Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ?

Si le web 2.0 a été le buzzword de l’année 2006, on commence de plus en plus à entendre parler d’Entreprise 2.0. Pour faire court, il s’agit d’utiliser dans le monde de l’entreprise les outils qui ont fait le succès du web 2.0.

N’allez surtout pas vous imaginer que cela se résume à lancer un blog et un wiki interne, cette notion recoupe en fait des pratiques bien plus riches que des simples blogs et surtout engendre des mutations qui vont au-delà de la mise en ligne de nouveaux outils.

Avant de vous livrer un schéma récapitulatif qui risque de vous perturber, je vous propose dans un premier temps de débroussailler le sujet.

Quelques définitions et articles fondateurs (et après on n’en parle plus)

Commençons par une définition très académique qui nous vient du professeur Andrew McAfee : « L’entreprise 2.0 correspond à une utilisation de plateformes sociales émergentes au sein de sociétés ou entre des sociétés, leurs partenaires et leurs clients« . Une définition qui a le mérite d’être courte, mais pas plus courte que celle d’Indus Khaitan : « Enterprise 2.0 = Writable Intranet« . Si vous souhaitez quelque chose de plus long, je vous recommande cet article : Enterprise 2.0, The Big Picture.

Nous pouvons compléter cette définition avec l’acronyme SLATES qui liste les composantes essentielles de la collaboration : Search, Links, Authoring, Tags, Extensions et Signals.

Nous pouvons également citer les notions d’Enterprise Social Software et ses 7 principes fondateurs.

Il y a aussi ce diaporama (Meet Charlie) qui est intéressant mais qui se contente de survoler le sujet.

Je vous propose enfin cette petite sélection d’articles pour enrichir vos favoris :

Maintenant que vous avez à votre disposition un premier fond documentaire, il est temps de simplifier tout ça et de poser quelques notions de base.

C’est tout (quoi que pas tout à fait) sauf une question de technologie

Tout comme la révolution du web 2.0 ne repose pas sur des innovations technologiques (mais y est néanmoins indirectement liée), l’Entreprise 2.0 regroupe un certain nombre de nouvelles pratiques de collaboration qui ne nécessitent pas d’aménagement dans votre système d’information.

Correction : qui ne nécessitent à priori pas d’aménagement. Car autant il est très simple de greffer un blog ou un wiki à un intranet, autant les véritables bénéfices de l’Entreprise 2.0 ne se feront ressentir qu’après avoir déployé une nouvelle architecture logicielle de votre SI. Comprenez par là qu’il n’y aura pas de révolution dans les méthodes et outils de travail sans révolution informatique. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si dans sa première définition le professeur Andrew McAfee faisait référence aux architectures orientées services : Enterprise 2.0 vs. SOA.

La bonne nouvelle, c’est qu’une entreprise n’acquiert pas du jour au lendemain sont statut « 2.0 ». C’est un processus long et progressif dont les premières étapes n’ont quasiment aucun impact sur le SI. Par contre, une fois les pratiques de collaboration de base (blog et wiki) assimilées par les employés, les grands travaux peuvent alors commencer pour adopter progressivement un SI plus flexible avec une forte modularité qui permet de mettre les employés au cœur des processus et de personnaliser la connaissance et les outils en fonction du contexte quotidien. Le professeur Andrew McAfee (encore lui !) est d’ailleurs on ne peut plus clair à ce sujet : It’s Not Not About the Technology, et il n’est pas le seul : Enterprise 2.0 = Next Generation IT.

Bien évidement ne vous imaginez pas non plus qu’il est possible de se passer d’une structure informatique « locale » et de tout sous-traiter à des fournisseurs de services en ligne. Dans la plupart des cas, l’adoption de solutions dites d’ »Entreprise 2 .0 » ne met pas les informaticiens au chômage, bien au contraire : Does Enterprise 2.0 actually mean a bigger IT Department? L’idée n’est pas de diminuer la dépendance aux outils informatiques, mais plutôt d’en décloisonner les usages.

C’est mon fichier, c’est moi qui décide !

Qu’on se le dise, l’Entreprise 2.0 c’est avant tout l’école du partage et de la collaboration. Lancer un blog, un wiki ou un espace de travail en ligne sans s’assurer de l’adhésion des collaborateurs est une perte de temps et d’argent. La plus grosse erreur serait de sous-estimer le poids des habitudes et surtout la résistance au changement. L’information (la bonne, la vraie) est en effet une denrée rare que les collaborateurs s’arrachent : ils la stockent dans un fichier qui est jalousement protégé par un mot de passe, une arborescence complexe et un répertoire non-partagé.

Travailler en mode « wiki », délivrer son expérience et son savoir-faire sur un blog sont des pratiques qui vont à l’encontre de ce que l’on apprend sur le terrain ; à savoir : se débrouiller pour apparaitre comme indispensable au bon fonctionnement de l’entreprise auprès de ses supérieurs. C’était jusque là le meilleur moyen de progresser dans la hiérarchie (en attendant que des places se libèrent au dessus) et de toucher sa prime de fin d’année.

Oui mais voilà, les temps changent : les chinois sont maintenant capables de confectionner des produits similaires aux nôtres pour 1/10ème du prix et les indiens des services similaires pour 1/5ème du prix. Et le pire, c’est que nous n’en sommes qu’au début des complications puisque ces pays sont eux-mêmes menacés par de la main d’œuvre encore moins cher (les philippins faisant concurrence aux chinois et les sri-lankais aux indiens). Moralité : pour rester compétitif, il va falloir modifier nos habitudes, méthodes et outils de travail. Le but de la manœuvre étant de faire circuler plus vite la bonne information à la bonne personne, les américains appellent ça la business-critical information.

Entreprise 2.0 = Collaborateurs 2.0 = RH 2.0

Je sais ce que vous allez me dire : on ne peut pas changer tout seul, il faut que les autres changent avec nous. Et je suis bien d’accord avec vous ! En plus des impacts sur les méthodes et outils de travail, l’Entreprise 2.0 nécessite également de revoir entièrement la gestion des carrières et les modèles d’évaluation des collaborateurs. Les critères qualitatifs existent depuis de nombreuses années dans le monde de l’entreprise, et il serait très tentant (et dangereux) de vouloir faire du qualitatif avec du quantitatif. Exemple : fixer des objectifs de volume (10 billets à publier par mois).

Le plus gros défi à relever pour un collaborateur n’est pas de trouver de l’information (car elle est là quelque part), mais plutôt de trouver la bonne information et en un minimum de temps. Le spectre de l’infobésité est en effet très présent en entreprise et ceux qui produisent de l’information ne sont pas forcément les plus utiles. Il existe en effet une catégorie de collaborateurs qui ne produisent rien mais qui organisent, notent, commentent, filtrent… le tout au bénéfice de l’ensemble des autres employés. Comprenez par là que cette fonction de « filtre humain »est tout aussi importante que celle de rédacteur.

Il en va de même pour les habitués des réunions de couloir et des salles fumeurs : ils discutent, rencontrent, font se rencontrer, colportent, relayent… bref ils facilitent l’interaction sociale entre les employés. Même s’ils n’apparaissent pas comme essentiels aux yeux des patrons, ils jouent un rôle très important dans la structure sociale et dans les échanges informels. Les spécialistes des réseaux sociaux les appellent des nœuds forts.

Dans un principe d’équité, il devient alors indispensable de pouvoir évaluer et valoriser l’importance d’un collaborateur en fonction de ses rôles / actions formelles et informelles. Dans une entreprise où tout est partagé avec tout le monde, ce n’est pas une mince affaire, mais c’est loin d’être impossible.

Vue d’ensemble de l’Entreprise 2.0

Je vous propose maintenant de décortiquer les différentes composantes de l’Entreprise 2.0 en s’appuyant sur le schéma récapitulatif suivant :

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Oui je sais, ça fait beaucoup de flèches, mais c’est parce que dans le modèle « Entreprise 2.0 » ce sont les collaborateurs qui sont au centre et les informations / outils qui gravitent autour. Vous pouvez aussi aller voir la version originale sur FlickR ou télécharger ce schéma au format PDF.

Tout d’abord, l’essentiel de l’activité d’un collaborateur devrait pouvoir se faire en ligne (sur l’intranet ou avec des accès sécurisés quand il est en déplacement ou en télétravail). Le portail d’entreprise endosse alors une très grosse responsabilité car il est l’épine dorsale sur laquelle repose un certain nombre de briques essentielles :

  • Le tableau de bord qui sert à concentrer l’attention des collaborateurs sur un écran unique d’où il pourra accéder à l’ensemble des informations, services et applications qui lui sont utiles au quotidien (sous forme d’indicateurs, de raccourcis ou d’alertes). C’est en quelque sorte un Netvibes d’entreprise (ou un Portaneo qui est un équivalent open source) ;
  • Le profil du collaborateur qui va lui permettre de contextualiser et de personnaliser l’information mais également l’accès aux différents services. Ce profil sera également le point de départ (et d’arrivée) de l’ensemble de l’activité sociale du collaborateur (quelque chose à mi-chemin entre Facebook et LinkedIn) ;
  • Le mécanisme d’authentification qui va lui permettre d’avoir un accès complet ou restreint aux applications internes, partagées ou externes (l’équivalent d’un OpenID mais en plus robuste) ;
  • Les filtres seront particulièrement utiles pour ne pas le noyer sous une masse d’information. Ils pourront être individuels (en fonction de critères définis par le collaborateur) ou collaboratifs (en fonction de critères et paramètres communs à un groupe d’utilisateurs ciblés) ;
  • Le moteur de recherche sera enfin un outil essentiel pour pouvoir accéder à la fameuse business-critical information. Ce moteur pourra être sémantique (fonctionnant à partir d’un thésaurus), empirique (auto-apprenant comme l’index de Google) ou social (utilisant de tags et de systèmes de notation) ; ou pourquoi pas les trois (comme le propose CoReap).

Fermes de blogs et wikis comme alternatives aux fichiers qui s’égarent

Par définition, un fichier ça s’égare, ça ne tient pas forcément dans la limite imposée par votre boîte email, ça encombre les serveurs… bref c’est un outil qui date d’une autre époque, celle des années 90 où Microsoft et sa suite Office étaient vues comme des accélérateurs de business. Aujourd’hui la réalité est tout autre : nous rédigeons sous Powerpoint, faisons des tableaux dans Word et des schémas dans Excel. Bref, il est temps que ça change et c’est là où les blogs et wikis entrent en scène.

Les blogs tout d’abord, avec leur moteur de publication très simple qui permet aux contributeurs de commencer à rédiger sans avoir à chercher la notice ou à suivre une formation. Ces blogs et leurs interfaces intuitives permettent également aux novices de « consommer » l’information avec plus de précision (système de catégories, d’archives, de mots-clés) et d’efficacité (abonnement au flux RSS). Dans certains grands groupes (IBM, Microsoft, GE…) les blogs se comptent par milliers et sont regroupés dans des fermes de blogs : horizontales (par métiers), verticales (par business unit ou pays) et transversales. Les blogs sont un moyen très simple d’extraire l’information de systèmes propriétaires (fichiers, emails…) et de la partager à grande échelle (le blog du patron) ou de façon plus locale (blog d’une équipe projet composée de quelques personnes).

La communication n’en devient alors que plus simple : plus d’emails qui se perdent, plus de réponses enchevêtrées où il manque toujours quelqu’un en copie, plus de doublons, plus de susceptibilités (« ce message m’était adressé en priorité, pourquoi ne suis-je qu’en copie ?« ). Tout est géré par le moteur du blog : la publication, les commentaires, l’archivage, la catégorisation. Cerise sur le gâteau : un nouvel entrant dans une équipe peut avoir accès à l’historique des échanges en quelques clics. La règle d’or : si vous avez plus de 5 personnes en copie d’un email, faites-en plutôt un billet. Typepad est bien évidement un acteur de choix mais IBM propose aussi son offre.

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De plus, les moteurs de blog intègrent tous la possibilité de publier des flux RSS qui sont un pré-requis indispensable à la circulation de l’information : légers, flexibles et universels. Des sociétés se sont même spécialisées dans la gestion de flux RSS d’entreprise à l’image de KnowNow.

Les blogs externes font également partis de la blogosphère d’une entreprise : les collaborateurs peuvent y souscrire individuellement ou les inscrire au sein de grands bookmarks collectifs. Ceux-ci peuvent être spécifiques à un métier ou un département. Cogenz, ConnectBeam et IBM proposent des solutions de ce type.

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De même, des portails collaboratifs comme Digg ou Wikio peuvent être mis en œuvre au sein d’un département pour pouvoir filtrer l’information et ne faire ressortir que les articles les plus pertinents (en fonction des notes).

Les wikis sont également l’occasion de se simplifier la vie (professionnelle) : plus de conflits de version, plus de d’historique des modifications indéchiffrables, plus d’aller / retour incessants par email, plus de noms de fichiers à la noix (« cr_reunion_final_fr_V2_Fred_OK_print.doc »)… Les wikis sont des applications en ligne qui sont nativement collaboratives : chacun apporte sa petite contribution (rédaction, compléments, corrections…) et l’information est toujours à jour. De plus, l’historisation est automatique, la modération peut se faire à postériori, les droits peuvent être gérés en fonction du profil (lecture, modification, modération…).

Dans le cadre de bases de connaissance verticalisées (marketing, juridique, S.I….) les wikis offrent une alternative très simple aux systèmes de gestion de la connaissance. Beaucoup moins sophistiquée, certes, mais beaucoup plus simple à mettre en œuvre. Les champions du wiki d’entreprise sont des fournisseurs comme SocialText, Atlassian ou MindTouch.

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Il est important de préciser que les wikis ne s’exploitent pas forcément de manière isolée, ils peuvent être combinés avec d’autres outils pour pouvoir bâtir des Knowledge Ecosystems.

Univers virtuels et micro-blogs comme supports de formation

De nombreux progrès peuvent être fait dans le domaine de la formation en ligne, à commencer par l’utilisation de blogs dans le cadre de micro-formation. L’idée ici d’éviter déplacement des collaborateurs en un même endroit pendant une journée et de leur délivrer à la place par email ou par flux RSS un petit bout d’une formation (entre 2 à 5 minutes avec éventuellement un exercice corrigé). Cette pratique permet d’éviter d’immobiliser une salle et une journée de travail pour les collaborateurs. De plus, elle permet de travailler sur le long terme (mémoire chimique par opposition à la mémoire électrique).

Dans un autre domaine, le v-learning peut également aider à palier aux contraintes logistiques (déplacements et réservation d’une salle de réunion) en proposant une alternative très crédible aux conférences téléphoniques : les espaces de collaboration 3D comme peuvent en proposer Tixeo ou I-maginer.

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Il est également possible d’exploiter les univers virtuels dans le cadre de simulation ultra-réalistes (serious games) pour tester les réactions et comportements des employés face à des situations de crise très difficiles à mettre en œuvre sur un site physique. C’est ce que proposent des sociétés comme IBM ou Sun avec cette nouvelle itération du théâtre d’entreprise.

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Pour en savoir plus, je vous recommande de lire la définition de Wikipedia : Serious Game ; cette simulation de start-up : SpigIt ; ou encore cet article sur des simulations de situations de crise : Emergency Training in Second Life.

Pourquoi ne pas évoquer également le cas de Grockit, une start-up qui propose une solution de v-learning basée sur la collaboration massive, ils appellent ça du MMPOL (Massive Multi-Player Online Learning).

En poussant ce concept un peu plus loin, il serait même possible d’envisager des espaces virtuels où les collaborateurs pourraient suivre de formations, organiser des réunions, partager des expériences professionnelles… au travers d’une interface 3D. Ces intranets virtuels (intravers) sont d’ailleurs en expérimentation comme en témoignent les vidéos de ce billet : Vers des intravers avec les Virtual Workplaces de Sun et IBM.

Extranet + Collaboration = Collaboranet ?

Toujours dans le domaine de la collaboration, les espaces de travail collaboratifs présentent l’énorme avantage de simplifier le déploiement et la gestion des participants. Ceux qui ont déjà dû endurer (subir ?) MS Project ou Lotus Notes savent de quoi je parle. Les applications de gestion de projet en ligne comme BaseCamp, ProjectPlace ou ActiveCollab (un équivalent open source) ou des extranets applicatifs comme JotSpot ou ClearSpace sont un modèle d’efficacité et d’intuitivité.

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Ce type de plateforme collaborative existait déjà dans le monde du logiciel (avec des services comme CollabNet) mais peut être adapté à tout type d’activité.

Nous pouvons également citer les plateformes de collaboration qui fonctionnent comme des boîtes à idées collaboratives, c’est la cas de FeedBack 2.0 qui propose une solution de collaboration basée sur des recommandations.

Mashup d’entreprise et applications en ligne viabilisés par les API

Les interfaces riches ont grandement contribué à la remise au goût du jour des applications en ligne. Que ce soit dans une configuration bureautique (voir les offres suivantes : Zoho, ThinkFree, Zimbra… ainsi que cet article : Boundary Spanning at Office 2.0) ou pour une application plus lourde (vous connaissez SalesForce ?). Le bénéfice évident de ces solutions est un gain de simplicité (déploiement, mise à jour, modèle de facturation) sans pour autant diminuer la richesse ou la productivité. Dans certains cas de figure, les applications en ligne permettent même de faciliter l’intégration et de faire du SOA en version light : Extending SalesForce.com and SOA with rich internet applications.

En ouvrant des API pour ces applications, leur intérêt s’en retrouve par contre démultiplié en rendant possible l’élaboration de tableaux de bord personnalisés ou de mashups d’entreprise avec des outils comme le proposent DreamFactory ou CogHead (lire à ce sujet ces très bons articles : Mashups: The next major new software development model? et A bumper crop of new mashup platforms).

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Peut-être dans un avenir proche pourrez-vous concevoir votre système d’information personnel à la demande (c’est le but poursuivi par des plateformes comme AppExchange, SugarExchange, Iceberg…) ou encore à des systèmes d’information wikifiés (attendez pour cela de voir ce que va donner la fusion de JotSpot et de Google Apps).

En plus de ces applications internes, le système d’authentification peut également vous servir à vous connecter à des applications externes (places de marché B to B, sites de voyage…) sans avoir un solliciter un intermédiaire (juste un serveur d’identité professionnelle).

Réseau social d’entreprise et système de coaching social pour favoriser l’intégration

C’est très certainement dans la dimension sociale d’une entreprise que l’on peut réaliser les plus gros progrès. Les grands groupes (ou même les PME) souffrent en effet d’un manque de… gens qui parlent entre eux ! Pour faire court : les mêmes tâches sont réalisées par plusieurs personnes d’une même structure. C’est là où les réseaux sociaux trouvent leur place : mettre en relation les bonnes personnes, que ce soit pour récupérer une information, pour mutualiser des compétences ou pour monter des équipes. L’idée n’est pas d’outrepasser la hiérarchie ou le service des RH mais plutôt de fluidifier les échanges (pour de vrai !). Les réseaux sociaux B to B (comme LinkedIn) sont intéressants mais ouverts à tous. A partir du moment où une structure dépasse le millier de collaborateurs, des solutions comme Affinitiz ou VisiblePath prennent tout leur sens.

VisbilePath.jpg

Ces réseaux sociaux internes reposent sur des profils de collaborateurs extrêmement détaillés qui permettraient de rassembler des collaborateurs par compétences / affinités voir de proposer un principe de coaching d’entreprise : les collaborateurs poursuivant le même objectif (apprendre le chinois, se perfectionner en informatique…) se regroupent pour s’entre-aider. Ce principe existe déjà avec des services comme 43 Things, InpowR ou encore GoalMigo.

Enfin, il serait tout à fait possible dans un second temps d’étendre ce réseau social d’entreprise aux anciens collaborateurs : retraités, stagiaires, prestataires… pour pouvoir rapidement retrouver une compétence ou une information perdue avec un système de prime (boonty) comme on en trouve sur les plateformes de crowdsoucing (du type Innocentive).

Micro-blogging et lifelog pour documenter le quotidien

Pour finir, il serait également intéressant d’implémenter des solutions de micro-blogging (comme Twitter ou Jaiku) pour pouvoir animer des micro-communautés (et désengorger la messagerie d’email parasites). Ces services pourraient également servir à « documenter » (historiser ?) l’activité quotidienne d’un collaborateur (en s’inspirant de services comme Plazes par exemple pour suivre les déplacements).

En poussant cette idée un peu plus loin, il serait même possible d’implémenter des services comme Slife ou MyLifBits pour éviter aux collaborateurs d’avoir à saisir leurs journées de travail dans des systèmes de time reporting.

MyLifeBits.jpg

Le principe de lifelog d’entreprise est peut-être celui qui vous fera le plus grimacer. Son côté surveillance au quotidien à de quoi faire peur mais il pourrait s’avérer très utile pour déterminer quel à été l’apport global d’un collaborateur, d’évaluer l’empreinte qu’il a laissée. Voir à ce sujet cet article : Les LifeLogs, créer une mémoire d’entreprise.

Un pour tous et tous pour un

Je me permets d’insister une nouvelle fois sur deux notions essentielles :

  • Tous ces outils ne servent à rien s’ils ne sont pas adoptés par les collaborateurs. Comprenez par là que l’impulsion doit venir de la Direction Générale qui va cautionner et encourager les changements nécessaires dans les habitudes et méthodes de travail. Des expérimentations peuvent être menées dans un premier temps pour tester l’appétence des collaborateurs à ces nouvelles pratiques, mais vous devrez forcément impliquer votre direction pour pouvoir envisager un déploiement plus large.
  • L’efficacité de ces outils est décuplée s’ils fonctionnent ensemble. Essayez d’imaginer la puissance d’un dispositif comme celui décrit dans mon schéma d’ensemble : les collaborateurs se connecteraient tous les matins à leur Netvibes d’entreprise pour surveiller l’actualité, l’avancement des projets ou encore l’activité dont ils ont la charge ; ils auraient à leur disposition les outils sociaux pour trouver rapidement l’information ou la personne-clé. Ils pourraient en quelques clics accéder ou déployer l’application en ligne la plus adaptée à leur besoin, à défaut ils la créeraient.

Ce n’est donc pas les outils qui tirent la collaboration, mais plutôt les utilisateurs. Souvenez-vous que s’il est possible de faire de la très bonne collaboration avec une simple feuille de papier, il est quasi-impossible d’en faire de même avec des collaborateurs récalcitrants ou méfiants (même avec les meilleurs outils du marché).

Quelle solution choisir ?

De nombreux acteurs sont déjà positionnés sur le créneau de l’Entreprise 2.0 :

Il serait très délicat de vous suggérer une solution miracle qui corresponde à toutes les configurations possibles et se conforme à toutes les contraintes. La meilleure approche est encore d’expérimenter et d’adopter une démarche empirique.

Par où commencer ?

Comme je l’ai précisé plus haut, la mise en œuvre de pratiques dites d' »Entreprise 2.0 » s’accompagne de nombreux bouleversements dans les habitudes de travail. Il convient donc d’avoir une approche graduelle :

  1. Recenser dans votre organisation des initiatives déjà menée (sait-on jamais…) ;
  2. Faites un sondage auprès des collaborateurs pour savoir quels services web 2.0 ils utilisent déjà (Netvibes, LinkedIn, Wikipedia, blogs…) ;
  3. Identifiez les collaborateurs-clés qui sont faciles à convaincre et peuvent faire du prosélytisme (des « champions » de l’Entreprise 2.0) ;
  4. Trouvez un service de petite à moyenne taille avec des collaborateurs à l’esprit ouvert et proposez-leur un blog ou un wiki ;
  5. Mettez en place des indicateurs de performance (KPI) pour pouvoir mesurer l’apport de ces outils ;
  6. Soutenez-les au quotidien dans l’utilisation de cet outil (faites des « piqures de rappel ») ;
  7. Faites-le point avec eux au bout de 2 à 3 mois (entretiens individuels ou de groupe) ;
  8. Monter un dossier où vous expliquez le contexte, décrivez la valeur ajoutée (avec les KPI et des témoignages) et proposez un déploiement à plus grande échelle à votre direction ;
  9. Rédigez une feuille de route où vous lancerez différentes expérimentations en parallèle dans différents services ;
  10. Passez votre entretien annuel d’évaluation et touchez votre prime de fin d’année pour avoir « démontré une forte capacité d’innovation et joué un rôle majeur dans la mutation des processus internes et l’enrichissement de la vie sociale de l’entreprise« .

Bien évidemment Rome ne s’est pas faite en un jour et il serait illusoire de vouloir passer du tout au tout. Je peux donc vous recommander un certain nombre de lectures pour étoffer votre propos (The Wisdom of Crowds, Wikinomics) ou encore ce site qui récence des études de cas : Cases 2.0.

Pour conclure, j’aimerais vous préciser quelque chose : les pratiques d’Entreprise 2.0 sont déjà en cours au sein de votre organisation. Vos collaborateurs ont en effet déjà créé leur profil LinkedIn, ils lisent déjà des blogs et possèdent une page Netvibes, ils consultent régulièrement Wikipedia ou YouTube. Ces pratiques sont pour le moment restreintes à une petite part des collaborateurs (ceux qui sont le plus à l’aise avec l’internet), mais qu’en sera-t-il dans 5 ans ? Modifier les outils et habitudes de travail est un gros chantier, surtout dans une grosse organisation. Il est donc essentiel d’entamer dès à présent une réflexion de fond sur l’Entreprise 2.0 avant que les nouveaux diplômés de la génération MySpace et Skyblog arrivent sur le marché du travail et ne fuient votre entreprise (car ils la trouveront trop ringarde) pour postuler chez vos concurrents.

206 commentaires sur “Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ?

  1. Bonjour Frédéric,

    Tu es donc passé à l’acte après avoir accumulé les indices. Beau travail très didactique. Dommage qu’il soit pollué par des commentaires de réclame (over-blog franchement thumbs down). Fais gaffe Fred, le syndrome de LeMeurisation menace ton blog :-)

    Il y a deux choses qui sont frolées dans l’article et ses commentaires sur lesquelles j’aimerai apporter une contribution.

    1 – Entreprise 2.0 se pipolise à vitesse grand V.
    L’expérience passée et pénible du KM me fait dire danger. Tout le monde y va de sa petite ritournelle, ca fait mousser le concept, tout le monde en parle, tout le monde s’équipe, les résultats ne sont pas à la hauteur, on jette le bébé avec l’eau du bain et on passe à autre chose.
    A posteriori on se rend compte que tout le monde en parle, peu mais peu le comprenne, que beaucoup font mais sans savoir pourquoi. Tu expliques comment mais pas pourquoi. Pourquoi? Une première tentative de réponse décallée : http://www.youtube.com/watch?v=zui4s0aLpr4

    2 – Derrière les concepts toujours la même réalité, celle d’une organisation du travail en constante mutation.
    Marc Duchesne s’appuie le concept client pour commenter ton article. Il a sans doute la foi du récent converti. Ca fait trente ans qu’on nous le ressort en France, 60 que Deming l’a pensé et mis en acte pour contribuer à la reconstruction du Japon. C’est du management par la qualité.
    Marc Duchesne a raison et a tort à la fois. Il a raison d’y faire référence parce que le management de la qualité introduit une inversion fondamentale : on arrête de penser producteur, on pense consommateur. On adapte les modalités de la production aux besoins et attentes de la consommation. Il a tort de croire que cette inversion n’est pas valable que pour THE client. Un consommateur n’est pas nécessairement un client (Peter Drucker est excellent mais c’est un économiste industriel, il ne pense qu’en rapport au marché).
    L’inversion dont il est question sous couvert d' »Entreprise 2.0″ c’est de penser la production à partir des consommateurs de SI, non des concepteurs ou gestionnaires de SI. Bienvenue dans une économie de la connaissance! Dans les services, ce sont les gens, dans le contexte, sur le terrain, en situation qui font que cela marche en jonglant avec les directives et la réalité. L’efficacité se joue dans les micro-ajustements sans cesse renouvellés. Penser les outils et dispositifs à partir de ceux qui vont les utiliser au lieu de les penser a priori et de manière unilatérale c’est les aider à être plus efficaces. Et pour cela il y a un incontournable : l’accès à l’information. Le DSI doit renouveller sa relation avec ses collègues mais aussi penser l’informatique en terme de diffusion et non de stockage. Cela fait trop longtemps que les DSI ont séquestré l’informatique sous prétexte de sécurité et de stokage. (1) Ils ont acquis très mauvaise réputation : « si t’as besoin de rien, va voir l’admin, tu seras tout de suite servi ». (2) Ils ont eux-même contribué au 2.0 puisque l’innovation s’est faite sur le web et non plus dans l’organisation.
    L’entreprise 2.0 c’est dans ce cadre un retour à la normale et cela s’inscrit dans un processus d’amélioration des processus organisationnels. Cela relativise le comment – rien d’autre que de la gestion du changement Fred – et c’est la vraie réponse au pourquoi : faire mieux et sans cesse, au grè des innovations et des opportunités.

  2. L’entreprise 2.0 n’a effectivement de sens que si les hommes qui la composent sont d’abord animés d’une volonté d’entrer en collaboration pour parvenir à des résultats. C’est bien de le rappeler dans ce billet.
    Ensuite il sera toujours temps de mettre en place les outils les plus appropriés.
    L’idée doit précéder la forme. La motivation doit précéder les outils.

    Pour ma part je pense également qu’il serait bien de distinguer au sein de l’entreprise 2.0 une démarche interne et externe
    En interne l’entreprise 2.0 perçoit la nécessité de s’organiser de telle façon à faire émerger une intelligence collective en son sein par une meilleure mise en relation de ses collaborateurs et une prise en compte de leur attente de sociabilisation.
    En externe l’entreprise 2.0 perçoit la nécessité de s’organiser de telle façon à faire émerger chez ses clients leurs propres idées de création tirées de leurs besoins réels.
    Une authentique entreprise 2.0 travaillerait à avancer sur les 2 plans, celui des collaborateurs et des clients donc, car le collaboratif elle l’aurait « dans la peau ».

    Une autre observation…
    Quand on met 2.0 derrière le mot entreprise ont aurait tendance à l’assimiler tout de suite au web 2.0 or les outils du web2.0 ne sont pas la seule trousse à outils de l’entreprise 2.0
    Par exemple j’ai remarqué que le collaboratif était aussi une idée clef à la base du développement durable aussi étonnant que cela puisse être. En effet mes éco-gestes n’ont d’impact que s’ils sont partagés par d’autres, démultipliés leur effet a un impact réel, économiser 10 cl d’eau en fermant plus tôt l’eau du robinet c’est participer à économiser des millions de m3 car d’autres comme moi effectuent cette même action. Les éco-gestes prennent leur sens dans le collaboratif.

    Nous sommes sans doute en train de vivre une révolution : celle du collaboratif et dans tous les domaines. L’entreprise et bien sûr le web se transforme en conséquence d’une révolution plus grande, disons humaine.
    Le web 2.0 a tendance à nous obnibuler car nous sommes des passionnés du média internet mais à ne considérer que celui-ci nous pourrions appauvrir nos capacités à tirer partie des opportunités des temps présents. L’entreprise 2.0 appelons là plutôt de « nouvelle génération » devrait nous apporter des solutions transversales associant des domaines à priori qui n’ont rien à faire ensemble. Le web 2.0 ne serait que l’un de ses composants.

  3. @ Thomas > Je précise que le but de cet article n’est de révéler LA vérité ultime qui va dans le sens des avis de tous. J’ai essayer avec ce schéma de simplifier l’approche orientée outils de l’Entreprise 2.0 (qui n’a rien à voir avec la technique, c’est juste du fonctionnel), mais j’ai également tenté d’expliquer 2 ou 3 choses fondamentales avant de passer en revue tout ces outils (les guères de savoir, la gestion des carrières…). Bref, c’était plus simple pour moi de rédiger l’article tel qu’il est là sinon j’aurais du écrire un livre !

    @ Marc Duchesne > Je n’ai pas l’impression que l’on se comprenne… adopter une démarche centrée sur les utilisateurs (allant des focus group à la co-création) ne remplace en rien le travail qui doit être réalisé en interne par les employés. Je suis bien d’accord avec vous que les besoins / contraintes / motivations / freins / aspirations / états d’âmes / … des clients doivent « nourrir » les équipes internes qui devront adapter l’offre en conséquence, mais pour cela il va bien falloir qu’il collabore un jour, non ?

    @ Olivier > Oui, la flexibilité est clé.

    @ Boris > Très intéressant cette vue interne et externe de l’E2.0. Voilà de quoi nous réconcilier avec Marc ;-)

    /Fred

  4. @Olivier : Le « récent converti » a bientôt 25 ans de carrière derrière lui, dont 25 au service des clients de tout poil et de toutes origines. Peter Drucker ne pensait pas *que* au marché. Il pensait *global*. Lisez ou relisez « Management ». Un consommateur, quel qu’il soit, y compris le consommateur de sites de téléchargement gratuits en peer-to-peer est un client pour la société ou l’individu qui lui délivre le produit ou le service consommé.

    @Olivier & Fred : je crains que vous ne soyez trop immergés dans le monde virtuel de l’Internet. Encore une fois, relisez mon commentaire original : je dis que, pour utile que soit l’apport des outils et applications Web 2.0 dans l’entreprise, le modèle que vous décrivez (cf le diagramme) fait abstraction totale du client final, rejettant celui-ci dans un coin du schéma.

    Enfin, comme d’autres ici (Thomas, Boris), je maintiens que même les meilleures solutions à la Web 2.0 ne pourront jamais initier une quelconque collaboration entre les différents acteurs au sein de l’entreprise si il n’y a pas un objectif unique et commun pour tous. Cette « Entreprise 2.0 » est un machin à la mode de plus, destiné à passer pour la recette magique qui résoudra miraculeusement tous les problèmes – structurels, relationnels, etc – au sein des entreprises.
    Il y a une petite vingtaine d’années, la panacée universelle s’appelait « ISO 9000 » : on voit ce qu’il est advenu – une société fabriquant de la m*erde continue à fabriquer de la m*rde, mais elle le fait bien.
    Puis il y a eu la mode de la Qualité Totale, du Zéro Défaut, avec ces fameux groupes de travail venus du Japon : à ma connaissance, les cercles de Qualité étaient en place depuis des années chez Renault lors de la sortie de la Laguna II et de son cortège de pépins électroniques…
    Croire que le Web 2.0 va permettre aux collaborateurs de collaborer est une très grossière erreur qui participe du même ressort que l’ISO 9000 et la Qualité Totale : un cautère sur une jambe de bois.

    post-scriptum : votre approche de l’Entreprise 2.0 et de ses bienfaits pour les collaborateurs (j’emploie volontairement ce terme plutôt que « salariés » ou « employés ») repose sur le fait que, grâce au Web 2.0, les DSI perdront de leur pouvoir. C’est oublier un peu vite que, dans toute société qui se respecte, c’est le patron (CEO ou PDG, Board ou Associés, etc.) qui détient les clefs de ce pouvoir. Mes chers collaborateurs, faites vos affaires avec tous les BaseCamp, tous les PBWiki, tous les YouTube du Monde : si vous m’emme*dez trop, je vous mets en place les proxys qui vont bien…

    Keep in mind, Folks : Big Brother is watching you. C’est encore vrai, et de plus en plus vrai, à l’Ere du Web 2.0 : qui n’utilise pas BlogRolling pour sauvegarder ses bookmarks et Delicious et/ou Digg pour sauvegarder ses pages favorites ?…

  5. Juste un mot pour ajouter que la base de toute collaboration (interne ou externe), c’est d’avoir :
    1/ un vrai projet
    2/ envie de le partager

    Si on n’a pas ces deux pré-requis, pas la peine de perdre du temps, et de l’argent !

  6. OK OK OK, je suis bien d’accord avec vous. Remettons donc les boeufs avant la charrue : l’important c’est d’avoir une vision précise, un projet d’entreprise passionnant, des collaborateurs motivés… mais tel n’était pas le but de mon article.

    Je sais bien que le mot « client » n’apparait pas dans mon schéma (c’est quand même moi qui l’ai fait !), mais encore une fois, il n’est pas ici question de conception (ou de management) orientée client mais plutôt de vulgariser la notion d’Entrepirse 2.0.

    En allant dans cette direction, je ne parle pas non plus des minima sociaux, de développement durable…

    Seconde précision : attention à ne pas faire d’interprétation hâtive, je n’ai jamais dit que l’E2.0 allait faire diminuer le budget informatique ou le pouvoir des la DSI, bien au contraire (quoi que…).

    /Fred

  7. @ Fred
    ma critique de ton post ne partait pas d’une vélléité de ma part à formuler LA vérité ultime.
    Je travaille dans l’internet pour un FAI et suis donc au coeur des questions que tu évoques dans ton article. Il est d’ailleurs remarquable du point de vue du travail de synthèse. Je ne vais pas manquer de m’en inspirer.
    Cela dit, ma formation en sciences sociales me poussent à toujours appréhender les technologies à partir des usages qui en sont faits et des effets produits par ces usages. Mais aussi à toujours analyser leur mise en place dans un contexte qui leur pré-existe. Ainsi me semble-t-il le succès des technolgies dépend de facteurs exogenes à ces dernières.
    @ Marc
    Je ne crois pas que le web 2.0 soit un truc à la mode pour reprendre tes termes mais est et sera encore plus demain un accélérateur de la communication et de la coopération à l’intérieur de l’entreprise mais uniquement si les acteurs qui la composent sont dans des rapports de confiance qu’ils leur permettent 1/ de se mettre d’accord sur les relations de travail qu’ils doivent avoir entre eux 2/ de partager entre eux des outils qui témoignent de leur mise en accord préalable sur les relations de travail qu’ils doivent avoir entre eux.
    Je vous renvoie encore une fois aux travaux du psychanalyste Christophe Dejours sur ces questions et notamment à ce rapport remis à un ancien ministre de la santé aujourd’hui à un autre ministere : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/violence_sante/travail.pdf > se reporter aux pages 36 à 38 notamment sous le titre très évocateur : « les conditions de la coopération et l’espace de discussion ».
    Thomas

  8. @Thomas @ all : au sujet de la communication/cooperation/collaboration/etc. au sein de l’entreprise, cette anecdote vécue.
    Début des années 2000, en plein la Bulle Internet, quelque part en Allemagne, dans une multinationale US : la montée en puissance d’un certain secteur d’activité conduit à la création d’une nouvelle business unit; de 6 personnes, la division-leader passe à 60 en moins d’un an; organisation à l’européenne, plateau paysager et groupes fonctionnels (R&D, Marketing, Vente, Support, etc.) répartis en zones aérées et communicantes les unes avec les autres. La fameuse collaboration dont il est question dans ce thread est une réalité, et le business un véritable succès. Jusqu’à juste avant les premiers signes tangibles de l’impact du crash des Telecoms sur notre activité. En effet, après deux années avec une telle organisation, la direction décide de chambouler l’aménagement du plateau, en séparant physiquement les différentes fonctions et en créant des ilots (certes moins isolés que les cubicles US) à l’intérieur de ces groupes. Résultat : au bout de 2 mois, l’esprit d’unité avait disparu, la collaboration transversale était devenue un vieux souvenir, et chacun allait prendre sa pause café dans son coin… Et pourtant, nous disposions toujours de tout l’arsenal collaboratif de l’époque : l’email, l’intranet, le partage de fichiers, la newsletter, le chat, le coffee-talk, etc etc etc…
    Conclusion : tous les plus beaux et meilleurs outils du monde ne sont absolument rien face à la volonté ultime de la direction de l’entreprise.

  9. Tout à fait Marc, une dynamique E2.0 ne peut se faire sans le soutien actif de la direction, la direction générale, pas la direction informatique, nous sommes d’accord !

    Par contre je ne vois pas bien quel pourrait être l’intérêt d’un patron de limiter la collaboration entre les employés…

    /Fred

  10. merci pour le schéma vraiment c’était bien organisé et j’avais besoin mais grace à vous je trouve plus une difficulté de tracer un schéma pareil je vous remerci enormément ey bnnne continuationb

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