Adobe AIR officiellement lancé

Ce matin Adobe vient de lancer officiellement AIR dans sa version 1.

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Pour faire court, AIR est un acronyme pour « Adobe Integrated Runtime« , il s’agit donc d’un programme que vous installez sur votre ordinateur pour faire tourner d’autres programmes. L’équivalent de la machine virtuelle du monde Java sauf qu’ici les applications reposent sur les technologies d’Adobe.

C’est à mon sens un grand pas dans la banalisation des applications connectées (autrement appelées Rich Desktop Applications) et dans l’évolution des habitudes de consommation des services en ligne (cf. 10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur).

Le site dédié à AIR regorge d’exemples d’applications possibles, mais sachez qu’il existe aussi d’autres technologies permettant de faire sensiblement la même chose. Exemples avec des applications pour la FNAC (Bientôt une RDA pour la FNAC ?) ou encore pour Otto (Otto-Store, le rich media futur du e-commerce ?).

Plus d’infos sur le blog officiel : Its On – Flex 3.0 and Adobe AIR 1.0 Are Here! et sur cet article un peu plus fourni : Adobe AIR v1.0 & Flex 3.0 Released; New Adobe Open Source Site Launched.

(via Mike Chambers)

Les interfaces riches font leur show

Les prochaines semaines vont être riches, surtout pour les interfaces riches. Je m’explique : deux évènements majeurs vont apporter leurs lots d’annonces et de nouveautés.

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Tout d’abord l’édition 2008 du MIX de Microsoft qui va se tenir à Las Vegas. Cette manifestation sera visiblement l’occasion du lancement officiel de la nouvelle version de Silverlight. J’ai vraiment hâte d’y aller, d’autant plus qu’ils ont cette année ouvert un cycle de conférences liées à la User Experience : MIX UX. Rassurez-vous je vous en ferais un compte-rendu complet.

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Nous avons ensuite le European AIR Tour d’Adobe. Il y a une étape prévue à Paris le 2 Avril prochain que vous ne devez rater sous aucun prétexte. Allez donc consulter la liste des intervenants pour vous motiver : About the Tour.

Peut-être aurais-je l’occasion de croiser certain d’entrevous à l’un de ces deux évènements…

Mozilla expérimente une alternative aux solutions de client riche avec Prism

La Fondation Mozilla a publié la semaine dernière une nouvelle version de WebRunner qui s’appelle maintenant Prism.

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Pour faire simple, il s’agit d’une extension de Firefox qui permet de faire tourner des applications en ligne sur votre bureau et de reproduire l’expérience d’une application traditionnelle (fenêtre indépendante, icône et menus personnalisables…). Comme le résume très bien Laurent Jouanneau : « c’est Firefox sans l’interface de Firefox (boutons, barre d’adresse…)« .

Par contre ne vous méprenez pas, Prism ne permet pas d’accéder à des services en mode déconnecté (pas d’accès offline). De même, ne confondez pas WebRunner (maintenant nommé Prism) avec XulRunner, un environnement d’exécution d’applications réalisées avec XUL (le langage de description d’interface de Mozilla).

Si vous vous sentez un peu perdu, c’est normal c’est un peu compliqué (je vous recommande tout de même la lecture de ce billet : 10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur). Pour faire simple, nous pouvons distinguer deux familles technologiques :

Prism se situe entre ces deux familles avec une solution qui ambitionne de faire évoluer les services en ligne vers un modèle applicatif, contrairement à AIR par exemple qui veut transformer des applications en services en ligne. Je vous recommande pour y voir plus clair l’article de Ryan Stewart : Mozilla moves closer to the desktop with ‘Prism’.

Donc concrètement avec Prism vous n’installez rien sur votre ordinateur et vous accédez à votre service favoris au travers d’une fenêtre qui lui est entièrement consacrée (indépendante de Firefox).

La contrepartie est que cette application (tout comme les sites web) ne peut pas accéder au contenu de votre disque dur ni au hardware (contrairement à AIR ou SmartClient). L’équipe de Mozilla Labs nous promet une évolution prochaine de Prism qui permettra de gérer la persistance des données et de stocker des informations sur le disque. A terme, les futures évolutions de Prism vont donc le faire ressembler à Google Gears (et à Firefox 3).

En tout cas ne vous y trompez pas, Prism n’est pas réellement un concurrent de AIR (qui lui aussi repose majoritairement sur des technologies web) mais plutôt un coopétiteur comme le suggère Mike Chambers : Mozilla Prism and the disingenuous web. Rappelons que Mozilla et Adobe sont très proches, surtout depuis qu’Adobe à « légué » le moteur Javascript de Flash (Tamarin) à la fondation : Vers un flash player en open source pour la fondation Mozilla ?.

Quoi qu’il en soit, le fait que Prism repose sur Firefox représente un énorme avantage car il pourrait être déployé à partir d’une « simple » mise à jour. Simple mise à jour qui concerne tout de même 30% des utilisateurs du web (lire à ce sujet l’article de Mike Potter : Prism Gives Web Apps Desktop Space).

Est-ce que ce Prism est une bonne nouvelle ? Mais bien sûr enfin ! C’est une très bonne nouvelle et je félicite la fondation Mozilla pour avoir adopté une approche alternative par rapport aux solutions existantes. Petite précision : ne vous posez pas la question de savoir si Prism et Silverlight de Microsoft sont des solutions concurrentes, ça n’a rien à voir car Silverlight est avant tout un concurrent de Flash.

Comme je suis bon joueur, je laisse le mot de la fin à Tristan Nitot : The (not so) hidden goals of Prism, AIR and Silverlight.

MAJ : Bon  en fait ce n’est pas Tristan Nitot mais Microsoft qui va avoir le dernier mot puisque le principe d’applications en ligne exécutées sur le bureau n’est pas nouveau, ils appellent ça des HTML Applications : HTA Developers Center. (merci à Laurent pour l’info)

MAX Europe 2007, Jour 3

Et voilà, c’est déjà la fin. Enfin pas tout à fait car la manifestation se termine réellement demain soir. En tout cas c’est la dernière journée pour moi, dernière journée qui a été particulièrement « riche ».

Design-led Innovation

J’avais de très grosses attentes pour cette session et je n’ai pas été déçu. C’est en effet Steven Webster, le Technical Director de Adobe Consulting (ex. Iteration::Two) qui nous présente une session sur l’art de créer des « Disruptive Experiences« .

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La présentation de Steven Webster porte principalement sur la méthodologie qu’ils utilisent pour concevoir des applications riches centrées sur l’utilisateur (The 3D Process) qui comprend 3 phases : Discover, Define, Deliver. Il insiste sur l’importance de bien prendre en compte les besoins exprimés par les utilisateurs, sur la nécessite de concevoir des interfaces innovantes qui bousculent les idées reçues (dont celles de leurs clients).

Plusieurs projets ont été présentés lors de cette session (de façon plus ou moins officielle) :

  • Une application destinée aux traders (cf. la capture d’écran) ;
  • Une application de gestion de budget au quotidien ;
  • Une application de déclaration d’accidents pour une compagnie d’assurance (une sorte de constat en ligne avec schéma explicatif et tout et tout) ;
  • Une application mobile pour les experts de cette même compagnie d’assurance…

Je suis stupéfait par la qualité des interfaces qui nous ont été présentés et surtout par l’intelligence déployée pour simplifier les processus et proposer des modes de visualisation performants. Quel dommage que les blogs de l’équipe Adobe Consulting ne parlent que de technique, ces gens disposent d’une réelle expertise.

RIA and E-commerce

Une autre session que j’attendais avec beaucoup d’impatience qui est présentée par Sheila Dahlgren de Scene7 (une société rachetée en début d’année qui propose des briques technologiques pour faire du Rich Commerce).

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Quatre thèmes principaux sont abordés au cours de cette session :

  • Rich Media Meets Rich Application (la vidéo va être intégrée de façon toujours plus fine et élégante dans les sites marchands) ;
  • Favour Community Empowerment (toujours ces histoires de marketing collaboratif) ;
  • Back to the Desktop (les premières expérimentations de RDA marchandes sont déjà là, ex. FNAC) ;
  • Content is the Interface (peut importe la sophistication de l’interface, si les fiches produit sont pauvres en contenu le taux de transformation a toutes les chances de chuter).

Cette partie théorique est suivie d’une série d’exemples :

  • Nike Store, une boutique riche très soignée ;
  • Neiman Marcus, un catalogue interactif assez classique ;
  • Burton, une barre de navigation horizontale très intéressante ;
  • Oli, qui propose un système de liste de souhaits enrichie ;
  • Lenox qui permet de faire de la personnalisation de produits à la volée ;
  • ShawFloors, un démonstrateur de parquet et de tapis avec une interface très intuitive ;
  • HunterDouglas, un configurateur de fenêtre avec une gestion très fine de la luminosité simulée…

Pleins de beaux exemples et même un livret blanc sur le E-commerce 3.0. 3.0 ? Hum… ça me donne des idées de billets…

The New Creatives

Encore une session inspirationnelle avec Hoss Gifford, un artiste / designeur / cascadeur un peu fou-fou qui utilise des algorithmes et des modèles 3D pour faire des expérimentations inédites avec Flash (sa première réalisation remonte à l’époque de Flash 3 !).

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Résumé de ce qui a été dit :

  • Les filtres et effets de floutage sont très utiles pour concentrer l’attention sur une zone en particulier ;
  • La naration est essentielle pour bien véhiculer un message et restituer de l’émotion ;
  • Les personnages animés possèdent une formidable capacité à capter l’attention ;
  • Un bon schéma explicatif vaut mieux que des mots (cf. la vidéo teasing du livre The Long Tail).

The Designer of 2015

Dernière session de la journée qui est présentée par Richard Koshalek, le président de l’Art Center College of Design. Une intervention qui tourne principalement autour de la revalorisation du design et de l’innovation :

  • Les designeurs ne doivent pas être marginalisés dans des disciplines / pratiques / rôles / métiers à la périphérie du processus de production ;
  • Les designeurs doivent être les leaders de demain en qualité de « problem solvers » ;
  • Les designeurs doivent être en mesure de retourner un problème à l’envers et de poser les questions auxquelles les autres corps de métier n’ont pas pensé ;
  • Un soin particulier doit être apporté à la mise en scène et à la narration des propositions créatives (afin de maximiser leurs chances d’adoption).

Un dernier point intéressant qui confirme ce vieil adage : « la forme est aussi importante que le fond« .

Conclusion

Voilà, c’est déjà l’heure de prendre l’avion pour revenir en France. Trois jours de pur bonheur pour moi : beaucoup de rencontres, d’échanges, de surprises… et de café ! J’anticipe une année 2008 très intense dans le domaine des interfaces riches.

MAX Europe 2007, Jour 2 (suite et fin)

C’est maintenant quasiment la fin de la journée et l’excitation est à son comble avec l’annonce des gagnants des MAX Europe Awards et les Sneak Peeks.

MAX Europe Awards 2007

De nombreux projets ont été présentés à l’édition 207 des MAX Europe Awards qui récompense les meilleures réalisations.

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C’est le portail mobile ATAC Mobile qui remporte le prix, malgré une concurrence très rude du très bon site communautaire lancé pour la sortie du film Harry Potter 5.

Sneak Peeks

Beaucoup d’attentes autour des projets présentés lors de cette session. Il a été par contre très clairement stipulé que ces projets ne verraient pas tous le jour.

Flash Home Mobile, une solution technologique permettant d’exploiter Flash pour l’écran d’accueil des terminaux mobiles et pour héberger des widgets.

Flash « Next », la future version de Flash Professional qui offrira entre autre la possibilité de créer des points de liaison pour animer des objets 2D.

Visual Communicator, un outil de capture et de mixage vidéo qui permet de créer des événements au sein d’une timeline, d’afficher un prompteur, d’insérer des images/ du son / de la vidéo et d’exploiter de nombreuses transitions et effets. En résumé : l’arme ultime des vidéo-bloggeurs et podcasters.

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Web 2 Print, un service permettant de créer et de publier des modèles graphiques papier (ex. un menu de restaurant) puis de faire de l’édition en ligne.

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Photoshop Express, la version en ligne de Photoshop qui permet de retoucher et de manipuler des images. Ce service en ligne intègre un très bon système de prévisualisation (photo du bas) et de gestion de l’historique.

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Seam Carving, un outil de redimensionnement d’image (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet) tout simplement révolutionnaire car il permet de compresser les « zones mortes » d’une image et de supprimer certains éléments (comme par exemple une paire de chaussure dans l’exemple suivant).

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Tonnerres d’applaudissement pour cet outil stupéfiant qui laissera loin derrière la concurrence lorsqu’il sera intégré à Photoshop…

La journée se termine par un Event Party au dernier étage du centre de conférence. Au programme des réjouissances : Apéro sur la terrasse, casino, musique « live » et cocktail dinatoire.

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A demain pour le compte rendu de la dernière journée.