Adobe Max 2009 – Jour 1

C’est aujourd’hui que débute la grande messe annuelle d’Adobe sous le ciel parfaitement bleu de Los Angeles. Ouverture des portes à 7 H 30 au L.A. Convention Center (juste en face du Staple Center où avait eu lieu l’hommage à Michael Jackson).

Media Brief

La journée débute réellement à 8 H 30 avec la présentation à la presse des annonces majeures des 3 prochains jours :

  • Sortie prochaine de Flash Player 10.1 et de AIR 2.0 ;
  • Disponibilité des beta des futures versions de Flash Builder CS5 et Catalyst ;
  • Annonce des Flash Collaboration Services (pour améliorer la collaboration entre les équipes) ;
  • Sortie prochaine de LiveCycle Enterprise 2 et ColdFusion 9.

Mouais… pas de quoi exciter un blogueur. Par contre des communiqués de presse tout chauds sont disponibles en salle de presse et donnent des détails nettement plus intéressants :

  • Le Flash Player 10.1 sera conforme aux spécifications de l’Open Screen Project, la nouveauté étant de proposer un environnement d’exécution de contenus Flash qui garanti un comportement homogène sur différents types de terminaux : ordinateurs traditionnels, netbooks, smartphones (Windows Mobile,  PalmOS, Symbian et Android pour début 2010) et téléphones mobiles.
  • Deux nouveaux membres prestigieux ont rejoint le consortium (RIM et Google).
  • Les nouveautés sont : l’accélération matérielle, le streaming en HTTP et l’accès aux possibilités natives des terminaux (multi-touch, accéléromètre…).
  • Les équipes d’Adobe ont travaillé en étroite collaboration avec de nombreux industriels : Qualcomm pour de l’accélération matériel sur les puces SnapDragon, Nvidia pour les cartes GeForce et les puces Ion / Tegra (qui équipes certains netbooks d’HP, Lenovo, Sasung, Acer et Asus), Nokia pour une série d’applications et pour l’extension WRT (Nokia Web Runtime) de Dreamweaver CS4.

Keynote 1

Autre ambiance pour cette keynote d’ouverture dans la gigantesque salle du Nokia Theatre où près de 4.000 personnes s’entassent. Nous avons droit à une introduction très originale d’une troupe de danseurs qui représentent le partenariat entre  la Peapod Foundation des Black-Eyed Pea et le programme Adobe Youth Voice dont est issu le projet PlantAndInspire.org.

Une intro en musique et en danse
Une intro en musique et en danse

C’est Shantanu Narayen (le CEO) qui ouvre le bal avec quelques « généralités » :

  • L’internet doit faire face à 3 changements radicaux (les contenus riches, la multiplication des terminaux, les médias sociaux) ;
  • La frontière entre application et contenu est de plus en plus fine ;
  • Adobe passe d’une logique de création à une logique de création et d’optimisation (avec le rachat d’Omniture).

Et puisque l’on parle du loup, Josh James (le CEO d’Omniture) vient nous dire quelques mots sur le rachat :

Le CEO d'Omniture
Le CEO d'Omniture

Nous avons ensuite Kevin Lynch qui nous gratifie d’un passage en revue des nouveautés de la Flash Platform :

Cartographie de la Flash Platform
Cartographie de la Flash Platform

Puis il nous fait l’historique du Flash Player et de ses innovations :

La timeline du Falsh Player
La timeline du Flash Player

Nous avons ensuite une longue session sur le future Flash Player 10.1 :

  • Disponibilité au premier trimestre 2010 pour tous les OS de smartphone (sauf l’iPhone) :

    Le Flash Player en action sur un terminal Nokia
    Le Flash Player en action sur un terminal Nokia
  • Gros travail d’optimisation de l’utilisation de la mémoire et de la consommation d’énergie ;
  • Très impressionnante démo d’Acrobat Connect sur Android :

    Acrobat Connect sur Android
    Acrobat Connect sur Android
  • Support du multi-touch :

    Le multi-touch avec Flash
    Le multi-touch avec Flash
  • Possibilités d’interfaces riches et de widgets sur les set-top-boxes ;
  • Accélération matériel sur différents netbooks pour de la vidéo plus fluide.

Viennent ensuite des détails sur la v 2.0 de AIR :

  • Amélioration des performances ;
  • Meilleur prise en charge du hardware (détection de supports de stockage USB, utilisation du micro…) ;
  • Support du multi-touch (pour les terminaux compatibles).

Il y avait ensuite une session avec Rob Tarkof sur les différents usages de Flash en entreprise :

  • Lancement prochain de ColdFusion 9 et de LiveCycle Enterprise 2 ;
  • Démonstration de différentes applications métier :

    Des applications métier avec Flash
    Des applications métier avec Flash

Jon Liacono prend la suite :

  • Démonstration des capacités de Photoshop CS 5 (outil brosse plus réaliste, algorithme de mélange des couleurs basé sur la dynamique des fluides) :

    La nouvelle brosse de Photoshop CS 5
    La nouvelle brosse de Photoshop CS 5
  • Démonstrations des capacités du futur Flash Pro CS 5 (moteur physique plus réaliste, intégration de code snipsets) :

    Flash Pro CS 5 en action avec Super Shantanu
    Flash Pro CS 5 en action avec Super Shantanu
  • Démonstration de Flash Catalyst beta 2 (nouveaux effets visuels, import de médias et de fichiers SWF).

Vient enfin une session très attendu où il est question de l’iPhone et du refus catégorique d’Apple d’intégrer Flash dans Safari. Une solution semble avoir été trouvée avec la possibilité compiler des applications Flash en Objective C, le langage utilisé par les applications iPhone. Il existe déjà 7 applications disponibles sur l’App Store :

  • Un casual game ave des puzzle triangulaires (payant) :

    Un casual game en Flash sur iPhone
    Un casual game en Flash sur iPhone
  • Un générateur d’avatar façon South Park (payant aussi) :

    L'application South Park sur iPhone
    L'application South Park sur iPhone

C’est donc une grosse surprise mais en demi-teinte car ils ne « règlent » pas réellement le problème. Question : y avait-il un problème ? Le bras de fer entre Adobe et Apple vient de prendre un nouveau tournant car c’est une grande avancée qui ouvre de nombreuses possibilités (il me semble qu’Acrobat Connect est disponible pour l’iPhone) mais qui sont tout de même limitée à l’expérience d’utilisation de l’iPhone (qui repose sur les applications et iTunes).

Après cette annonce retentissante (il faut bien le reconnaitre), la keynote c’est achevée avec l’intervention magistrale de Jon Landau, le producteur du film Avatar, qui est venu nous parlé de l’intérêt des produits d’Adobe pour les étape de pré-production et de production du film. Cerise sur le gâteau, ils nous ont projeté six scènes exclusives du film sur un gigantesque écran avec des lunettes 3D (impossibilité formelle de filmer ou de prendre des photos).

Avatar, le prochain film de James Cameron
Avatar, le prochain film de James Cameron

Autant j’avais été très déçu par la bande annonce, autant les séquences qui nous ont été montré sur grand écran et en 3D annoncent un film réellement exceptionnel qui va faire date dans l’histoire de la SF.

À suivre…

Réalité augmentée, la revanche de l’Europe sur le Mobile 2.0

Il y a 10 ans j’avais rédigé un livret blanc sur l’internet mobile qui se voulait très optimiste, à l’époque les foyers d’innovation se situaient en Asie et en Scandinavie. Je pense qu’il n’est pas faux de dire que dans les années qui ont suivies, la « révolution » de l’internet mobile a fait long feu en Europe continentale. Puis il y a eu le BlackBerry et l’iPhone et là le rapport de force s’est inversé : l’Amérique du Nord est devenu moteur pour ce que l’on peut appeler la révolution des smartphones.

Sur les deux dernières années, Apple s’est ainsi imposé comme figure de proue d’une nouvelle génération de terminaux et d’usages mobiles. Entre temps, des géants comme Nokia et Ericsson ont très largement perdu leur avance (du moins sur le terrain de l’innovation) et les industriels asiatiques sont pour le moment plus préoccupés par le lancement de la 4G et la montée en puissance de la Chine « mobile » que par l’innovation adaptée aux marchés européens.

Bref, ces dernières années l’Europe avait très clairement perdu le leadership sur le mobile. Et voilà qu’en quelques mois tous les yeux se braquent à nouveau vers le vieux continent et plus précisément vers une poignée de start-ups européennes qui sont en train de révolutionner les usages mobiles à l’aide d’applications de réalité augmentée.

Les start-ups européennes leaders sur le créneau de la réalité augmentée en situation de mobilité

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter il y a deux mois différentes applications de réalité augmentée comme le nouvel eldorado des smartphones. Cette tendance se confirme avec une accélération très nette de l’innovation et un certain nombre de produits et services qui arrivent à maturité. Et notamment les navigateurs de réalité augmentée (« Augmented Reality Browser« ) qui permettent de consulter les contenus « augmentés » qui sont superposés à ce que vous voyez au travers de l’objectif de votre smartphone.

Il y a tout d’abord les hollandais de SPRXmobile qui proposent de nombreuses innovations à leur Layar Reality Browser :

Réalité augmentée en 3D chez Layar
Réalité augmentée en 3D chez Layar

Il y a ensuite les autrichiens de Mobilizy qui poussent l’interopérabilité :

La réalité augmentée standardisée avec ARML
La réalité augmentée standardisée avec ARML

Mais il faut également compter avec les anglais d’Acrossair qui proposent également un produit similaire (Acrossair Browser)

:

Le navigateur AR d'Acrossair
Le navigateur AR d'Acrossair

Et pour finir n’oublions pas de citer les français de Presselite qui ont été les premiers à distribuer à grande échelle une application de réalité augmentée sur l’iPhone avec Métro Paris et qui sont en train de décliner leur technologie sur toutes les plus grandes capitales. Ils viennent de plus de sortir une application plus généraliste (moins dépendante du métro) baptisée Bionic Eye.

Application de réalité augmentée sur iPhone
Application de réalité augmentée sur iPhone

Bien évidemment ils ne sont pas les seuls sur le marché car il y a également d’autres acteurs comme les japonais de Tonchidot et leur Sekai Camera (ils sont membres de l’AR Consortium) et les américains de RobotVision.

Je sais bien que je pêche parfois par euro-optimisme, mais je pense que nous pouvons être très fiers de nos start-up européennes pour les progrès et l’avance qu’elles ont pris dans ce domaine (et je ne vous parle même pas de Total Immersion, les pionniers dans ce domaine).

La réalité augmentée sur les smartphones a-t-elle de l’avenir ?

Mais oui enfin elle a de l’avenir, ne serait-ce que par le nombre de possibilités offertes : 17 fields of Augmented Reality Applications et 16 Top Augmented Reality Business Models.

Vous pourriez également me dire que cela ne concerne que les possesseurs de smartphones et que c’est un petit marché. Détrompez-vous car les smartphones représentent près de 25% du marché des mobiles. Selon la société Admob, il y aurait en effet plus de 1,8 million d’iPhone en circulation en France et les mobiles tournant sous le système d’exploitation Android totaliseraient près de 5% de parts de marché. En additionnant le tout, nous obtenons un marché cible de 3 millions de personnes (hors terminaux BlackBerry).

3 millions de personnes c’est moins de 5% de la population française, mais c’est le haut du panier des utilisateurs mobiles : ceux qui ont les plus hauts revenus (pour se payer le combiné et l’abonnement qui va avec), le plus haut niveau d’éducation (pour s’y retrouver dans l’installation et la gestion des widgets) et surtout l’ARPU le plus élevé (« Average Revenu per User« ).

Bref, le smartphone est LE terminal qui va tirer vers le haut les applications mobiles (géolocalisation, m-commerce…) et la réalité augmentée est LE support qui attire le plus l’attention des médias et de la blogosphère (donc des annonceurs). Et sur ce créneau, pas de doute les européens sont revenus dans la course.

Restent encore quelques « complications » à surmonter :

Petit conseil à l’attention des annonceurs : Vous avez déjà une application Facebook et vous hésitez à ouvrir un compte sur sur Twitter ? Passez directement à l’étape suivante et lancez-vous dans la réalité augmentée.

Résumé de l’actualité estivale 2009

Voilà, c’est la rentrée. Le moment est donc venu de faire le point sur les les événements marquants du mois d’août.

Facebook rachète FriendFeed (et autres annonces)

C’est LA grosse annonce des vacances : après plusieurs années de négociations, FriendFeed accepte l’offre de rachat par Facebook (cf. FriendFeed accepts Facebook friend request). On parle d’un montant de 50 millions de $ pour récupérer les activités de FriendFeed ainsi que les 12 employés. Je ne p ense pas que ceci puisse être interprété comme la volonté de contenir la montée en puissance de Twitter car ces deux services sont en fait assez différents. FriendFeed n’a jmais été un réel concurrent pour Twitter, plutôt un concurent pour le Friends Update. Par contre Facebook Lite est une attaque on ne peut plus directe à l’égémonie de Twitter.

Quelle sera la suite ? Difficile à dire pour le moment si ce n’est quelques rumeurs notamment autour de Bebo dont AOL voudrait bien se débarrasser et qui permettrait à Facebook de rajeunir son audience. Il y a également des rumeurs concernant Spotify, LE service de streaming musical dont tout le monde parle en ce moment et qui pemettrait à Facebook de se remettre à niveau sur ce créneau là. D’autant plus que…

MySpace rachète iLike

Autre grosse nouvelle de l’été, le géant MySpace qui se reveille et prend le contrôle de iLike pour 20 millions de $. Un petit montant pour une très belle opération permettant à MySpace d’injecter du sang neuf dans sa base d’utilisateurs et de renforcer sa position sur la social music. Pour le moment on ne sait pas trop comment va se passer la cohabitation avec MySpace Music mais espérons que l’intégration se fera en douceur.

Prochaine étape : pourquoi pas un partenariat indistriel avec Apple/iTunes ou un autre rachat (au hasard Pandora).

Une nouvelle version de Google ?

Beaucoup de question autour d’une possible nouvelle version de Google dont le nom de code est Caffeine. Visiblement un nouvel algorithme de recherche serait à l’étude, de même qu’une nouvelle architecture technique pour plus de rapidité (cf. Google Caffeine: A Detailed Test of the New Google).

Plusieures hypothèses sont possible : un nouveau système de rating (évolution du page rank), de la recherche en temps réel… Je laisse les spécialistes s’exprimer.

Les services mobiles « next-gen » sont à la mode

Alors que Twitter et Facebook/FriendFeed se tranquilement en train de conquérir les masses (et donc de se ringardiser vis à vis des adopteurs précoces), des applications mobiles de dernière génération sont en passe de devenir les nouveles coqueluches de la blogosphère. Il y a ainsi FourSquare (un réseau social localisé) qui n’est pour le moment pas disponible en France. Il y a aussi Layar (un browser mobile à la sauce réalité augmentée) qui vient de sortir sa V.2 (cf. Layar Augmented Reality Browser Now World Wide on Android, iPhone is Next) et la toute récente Métro Paris que j’ai testé avec succès.

Pour le moment ce marché est encore assez confidentiel du fait de la taille réduite d’utilisateurs-cible (les possesseurs de smartphone) mais il y a potentiellement de gros revenus à tirer de cette niche à forte valeur ajoutée.

Nouvelles versions de Mac OS et Windows

C’est demain que sort Snow Leopard, la nouvelle version épurée de Mac OS qui va mettre l’accent sur les performances. Windows 7 ne devrait pas tarder à suivre avec une promesse similaire de refonte « en profondeur ». Je pense qu’il faudra attendre quelques mois avant de voir les réels améliorations côté services et notamment une intégration plus fine avec les infrastructures on-the-cloud.

Nokia sort un netbook

Alors que l’on spécule de plus en plus sur une Mac Tablet (15 ans après le Newton), c’est finalement Nokia qui a fait sensation en présentant son Booklet 3G : Nokia Booklet 3G mini laptop unveiled. Une superbe machine qui intègre enfin la 3G de façon native mais qui n’a toujours pas communiqué sur le prix. Mon intuition me dit que ce n’est pas un hasard si ce produit ne s’appelle pas « netbook » : c’est parce qu’il va dépasser la barre symbolique des 500 $ et ne plus trop correspondre ainsi à la « norme » des netbooks. L’idée de génie est d’avoir prévu un emplacement pour pouvoir glisser « à chaud » une carte SIM. Attendons de voir si cette machine tient ses promesses (cf. Why It’s Too Early To Be Excited About Nokia’s Late Netbook) et surtout de voir si l’on peut utiliser un autre système d’exploitation que le Windows annoncé (lequel déjà ?).

Voilà, ça fait beaucoup pour un mois d’août. J’ai oublié des choses ?

Réalité augmentée, le nouvel eldorado des smartphones

J’ai comme l’impression que les applications tournant autour de la réalité augmentée sur des terminaux mobiles sont en train d’exploser. Vous connaissiez déjà les audioguides (largement répandus dans les musées), mais avec l’arrivée sur le marché de smartphones équipés de puces GPS et de compas électronique, le marché risque bien de s’envoler.

Le principe est simple : vous installez une application sur votre smartphone et celle-ci récupère des données pour les afficher en sur-impression en mode caméra. Illustration avec Layar, un start-up hollandaise qui propose une offre très crédible : The first mobile Augmented Reality browser premiers in the Netherlands. Cette start-up propose en effet une plateforme pour héberger des couches de données ainsi que le navigateur qui permet de les consulter (dans un premier temps uniquement disponible pour Android) :

Layar1

Vous vous promenez donc dans une vile et l’application affiche des bulles qui sont autant de points d’intérêt. De points d’intérêt pour qui ? Et bien ça dépend du client qui finance la couche d’informations (« Information Layer » ou « Layar » en prononçant à l’anglaise). L’astuce de cette start-up est donc de démarcher des clients pour vendre une prestation complète de création et d’hébergement de cette fameuse couche d’informations. Pour le moment 4 clients ont déjà signés : ING (localisation de distributeurs de billet et agences bancaires), Funda (localisation de biens immobiliers), Hyves (application sociale)… Les domaines d’application sont très nombreux et l’intérêt de ce service va être fonction du nombre de terminaux supportés. Plus d’infos ici : Want to augment the reality? Layar adds API to their service. Ici une petite démonstration vidéo :

Dans le même esprit, il y a aussi l’application Nearest Tube d’Acrossair. Le principe est le même mais pour trouver une station de métro : Find Your Nearest Train Station with this Awesome Augmented Reality iPhone App. L’application fonctionne en mode « carte » où les stations sont indiquées en fonction de leur direction et de la distance (ici pourNew-York) :

NY_NearestSubway

Mais il y a surtout le mode HUD (ici pour Londres) :

LondonNearestTube

Je vous recommande cette petite démo vidéo pour vous rendre compte de l’intérêt de cette application :

Troisième exemple avec Wikitude qui propose à tout le monde de créer des données (geo-tags) accessibles au travers du World Browser :

wikitude

La particularité de Wikitude est de proposer une approche collaborative et de capitaliser sur une communauté (Wikitude.me). Pour le moment il n’existe qu’une version Android…

Et puisque l’on parle de communauté, pourquoi ne pas mélanger réalité augmentée en situation de mobilité et Twitter ? C’est chose faite avec Twittaround qui se charge de trouver les tweets ayant été publiés autour de vous : TwittaRound, An Augmented Reality Twitter App.

TwittARound

Voici donc une déclinaison très intéressante de place stream, démonstration vidéo ici :

Terminons cette série d’exemples avec le principe d’identité augmentée (« Augmented ID« ) qui repose sur de la reconnaissance faciale : Augmented ID, Augmented Reality Facial Recognition for Mobile.

AugmentedID

Pour le moment il ne s’agit que d’un prototype mais j’imagine le potentiel de cette application : vous n’oublierez plus jamais aucun nom ! Démonstration ici :

Inutile d’être devin pour comprendre la mine d’or que représente ce créneau. Les applications les plus évidentes se trouvent dans le secteur du tourisme ou de la culture (cf. iPhone Augmented Reality) auprès d’un public de niche avec un certain niveau d’instruction et des revenus élevés (suffisamment pour se payer un smartphone).

MobileAR_Tourism

Mais ne vous y trompez pas, la réalité augmentée va également toucher d’autres secteurs d’activité et notamment le jeu : Augmented Reality: Here’s Our Wishlist of Apps, What’s On Yours?. D’ailleurs quand on y réfléchi bien, est-ce que les Augmented Reality Mobile Games ne sont pas les cousins des MMTRG ?

Bref, tout ça pour dire que la révolution des informations augmentées et géo-localisées approche à grands pas. Bien évidement tout ne va pas changer du jour au lendemain mais cette niche commence à être sacrément concurrentielle.

MSPOG + microblog = Micro social RPG

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la façon dont les plateforme sociales sont en train de révolutionner les plateformes de jeux en ligne (Social Networks + Casual Games = Social Games). J’ai également abordé le succès des jeux portés sur les grands réseaux sociaux (Social Games, une mine d’or pour les plateformes sociales). La prochaine étape dans cette dynamique de transformation semble être déjà atteinte avec l’apparition de nouveaux types de jeux en ligne : les social games qui exploitent Twitter et les mobile social games qui commencent à cartonner sur l’iPhone.

Le paradoxe des jeux en ligne massivement mono-joueurs

Dans mon précédent article traitant des social games, j’avais fait l’impasse sur les alternative games pour ne pas trop vous embrouiller avec des termes jargonnants. Il va malheureusement falloir que je m’y plonge un peu. Vous connaissez déjà les jeux de plateau qui se jouent au tour à tour (Monopoly…), vous connaissez les jeux de rôle massivement multijoueurs (World of Warcraft…) alors vous ne devriez pas avoir de mal à saisir le principe des jeux en ligne massivement mono-joueurs (MSPOG ou MSO pour les intimes) qui se situent à mi-chemin. Le principe est de proposer un jeu en ligne avec une réalisation très sobre (texte + images) qui se joue de façon asynchrone (chacun son tour), à la fois individuelle (vous êtes seul devant votre écran) et collectif (vous intégrez des guildes pour accomplir des quêtes).

Il existe de nombreux termes pour décrire ce type de jeux (« Text-base online RPG« , « alternative games« …) et il se déclinent en de nombreux thèmes (heroic fantasy, anticipation, vampires…). Du fait des mécanismes de jeux et des limitations, le gameplay de ces jeux repose donc beaucoup sur la gestion de l’inventaire et des points d’énergie : faire des missions vous rapporte de l’argent (pour acheter des armes, des potions et de l’équipement) mais vous coûte des points d’énergie (en fonction de la difficulté des missions). Le modèle économique des éditeurs repose sur ces deux variables : ils proposent du micro-paiement pour convertir vos euros en monnaie locale ou acheter des points d’énergie.

Assez peu connus du grand public, les jeux alternatifs en ligne ont cependant connu un grand essor avec leur portage sur les plateformes sociales comme Facebook (lire à ce sujet un précédent article sur Elven Blood). La spécificité du portage de ces jeux est de parfaitement exploiter le levier viral et d’utiliser le public wall pour recruter d’autres joueurs. Les jeux les plus populaires comme Mob Wars ou Mafia Wars comptent plus de 12 millions de joueurs actifs.

MafiaWars

Mafia Wars sur Facebook

Micro Social RPG : les jeux alternatifs à l’heure des microblogs

Dans les exemples précédemment cités, Facebook est utilisé à la fois comme plateforme d’hébergement (vous y jouez au travers de l’interface Facebook) mais également comme canal de diffusion : vos faits d’armes sont relayés sur le public wall, vous recrutez d’autres joueurs directement depuis votre liste d’amis, vous êtes alertés via le système de messagerie interne… Mais rien ne vous empêche d’utiliser une autre plateforme sociale.

C’est là que Spymaster entre en scène avec un gameplay quasi similaire (accomplissement de missions, gestion de l’inventaire et des points d’énergie…) mais reposant sur Twitter. Concrêtement vous vous inscrivez sur le site PlaySpymaster avec vos identifiants Twitter, vous recrutez d’autres joueurs dans votre liste de followers et vous enchaînez les missions. Toutes vos actions sont alors relayées par des tweets. Vous pourriez me dire que cela génère une pollution terrible dans le flux et que la première chose à faire est de désactiver ce système de notification mais c’est sans compter l’ingéniosité des éditeurs du jeux : plus vous relayez vos actions dans votre flux Twitter et plus vous gagnez d’argent ou de points d’énergie. Ce principe est redoutable car un joueur ayant bien accroché au jeu aura besoin de plus d’argent / points donc va relayer le jeu de façon plus intensive.

Spymaster

Le tableau de bord de Spymaster

Le jeu est également très bien conçu d’un point de vue viral car la puissance d’un joueur est fonction du nombre d’autres joueurs qu’il a réussi à recruter. Description complète ici : Spymaster Twitter Game, The Complete Guide.

Pour le moment il n’est pas possible d’acheter des points ou de l’équipement mais j’imagine bien que c’est la prochaine étape du développement de ce Micro Social RPG. Et il n’est pas le seul puisque d’autres commencent à faire leur apparition comme 140Mafia (cf. The Mob Comes to Twitter), attendez-vous donc à une déferlante de jeux alternatifs sur Twitter dans les prochaines semaines. Les mois d’été seront-ils prétexte à des parties endiablées ? Sûrement.

Vers des adver-micro-social-games ?

Tout ceci est très bien, mais existe-t-il des applications commerciales de ces jeux ? Oui, avec notamment cette campagne réalisée pour la sortie du quatrième volet de Terminator : Resistance 2018. Le principe est assez simple : la résistance s’organise contre les machines et vous incite à la rejoindre en ajoutant le compte @Resistance2018 à votre liste de following pour pouvoir être impliqué dans des opérations. Il y a également un certain nombre d’instructions qui sont diffusées via le blog « officiel » de la résistance.

Resistance2018

Le flux Twitter de Resistance 2018

Tout l’intérêt de cette campagne ne réside pas dans le gameplay assez simple mais plutôt dans l’immersion de l’univers de la franchise Terminator et dans le potentiel viral du dispositif (recrutement viral, système de leaderboard…). Un cas d’école très intéressant qui pourrait tout à fait être réutilisé dans un autre contexte et pour une autre marque (souvenez-vous qu’il s’agit avant tout de jeux textuels). Plus d’infos ici : Terminator Salvation plays « with » Twitter.

Et cela ne risque pas de s’arrêter là puisque ces social games vont bientôt débarquer sur nos consoles de jeux pour compléter un gameplay riche avec une expérience sociale intégrée : XBox 360 to support Twitter and Facebook.

Ne vous laissez pas leurrer par ce côté vidéo-gadgeto-geek, les jeux vidéos représentent un marché colossale et sont surtout durablement ancrés dans les habitudes des consommateurs : Les américains jouent plus qu’ils ne vont au cinéma. Voilà pourquoi ils sont un support de choix pour les annonceurs souhaitant toucher leurs cibles au travers d’un dispositif à engagement plus fort que la TV, la radio ou les bannières.

La ruée vers l’iPhone pour les social games

Autre tendance lourde pour le marché des jeux en ligne : l’explosion du nombre d’iPhone et le portage de ces social games rendu possible avec des technologies comme Facebook Connect for iPhone. Les grands éditeurs se sont ainsi rués sur cette niche avec des versions mobiles de leurs titres phares (Mafia Wars, Vampires BloodLust, AgencyWars…) : SGN Launches Agency Wars & Adds Facebook Connect to iBowl.

MafiaWars_iPhone

 

Encore une fois, le côté asynchrone facilite grandement la tâche du portage de ces jeux sur un terminal mobile. Ces derniers deviennent alors un moyen idéal pour une expérience de jeux fragmentée (quelques minutes plusieurs fois dans la journée) mais répétée. Le marché est d’ailleurs en train de se structurer avec des plateformes de mobile social games comme Aurora Feint qui permet d’avoir une gestion centralisée des crédits, du personnage… Tous les détails sont ici : Aurora Feint To Roll Out OpenFeint 2.0, A Social Gaming Platform For The iPhone.

AuroraFeint

 

Là aussi, les applications commerciales ou « marketing » sont évidentes : sponsoring, placement de produits, lancement d’un jeu lié à un univers de marque… Les barrières à l’entrée sont plutôt basses et le public en demande, donc comment y résister ?

Prochaine étape : les alterned reality games à la sauce micro-social ?

Tout ceci nous amène à nous interroger sur la suite, à savoir la prochaine étape. Hé bien figurez-vous que la prochaine étape naturelle semble être toute trouvée avec les jeux en réalité alternée (alterned reality games ou ARG). Pour faire simple, les ARG sont des jeux de fiction qui se jouent dans la vie réelle (au travers des canaux traditionnels) mais exploitant une trame narrative et des informations alternatives. Si mes sources sont exactes, la première expérience commerciale à grande échelle remonte à 2001 avec un ARG pour la promotion du film AI (plus d’infos ici : Retour sur les Alternate Reality Game). Mais les exemples plus récents sont nombreux avec notamment CanYouStopIt lancé par SFR (SFR se lance dans le jeu en réalité alternée) et d’autres exemples aux US (Le créateur de Heroes prépare une expérience immersive mobile).

CanYouStopIt

Le jeu en réalité alternée de SFR

Mélangez les ARG avec la puissance virale de Facebook, la proximité / instantanéité de Twitter, les capacités de géolocalistation de l’iPhone et vous obtenez un ticket gagnant. En fait c’est plus que ça, c’est le nirvana du story-telling et de l’immersion au service d’une expérience de jeu unique (qui se situe à la frontière des Mobile Multiplayer Trans-Reality Game).

Donc pour faire simple ça donne : Social Games + ARG + MMTRG = Micro-Géo-Social-Mixed-Alterned Reality Games. Simple, non ?

Première prise en main du HTC Magic (Android G2)

C’est aujourd’hui que SFR dévoilait à la presse (et aux blogueurs) son iPhone killer : Le HTC Magic (nom de code : Android G2). RDV donc au showroom de la marque au logo rouge pour une découverte de ce terminal. Le G2 est comme vous l’aurez compris l’évolution du G1, une version avec clavier qui est visiblement perçue comme trop limitée (l’écran tactile offrant plus de possibilités).

La première impression est bonne, c’est indéniablement un bel objet : profil plat, forme très légèrement incurvée (du moins il me semble), beau matériau de la coque. L’écran est également très satisfaisant, dans la norme de ce qui se fait en ce moment :

htcmagic_1

Vous connaissez sûrement les caractéristiques techniques donc je ne m’attarde pas dessus, de même que les fonctionnalités offertes par Android. J’ai tout particulièrement été impressionné par la gestion du bureau et des widgets : fluide et intuitive. Démonstration vidéo :

J’ai également été scotché par la fonction cartographie avec les principes de molette de zoom et du mode Street view avec un déplacement « spacialisé » (à l’aide du GPS et de l’accéléromètre) :

J’ai aussi beaucoup apprécié le retour de force lorsque l’on tape sur le clavier virtuel (qui fait office de feedback tactile). En règle général la manipulation est intuitive et fluide quoique légèrement plus lente et saccadée que sur un iPhone.

Il reste par contre deux grosses interrogations :

  • Quel logiciel client (installé sur l’ordinateur) sera utilisé pour gérer la bibliothèque multimédia (les playlists musicales, catégories…) et pour acheter des contenus (chansons, vidéos…).
  • À quelle vitesse va se développer l’écosystème autour de la marketplace Android ? Même si l’App Store d’iTunes conserve une sacrée longueur d’avance, la colère gronde au sein des développeurs frustrés par la rigidité du système mis en place par Apple.

Donc en un mot : Est-ce que la sauce va prendre ? Oui très certainement car Google a déjà su démontrer sa capacité à mobiliser la communauté de développeurs et à jouer sur ambiguïté de sa position vis à vis de l’open source (Android est une plateforme ouverte mais très légèrement contrôlée).

Je n’ai pas encore mis la main sur le très prometteur Pre de Palm (cf. A la recherche de la plateforme mobile parfaite avec le nouveau Palm Pre) mais je pense que nous tenons là un concurrent très sérieux pour vous savez qui. La commercialisation de ce HTC Magic est programmée pour Avril 2009.

Google Latitude, pas réellement un réseau social mobile

Et c’est encore une fois Google qui remporte la palme du buzz de la semaine avec son tout nouveau service (Google Latitude) : See where your friends are with Google Latitude et Locate your friends in real time with Google Latitude. Pour faire simple, il s’agit d’un service permettant de localiser vos amis. Pour cela il suffit d’installer une application sur votre téléphone mobile (la dernière version de Google Maps Mobile) qui se chargera de vous localiser (grâce à la puce GPS ou par triangulation) :

google_latitude_map

Vous pouvez bien évidement profiter de ce service sur votre ordinateur en insérant un widget Google Latitude sur votre page iGoogle et gérer ainsi votre liste d’amis :

google_latitude_igoogle

Une fois le dispositif en route, vous aurez la possibilité de :

  • Mettre à jour votre statut et votre photo ;
  • Voir qui sont les amis à proximité ;
  • Trouver un itinéraire pour rejoindre un ami ;
  • Cherchez une adresse (restaurant, bar…) près de votre ami…

Pour en savoir plus sur les fonctionnaltiés, c’est ici : Google Latitude: Share Your Location with Friends. Bon inutile de tourner autour du pot : ce Google Latitude n’est pas une révolution, loin de là. D’une part car ce type de service existe depuis longtemps, notamment des start-up comme Loopt et Whrrl ou de beaucoup plus gros acteurs comme Nokia et son Friend View ou Yahoo! et Fire Eagle. D’autre part car les fonctionnalités proposées sont encore très limitées (bien loin de ce que proposait DodgeBall par exemple).

En fait il faut plus considérer ce service comme une surcouche sociale de Google Maps que comme un réseau social mobile. Ce sont donc les concurrents directs précités qui sont en danger (cf. Google Threatens Loopt, Pelago With Latitude Service) plutôt que des véritables réseaux sociaux mobiles comme MocoSpace ou ItsMy (lire à ce sujet : L’avenir de l’internet mobile sera social).

Toujours est-il que d’autres réseaux sociaux locaux ont déjà pris une longueur d’avance par rapport à ce tout nouveau service. À commencer par Dopplr qui s’adresse plus aux voyageurs fréquents qui souhaitent garder le contact et faire des rencontres « locales ». Ce service propose ainsi de fédérer des communautés locales comme ici avec la ville de Londres :

dopplr_london

Encore plus intéressant, Brightkite rajoute aux fonctionnalités précédentes un moteur de recherche (lieux, gens, billets) ainsi qu’un friendstream qui agrège l’activité de vos amis :

brightkite

Cerise sur le gâteau, Brightkite propose également une remarquable fonction de placestream qui agrège l’activité sociale d’un quartier (lire à ce sujet : Après le lifestream, le placestream ?). Illustration ici avec la ville de New-York :

placestream_newyork

Bref, en un mot comme en cent : peut mieux faire.

Deux articles intéressants pour pousuivre la réflexion :