Une analyse du nouveau formulaire d’inscription d’eBay

Visiblement eBay serait en train de tester une nouvelle version de son formulaire d’inscription (sur un principe de tests A/B). S’ils pensaient faire ça de manière discrète c’est raté puisque Garrett Dimon nous propose une analyse détaillée de cette refonte : Better Web Forms: Redesigning eBay’s Registration.

C’est au niveau de la mise en page que le plus gros du travail a été réalisé :

EbayRegister.gif

Vous noterez sur ces deux images que les intitulés des champs ont été alignés à droite et que des lignes de séparation horizontales servent à faire des regroupements logiques. Il y a également eu un travail de fait sur le texte d’introduction ainsi que les intitulés de section.

Bien évidement cette nouvelle version est meilleure que la précédente dans la mesure où elle améliore la lisibilité et le guidage mais elle apporte également du confort grâce notamment à l’usage d’Ajax pour faire de la validation en sein de la page.

Je me demande bien quand cette version sera implémentée sur le site français…

Une nouvelle version pour eBay

Aviez-vous remarqué la nouvelle version d’eBay ?

EbayNew

 

Bien plus agréable à l’oeil et surtout beaucoup moins austère que la précédente version, cette nouvelle page d’accueil privilégie avant tout le guidage (plus d’espace blanc, gros bouton « Inscrivez-vous ») et la réassurance (« Tout savoir », « Tout connaître »).

Pour en savoir plus, je vous recommande la visite guidée : New Homepage Demo.

Cette version est visiblement fortement inspirée d’eBay Express dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet (Un site pour deux expériences utilisateur différentes). Comme quoi, même les piliers du web peuvent (et doivent) se remettre en question.

En tout cas je ne peux que saluer le travail des concepteurs qui ont remarquablement bien redressé la barre même s’il reste encore beaucoup de travail à faire, notamment sur l’inscription et le processus de dépôt d’annonces. (via Kelblog)

Facebook se métamorphose en web OS

La nouvelle est tombée cette nuit : Facebook vient de racheter Parakey, une start-up encore en gestation. Pour la petite histoire, Parakey est une plateforme permettant de faire tourner des applications en ligne et en mode déconnecté. Donc pour résumer, c’est comme un système d’exploitation en ligne (web OS) et un environnement d’exécution offline (un peu comme Google Gears).

Pour bien comprendre l’énorme potentiel des systèmes d’exploitation en ligne, je vous propose cette série d’articles :

Dans la mesure où il existe plus d’une dizaine de solutions (EyeOS, Goowy, YouOS, DesktopTwo…) pourquoi avoir choisi Parakey alors que la solution n’est même pas encore finalisée ? Tout simplement parce que l’un des fondateurs de Parakey n’est autre que Blake Ross, un surdoué de l’informatique qui a entre autre chose travaillé sur le projet Firefox. Vous remarquerez que ce n’est pas un hasard si le futur Firefox 3 proposera également un mode offline (mais je laisse le soin à Tristant Nitot de nous confirmer cela).

Concevoir un système d’exploitation en ligne n’est pas chose aisée, le plus dur étant de gérer les accès au système d’exploitation (celui qui fait tourner le navigateur) et aux ressources (qui se trouvent sur le disque dur), Facebook a donc parié sur l’équipe de Parakey (composée de Blake Ross mais également de Joe Hewitt, qui a également travaillé Firefox) pour finaliser sa technologie et proposer un environnement stable.

Toujours est-il que cette nouvelle fait grand bruit et que Facebook se rapproche toujours plus de son objectif : devenir LE système d’exploitation en ligne de référence (voir à ce sujet mon précédent billet : Réseau social + Web OS = Facebook Plateform).

Pour en savoir plus, je vous propose une sélection de billets :

En un mot comme en cent, si vous n’avez pas encore créé votre compte sur Facebook, c’est le moment de la faire !

10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur

2007 sera une grande année pour les interfaces riches (voir à ce sujet mon précédent billet). Pour célébrer cette révolution à venir, je vous propose de faire une rétrospective sur dix années d’évolution des interfaces web, en incluant un peu de prospective sur l’année à venir.

J’ai résumé tout cela dans ce schéma :

ria-rda-widget.jpg

La page HTML : simple et efficace

La manière la plus simple de réaliser une interface web est d’utiliser HTML. Pour consulter une page web, il faut : un système d’exploitation et un navigateur. C’est simple et efficace, suffisamment efficace pour faire fortune (à l’image d’eBay ou d’Amezon).

L’applet : un peu plus de puissance mais au détriment du confort d’usage

Durant la fin des années 90, sont apparus des micro-applications qui pouvaient être exécutées au sein d’une page web : les applets réalisées en Java. Pour pouvoir les exécuter, il fallait bien évidemment un système d’exploitation, un navigateur, mais également une machine virtuelle. C’est cette dernière qui servait à interpréter le code Java (qui n’a rien à voir avec Javascript).

Les applets permettent de faire plus de chose que le HTML mais au détriment du confort d’usage, car les applets sont lourdes et longues à démarrer (de 1 à 3 secondes) et que la machine virtuelle nécessite souvent des mises à jour intempestives. Quand il s’agit du configurateur en 3D de Volkswagen, ça va, mais quand il s’agit d’un simple calendrier pour choisir une date comme sur le site de la banque Fortis, c’est inadmissible.

Les RIA : le meilleur compromis à ce jour

Puis sont apparues les Rich Internet Applications qui proposaient de bien plus grandes possibilités d’affichage et de manipulation que le HTML. Ces interfaces riches pouvaient être réalisées en AJAX (à l’image du sélecteur de diamant d’Amazon ou du site de GAP) ou en exploitant des technologies vectorielles comme Flash ou WPF/E. Pour les faire tourner, vous devez posséder le bon plug-in (ce qui est le cas de 99% des ordinateurs pour Flash). L’intégration des animations au sein d’une page web est transparente et très performante (à l’image du très bon comparateur de Ford Vehicles).

Les widgets : petites mais terriblement efficaces

Plus récemment, des petits modules autonomes sont venus s’installer sur notre bureau : les widgets. Ces micro-applications nécessitent plusieurs choses pour pouvoir tourner : soit un programme appelé moteur de widget (Yahoo! Widget, Google Desktop, Kapsules sous Linux ou encore le navigateur Opera), soit un système d’exploitation de nouvelle génération comme Windows Vista ou Mac OS X.

Les RDA : l’avenir du logiciel ?

La toute dernière évolution des interfaces web s’appelle les Rich Desktop Applications. Tout comme les applets, les RDA nécessitent une machine virtuelle (Eclipse RCP, NetBeans, Java Web Start, XULRunner de Mozilla, Le futur Apollo d’Adobe ou encore le SmartClient de Microsoft). Ces technologies permettent d’avoir des interfaces aussi robustes que des applications et la simplicité de déploiement des sites web (pas besoin de les installer sur le système d’exploitation).

Plusieurs expérimentations sont en cours autour des RDA : SongBird (un concurrent de iTunes réalisé avec XUL), le Mozilla Amazon Browser (une RDA qui exploite le catalogue d’Amazon) ou encore le module d’eBay réalisé avec Apollo.

Conclusion : le service avant tout

Après ce formidable déballage des technologies toutes plus prometteuses les unes que les autres, je vous propose de faire le constat suivant : Qui avons-nous à gauche du schéma ? Amazon et eBay. Qui retrouvons-nous à droite du schéma ? Amazon et eBay. L’enseignement que nous pouvons en tirer est le suivant : si votre service est bon alors ces différentes technologies (et les plus récentes en particulier) ne doivent vous servir qu’à enrichir l’expérience utilisateur que vous proposez. Par contre si votre service n’est pas performant alors ne rêvez pas, l’interface (quelle que soit la technologie utilisée) ne compensera pas une expérience utilisateur négative.

Je vous laisse méditer là dessus…

Première expérimentation d’Apollo pour eBay

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler d’Apollo, le remplaçant des lecteurs Flash et PDF. Visiblement les équipes d’Adobe mettent les bouchées doubles pour évangéliser leur nouvelle plateforme avec notamment cet article publié sur Techcrunch : Preparing For Apollo.

Logo d'Apollo

Là où ça devient intéressant, c’est quand certaines grandes marques (en l’occurrence eBay) se servent d’Apollo pour proposer une expérience différenciante à leurs clients. C’est en tout cas ce que nous explique ce billet : How eBay is developing with Adobe’s Apollo project. Il est ici question de développer une application connectée de type RDA (dont je vous ai déjà parlé ici : Après les RIA, voici les RDA) pour gérer son compte et ses enchères sur eBay.

Copie d'écran de l'application d'eBay

Le résultat est extrêmement encourageant et nous amène à cette question : à quand un road show pour Apollo en France ? Je ne voudrais surtout pas mettre la pression aux équipes d’Adobe, mais leurs concurrents sur le créneau des RDA (deux petites start-up : IBM et Microsoft) ont déjà entamé un sérieux travail d’évangélisation…

Vers des communautés 3.0 ?

Oui je sais le titre est un peu racoleur, car il est un peu abusif de parler de communauté 3.0 dans la mesure où nous n’en sommes pas à la troisième itération des modèles communautaires. De plus, certains ancêtres des communautés en ligne sont encore en activité.

En effet depuis 10 ans que le web existe, les communautés en ligne ont revêtu de multiples formes :

  • les newsgroup avec Usenet ;
  • les canaux IRC ;
  • les forums, qui marchent encore très fort sur certaines niches ;
  • les blogs, qui sont encore loin d’avoir atteint leur apogée (je vous recommande à ce sujet mon précédent billet sur le blog-commerce) ;
  • les wikis, qui se cherchent encore des débouchés commerciaux voir marchands (à l’image de ShopWiki) ;
  • les réseaux sociaux, qu’ils soient généralistes (comme MySpace) ou verticaux (comme Dogster ou Boompa)…

Il est possible de discerner deux constantes derrière tous ces exemples :

  1. la soif de partager des membres, car plus les possibilités sont nombreuses (à l’image de MySpace où il est possible de publier un blog, de la musique, des vidéos…) et plus ils échangent ;
  2. l’absence des poids lourds comme MSN, Yahoo! ou encore Google (Ebay est un cas à part car ils se définissent comme une communauté d’acheteurs et de vendeurs).

A partir de là, je m’interroge sur l’évolution de ces modèles communautaires et surtout sur les prochaines itérations probables :

  • des blogs communautaires qui privilégieraient l’écriture et la publication collective, car jusqu’à preuve du contraire, les blogs sont essentiellement égocentriques et il n’existe pas de plateforme de blog qui autorisent un regroupement intuitif (à moins de se lancer dans un développement spécifique) ;
  • des bases de connaissance sémantisées, à mi-chemin entre forum et wiki qui permettraient de structurer la masse de contenu et d’en faciliter l’indexation et la recherche ;
  • des plateformes d’échange universelles où seraient pris en charge tous types de format (texte, liens, photos, podcast, vidéos…) et où les auteurs disposeraient d’un espace d’expression un peu moins brouillon que MySpace (pour ne citer que lui) ;
  • des plateformes de collaboration à la frontière des espaces collaboratifs, extranet et groupware, une sorte d’extension d’outils en ligne comme SocialText ou CollectiveX ;
  • une nouvelle génération d’outils qui sauront exploiter le potentiel des dernières avancées technologiques en matière de VoIP, P2P, Web OS…

Cette liste est loin d’être complète mais il est d’ors et déjà possible de discerner des tendances et surtout de voir où les acteurs majeurs se sont positionnés :

  • Typepad avec sa plateforme Vox qui expérimente les blogs familiaux et la publication multi-support ;
  • Yahoo! et sa galaxie de services d’échanges (del.icio.us, FlickR, JumpCut…) ;
  • Google et sa galaxie d’outils collaboratifs (Writely, JotSpot, Notebook…).

Quel sera le modèle gagnant ? Voilà une bonne question à laquelle je n’ai pas encore de réponse.

Qui a pris une longueur d’avance ? Yahoo!, Ebay et Google. Qui a pris du retard ? Microsoft.

A moins que… une petite start-up plus visionnaire que les autres… vous en voyez une ?

Qu’est-ce que l’identité numérique ?

Je ne suis pas le premier à tenter de vulgariser le concept d’identité numérique, Leafar (Raphaël pour les intimes) a ainsi déjà proposé une représentation de l’identité numérique (voir son billet : U.lik unleash Identity 0.2), j’avais également déjà abordé la question dans un précédent billet. Je souhaite avec cet article compléter cette vision et y apporter ma touche personnelle.

Les utilisateurs au coeur du web 2.0

Avec la prolifération des blogs et wikis, la multiplication des réseaux sociaux et l’explosion du trafic sur les plateformes d’échanges, les contenus générés par les utilisateurs prennent une place toujours plus importante dans notre consommation quotidienne de l’internet. Tous ces contenus laissent des traces sur les sites qui les hébergent et dans les index des moteurs de recherche, ils sont également systématiquement rattachés à un auteur. De plus, la notoriété numérique des individus ainsi que sa valorisation (monétisation de l’audience, de l’expertise…) va rapidement amener les internautes (consomm’auteurs et consomm’acteurs) à se soucier de leur identité numérique.

De la volatilité de l’identité numérique

L’identité numérique d’un individu est composée de données formelles (coordonnées, certificats…) et informelles (commentaires, notes, billets, photos…). Toutes ces bribes d’information composent une identité numérique plus globale qui caractérise un individu, sa personnalité, son entourage et ses habitudes. Ces petits bouts d’identité fonctionnent comme des gènes : ils composent l’ADN numérique d’un individu.

IdentiteNumeriqueSimple.jpg

Gérer son identité numérique veut dire surveiller l’utilisation de chacune des ces bribes d’information, cette tâche est complexe surtout pour un individu qui souhaite exploiter l’internet comme une vitrine. Nous allons donc progressivement devoir acquérir une vision à 360° de toutes les traces que nous laissons au quotidien de manière à maitriser l’image que l’on donne de nous même.

Les différentes facettes de l’identité numérique

Comme nous venons de le voir, notre identité numérique est composée de nombreuses informations (ou traces) qui peuvent être regroupées en facettes :

Le schéma suivant synthétise les différentes facettes de l’identité numérique :

IdentiteNumeriqueComplete.jpg

Pour un schéma de plus grande taille, je vous recommande la version publiée sur FlickR : Cartographie de l’identité numérique (et il y a même une version en anglais : Digital Identity Mapping)

C’est en participant à tous ces services et outils qu’un individu alimente petit à petit toutes les facettes de son identité numérique. La majeure partie des utilisateurs ne mesure pas encore la complexité de la gestion de l’identité numérique, et ceci pour deux raisons :

  • les occasions de laisser des traces sont de plus en plus nombreuses ;
  • les moteurs de recherche conservent chacune des ces traces pendant de nombreuses années.

Voilà donc très certainement quel sera le prochain défi à relever pour les utilisateurs de l’internet : prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas ternir l’image d’eux-mêmes (leur identité, leur double numérique) qu’ils sont progressivement en train de construire.