court message qui était ensuite affiché derrière la vitre pendant au moins deux heures avant d’être remplacé par les autres.

Ces machines étaient implantées à Londres dans les lieux publics (restaurants, gares…) et servaient à ceux qui voulaient diffuser des messages publics ou annuler un RDV (biens sûr il fallait que la personne concerné par ce RDV annulé ai la présence d’esprit de regarder les messages).

Eux au moins ils avaient un modèle économique ! Mais ça ne les a pas empêché de disparaître…

(via @Mickou)