Google + JotSpot = Google Sites

Après près d’un an 1/2 de travaux, Google vient enfin de ré-ouvrir JotSpot qui est rebaptisé Google Sites.

GoogleSites

 

Comme je l’avais précédemment supposé dans un précédent billet, ce nouveau service vient donc s’ajouter à la suite Google Apps et se présente comme un outil de collaboration et de partage de documents.

A la création d’un compte le service vous propose de choisir parmi 5 gabarits :

  • un wiki ;
  • un portail personnalisable à la iGoogle ;
  • un blog ;
  • un réservoir à fichiers ;
  • une liste de tâches.

C’est tout ? Oui, c’est tout. Décevant ? Oui tout à fait. Où est donc passé le modèle révolutionnaire d’intranet « wikifié » où il était possible de greffer des packages applicatifs ? Où est passé le répertoire centralisé d’applications ?

Vous noterez au passage qu’il n’est pas possible de créer un wiki hébergé dans la mesure où il faut obligatoirement posséder un compte Google Apps. Pour cela vous devrez (encore) utiliser des services comme Wetpaint ou pbwiki.

Autant vous dire que je suis extrêmement déçu et surpris par ce choix. Même si JotSpot tourne maintenant sur le socle applicatif de Google (assurant ainsi une compatibilité totale avec les autres applications en linge de la suite), force est de constater qu’il y a eu une forte régression fonctionnelle. Explications :

Pour faire simple : JotSpot était un service visionnaire à la pointe de l’entreprise 2.0, Google Sites n’est qu’un « vulgaire » éditeur d’intranet 2.0. Vulgaire ? Oui car nous sommes en droit d’en attendre beaucoup plus de la part d’une société comme Google (cf. la liste des fonctionnalités). Un exemple ici :

GoogleSitesEx

 

Pour faire une comparaison, je trouve les solutions QEDWiki et DAMIA d’IBM bien plus prometteuses (cf. L’entreprise 2.0 en vidéo (selon IBM)).

Je fais néanmoins confiance aux équipes de Google pour progressivement enrichir cette solution et revenir au niveau de la solution originale. Attendons et observons…

Andrew McAfee et Bryan Eisenberg au Webcom Montréal

Vous connaissez le proverbe « En mai fait ce qu’il te plait » ? Et bien figurez-vous que ce qui me plait c’est de voyager et de rencontrer des personnes d’exception. Ca tombe bien puisqu’en mai prochain j’aurais le très grand honneur de participer à l’édition 2008 du Webcom de Montréal où interviendront deux invités de marque :

Bon OK, il y aura également d’autres intervenants prestigieux comme Scott Gavin, Bertrand Duperrin ou encore Loic Le Meur.

J’aurais la lourde tâche de faire une présentation sur les dernières tendances en matière de Marketing 2.0 et de participer à une table ronde sur les pratiques d’entreprise 2.0 en France. Quel programme !

Tiens en parlant de programme, il parait que l’ami Claude nous réserve d’autres « surprises ». Stay tuned

Compte-rendu de la Journée Nationale des Etudes

Ce matin je suis intervenu à la Journée Nationale des Etudes organisée par l’ADETEM et l’UDA. Cette journée est normalement réservée à un public et des orateurs appartenant au monde des études marketing (c’est normal, c’est un peu le but de la conférence) mais j’ai eu l’opportunité grâce à François Laurent de pouvoir m’exprimer sur l’Entreprise 2.0. D’ailleurs vous pouvez trouver mon support de présentation ici : Entreprise 2.0 : La collaboration comme élément moteur de l’innovation.

Adetem_JNE

 

Cette journée à également été l’occasion de croiser un autre François (Abiven de l’agence Repères) qui était venu parler des expérimentations de co-création et d’étude du comportement des consommateurs au sein des univers virtuels. Plus d’infos sur son blog : Doing Business in an Expanding Reality.

Il y avait ensuite des études de cas visiblement très intéressantes mais auxquelles je n’ai pas pu assister par manque de temps.

Encore merci aux organisateurs de m’avoir laissé la parole sur un thème en net rupture par rapport au reste du programme mais qui avait au moins le mérite d’interpeler les auditeurs (je pense en avoir choqué plus d’uns avec mes histoires de lifelogs d’entreprise ;-))

Génèse de l’Entreprise 2.0

Le débat fait rage en ce moment sur la notion d’Entreprise 2.0. , notamment au cours d’un débat animé entre Thomas Davenport et Andrew McAfee. Ce débat était en fait la revanche d’un débat similaire qui a eu lieu l’année dernière. L’essentielle de la discussion porte sur l’existence réelle de l’Entreprise 2.0 : l’un prétend que l’on peut faire la même chose avec un papier et un crayon, l’autre prêche pour une réelle révolution du travail collaboratif. Pour une analyse à chaud, je vous propose les comptes-rendus de l’ami Claude : Andrew McAfee est-il le messie de l’Entreprise 2.0 et Andrew McAfee est-il le messie…(suite et fin).

Je nourris des sentiments ambivalents sur ce débat : d’un côté je suis plus qu’enthousiaste sur la palette d’outils associés à l’Entreprise 2.0, de l’autre je pense que l’on peut effectivement arriver à un résultat similaire avec du papier, un crayon, énormément de discipline, une volonté en acier et des équipes très réduites. Donc tout n’est pas si simple.

Mais laissez-moi néanmoins vous rappeler que les outils informatiques du siècle dernier permettaient de faire des choses tout à fait remarquables, aussi en termes de collaboration que d’application en ligne. A l’époque on ne parlait pas de Software as a Service ou de Data on the Cloud amis plutôt d’Application Service Provider.

Vous l’aurez compris, il existe des équivalents historiques aux outils stars de la mouvance Entreprise 2.0. Certains existent encore (comme ContactOffice qui vient de faire peau neuve), mais la plupart ont disparus.

Quelle est la moralité de cette histoire ? Je ne sais pas bien car sans des collaborateurs consentants et motivés les outils ne servent à rien, mais d’un autre côté ces outils sont l’occasion d’initier de nouvelles pratiques et une dynamique de la collaboration. C’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf à laquelle je n’ai pas de réponse…

Différents outils pour différents types de relation au sein d’une Entreprise 2.0

Je reviens sur un très bon article publié par Andrew McAfee le mois dernier : How to Hit the Enterprise 2.0 Bullseye.  Il y est question de la nature des relations entre les collaborateurs : non seulement elles ne sont pas les mêmes (plus ou moins fortes) mais en plus elles correspondent à des outils différents.

L’auteur distingue ainsi 4 natures de relation :

  • forte (vos collègues proches, qui font à peu près le même métier ou dans une activité similaire) ;
  • faible (vos collègues plus éloignés, qui font un métier différent) ;
  • potentiel (les collaborateurs appartenant à une filiale opérant sur un domaine d’activité et un marché différent) ;
  • nulle (les collègues dont vous ignorez l’existence voir qui n’ont pas d’accès au réseau de l’entreprise).

Et bien figurez-vous qu’il y a beaucoup plus de relations faibles ou potentielles que de relations fortes. A partir de là, certains outils de l’Entreprise 2.0 fonctionnent mieux que d’autres en fonction du type de relation :

  • les wikis pour les relations fortes (partage de savoir) ;
  • les réseaux sociaux d’entreprise pour les relations faibles (partage d’informations ou de contacts) ;
  • les blogs et fermes de blogs pour les relations potentielles (recherche d’informations ponctuelles) ;
  • les outils de prédiction pour les relations nulles (recherche de tendance).

Vous remarquerez que dans la moitié des cas il n’est pas question de partage explicite (sous la forme de collaboration) mais de partage implicite (je trouve une information intéressante sans trop me soucier de qui l’a rédigé).

Une réflexion intéressante que démystifie le concept utopique de collaboration totale entre tout les employés.