A quoi ressemble la blogosphère en 2008 ?

C’est à l’occasion du Blog World Expo que Technorati (le moteur de recherche de blog) à publié son rapport annuel sur la blogosphère : State of the Blogosphere – 2008.

Plusieurs indicateurs dans ce rapport nous mènent à penser que le phénomène des blogs est en train de se « tasser » et de rentrer dans le quotidien des internautes. Comprenez par là que les bloggeurs ne sont plus vus comme des extraterrestres / pionniers / égocentriques (rayez la mention inutile) mais comme des individus lambda qui pratiquent une activité sociale sur le web.

Les chiffres montrent un ralentissement

Parlons des chiffres tout d’abord : 133 millions de blogs indexés depuis 2002.

blogosphere2008

Un bien beau chiffre, mais qu’il faut relativiser car sur ces 133 millions de blogs, seuls 1,1% ont publié au moins un billet sur les 7 derniers jours. Il n’y aurait donc que 1,5 millions de blogs réellement actifs. En fait nous serions passés de 1,5 millions de billets publiés en 2007 à 900.000 en 2008 : State of the Blogosphere 2008: Technorati Numbers Indicate Blogging Is Niche and Slowing.

Comment expliquer ce phénomène ? Tout simplement avec la montée en puissance de nombreux médias sociaux alternatifs (microblog, réseaux sociaux…) qui fragmentent les usages et surtout permet de combler un besoin latent mais pas suffisant pour se lancer dans l’aventure. Autre conséquence, l’attention des lecteurs de blogs est diluée / éparpillée sur d’autres supports « sociaux » (c’est l’arroseur arrosé). Et il en va de même pour l’influence : Are The Influencers Less Influential Now That The Masses Have Arrived?. Serait-ce la fin du mythe du bloggeur influent ?

Blogguer est une activité rentable… pour les américains !

Autres chiffres très surprenants : le revenu moyen annuel est de 6.000$ et dépasse même les 75.000$ pour les blogs avec plus de 100.000 visiteurs uniques  par mois. 75.000$ par an ? Soit je suis le dernier des cons (et je devrais arrêter mon activité de conseil / formation), soit les conditions de marché sont complètement différentes en France ! Visiblement je ne suis pas le seul à être surpris : State Of The Blogosphere: Get To 100K Uniques, Make $75K/year.

Bon… inutile de nous emballer, ces chiffres sont surtout valables pour ceux qui blogguent en anglais dans un pays où le marché (annonceurs, régies publicitaires, intermédiaires…) est beaucoup plus mature.

Bon ceci étant dit, le rapport explique également que les pratiques de blog sont largement rentrées dans les moeurs et qu’elles sont très utiles pour construire sa marque personnelle (cf. How To Grow Your Personal Brand).

Une répartition démographique qui diverge selon les continents

Continuons notre analyse avec ces chiffres équivoques sur la répartition homme/femme en fonction du continent :

blogosphere_gender

Hé oui, en Europe tout comme en Asie les bloggueurs sont sur-représentés par rapport aux bloggueuses. Pourquoi ? Je ne sais pas, et je ne me risquerais pas à commenter ce chiffre ;-)

Et puisque l’on parle de continents, voici la répartition du volume :

blogosphere_continents

Près de la moitié des blogs sont américains ? Difficile à avaler. Reformulons ça en : « plus de la moitié des sites assimilés à des blogs qui sont indexés par Technorati sont américains« . Voilà qui me semble mieux pour nuancer cette donnée.

Le bloggueur européen existe-t-il ?

Terminons enfin par ce portrait-robot du bloggueur européen :

blogosphere_europe

 

Mouais… pas très convainquant tout ça… Est-ce vraiment intéressant de niveler les pratiques et les influences culturelles au sein d’un continent comme l’Europe ? Non pas réellement.

Mais ne crachons pas non plus dans la soupe, ce rapport est tout de même une aubaine pour l’industrie car il permet d’avoir une photographie précise de la blogosphère US (qui pilote une partie du marché) et qui illustre également la diversité des profiles : Who Are the Bloggers?.

Seule une partie du rapport a été publié, j’attends avec impatience la suite…

Bientôt des flux publicitaires en overlay ?

Au détour de mes pérégrinations sur la toile je suis tombé sur cet étrange plugin pour WordPress : Live Twit. Ce plugin sert à afficher les titres d’un flux RSS en surimpression (overlay en anglais) dans un bandeau de bas de page : Nouvelle version de Live Twit avec plusieurs options supplémentaires.

livetwit

Observez bien cette bande sombre en bas de l’écran, y sont affichés la source, le titre et deux boutons d’action. Pour l’instant ne défilent sur ce bandeau que des news (en provenance de Wikio sur cet exemple) mais l’on pourrait tout à fait imaginer y faire défiler des messages publicitaires (soit un Google Adsens trafiqué, soit un flux de publicités textuelles comme les Feed Ads de Splush).

Partant du principe que les bannières de haut de page ne transforment quasiment plus (principalement dû au phénomène de banner blindness), est-ce que ce principe de flux publicitaire affiché en surimpression ne serait pas une alternative élégante ?

Quand vous y réfléchissez bien, cette solution est :

  • très simple à installer (un bout de code javascript qui affiche le bandeau en surimpression, donc même pas la peine de toucher au code source) ;
  • très simple à opérer (les messages publicitaires sont distribués via un flux RSS) ;
  • élégante (ce bandeau ne défigure pas la mise en page) ;
  • avec une bonne visibilité (très bon contraste et affichage permanent même si l’on fait défiler la page).

Bref, je suis persuadé que ce bandeau flottant pourrait potentiellement remplacer les bannières de haut de page (qui de toute façon sont condamnées). Peut-être est-ce de la pure affabulation de ma part car cette solution existe déjà mais j’y vois un très fort potentiel, pas vous ?

Changement d’époque pour les blogs ?

Ce matin Nicolas a décidé d’arrêter la publication de Versac : Fin de ce blog. Passé l’effet de  surprise de cette annonce, j’ai comme l’impression que nous sommes en train de vivre un changement d’époque pour les blogs : le passage de l’âge de pierre à l’âge de fer.

Force est de constater que la professionnalisation des pratiques de blog est en train de profondément modifier le paysage de la blogosphère. J’interprète ainsi l’annonce d’Éric de son passage à un statut de blogueur professionnel (Révélation de la semaine : j’ai trouvé un travail) comme l’élément déclencheur d’un mouvement de fond : tensions, railleries, jalousies… qui conduisent aujourd’hui à la disparition d’une figure emblématique du blog français (rassurez-vous Nicolas n’est pas mort, il va juste blogueur ailleurs).

Je ne saurais trop expliquer pourquoi mais j’ai comme l’impression que la blogosphère va progressivement perdre son innocence et rentrer dans une phase plus… industrielle. Celle où l’on brasse de l’argent, celle où l’on s’insulte par billets interposés (même dans un cadre professionnel), celle où les égos débordent des claviers.

Ce changement d’époque va donc se faire dans la douleur, une douleur supportée par une minorité d’individus :

Bref, la situation s‘envenime et même si nous n’en sommes pas encore à envisager la peine de mort comme pour les blogueurs iraniens (Iran Parliament to Debate Death Penalty for Bloggers), je me désole de constater que les plus grands se voient contraints de plier sous la pression des masses anonymes. Finalement c’est Vinvin qui avait vu juste avec sa farandole des abrutis. Puisse le dieu internet me donner le courage de ne jamais céder à mon tour. Car après tout, tout le monde ne peut pas avoir la force de caractère du Capitaine, bien que lui aussi doit connaitre des moments de solitude.

Nous voici donc en présence de la première victime du mythe du « blogueur influent ». Vaste fumisterie dont nous n’arriverons décidément pas à nous débarrasser. Si j’avais le courage, je rédigerais un article pour définitivement enterrer ce mythe à la con mais je suis fatigué. Fatigué de répéter inlassablement que nous sommes tous influent à notre échelle. Fatigué de répéter que le blog est un outil, pas une caractéristique. Les blogueurs n’ont en commun que la plateforme technique, leurs motivations et leur approche sont toutes différentes (il y a autant de façon de bloguer que de blogueurs).

Mais je m’égare, revenons à nos moutons : Je suis maintenant convaincu de la nécessité d’instaurer une forme de contrat de lecture entre le blogueur et son audience, un peu comme des Conditions Générales d’Utilisations. Ce contrat tacite permet de définir un cadre sain dans lequel le blogueur pourra s’épanouir et entrer dans une relation mutuellement enrichissante avec son lectorat (évitant ainsi les plaies du blogueur). Est-on en train de parler d’une charte des blogs ? Peut-être, je n’ai pas encore trouvé la solution.

Il pourrait potentiellement y avoir autant de chartes que de blogueurs mais je trouverais intéressant de pouvoir initier une réflexion collective sur  des modèles de chartes génériques. Un peu comme les licences Creative Commons (il y en a forcément une qui vous convient).

Bref, tout ça pour dire que nous vivons un changement d’époque plutôt déstabilisant. J’espère que ce phénomène de maturation des blogueurs se fera de concert avec une maturation des lecteurs / commentateurs, des agences, des annonceurs et des journalistes.

Le blog est mort, vive le blog !

Pourquoi j’ai décidé de sortir du classement Wikio

Après de nombreux mois de tergiversation, je me suis enfin décidé à prendre le taureau par les cornes et à sortir du classement Wikio. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas dans une logique de d’éditeur. En effet, les blogs qui font vivre leur(s) auteur(s) (comme Presse-Citron, Le Blog Auto, Le Journal du Geek…) sont à la recherche du plus gros trafic. C’est logique, ils raisonnent comme des éditeurs : plus de trafic = plus de revenus. Même si nous utilisons le même socle technique (un moteur de blog) nous ne poursuivons pas le même objectif.

Deux audiences non-compatibles

J’ai fait le choix d’utiliser mon blog pour parler (et échanger) de mon quotidien professionnel. Oui mais voilà, j’évolue dans un environnement professionnel obscur où l’on jargonne à tout va. Il en résulte des billets incompréhensibles pour les néophytes où par moment on ne parle plus tout à fait français (quel framework Ajax choisir pour assurer un bon ROI à un mashup marchand en marque grise monétisé au CPA ?).

Exposer un tel contenu à une audience de non-initiés ne peux pas fonctionner : problèmes de compréhension, mauvaises interprétations, commentaires hors-sujet…). Voilà pourquoi dans mon cas : plus de trafic = plus de pollution.

L’objectif que je m’étais fixé avec ce blog était de m’assurer la meilleure visibilité possible auprès des personnes de la profession. Cet objectif est désormais atteint et je travaille maintenant à fidéliser un lectorat de professionnels. Cette fidélisation ne peut fonctionner qu’au travers de contacts réguliers (via le flux RSS et la newsletter). Voilà pourquoi j’ai 10 fois plus d’abonnés à mon flux RSS que de visiteurs sur le site.

En regardant de près mes statistiques de fréquentation je me suis très vite aperçu que le trafic en provenance de Wikio ne correspondait pas aux lecteurs que je souhaite toucher : ils arrivent sur le site et reparte tout de suite (très certainement effrayé par cette débauche d’acronymes et de jargons).

Traduction : l’audience de Wikio n’est pas celle que je souhaite atteindre. Sans mépris aucun, elle n’est simplement pas dans ma cible.

Des sollicitations incessantes

Être dans le classement Wikio ça veut dire être publiquement exposé à toutes et à tous… surtout à toutes les agences de RP et à tous les étudiants. Il en résulte un flot incessant de sollicitations (« ça serait sympa si tu parlais de mon projet »), de courriers non-ciblés (« veuillez trouver en pièce jointe le communiqué de presse de ce nouveau service qui va révolutionner l’internet »), de demandes en tout genre (« pouvez-vous m’aider pour mon mémoire », « je cherche un emploi / un stage », « j’ai besoin de conseils pour mon orientation de carrière », « pouvez-vous répondre à ce questionnaire »…).

En moyenne je dois recevoir une trentaine de sollicitations de ce type par jour et ça prend beaucoup de temps de répondre à tout ce petit monde (même si c’est pour décliner). Autant vous le dire tout de suite : je ne suis ni un mécène ni un prof de fac, juste un professionnel qui doit travailler pour gagner sa vie. Et je le répète : bloguer n’est pas mon métier.

Traduction : Être dans ce classement m’apporte plus de désagrément que d’avantages.

Un service encore jeune

Au-delà de ces deux effets de bord, le principe même de classement me dérange. Pourquoi devrions-nous être comparés ? Après tout je ne convoite pas le titre de meilleur blogueur, plutôt celui de meilleur consultant. Cela a-t-il du sens de placer les blogueurs dans un contexte de compétition ? Non car il y a de la place pour tout le monde. Le classement de Wikio est donc un outil intéressant mais qui mériterait un peu plus de pédagogie : pourquoi un classement et comment s’en servir (du point de vue des professionnels).

Mais ce qui me frustre le plus c’est très certainement ce système de catégories que je trouve très restrictives. Pourquoi devrais-je être un blogueur High-Tech ? Pourquoi réduire la diversité de la blogosphère à quelques catégories ? Un blog doit-il nécessairement être mono-sujet ? A la limite je veux bien concourir dans la catégorie du meilleur Fred Cavazza, mais pas du meilleur blog « High-Tech ». Quel est le dernier billet où je parlais de high-tech ? J’avais plus l’impression de parler de médias sociaux, d’utilisabilité, d’interfaces riches, d’entreprise 2.0…

Conclusion

Après avoir lu tout ça vous vous êtes très certainement fait la réflexion suivante : « si ça ne lui plaît pas, pourquoi y être ? » Et bien c’est justement l’objet de ce billet : expliquer pourquoi j’ai décidé de sortir de cette logique de classement. Et ce qui est valable pour Wikio est également valable pour les autres : j’ai également demandé à sortir du classement Alianzo.

Voilà, vous connaissez maintenant mes raisons, je vais maintenant avoir l’esprit tout à fait tranquille pour bloguer sur mes sujets favoris (et pouvoir jargonner tout mon soûl). Du coup je libère une place pour les autres…

Tu tweets ou tu blogues ?

Depuis que je me suis remis à tweeter régulièrement je me retrouve souvent confronté à un dilemme : ce sujet doit-il faire l’objet d’un billet ou d’un tweet ?

Il faut dire qu’avant (quand je n’avais qu’un seul blog) je ne me posais pas cette question, mais maintenant que me production est répartie sur différents canaux (blogs, Twitter, Seesmic…) je me retrouve dans la peau d’un joueur de boule qui fixe son jeu en se posant LA question : « Tu tires ou tu pointes ?« .

Quand je relis des billets comme celui sur Akismet ou mes séries de « Simples et efficace » et « Inutile donc indispensable » je me demande si ces sujets méritent bien un billet… Il en va de même pour certains billets très courts publiés par Eric, qui visiblement a développé les mêmes réflexes que moi : publier sur le champ une idée qui nous passe par la tête. Il en résulte des billets très courts qui auraient pu être résumés dans un tweet.

Bon d’un autre côté mon flux Twitter ne bénéficie pas de la même audience que mon flux RSS. Il ne permet pas non plus de faire des commentaires (uniquement des replies).

Finalement, peut-être que la solution intermédiaire se trouve dans les services de lifestream à la FriendFeed : ils agrègent les deux flux et permettent de laisser des commentaires. Donc un très bon compromis entre les deux.

Idéalement il faudrait intégrer mon lifestream à ce blog. Mais rassurez-vous, c’est en cours…