La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie

Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros boitier moche qui trône au beau milieu de votre salon, celui-là même qui n’a quasiment pas évolué en 20 ans (si ce n’est quelques centimètres d’épaisseur en moins). Et bien figurez-vous qu’après des décennies de bons et loyaux services, la télévision s’apprête enfin à connaitre sa révolution. Non je ne veux pas parler de la haute définition (il s’agit « juste » de quelques pixels en plus) mais plutôt de la révolution des services accessibles au travers de cette télévision. Des services que l’on retrouvent ailleurs (ordinateurs, mobiles…) mais qui prennent un sens différent dans le contexte de l’écran de télévision.

Télévision + Internet = $

Souvenez-vous, il y a plus de 3 ans j’avais rédigé un article sur les intérêts croisés de la télévision et de l’internet : Internet = l’avenir de la télévision (et inversement). Il y était question des ambitions de conquêtes des grandes chaînes TV sur le net et des grands acteurs du net sur la TV. Ce sujet est toujours d’actualité mais la situation a largement eu le temps de mûrir :

Bref, plus que jamais les uns convoitent les audiences des autres, ou plus exactement les parts d’audience.

Le web s’invite sur les télévisions

D’après un récent rapport de Forrester (Connected TVs Need To Sharpen Their Value Proposition), les télévisions connectées devraient représenter près d’1/3 du parc d’ici à 2014 :

Croissance des parts de marché des TV connectées
Croissance des parts de marché des TV connectées

De nombreux constructeurs sont ainsi lancés dans une course à l’armement (Samsung, Philips, Sony…), mais également des industriels comme Intel (qui vient de lancer un processeur dédié à ce marché : Intel tries anew to built its smarts into TVs), des éditeurs comme Opera (et son navigateur Opera for TV) ainsi que des éditeurs de services comme Yahoo! avec sa Yahoo! Connected TV :

FlickR sur Yahoo! Connected TV
Les widgets de Yahoo! sur votre TV

Avec autant de gros acteurs sur le créneau, il faut croire que le marché à du potentiel. Mais ce n’est pas tout, car il sera bientôt possible d’intégrer bien plus de choses que des widgets dans votre télévision.

Télévision + médias sociaux = :-)

Le problème des services distribués sur des TV connectées, c’est qu’il faut qu’elles le soient (connectables). Si ce n’est pas le cas, pas de problème il y a toujours une solution. Et cette solution c’est les consoles de jeux au travers desquelles il va être possible d’exploiter des services comme Facebook ou Twitter : Twitter and Facebook Launch on the Xbox 360 et PS3 3.10 Update Adds Facebook Features, Fixes Up Friends List.

Facebook sur votre Xbox 360
Facebook sur votre Xbox 360

Notez que cela fonctionne aussi avec des contenus TV diffusés sur le net et regardés sur votre télévision à l’aide de boitiers comme la future Boxee Box (cf. The Boxee Box will rock your sox!). Vous seriez tenté de me dire « pourquoi ne pas tout simplement être devant sa télé à l’heure où le programme est diffusé ? » et je vous répondrais « non, l’époque de l’asservissement des spectateurs par les grilles de programme est révolue !« . Car les téléspectateurs sont également des internautes comblés, comblés par la praticité de l’internet et par sa dimension sociale que l’on ne retrouve absolument pas dans la télé à papa. Ces terminaux (et une connexion haut débit) permettront ainsi de réconcilier ces deux mondes : l’interactivité et la sociabilisation de l’internet avec les contenus de la télé (cf. The future of television: Social TV).

Pourquoi la TV est-elle l’avenir de l’internet ?

Tout simplement parce qu’il reste très peu de leviers de croissance sur le web. Comprenez par là que l’audience de l’internet est en croissante constante depuis ces dernières années mais que cette croissance va très bientôt se tasser à mesure que les foyers vont s’équiper. À partir de là, comment va-t-on faire pour gagner des parts d’audience ? Tout simplement en augmentant le temps d’exposition en multipliant les occasions de connexions. Et pour cela, rien de tel que la diversification des terminaux. Vous passez de moins en moins de temps devant les programmes de la télévision pour aller sur le net ? Qu’à cela ne tienne, ils sont en train de travailler dur pour injecter le web dans votre TV pour faire en sorte que vous ne bougiez pas vos fesses du canapé. Car c’est bien là qu’est l’enjeu : vous maintenir devant l’écran (et les coupures pubs).

Autant le mobile est l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de mobilité (ça fonctionne aussi avec les netbooks), autant la télévision est également l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de repos. Hé oui, car un autre enjeu de cette évolution est de pouvoir toucher les internautes dans un contexte différent (en mode « détente ») où les sites des concurrents ne sont plus réellement à un clic de souris vu que ces internautes n’ont pas de souris à portée de main (juste une télécommande améliorée).

Elle est donc là l’astuce : repackager les services en ligne dans un contexte où les internautes seront plus perméables aux messages publicitaires (moins méfiants). Devant votre ordinateur vous êtes alerte, concentré, prêt à fermer les pop-up ou à ouvrir un nouvel onglet si un site est trop long à charger. Dans votre canapé ça sera différent : vous serez détendu (plus de temps, plus de patience) et vous n’aurez pas du tout le même équipement (un navigateur équipé d’un bloqueur de bannière).

Faut-il se réjouir ou redouter ce scénario ? Il est encore trop tôt pour le dire. Ce dont je suis certain c’est que les publicitaires ne sont pas stupides et qu’ils seront faire preuve de subtilité pour ne pas nuire à cette nouvelle expérience de consommation de services en ligne au travers de votre télévision. D’autant plus que la concurrence sera rude (lire à ce sujet cet autre rapport de Forrester sur l’IP TV : European IPTV Forecast, 2009 To 2014) et que de nouveaux entrants vont également venir briguer la place en face du canapé (notamment les fournisseurs de cloud-gaming comme OnLive).

Croissance des parts de marché de l'IPTV
Croissance des parts de marché de l'IPTV

Moralité : Grâce au web, vous passez plus de temps devant votre TV (et devant votre mobile) (et sur votre netbook).

YouTube, nouveau terrain de jeu des annonceurs ?

Nous savions déjà que YouTube (du fait de sa considérable audience) est une cible archi-privilégiée pour les annonceurs qui espèrent y voir tourner leur dernière vidéo virale. Nous avons vu récemment des choses un peu plus originales avec cette nouvelle fonctionnalité d’annotation (cf. Annotation sur YouTube : opportunités marketing ou spam ?).

Il semblerait qu’une nouvelle forme de communication soit en train de se développer avec l’apparition de jeux du type « la vidéo dont vous êtes le héros » sur YouTube comme celui-ci à l’occasion du Mondial de l’Auto : A Car’s Life.

Le principe est simple : il suffit de cliquer au bon moment pour passer au « niveau suivant ». Nous sommes bien loin d’un Grand Tourismo ou même d’un Drift City (lire à ce sujet : Réseau social + univers virtuel + jeu en ligne = $), mais l’initiative est intéressante.

À quand un jeu de boxe sur YouTube ?

(via PPC)

Un peu d’innovation dans les players vidéo

Une fois n’est pas coutûme, je souhaiterais vous parler aujourdh’ui d’un site de partage de vidéos qui n’est pas YouTube (ou DailyMotion). Loin de moi l’idée de vouloir relancer le débat sur la nichisisation des médias sociaux (hé hé hé, il fallait la placer celle-là), je voudrais juste partager avec vous une fonctionnalité trouvée sur Shred or Die, un site de partage de vidéos de trucs qui glissent (et qui roulent).

Cette fonctionnalité porte sur le « player« , ou du moins sur une évolution fonctionnelle tout à fait intéressante car répondant à une réelle demande contextuelle. Démonstration avec cette vidéo : Ready trailer.

Juste à droite du bouton ‘Play‘ vous avez trois boutons :

  • Jump Back 5 secondes, pour revenir 5 secondes en arrière afin de revoir l’action ;
  • Toggle Slow Motion, pour revoir l’action au ralenti ;
  • Prev Frame / Next Frame, pour visionner l’action image par image

Voici donc trois fonctionnalités bien pratiques, surtout dans un contexte de sports extrêmes où les figures sont décomposées dans tout les sens. Bref, c’est de l’innovation utile comme je les aime.

Et si vous vous posez encore la question de savoir s’il faut abandonner les skis pour passer au snowboard, j’espère que cette vidéo va vous convaincre : And if you’re a man you could feel it!.

YouTube évolue pour maintenir la concurrence à distance

Aviez-vous remarqué les récents changements sur YouTube ? Même si les équipes de Google ont visiblement du mal à rentabiliser cette plateforme (cf. YouTube n’est finalement pas une mine d’or pour Google) ils continuent à la faire évoluer lentement mais surement. En témoigne cette nouvelle page d’accueil, plus tout à fait récente (cf. New Experimental Personalized Homepage) mais qui introduit un certain nombre de nouveautés (Recommend Videos, Friend Activity, About You / Your video…) :

NewYouTube.jpgNewYouTube

Au rayon des nouveautés il y a également la possibilité d’annoter les vidéos (YouTube Video Annotations – ça fonctionne plutôt bien) ainsi que le statistiques de consultation (cf. YouTube Insight Overview) :

YouTube_VideoInsight

Enfin vous avez également la possibilité de fusionner votre compte YouTube avec votre compte Google : How do I link my Google account with my existing YouTube account?. On imagine déjà les nombreuses possibilités de synergies…

Force est de constater que si YouTube est devenu indispensable à l’écosystème de la vidéo en ligne, le marché ne se fait plus trop d’illusions concernant le potentiel de monétisation de la plateforme, du moins telle qu’elle est actuellement configurée : Why YouTube can’t make money. Ceci est d’autant plus dommage que les concurrents sont légions, et notamment Hulu (la plateforme vidéo lancée par NBC et News Corp.) qui risque d’intéresser de très près les investisseurs et les annonceurs : Hulu To Earn Up to $90M In First Year.

En tout cas il y en a un à qui ça plait forcément, c’est Mark Cuban (le plus gros détracteur de YouTube) : Hulu is kicking Youtube’s Ass.

Microsoft prépare une grande offensive dans la vidéo en ligne avec Silverlight

Chez Microsoft ils ont visiblement décidé de mettre le paquet sur la vidéo pour assurer la promotion de Silverlight.

Nous avons tout d’abord eu la retransmission live de l’intervention de Bill Gates lors du CES : Watching the Bill Gates CES 2008 Keynote powered by Silverlight.

Il y a également eu la diffusion gratuite de Jackass 2.5 : Watch Jackass 2.5 – Free and Exclusive on Silverlight!.

Ils ont également fait un partenariat avec CBS/Paramount et Entertainment Tonight pour le lancement du mini-site des Golden Globe Awards : ET’s new Golden Globes Site powered by Silverlight.

GoldenGlobes

 

Enfin, ils viennent d’annoncer un partenariat avec NBC pour faire de MSN la source d’information officielle des jeux olympiques : Silverlight to power the online video portal for the 2008 Olympics.

nbc_silverlight

 

Une très grosse nouvelle puisque les J.O. représentent tout de même près de 15 millions de visiteurs uniques. De quoi accélérer le déploiement de la v.2 de Silverlight.

Impossible pour moi d’achever ce billet sans une touche de francophonie, je vous propose donc de jeter un œil au site des TechDays 2008 de Paris :

TechDays

 

Tout ça est très intéressant, d’autant plus que côté Adobe les vidéos en HD (pas encore de full HD ?) commencent à voir le jour, notamment sur le site Hulu ou encore sur leur HD Gallery.

SNCF.com se tranforme en Web TV et ouvre le dialogue avec ses clients

Ça alors ! Le nouveau site de la SNCF est en ligne depuis vendredi et personne n’en parle ! Est-ce que parce que personne n’y va ?

Bon en tout cas ça va changer car cette nouvelle mouture est surprenante :

SNCF_accueil

 

Première chose qui frappe : une mise en page tout en Flash avec des petits panneaux qui flottent quand on déplace la souris. Un clic sur un panneau permet de rentrer dans une chaîne thématique (qui propose alors des contenus multimédia) :

SNCF_page

 

Le système de navigation est également très surprenant : une organisation par chaîne ainsi que des menus déroulant en haut de page. Force est de constater que la prise de risque est maximale pour ce design très avant-gardiste.

Il y a heureusement un équivalent HTML pour répondre aux normes d’accessibilité (je n’ai pas pris le temps de tester la conformité par rapport au référentiel).

Plus intéressant, ils ont également ouvert un espace de dialogue en ligne très ambitieux : Opinions et débats (motorisé par la plateforme de FeedBack 2.0 dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet : Ciao + Digg = FeedBack 2.0).

SNCF_debats

 

Là encore que salue l’engagement de la SNCF qui fait preuve de beaucoup de bonne volonté pour aller dialoguer « sur le terrain (numérique) » avec les internautes.

Je suis personnellement bien plus impressionné par cette seconde initiative que par ce nouveau site tout en Flash. Et vous, que pensez-vous ?

Nous sommes tous des télé-vendeurs (ou télé-détracteurs)

Avec l’avènement des services de partage comme Dailymotion, Youtube, Jumcut, Revver… la vidéo en ligne s’est fortement banalisée. Et pas seulement le fait de regarder des vidéos, mais plutôt d’en produire : extraits de soirée bien arrosée, chutes à vélo, parodies de chanson à base de lip-synch… Ces services hébergent la longue traîne des vidéo-amateurs, une sorte de vidéo-gag 2.0.

Oui mais voilà, ces vidéos-amateurs représentent un enjeu énorme pour les marques, gigantesque même. En témoigne cette célèbre vidéo d’une jeune américaine expliquant les raisons de sa séparation avec son petit copain tout en s’amusant avec sa webcam (près de 2 millions de visionnages) :

Parfois les marques peuvent bénéficier du soutien informel de clients enthousiastes, à l’image de ce petit garçon qui nous détail son dernier achat (un robot Bionicle) :

http://www.dailymotion.com/swf/5Hsogu33bqESyaIlI

Mais parfois ça peut aussi faire très mal comme ce client d’une compagnie aérienne qui nous raconte son calvaire (Delta Airlines Passengers Stranded for 7 Hours on Tarmac) :

Bref, la vidéo est maintenant la nouvelle arme des évangélisateurs ou des détracteurs, et son impact est d’autant plus fort que le témoignage paraitra authentique (avec du grain, des problèmes de cadrage et de son…). Pour en savoir plus sur ce phénomène, je vous recommande vivemence livre : Citizen Marketers: When People Are the Message.