Amazon lance un clone de Digg

Une fois n’est pas coutume, le nouveau service de la semaine vient d’être lancé par Amazon : UnSpun.

Logo d'UnSpun

Avouez que ça change, pour une fois que ce n’est ni Google ni Yahoo!… Bon bref, tout ça pour dire que ce nouveau service est à mi-chemin entre Digg et 43Things : les utilisateurs créés des listes où chacun peut ajouter des items et voter pour les plus pertinents.

Rien de bien révolutionnaire, même pas le fait que ce service repose sur le framework RubyOnRails. En fait, il faut plus y voir un signe de la volonté d’Amazon de continuer ces expérimentations sans en faire des tonnes, comme ça… juste pour voir… Plus d’infos ici : Amazon goes Ruby on Rails.

Crowdsourcing + produits électroniques = CrowdSpirit

Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous parlais du phénomène du crowdsourcing (voir mes précédents billets à ce sujet). Ce matin je souhaite vous faire découvrir un nouveau domaine d’application pour le crowdsourcing (les produits électroniques) avec ce nouveau service : CrowdSpirit.

Logo de CrowdSpirit

Le principe est le suivant :

  1. vous publiez des suggestions de produits électroniques répondant à un besoin non-couvert
  2. les utilisateurs commentent et votent pour élire les idées les plus pertinentes
  3. le service se charge de contacter des producteurs pour fabriquer le produit en question
  4. vous touchez des commissions sur les ventes du produit que vous avez suggéré

Le principe est très prometteur et les attentes sont élevées pour Lionel et son équipe qui sont encore en phase de finalisation de la beta. D’autant plus avec un article publié dans Springwise (la référence en matière d’innovation) : Customer-manufactured.

Bientôt des banques P2P en France ?

Le secteur bancaire est un secteur très particulier. On y cultive le secret avec encore plus d’attention que chez les diamantaires. Je suis ainsi très surpris de ne pas avoir lu d’articles ou de billets sur le phénomène en cours dans les pays anglo-saxons : la banque P2P.

Le principe est assez simple : désintermédiation + réintermédiation. Comprenez par là que des services en ligne proposent maintenant à des particuliers de se financer entre eux, ils font ainsi sauter l’intermédiaire jusque là indispensable, à savoir la banque. Mais rassurez-vous, ils prennent quand même une commission au passage (nous parlons bien du web 2.0 où rien n’est réellement gratuit).

Des services comme Prosper aux Etats-Unis ou Zopa en Angleterre sont ainsi les pionniers d’une nouvelle forme de place de marché où prêteurs et emprunteurs se rencontrent au sein d’un écosystème redoutable : les emprunteurs décrivent leur situation financière ainsi que leur besoin de financement, leur solvabilité est alors évaluée par un système expert qui les classe dans une catégorie à laquelle correspond un taux d’intérêt qui est lui-même fonction du risque. Non seulement ce système est ouvert à des emprunteurs qui n’ont plus accès au système bancaire traditionnel (car jugés trop instables financièrement), mais en plus il permet à des prêteurs de prendre un peu plus de risque pour éventuellement gagner plus. Les taux d’intérêt pratiqués sont alors bien plus intéressants que ceux pratiqués par les établissements traditionnels : une différence de 2 à 3 points (gloups !).

Il existe d’autres services similaires à ces deux-là, mais si je vous donne tous les liens d’un coup vous n’aurez plus le plaisir de fouiner dans l’index de Google ;-)

Je tiens à préciser que nous sommes bien dans le cadre d’une banque P2P et non C2C puisqu’ici il n’est pas question de prêt entre deux personnes, mais plutôt entre un emprunteur et une communauté de prêteurs. Ce système est bien pratique car il permet de lisser le risque de non-recouvrement.

Pour en savoir plus sur ces services, je vous recommande les articles et podcast suivants :

Aux banquiers qui pensent être à l’abri de ces services, c’est-à-dire à ceux qui pensent que les utilisateurs de ces places de marché sont le rebut de la société, laissez-moi vous parler de cette étude très intéressante publiée par Deutsche Bank Research en Août 2006 : Financial services 2.0: How social computing and P2P activity are changing financial research and lendingShow Abstract (format PDF, 175 Ko).

L’auteur nous éclaire sur un point qui me semble essentiel : la typologie des utilisateurs. Sur le schéma suivant, est représenté le nombre de prêts réalisés par Prosper en fonction de la catégorie de solvabilité (AA pour très peu risqué et HR pour très risqué) :

PropserFundedLoans

 

On constate ainsi que la plupart des prêts accordés le sont à des emprunteurs ayant une solvabilité bonne à moyenne. Comprenez par là que les utilisateurs de ces plateformes ne sont pas des mercenaires mais plutôt des gens comme vous et moi qui sont juste à la recherche d’un meilleur taux. D’autres facteurs doivent très certainement rentrer en ligne de compte, notamment l’accueil traditionnellement réservé aux emprunteurs lambda (comme vous et moi), du type : désolé mais nous ne prêtons qu’aux couples de fonctionnaires (ceux qui ont déjà contracté un prêt immobilier savent de quoi je parle).

Conclusion : le modèle économique des banques P2P est viable et surtout il s’adresse à une typologie de clientèle qui est traditionnellement délaissée par les établissements bancaires. La question à laquelle il va falloir maintenant répondre n’est pas : est-ce que ces modèles vont venir s’installer en France, mais plutôt : dans combien de temps vont-ils s’installer en France. Et encore une fois, l’avantage ira à celui qui dégainera le premier, parce que le besoin est là et parce qu’un marché ne reste jamais très longtemps vierge, surtout à l’heure du web 2.0.

Vers un web 3.0 ?

A peine le web 2.0 et ses concepts disruptifs commence-t-il à révéler son réel potentiel que l’on commence déjà à parler de la prochaine itération : le web 3.0.

Ce mystérieux web 3.0 est-il une réalité aujourd’hui ? Non, pas du tout. Est-il opportun d’en parler dès maintenant ? Oui, car les fondements d’une ère nouvelle pour les services en ligne sont en train d’être façonnés.

Pour mieux comprendre et appréhender les enjeux de cet (hypothétique) web 3.0, il me semble important de revenir sur les anciens modèles, de les comparer avec les modèles actuels et de se projeter dans un avenir proche.

Web 1.0 : une expérience intégrée

La première version moderne du web, celle que nous avons connu à la fin des années 90 (je fais abstraction des débuts laborieux de l’internet), correspond schématiquement à une expérience intégrée de bout en bout par de gros acteurs.

Web1

 

Si nous prenons comme exemple le choix et l’achat d’un produit culturel (livre ou CD), une des expériences les plus complexe en ligne, nous constatons que des acteurs comme Amazon étaient présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur :

  • La découverte dans les têtes de rubriques et sous-rubriques ;
  • La validation avec les notes et avis des autres utilisateurs ;
  • L’achat avec la liste de souhaits ou le panier ;
  • Le paiement qui est intégré au site.

Web 2.0 : une expérience collaborative et déstructurée

Si l’on se place maintenant dans la peau d’un internaute averti (les fameux power user), il dispose d’une palette bien plus large de sources d‘informations et de services marchands. Ces derniers sont autant de nouveaux maillons de la chaîne de valeur qui viennent se substituer aux précédents.

Web2

 

L’expérience de l’utilisateur tout au long de son achat sera complètement déstructurée :

  • La découverte d’un produit peut se faire sur des blogs ou des réseaux sociaux affilié, sur des moteurs de recommandations comme Pandora ou au sein de communautés d’achat comme ShopWiki ;
  • La validation d’un choix peur se faire sur des portails de social shopping comme Crowdstorm ou sur des sites spécialisés comme LibraryThing (pou les livres) ou Yahoo! Tech (pour les gadgets technologiques) ;
  • L’achat peut se faire sur des boutiques en marques blanches comme celles que propose Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) ou encore Zlio ;
  • Le paiement peut enfin être déporté sur des systèmes d’encaissement comme ceux de PayPal ou de Google Checkout.

Web 3.0 : une expérience immersive et étendue

En anticipant une montée en puissance de services innovants qui commencent à voir le jour, il est possible d’identifier encore de nouveaux maillons pour une chaîne de valeur qui ne se limitera plus au web.

Web3

 

L’expérience d’achat de l’internaute sera d’une part plus immersive mais surtout plus étendue à d’autres domaines que le web :

  • La découverte de produits pourra se faire dans des univers virtuels (comme ceux d’Habbo Hotel ou de Second Life), dans des jeux en ligne (comme dans World of Warcraft ou le Xbox Live) ou à l’aide de widgets (comme ceux proposés par le Dashboard d’Apple ou Yahoo! Widget) ;
  • La validation des produits serait fondée sur des services indépendants qui s’appuieraient sur des systèmes de gestion universelle de la réputation des prescripteurs (comme ceux de BazaarVoice, iKarma ou Rapleaf) ;
  • L’achat pourrait se faire à l’aide d’un mashup marchand comme celui de Cooqy ou à l’aide d’applications marchandes connectées comme le Mozilla Amazon Browser) ;
  • Le paiement pourrait enfin se faire directement au sein du système d’exploitation (en exploitant le futur CardSpace de Vista), sur d’autres terminaux (comme les mobiles à l’aide de PayPal Mobile) ou à l’aide de moyens de paiement qui sont utilisés dans les univers virtuels (en Linden Dollars par exemple puisque des banques vont prochainement proposer des services bancaires dans Second Life).

Et le web sémantique ?

A la base de ces réflexions sur le web 3.0, il y a un article publié sur le NY Times : Entrepreneurs See a Web Guided by Common Sense. Cet article nous décrit le web 3.0 comme un web sémantisé. Vision intéressante mais faussé : il est important de rappeler que les principes (et technologies) du web sémantique n’ont pas attendu le web 3.0 pour se développer et se perfectionner. Voilà de nombreuses années que le RDF est exploité comme meta-langage et que de nombreuses autres initiatives permettent de structurer l’information : pour la syndication, les formulaires, le reporting financier, l’identité numérique ou encore les microformats.

Sémantiser le web est une entreprise titanesque et il faudra de nombreuses années (décennies ?) pour y arriver, d’autant plus qu’avec les progrès réalisés par les moteurs de recherche ou les bases de données, il est tout à fait possible d’apporter les mêmes bénéfices que ceux cités dans l’article.

Pour finir, rappelons que la couche sémantique de l’information présente surtout un gros potentiel pour les systèmes informatiques, comprenez par là que les utilisateurs (ceux qui sont à l’origine de la révolution du web 2.0) n’y trouvent pas forcément d’intérêt.

C’est pour quand le Web 3.0 ?

Pour l’instant il est encore beaucoup trop tôt pour pouvoir faire une prévision fiable, d’autant plus que ma comparaison ne prend en compte que la facette marchande du web (ce qui est loin de refléter sa richesse). Vous trouverez une version plus grande de ce schéma ici : Web 3.0.

Ce qui est certain par contre, c’est que nous allons progressivement déporter une partie des services que nous utilisons sur le web vers notre poste de travail (à l’aide de widgets ou de RDA) ou vers nos terminaux mobiles. De même, la gestion de notre identité numérique va prendre une place bien plus importante.

Notre mode de consommation de l’information ou des services en ligne va donc s’éloigner du web (et ses pages HTML) au profit de l’internet (et ses applications connectées). Il serait donc plus juste de parler d’internet 3.0 plutôt que de web 3.0.

Je vous donne donc rendez-vous dans un an ou deux pour vérifier si cette prédiction se réalise ou si nous évolueront vers des services encore plus sophistiqués.

Web 2.0 en vrac

Décidément il se passe beaucoup de choses en ce moment, pas une journée sans que de nouveaux services sortent : *FindMeOn est un service de gestion universel de l’identité (sur vos différents réseaux sociaux, blogs…) ;

  • ChipIn est un service de collecte de fonds en ligne (que des bonnes causes de préférence) ;
  • Dad Daily est un réseaux social de papas (sur le même modèle que MothersClick) ;
  • SnowboardGang est un réseaux social pour les fans de snowboard ;
  • Kevo est un portail collaboratif dédié à la vie des people (peut-on encore parler d’intelligence collective ?)

Heu… je suis en train de me demander si ces simples énumérations de nouveaux services représentent pour vous un intérêt… En fait ma question est : préférez-vous l’exhaustivité (des listes régulièrement publiées) ou l’approfondissement (un seul service présenté mais en détails) ?