À quoi va ressembler l’ère post-smartphone ?

J’ai vu passer la semaine dernière une donnée intéressante : Alexa, l’assistant personnel d’Amazon qui équipe ses enceintes connectées, pourrait générer d’ici à 4 ans plus de 10 MM$ : Amazon’s Echo and Alexa could add $11 billion in revenue by 2020. Un chiffre complètement hallucinant pour une catégorie qui vient tout juste d’être créée. Et pourtant… Amazon a toutes les cartes en main pour atteindre cet objectif et se positionner dès maintenant comme l’acteur dominant du web ambiant, coiffant au passage Google,  Apple et Microsoft.

jarvis

Lire la suite

Les géants de l’internet s’affrontent pour imposer leur commerce OS

Celles et ceux qui suivent de près l’actualité du commerce en ligne n’ont pas pu ignorer les récentes annonces des géants de l’internet : rachats, nouveaux produits, améliorations… En à peine deux ans, le paysage de l’internet, et plus particulièrement du commerce en ligne, a radicalement changé. L’enjeu de ces manoeuvres pour les géants de l’internet est de s’imposer comme l’acteur leader en matière de commerce en ligne, ou plutôt en matière de solutions et services en rapport avec le commerce en ligne. Avec cet article, je vous propose de faire le point sur les acteurs à la lutte.

Amazon, Ebay, Adobe et Google à la lutte, IBM et Microsoft à la traîne

Même si l’écosystème du commerce en ligne est composé d’une infinité d’acteurs, je me contenterais de faire un récapitulatif de la situation pour les quatre principaux. Si ces listes ne sont pas exhaustives, merci de me le signaler dans les commentaires.

Commençons avec Amazon, le leader historique du commerce en ligne qui propose les services suivants :

  • Des APIs pour pouvoir exploiter se base de données de produits ;
  • Une série de boutiques thématiques sur les produits de puériculture (Diapers), de soin (Soap), les chaussures (Javari),  les jouets (Yoyo), les produits pour animaux (Wag)…

    Le site de produits d'hygiène d'Amazon
  • Une marketplace pour les « petits » vendeurs et commerçants qui ne veulent pas ouvrir leur propre boutique en ligne, de même que l’offre logistique qui va avec ;
  • Amazon Checkout, une solution de paiement déportée pour les marchants, mais aussi pour les clients (Amazon Payments) ;

    La solution de paiement d'Amazon
  • EC2, une offre de cloud computing très robuste pour acheter de la ressource informatique à prix très compétitif ;
  • La gamme Kindle de e-readers et tablette pour distribuer (commercialiser) des contenus numériques.

Poursuivons avec Ebay, autre acteur historique qui propose lui aussi une large offre de services au travers de sa plateforme x.commerce :

  • Une gigantesque marketplace ouverte aux particuliers et aux pros (ainsi que des APIs pour l’exploiter), des portails comme Shopping et des sites verticaux comme Automobile.fr ou Half ;

    Le portail de vente d'automobiles d'occasion de Ebay
  • Paypal, la solution de paiement ainsi que son offre Paypal Express Checkout pour les e-commerçants ;
  • GSI et Magento, deux fournisseurs de solutions de création de boutique en ligne et de délégation ;

    La solution de commerce en ligne Magento
  • Hunch, un moteur de recommandations reposant sur le principe de graphe d’intérêt, de même que d’autres startups rachetées ces derniers mois comme RedLaser (application mobile pour scanner les codes barre) ou Milo et Where (shopping local).

    Le moteur de recommandations Hunch

Changeons d’univers avec Adobe qui propose également un certain nombre de choses :

  • Scene7, des briques technologiques pour valoriser et personnaliser vos produits ;
  • Omniture, un fournisseur de nombreuses solutions allant de l’analyse d’audience au ciblage comportemental ;

    L'offre Omniture d'Adobe
  • Business Catalyst, la solution de création et d’hébergement de boutiques en ligne.

    La solution de commerce en ligne Business Catalyst

Terminons avec Google et ses très nombreux services :

Face à cette pléthore de services, des éditeurs comme IBM, Microsoft, Vignette ou ATG font pâle figure (euphémisme). Certes, il existe toujours une infinité d’acteurs encore indépendants (dont Prestashop, notre fierté nationale), mais la comparaison est tout de même difficilement soutenable face à quatre acteurs leaders cités plus haut.

Un enjeu d’intégration

Les e-commerçants ont à leur disposition un ensemble de services et de briques fonctionnelles / techniques pour faire tourner leur boutique et gérer le quotidien. Je pense ne pas me tromper en disant que l’important n’est pas de choisir les briques les plus performantes, mais de disposer d’une plateforme cohérente qui puisse faciliter le quotidien des e-commerçants plutôt que leur compliquer.

Mon raisonnement repose sur le postulat suivant : mettre en place et exploiter une boutique en ligne implique la prise en charge d’un grand nombre de tâches de base (sourcing, gestion de la gamme, animation commerciale, logistique, relation client…). Plus vous passer du temps sur les interfaces de gestion des briques technologiques, et moins il vous en reste pour assurer ces fameuses tâches de base. D’où l’intérêt d’opter pour des solutions intégrées qui proposent une interface unique, ou du moins qui limite le nombre d’interfaces. Il existe des offres d’hébergement de boutique en ligne comme Oxalis, 42Stores… qui vous promettent l’interface unique, mais pour moi l’intégration la plus poussée était atteinte avec l’offre de GoodBarry (qui a depuis été fondue dans Business Catalyst).

L’enjeu pour les géants de l’internet va donc être d’intégrer le plus grand nombre de briques et services possibles sur leur plateforme pour « verrouiller » les e-commerçants et de leur proposer un maximum de prestations payantes. Je ne me risquerais pas à commenter la pertinence de telle ou telle offre, je constate simplement que les pièces sont en train d’être mises en place sur les échiquiers de chacun pour imposer sa plateforme comme le commerce OS de référence.

Le marché est déjà ultracompétitif sur le web, nul doute que les places les plus intéressantes sont à prendre sur les canaux alternatifs (médias sociaux, mobiles…). Et à ce petit jeu là, l’acteur le mieux placé est… heu… c’est qui déjà ?

L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon

Cette semaine se tenait l’édition 2011 de Google I/O, la grand-messe annuelle du géant californien. Beaucoup de nouveautés ont été présentées lors de cette édition, des nouveautés qui confirment l’ambition de Google ainsi que l’architecture de leur stratégie de diversification. Les revenus colossaux de Google sont en effet très majoritairement générés par le moteur de recherche, mais cette vache à lait ne durera pas éternellement. Voilà pourquoi ils sont en train de préparer l’avenir en fignolant les briques d’un écosystème numérique qui mélange services et données dans les nuages, terminaux alternatifs et réintermédiation. Les équipes de Google travaillent-elles dans la bonne direction ? Certainement, car cet écosystème est également le modèle choisit par d’autres géants comme Apple, Microsoft ou Amazon.

Chrome et Android préparent l’après-Windows

Voilà près de 20 ans que Microsoft domine l’informatique personnelle avec sons système d’exploitation Windows. Une domination incontestée qui a fait la fortune de la firme de Redmond, mais qui arrive à la fin de son cycle de vie. Ce n’est pas tant la concurrence de Mac OS ou de Linux qui menace Windows, mais plutôt la fin de vie de l’ordinateur individuel tel que nous l’avons connu. Les récents progrès réalisés sur les smartphones et l’émergence de nouveaux formats comme les netbooks et les touchbooks ont fait prendre conscience aux utilisateurs qu’ils n’avaient pas forcément besoin d’un ordinateur traditionnel (écran + clavier + souris + Windows) pour consommer des contenus et services en ligne. Les terminaux alternatifs sont en effet en train de grignoter des parts de marché aux ordinateurs traditionnels (49% of Indians only access web through mobile) et de prendre une place toujours plus importante (cf. 2011, l’année du point de bascule et De la place des smartphones dans notre quotidien).

L’ambition de Google est donc de préparer l’après-PC en proposant à la fois une alternative aux systèmes d’exploitation traditionnels, mais également aux logiciels (Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels). Son plan repose sur Chrome OS et Android, des systèmes d’exploitations de nouvelle génération censés remplacer « les systèmes d’exploitation conçus à une époque où le web n’existait pas encore » (et vlan !). Plus que des systèmes d’exploitation, Chrome et Android sont des interfaces entre les services de Google et ses clients. Avec les Chromebooks et la game Nexus, Google essaye de maitriser le dernier maillon de la chaine.

Les premiers Chromebooks seront commercialisés en juin 2011

Ne pensez pas que Google est seul en course, car Apple travaille également d’arrache-pied à la réalisation de cette vision : L’évolution de l’informatique traditionnelle (cf. Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez). L’idée n’est pas de proposer des smartphones ou des touchbooks plus puissants ou performants que les ordinateurs traditionnels, mais plutôt de faire comprendre au grand public qu’ils peuvent consommer des contenus et services en ligne sans avoir besoin d’acheter un ordinateur. Pour cela, la stratégie d’Apple repose sur ses trois produits phares: iPhone, iPad et  Apple TV.

Google procède avec une approche similaire, mais plus ambitieuse. Il y a d’abord les Chromebooks qui seront commercialisés le mois prochain et qui transforment la vision des cloudbooks en réalité commerciale : Des ordinateurs allégés, versatiles, sans logiciels ni anti-virus… (cf. Google announces Chromebooks from Samsung and Acer, Available on June 15th). Mais pas seulement, car avec Chrome (le navigateur), Google est en train d’infiltrer les ordinateurs traditionnels pour y évangéliser la vision d’une informatique de nouvelle génération avec des contenus et services entièrement disponibles dans votre navigateur. Une fois les utilisateurs convaincus que leur navigateur peut devenir leur système d’exploitation et ils peuvent alors se libérer de la contrainte de Windows (ou de Mac OS).

De même, Android nous était présenté comme un système d’exploitation pour smartphones, mais la posture de Google pour le promouvoir a évolué, car il prêche maintenant une utilisation sur d’autres types de terminaux  comme les tablettes, TV connectées… Après des débuts chaotiques, les équipes derrière Android sont maintenant en ordre de marche pour en faire un OS universelIce Cream Sandwich Merges Phone and Tablet Versions of AndroidA First Look at the New Google TV et Android And Chrome: Anywhere And Everywhere.

La nouvelle version de Google TV propulsée par Android

Mais l’ambition de Google ne s’arrête pas là, car ils veulent aussi faire d’Android une plateforme pour les objets connectés : Android@Home, Google Gets Serious About the Smart Home. Android servirait de passerelle pour pouvoir piloter les appareils électriques de notre quotidien (lampes, radio-réveil, grille-pain…) en exploitant un nouveau protocole de communication sans fil : Android@Home, la domotique nouvelle génération. La vision de Google est donc de se positionner sur l’ensemble des appareils utilisant de l’électricité (ordinateur, tablettes, téléphones, TV, appareils ménagers…).

Google dans votre foyer avec Android@Home

Dans le même esprit, ils proposent déjà une couche logicielle pour les compteurs électriques intelligents (Google PowerMeter), il ne manque plus que les véhicules pour compléter le tableau ! (visiblement un chantier sur lequel ils travaillent également : Google Lobbies Nevada to Allow Self-Driving Cars).

iTunes fait des envieux chez Google et Amazon

Apple nous a démontré la viabilité de l’écosystème iTunes et l’intérêt de maitriser la chaine de distribution. Avec ce qui nous a été présenté cette semaine, l’objectif (à moitié) annoncé de Google est de mettre en place son propre écosystème (cf. Google Chrome OS = iOS + iTunes), un modèle moins fermé et reposant sur la communauté.

Le modèle économique de l’hypothétique écosystème de Google reposerait sur trois sources de revenus :

  • L’intermédiation, qui consiste à distribuer des contenus et services en captant une marge (Android Market et Chrome Web Store pour les applications, YouTube pour la VoD…) ;
  • L’exploitation de données (Maps, Local, Freebase, Think Insights… cf. Du contenu roi aux données reines) ;
  • L’hébergement de données (avec Google Drive et le tout récent Google Music).

L’approche de Google sur ce dernier point est remarquablement subtile : plutôt que de se bagarrer avec les labels pour commercialiser des morceaux musicaux, Google se propose plutôt d’héberger vos fichiers. Une astuce très maline, car plutôt que de dépenser des efforts considérables pour capter une toute petite marge lors de la transaction, Google préfère faire payer les utilisateurs à vie pour héberger et distribuer ces fichiers (qu’elle qu’en soit l’origine). Une très bonne façon de rentabiliser ses data centers avec en prime la possibilité de mutualiser les morceaux musicaux (en procédant par dédoublonage).

Vous remarquerez qu’Amazon est en train de fignoler un modèle similaire avec une chaine de distribution intégrée (Amazon > Kindle), de l’intermédiation à très grande échelle (Marketplace), des données (IMDB, SoundUnwound…) et de l’hébergement (AWS, Amazon Cloud Drive).

L’enjeu de cette course est de s’imposer sur le créneau du personnal cloud, l’informatique dans les nuages pour le grand public. Pour le moment les grands acteurs du web ne sont pas encore rentrés dans une phase de conquête agressive, mais l’arrivée prochaine de l’offre de music on the cloud d’Apple devrait accélérer les choses : Apple Could Win the Cloud Music Game Thanks to Google and Amazon.

Microsoft et Facebook sont à la traine

Dans cette course à la transformation, deux acteurs sont très nettement en retard : Microsoft et Facebook. Tout d’abord Microsoft car du fait de leur héritage à gérer (des centaines de millions de clients Windows et Office), ils ne peuvent pas avancer au même rythme d’innovation que les autres. Initiée par Ray Ozzie, la transformation de Microsoft est un processus extrêmement long, mais qui suit son cours. Largué sur le grand public, L’offre de cloud computing de Microsoft pour les entreprises a fait des progrès considérables. Je pense ne pas me tromper en disant qu’ils ont quasiment rattrapé leur retard et qu’il leur reste de gros atouts à sortir de leur jeu. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, Microsoft est un diesel : Long au démarrage, mais terriblement endurant. Vous pouvez critiquez Windows Phone 7, mais ne vous avisez surtout pas de sous-estimer une société capable de sortir 8,5 milliards de $ en cash dans une période post-crise. S’ils sont capables de racheter Skype pour un tel montant, qu’est-ce qui les empêche de prendre le contrôle de SalesForce ? (un exemple au hasard) (quoi que…) (moi je dis ça, je dis rien…)

Qu’en est-il de Facebook, l’étoile du web ? Facebook est une coquille vide, j’ai déjà eu de nombreuses occasions de m’exprimer sur le sujet (cf. Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook), là n’est pas le sujet de l’article. Je ne vois pas bien quelle va être la place de Facebook dans les écosystèmes que j’ai décrits plus haut. Ou du moins, je ne vois pas bien dans quelle mesure Facebook va avoir son mot à dire face aux géants de l’internet qui vont encore accentuer leur poids. Le problème de Facebook est que cette plateforme sociale s’est créé un écosystème où tout est gratuit pour les utilisateurs. Avec une telle posture, comment vont-ils faire pour dégager des revenus importants là où les autres acteurs ont su « éduquer » leurs clients (et collecter leur N° de carte de crédit) ? N’oublions pas que plus la base d’utilisateurs de Facebook grossit, et plus les charges d’exploitation sont importantes (650 millions d’utilisateurs = des dizaines de milliards de photos et vidéos à héberger et distribuer). Pour le moment nous ne connaissons pas avec précision les revenus de Facebook (ni ses charges d’exploitation), mais son modèle me semble bien instable dans la mesure où tout repose sur les profils des membres (or nous savons que la mécanique de ciblage comportementale est polluée par le phénomène de travestissement des profils).

De plus, en optant pour un modèle économique qui repose principalement sur l’exploitation des profils, donc des données personnelles de ses utilisateurs, Facebook sera toujours critiqué pour sa gestion de la confidentialité. Et les choses ne risquent pas de s’arranger, car ils préfèrent visiblement dénigrer la concurrence plutôt que de clarifier leur position : Facebook Loses Much Face In Secret Smear On Google et Facebook-Google Privacy PR Smear Is A Campaign In An Epic, Escalating War.

Le futur se construit dans le secret

Google, Apple et Amazon sont donc en train de façonner les modèles économiques grand public de demain. Mais contrairement à Facebook qui partage sa R&D (notamment avec le Open compute Project), ils sont très discrets (euphémisme).

La raison de cette discrétion est toute simple : Ces futurs modèles économiques reposent sur des contenus et services payants qui sont plus proches de notre Minitel que du web tout gratuit. La fascination actuelle du marché pour Facebook est ainsi la distraction dont Google, Apple et Amazon ont besoin pour cimenter les écosystèmes qu’ils sont en train de mettre en place. Certes, ces écosystèmes reposent sur de la facturation récurrente et des micro-transactions, mais est-ce un mal ? Après tout n’est-il pas légitime que tous les acteurs d’une chaine de valeur puissent gagner leur vie ?

En conclusion je dirais ceci : le web n’est pas mort, loin de là, par contre les contenus et services gratuits sont condamnés à moyen terme. En tout cas ils le sont avec les écosystèmes numériques que sont en train de finaliser ces différents acteurs (Google, Apple, Amazon et Microsoft dans une certaine mesure).

Le retour de la revanche du contenu

Avec l’avènement des médias sociaux, on a voulu nous faire croire que le contenu était mort et que la communauté allait générer ses propres contenus et s’auto-alimenter. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur cette vision très restrictive (De la qualité des contenus sur Facebook) et l’actualité récente semble me donner raison.

Vague d’acquisitions pour les blogs et usines à contenu

Première preuve de la valeur du contenu, les récentes acquisitions de blogs par AOL : Techcrunch.com pour 25 M$ (Why We Sold TechCrunch To AOL, And Where We Go From Here) et HuffingtonPost.com pour 315 M$ (AOL Agrees to Acquire The Huffington Post). Avec ces deux acquisitions, AOL complète donc son impressionnante collection de blogs à gros volume (Engadget, Autoblog…).

AOL_blogs

Pourquoi un géant des médias montre-t-il un si grand intérêt pour des blogs ? Tout simplement parce qu’AOL valorise le contenu de qualité et sait évaluer le potentiel d’affaires que cela représente.

Autre signe de l’intérêt du marché pour le contenu, la récente introduction en bourse de DemandMedia. Pour ceux qui ne connaissent, DemandMedia est ce que les détracteurs appellent une « usine à contenu », ils produisent du contenu au kilomètre pour pouvoir nourrir des portails et squatter les pages de résultats des moteurs de recherche. Un modèle intéressant qui a su séduire de nombreux clients, mais laisse quand même dubitatif : Content Farms 2.0, Can Robots Help Write the News?. Toujours est-il que les moteurs en question ne sont pas dupes et travaillent activement à réduire la visibilité des « sites de basse qualité » : Google Search and search engine spam.

iPad = nouveau chouchou des éditeurs

Autre fait marquant de ces dernières mois : la ruée vers l’iPad qui est vu par les éditeurs comme la nouvelle plateforme de distribution et monétisation de leurs contenus. Certains grands éditeurs US et suédois ont été pionniers (à l’image de Condé Nast ou Bonnier), d’autres ont préféré attendre et lancer des projets plus ambitieux comme le magazine Project de Virgin ou TheDaily de NewsCorp.

TheDaily

Pour le moment tout le monde est en train de chercher le bon modèle économique (prix, système d’abonnement et de fidélisation…), mais le potentiel est bien réel. De plus, la distribution de magazines d’information sur l’iPad n’est qu’un début puisqu’il existe de nombreuses autres configurations de marché en fonction des types de contenu (Une seconde vie pour les contenus digitaux grâce à l’iPad ?) et des supports (notamment les e-readers).

L’iPad est donc un canal de distribution / monétisation viable. Vous voulez une preuve de plus ? Apple nous en fournit une belle avec son système d’abonnement pour les éditeurs de contenu. En résumé : iTunes va proposer aux utilisateurs d’iPad un système d’abonnement à des contenus moyennant une commission de 30%. Les éditeurs ont toujours la possibilité de vendre des abonnements grâce à leur site web, mais les transactions qui passent par iTunes seront ponctionnées de la marge d’Apple. Inutile de vous offusquer quand à cette posture très dirigiste de la firme de Cupertino, Amazon en fait de même avec le Kindle (Apple’s Big Subscription Bet: Brilliant, Brazen, Or Batsh*t Crazy?).

Là encore, nous avons la preuve que le contenu représente une réelle valeur que les industriels se disputent. Cette situation peut vous sembler malsaine dans la mesure où les éditeurs sont coincés entre le marteau et l’enclume (respectivement Apple et Amazon), mais la situation va se débloquer grâce à la progressive diversification du marché et la montée en puissance de machines concurrentes à l’iPad et au Kindle. D’ailleurs Adobe anticipe déjà ce phénomène avec la mise à disposition d’outils permettant de publier du contenu numérique sous forme d’applications mobiles pour iOS et Android : Adobe’s Digital Publishing Suite is Coming to Android.

Et on reparle des micro-transactions

Nous venons donc de voir que le contenu recommence à être apprécié à sa juste valeur et que les industriels se chamaillent pour verrouiller la chaine de distribution et capter un maximum de revenus sur les tablettes. Mais quid du web « traditionnel » ? Heureusement Google est là pour proposer une solution de monétisation des contenus (Google One Pass) qui va simplifier la vie des éditeurs : Powered By Google Checkout, One Pass Is A Payment System For Content Publishers.

Le principe est de proposer un système d’authentification unique (pour accéder à votre contenu depuis différentes machines) associé à un mécanisme de paiement universel (Google Checkout). Est-ce une bonne chose pour un éditeur d’esquiver Apple et Amazon pour se marier avec Google ? La question mérite d’être posée, car la dépendance entre les éditeurs et le moteur de recherche est déjà très forte (trop ?).

Au final, je pense que le grand gagnant de cette histoire sera le client car il aura à sa disposition des moyens simples pour découvrir, acheter et consommer des contenus numériques. Même si les différents canaux sont verrouillés par une poignée d’industriels, c’est un mal nécessaire pour favoriser le développement des usages et l’installation de nouvelles habitudes de consommation (et notamment les microtransactions). Il a fallu presque 10 ans à Apple pour rééduquer les clients vis-à-vis de la musique en ligne (et les faire accepter de payer plutôt que de télécharger illégalement), j’espère qu’il en faudra moins pour les contenus textuels (actualités, magazines, livres…).

Dans tous les cas de figure, je suis persuadé que le contenu aura sa revanche et sera monétisé à sa juste valeur. Après ça, tout est une question de maitrise des coûts de production (en intégrant la commission des intermédiaires de distribution) pour que l’opération reste rentable.

Bien évidemment nous sommes d’accord sur le fait que les dynamiques sociales et communautaires ne s’opposent pas à la monétisation / distribution du contenu. Au contraire : c’est un levier, pas un frein.

Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?

Alors que la blogosphère n’en finit plus de spéculer sur le probable lancement du touchbook d’Apple la semaine prochaine, je m’interroge aujourd’hui sur les nouveaux usages qui vont se développer autour de ces nouveaux terminaux (puisqu’ils finiront par sortir, chez Apple ou un autre). Et tant que j’y suis, je souhaiterai également partager avec vous ma réflexion sur la dichotomie entre les contenus destinés aux touchbooks et ceux destinés aux ebooks.

Surf d’appoint, contenus numérisés et additionnels pour les touchbooks

Les dernières rumeurs concernant le touchbook d’Apple parlent d’un terminal versatile utilisé par toute la famille. Une rumeur parfaitement fondée car j’imagine tout à fait ce terminal de petit format trainer dans le salon afin de pouvoir faire des consultations rapides sur tel ou tel site.

Apple_touchbook

Pour une session de surf plus longue, les ordinateurs traditionnels (et même les netbooks) sont bien évidemment plus confortables, mais ils sont plus longs à démarrer et ne sont pas forcément rangés dans le salon. Outre cet usage premier, j’anticipe toute une série d’usages et de contenus spécifiquement adaptés aux caractéristiques de la machine (petite taille, très bonne autonomie, démarrage en quelques secondes…).

Concernant les contenus, différents scénarios sont à envisager :

Il y a également un ensemble de contenus additionnels couplés à des programmes TV ou autre :

  • Des encyclopédies de séries TV (résumés des épisodes, fiches sur les personnages…) qui seraient consultables avant / pendant ou après le visionnage d’un épisode (pourquoi pas sous forme d’abonnement ou sponsorisées) ;
  • Une retransmission enrichie d’évènements sportifs comme par exemple les J.O; d’hiver ou la coupe du monde, où il serait possible d’avoir les résultats et statistiques en temps réel sur votre touchbook pendant que vous regardez à la TV le direct, de même que des fiches très détaillées sur une équipe de foot ou un joueur (disponibles également sur abonnement ou sponsorisées par une marque) ;
  • Des flux d’informations ultra-fraîches centrées sur un évènement particulier, par exemple la catastrophe en Haïti qui serait couverte sous tous les angles ;
  • Des publications hybrides (texte + énigmes + visuels + vidéos) comme le propose Level 26 (cf. Le Diginovel Level 26 à l’épreuve du clic)…

Les possibilités sont nombreuses (cf. 5 Industries an Apple Tablet Could Revolutionize) mais je suis persuadé qu’il est tout à fait possible de développer un écosystème viable d’applications et de contenus autour des touchbooks pour parfaitement exploiter leurs caractéristiques.

Jeux low-fi, livres interactifs et apprentissage sur les ebooks

Intéressons-nous maintenant aux ebooks. et plus particulièrement au Kindle d’Amazon qui combine la technologie révolutionnaire d’encre numérique (excellent contraste, autonomie de plusieurs semaines) et des capacités de communication via le réseau 3G Wispernet.

Mais avant toute chose, juste une précision pour ne pas polluer votre réflexion : Non les livres électroniques ne remplaceront pas les livres papier, ils sont aux livres traditionnels ce que les fichiers MP3 sont au CD. Comprenez par là que l’expérience de lecture / écoute est certes inférieure, mais vous compensez cela par une praticité inégalée (n’importe quel chanson / livre accessible en quelques clics) et surtout du volume (des milliers de chansons / livres dans votre poche).

kindle2

La grosse annonce de cette semaine a été la disponibilité prochaine d’un kit pour pouvoir développer des applications pour le Kindle : Amazon to Launch App Store for Kindle. Ce kit ouvre ainsi de nombreuses possibilités :

  • Des jeux low-fidelity qui pourraient être joués en local (casse-tête et casual games : EA Readying ‘Popular and Fun’ Kindle Games) ou joués en ligne (des parties d’échec ou de dames qui seraient jouées en asynchrone contre un adversaire humain ou contre un agent intelligent) ;
  • Des livres-jeu comme il en existait avant (cf. la série des Livres dont vous êtes le héros) qui pourraient facilement être remis au goût du jour pour cibler leur public d’origine ;
  • Des cours de langue ou autre contenus pédagogiques (sous forme de leçons + exercices) ;
  • Des applications de personnal coaching (toujours sous forme de leçons + exercices / méditations) qui seraient une version simplifiée des programmes d’entrainement cérébraux mais sur des thématiques plus larges…

Là encore tout reste à inventer et je suis persuadé que le Kindle (ou d’autres) peut s’aménager une niche très rentable s’il parvient à trouver sa cible (générations x et au-delà) et à lui fournir des contenus et applications adaptées (après tout Nintendo a bien réussi à convertir les seniors…).

2010 sera une année cruciale pour la structuration du marché

Je précise une chose importante : Touchbooks et ebooks ne sont pas à considérer comme des produits réellement grand public mais plutôt comme des offres de niche. Cela ne veut en aucune façon dire que ces niches ne seront pas rentables, bien au contraire ! Face à un internet où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit, ces deux types de terminaux pourraient bien représenter de véritables bouffées d’oxygène pour certains secteurs à l’agonie.

Pour le moment l’offre est tellement embryonnaire et le marché instable qu’il faut impérativement des acteurs sur-puissants pour « ouvrir la voie » et orchestrer de façon viable la rencontre entre ces machines, les contenus d’éditeurs tiers et le public qui ne sait pas encore trop à quoi cela va lui servir. Heureusement nous avons Amazon et Apple qui vont dominer le marché (au moins dans un premier temps) et éviter l’erreur de faire trop de compromis comme les constructeurs de netbooks ont pu le faire (et tuer ainsi un concept très prometteur).

2010 sera donc une année cruciale pour bien poser les règles et conditions de marché pour qu’un écosystème durable se crée. Inutile de vous dire que je suis plus qu’impatient de voir comment cela va se dérouler…

Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?

Comme annoncé dans mes prédictions (et par 99% des experts et éditorialistes), 2010 sera résolument l’année des terminaux à format disruptif : ebooks et touchbooks. Cette disruption ne concerne pas que la taille de l’écran mais également les technologies employées (encre électronique pour les premiers, large écran tactile pour les seconds) et les usages.

On annonce ainsi une authentique révolution pour la presse et l’édition qui verraient dans ces nouvelles machines l’opportunité de monétiser correctement leurs contenus. Le Kindle d’Amazon propose ainsi une expérience de lecture quasi-similaire à du papier pour des contenus de type news consommés sous forme d’abonnements. Les futurs touchbooks des grands constructeurs (Apple, HP, Dell…) proposeront également une expérience de lecture beaucoup plus riche pour des contenus de type magazine (cf. la démonstration de Time inc.).

time_tablet

Pour le moment les scénarios d’usage sont assez limpides et ne semblent pas poser de problème.

Ebooks et touchbooks en concurrence sur les bases de données

Sauf que si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces deux familles de terminaux,qui ne répondent en théorie pas réellement aux mêmes usages, pourraient bien entrer en concurrence directe sur un point bien précis : les bases de données. Tout l’intérêt des journaux électroniques comme ceux diffusés via le Kindle est de pouvoir facilement chercher et accéder à de l’information complémentaire (en passant ainsi d’un article à un dossier thématique à un autre article…).

kindle-dx

De même, tout l’intérêt des magazines numériques est de pouvoir consommer de l’information façon rich media (texte avec belle mise en page, photos, vidéos…) dans un contexte agréable et non limitatif (article sur le dernier match de foot > tableau des scores du championnat > statistiques d’une équipe > meilleurs buts…). Dans les deux cas de figure, plus la base de données est riche et facile à parcourir et plus l’offre est alléchante. L’offre ? Quelle offre ? L’abonnement premium enfin ! Car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un principe d’abonnement qui donne droit aux infos les plus fraîches et aux données les plus complètes. Auparavant ce type de produit était vendu sur CD / DVD mais la possibilité de s’affranchir du support physique est bénéfique à la fois pour l’éditeur (meilleure marge) et pour l’utilisateur (plus de confort).

Les éditeurs de presse traditionnelle proposaient déjà des formules payantes pour accéder à leurs archives, mais il est tout à fait possible d’étendre ce modèle (actus + base de données) à d’autres secteurs : le sport, la cuisine, les voyages, la documentation professionnelle (ex. Vidal, Dalloz, LefebvreLexisNexis et cie)… L’intérêt pour un éditeur sera donc de pouvoir proposer ce type d’abonnement sur le plus grand nombre de machines possibles (afin d’augmenter le nombre de clients potentiels). Problème : Les tailles / formats / technologies d’affichage varient d’une machine à l’autre. Le plus simple serait donc de pouvoir publier du contenu dans un format suffisamment souple pour pouvoir s’adapter aux contraintes / spécificités de ces différentes machines. Un format qui serait ensuite retravaillé au niveau de la machine par un… navigateur. Hé oui, car c’est bien de cela dont il s’agit : une nouvelle génération de navigateurs conçus pour manier un type bien particulier de contenu (actus + photos/vidéos + recherche dans une base de données) sur un type bien particulier de machines (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?).

Une nouvelle génération de navigateurs

Outre la manipulation du contenu (lecture, recherche…) et des différents supports (livres, journaux…), ces fameux navigateurs de nouvelle génération pourraient également servir à deux fonctions bien précises :

  • Parcourir la marketplace de contenus (recommandations et achats de nouveaux contenus) ;
  • Gérer les transactions (vous ne donnez pas à chaque fois votre numéro de CB).

Kindle_store

Lire et gérer ces contenus, parcourir les rayons et acheter de nouveaux contenus, gérer les transactions… tout ceci ne vous rappelle rien ? iTunes peut-être ? Hé oui, car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un logiciel à mi-chemin entre Safari et iTunes. Et puisque l’on parle d’ iTunes, comment ne pas aborder le cas des applications. Prenons l’exemple du Cooq : il embarque des recettes, des fiches ingrédient mais également des applications de gestion de listes de course ou de planification des menus. Il pourrait en être de même pour les secteurs cités précédemment.

Et puisque l’on parle d’iTunes, pourquoi ne pas aborder le cas des jeux ? Il y a bien évidemment l’exemple des jeux « papier » facilement transposables comme les grilles de sudoku ou les mots croisés / fléchés, mais il serait tout à fait envisageable d’avoir des jeux d’échec ou de dames sur un ebook : la machine ne gère que l’affichage du damier, les calculs sont effectués sur le serveur (c’est donc une forme de cloud-gaming).

Alors bien sûr vous pourriez me dire que les tablets PC actuels embarquent Windows et disposent de toute l’artillerie nécessaire pour faire cela, mais je me permettrait de vous rappeler que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. La toute récente HP Slate présentée au CES 2010 est propulsée par Windows 7, mais ne répond pas du tout aux critères d’autonomie ou de confort de lecture que je me fait des touchbooks : il s’agit plus d’un ordinateur diminué (sans clavier ni souris) que d’un support de lecture viable (en tout cas ce n’est pas elle qui va sauver les métiers de la presse et de l’édition).

HPslate

Sans rentrer dans le débat je suis persuadé que la surenchère technologique est vaine et je rejoins tout à fait l’avis de Paul Carr : Hey! Look behind you! It’s the tablet of the future!. Bref, il va bien falloir un socle technologique pour afficher du contenu dans de bonnes conditions (livre ou magazine électronique), gérer les abonnements et les transactions, faire tourner les applications… et gérer la publicité également. Hé oui, car c’est là un autre critère très important à prendre en compte : qui contrôle le navigateur contrôle également les publicités affichées dedans ? Ce n’est ainsi pas un hasard si Apple vient de mettre la main sur Quattro Wireless (une régie publicitaire mobile), c’est pour augmenter les revenus sur iPhone mais également pour préparer ceux de sa future iSlate : Apple to Acquire Mobile Ad Platform Quattro Wireless.

skiff-reader

J’anticipe déjà des contenus distribués gratuitement via iTunes car financés par de la publicité (mais disponibles également sans pub en version payante). Ceci est valable à la fois pour les journaux, les magazines et revues pro, les livres…

Dans ce scénario peut-être que le mieux placé finalement ça sera Google. Google qui dispose du software (Android et Google Chrome OS), du hardware (il existe déjà un Nexus One, pourquoi pas un Nexus Two ?) et des contenus au travers de Google News, Goole Fast Flip et Google Books. Quand on y réfléchit bien Google sera peut-être le dernier à tirer mais semble cependant le mieux placé (cf. Say Hello to the Google Tablet et Google and HTC Working On a Chrome OS Tablet.

MàJ (08/10/2010) : Nintendo pourrait être l’invité de dernière minute : Nintendo 1er sur le livre électronique en France en 2010 ?

Amazon, Apple et Google… qui pouvait rêver de meilleurs compétiteurs pour un marché où celui qui proposera l’expérience d’utilisation la plus fluide remportera la mise. Et aussi les choix technologiques les plus pertinents. Et le modèle économique le plus viable. Et le navigateur le plus polyvalent (d’où le titre de l’article).

Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?

Alors que nous pensions que le marché de la recherche était définitivement acquis à Google (qui capte plus de 90% des parts de marché en France) voici que deux lancements en deux semaines m’amènent à remettre en question la suprématie de Google : Bing et WolframAlpha. Entendons-nous bien : Google n’est pour le moment pas menacé mais les innovations et le positionnement de ces deux nouveaux services de recherche souffle un vent de fraîcheur dans ce secteur.

Nous sommes ainsi tous à peu près d’accord pour dire que Google a remporté la bataille de la recherche algorithmique pour laquelle les équipes de R&D posséderont toujours une longueur d’avance (du moins c’est ce que je pense). Reste alors aux concurrents à trouver d’autres terrains de bataille pour pouvoir se démarquer. Et c’est là où les deux nouveaux services présentés plus bas rentrent en scène avec la proposition de valeur suivante : ne pas rechercher mieux que Google mais différemment. L’objectif étant de ne pas chercher à se battre sur la pertinence des résultats mais plus sur la modalité de recherche.

Il y a tout d’abord WolframAlpha qui se veut être non pas un moteur de recherche mais un moteur réponses : Là où Google se charge de remonter une liste de résultats correspondants à un ou plusieurs mots-clés, Wolgram préfère afficher une réponse unique à une question.

wolfram_weather

 

Le levier de différenciation de Wolgram est donc de proposer un moteur d’analyse syntaxique très sophistiqué lui permettant d’apporter une réponse unique et fiable à des questions du type « quel est l’âge du capitaine » :

wolfram_obama

Vous pourriez me dire (à raison) que Google propose déjà ce type d’approche  mais vous tomberez toujours systématiquement sur une liste de résultats. Bref, Wolgram se veut donc être un moteur de recherche « intelligent » qui comprend vos questions et vous mâche le travail d’interprétation des résultats. Reste encore à régler le problème de la largeur du champ de recherche (à combien de questions peut-il répondre) et la barrière de la langue (ça fonctionne bien en anglais mais quid du français ?). Plus d’infos ici : WolframAlpha, une nouvelle sorte de science pour une nouvelle sorte de moteur de recherche.

Dans un style proche mais différent nous trouvons ensuite Bing de Microsoft qui se positionne comme un outil d’aide à la décision. L’idée est à peu près la même : ne pas confronter les utilisateurs à une liste de résultats qui risque de les dérouter mais leur faciliter la tâche en présentant des résultats structurés. Et c’est dans la recherche de produits que Bing dévoile sa plus forte valeur ajoutée, il se transforme en un assistant d’achat qui se charge de collecter / agréger les avis et de comparer les prix :

bing_shopping

Une approche tout à fait intéressante car c’est sur de la recherche « marchande » que Google réalise 90% de son C.A. avec les adwords. Microsoft a donc choisi de se concentrer sur ce créneau et d’anticiper le clic suivant la liste de résultats en intégrant et en retraitant les données. Peut-on dire que c’est de l’affiliation forcée ? Oui pourquoi pas. Cela nécessite de nouer de nombreux partenariats avec des services externes, mais quand on s’appelle Microsoft ce n’est pas un problème insurmontable, bien au contraire. Autre illustration avec cette recherche d’hotels dans la chaîne Travel (intégration du moteur de Farecast racheté l’année dernière par Microsoft) :

bing_hotels

Signalons au passage que Microsoft a également prévu un programme de cashback associé à son moteur. Pour le moment Bing est très limité en France donc il vaut mieux tester la version US. Plus d’infos ici : Discover Bing et Bing Opens Up. Is It Good? It’s Too Early To Tell (et sur la version mobile : Microsoft’s Bing is Now Mobile, Too).

Donc au final, j’anticipe un marché de la recherche plus ouvert où les utilisateurs choisiront le moteur en fonction de la nature de leur recherche : Google pour une recherche générique à base de mots-clés, WolframAlpha pour de la recherche en langage naturel (comme Ask le propose dans une certaine mesure) et Bing pour de la recherche pré-achat.

Bien évidement ce ne sont pas les seules initiatives d’alternatives à Google, mais ce sont tout de même deux très bon candidats qui risquent de stimuler les autres :

  • Amazon avec son moteur A9 qui en plus d’avoir un accès direct aux produits et à la marketplace du géant du e-commerce peut également exploiter les précieuses données de sites comme Amapedia, Alexa, IMDB ou encore SoundUnwound ;
  • Yahoo! qui n’en finit pas d’agoniser (une nouvelle version ?) et qui ferait bien de nous sortir un moteur performant car reposant sur le pléthorique Yahoo! Answers mais également sur toutes les chaînes de contenu (News, Sports, Food…), les chaînes marchandes (Shopping, Tech, Travel…) ou encore les services 2.0 « maison » (FlickR, Delicious, MyBlogLog…) ;
  • Wikipédia qui est de très loin la plus grosse base d’informations de la planète et qui pourrait proposer une expérience de recherche tout à fait convaincante en mixant les contenus de l’encyclopédie collaborative, les contenus des autres sources (WikiNews, Wikia Answers…) et pourquoi pas y rajouter une pincée du très attendu Wikia People Search.

Bref, les possibilités sont nombreuses. Cela veut-il dire que les 3 acteurs précédemment cités doivent déréférencer leurs contenus de Google ? Non pas du tout, mais comme ils ont accès aux données sources ils pourraient présenter des résultats bien plus structurés.

Les lecteurs les plus attentifs pourraient me dire que tout ceci est vain dans la mesure où Google propose déjà des outils de recherche verticaux (Products, Knol, Squared…) mais ça vaut quand même le coup d’essayer, non ?