Amazon contraint de faire payer les frais de livraison

Le Syndicat du Livre Français vient de remporter la bataille juridique qui l’opposait à des boutiques en ligne dont Amazon et Alapage. Motif du litige : la gratuité des frais de port. Donc pour faire simple : Ce syndicat vient de condamner les clients qui le font vivre à payer des frais de livraison.

C’est un article de loi datant de 1981 (il y a donc 26 ans) qui a eu raison de la bonne volonté de ces cyber-marchands. Bonne volonté dont le patron d’Amazon avait fait son crédo (voir à ce sujet un billet rédigé il y a près de 3 ans : La fin de la publicité).

Je ne sais pas trop quoi dire sur cette décision absurde. Je suis triste… très triste d’être contraint par la loi de payer des frais de livraison. Une fois de plus, la France ne s’illustre pas : Amazon Ordered to End Free Delivery on Books in France.

Plus d’infos ici : Que pensez-vous de la remise en cause de la gratuité des frais de livraison pour les livres achetés en ligne ?

Qu’à cela ne tienne, je resterai fidèle à Amazon… et à la librairie de mon quartier. L’un m’apporte du confort et de l’exhaustivité aux meilleurs prix, l’autre m’apporte du conseil expert et de la proximité. Comme quoi, ces deux comportements d’achats ne sont pas antinomiques.

15 commentaires sur “Amazon contraint de faire payer les frais de livraison

  1. Cette décision de justice n’est pas nouvelle, Alapage avait déjà été condamné au même motif (appel en cours cependant). La gratuité sans restriction des frais de ports est considérée comme remettant en cause le prix unique du livre. Cette décision n’est pas absurde, elle vient rappeler que l’e-commerce ne peut pas s’affranchir des règles de régulation concernant certains produits. On peut penser ce que l’on veut de cette loi, mais elle s’applique !
    Cela dit, Amazon n’a pas besoin de ça.

  2. C’est effectivement triste de voir que la loi IMPOSE des trucs à la con comme ça.
    J’ai envie de dire: qu’elle se mèle de ce qui la regarde!
    Et c’est pas comme si les livres qu’on achète sur amazon ils venaient à pìeds de toute façon, mais peu importe!

  3. On dirait que c’est la loi qui concerne les ventes à pertes.
    C’est pas bien pour nous, clients. Après réflexion c’est peut-être grâce à des lois comme celle-ci que ton libraire existe encore…
    Cela me fait penser à la concurrence entre les grandes surfaces et les petits commerces. Pas vous ?

  4. Cher Fred. Le jour où la loi de 81 sur le prix unique ne s’appliquera plus, tu seras toujours fidèle à Amazon. Point. Ton petit libraire de quartier ne sera plus là ;)
    Et le SLF vit grâce aux cotisations de ses membres, des libraires quoi, pas des clients :)
    quant à la bonne volonté des cyber-marchands, j’avais oublié que leur motivation première était le confort et le bien-être des clients, la philantropie quoi :D Merci pour cette rigolade entre parenthèse :P

  5. La loi du prix unique sur les livres avait pour objet de protéger le CLIENT, d’assurer que tout le monde pourrait accéder aux livres, à la culture. Aujourd’hui elle sert à protéger le marchand contre le client…
    On coupe Amazon et consors sous prétexte qu’ils ont une position privilégiée qui nuirait à la concurrence. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de la logique et handicaper les grosses librairies, celles des centre-villes et des grandes avenues : les petits libraires de banlieue ne sont-ils pas objectivement défavorisés par leur situation ?
    De toutes façons, ça ne changera pas grand chose : le seul avantage d’un libraire classique est le conseil personnalisé. Amazon propose des millions de références, mais les titres inconnus le restent et sont invisibles pour ceux qui ne les connaissent pas. Le commerce électronique est encore incapable d’exposer et de promouvoir ce qui ne se vend pas déjà en masse. Seul un libraire compétent peut guider le client et l’amener à des découvertes. Par contre, pour un livre dont je sais déjà tout, ça sera toujours moins cher et plus pratique de payer les frais de port que de prendre la voiture, faire un voyage, payer un parking, passer 5 minutes à trouver le livre dans les rayons et 15 minutes à faire la queue à la caisse et retour. Là dessus, les magasins ont définitivement perdu la partie, frais de port ou pas. Qu’ils inventent donc des services et des valeurs ajoutées pour nous faire goûter et découvrir la culture, il n’y a qu’eux qui peuvent le faire.

  6. Merci Dom de ce commentaire éclairé apportant un bon argument (les grosses librairies VS les petites).
    Personnellement, je pense que cette attaque du SLF ne va faire q’un énorme coup de pub à Amazon et consors, de plus le panel de client de ces boutiques va pour le coup être mécontent à l’encontre des libraires.
    Et quand on regarde de plus près 100 000 € d’amende, chez Amazon ils doivent doucement sourire… Si je ne me trompe pas l’année dernière Amazon a fait dans les 90 millions d’euros de CA…

    Si la décision ne va pas en cassation, Amazon offira des bons d’achats ou fixera un seuil de commande et donc les petits libraires n’auront pas plus de clientèle.

    Cette méthode du procès pour moi était vraiment une erreur tactique monumentale.

    En tout cas, moi frais de port ou pas, je continuerai à faire mes emplettes chez Amazon. Leur qualité de service est inégalée.

    Cordialement,

    Fred

  7. « Cette décision n’est pas absurde, elle vient rappeler que l’e-commerce ne peut pas s’affranchir des règles de régulation concernant certains produits. »

    @ Alexis: d’un autre côté, les frais de livraison qui sont remis en cause sont dûs au statut particulier d’une entreprise de e-commerce qui en général, n’a pas de magasin « physique ».

    Avant:
    – 10€ en librairie
    – 10€ sur Amazon
    = prix unique du livre et concurrence « parfaite »

    Après:
    – 10€ en librairie
    – 10€ + 2€ sur Amazon
    = différence de prix pour le CLIENT et omission du statut particulier d’une entreprise de e-commerce qui DOIT (quasiment toujours) passer par la livraison

  8. Je crois que ce qu’il faut retenir (et ça a été dit par Dom) c’est que les prix fixes de l’industrie du livre devaient faciliter l’accès à la culture pour le plus grand nombre et là il en limite l’accès…

    Une fois n’est pas coutume l’ultra règlementation française ce mord la queue.

  9. A priori cette loi ne touche pas la fnac.com, il ne faut pas se faire d’illusion, tant que ce gouvernement est en place, les decisions iront toujours en faveur des amis de celui-ci.

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