Après le web, Facebook veut dominer le mobile

Cette nuit, Mark Zuckerberg a présenté au monde entier les dernières évolutions de Places, la plateforme de géolocalisation de Facebook. Rassurez-vous, je ne vais pas paraphraser les annonces de la soirée, d’autres l’ont fait mieux que moi : Everything You Need To Know About Today’s Facebook Announcements. En résumé, les évolutions de Places concernent trois aspects :

  • Une intégration plus forte sur les smartphones (iPhone et Android pour le moment) avec la possibilité de lier son profil Facebook a n’importe quelle application mobile en un clic ou de façon automatique (« Single Sign-On« ) ;
  • Un jeu d’API beaucoup plus complet permettant à n’importe quelle application de rechercher, de lire ou d’écrire dans la base de données de Facebook Places ;
  • Des fonctionnalités de coupons de réduction et d’offres commerciales à destination des commerçants (« deals« ).

http://www.facebook.com/v/10150318377910484

C’est donc une sacrée grosse nouvelle pour toutes celles et ceux qui suivent le dossier de près et un gros bouleversement pour les 200 millions d’utilisateurs de Facebook Mobile (sur smartphone et touch.facebook.com). L’histoire ne dit pas par contre quel pourcentage des utilisateurs mobiles exploite les fonctionnalités de Places. Difficile pour le moment de faire des projections, mais les premières études sur le sujet parlent d’une moyenne à 5% des utilisateurs de terminaux mobiles : Check-in Craze Not Mainstream Yet. 5% de 200 millions, ça fait 10 millions d’utilisateurs potentiels dans le monde. Un beau chiffre, mais qui ne reflète pas les fortes disparités dans le potentiel réel de ces annonces.

Facebook Places = Facebook Platform for Mobile

La première chose à savoir sur Facebook Places, c’est que ce n’est pas réellement un produit fini, ou plutôt que ce n’est pas un service à part entière, mais plutôt une plateforme sur laquelle vont venir se greffer des services. En ce sens, Places s’intègre à la philosophie de la Facebook Platform. Donc concrètement, il n’est pas possible de comparer Facebook Places à Foursquare, Gowalla ou Brightkite. Ainsi, ces services peuvent tout à fait cohabiter et se nourrir.

Par contre, Facebook Places en tant qu’agrégateur des check-ins se situe en concurrence frontale avec Check.in et avec Google Places pour l’annuaire géolocalisé des commerçants (mais nous reviendrons dessus plus tard). Ceci étant dit, la comparaison est limitée, car la plateforme de Facebook est extrêmement modulaire et peut ainsi ouvrir d’innombrables possibilités d’innovations. Le problème, c’est que ces possibilités perdent de leur attrait dès qu’elles traversent l’Atlantique (voir la section suivante).

De plus, le succès d’une plateforme se mesure à la qualité des services qui sont greffés dessus. Mais rien  n’empêche ces fameux services de basculer d’une plateforme à une autre si les conditions sont plus avantageuses (à l’image de SCVNG qui a commencé sur Facebook Places et qui lorgne maintenant du côté de Google Places : SCVNGR Uses Google’s Places Database for Aggressive International Expansion).

Des applications commerciales bridées par la loi française… et les concurrents

Le programme Deals de Facebook Places va donc permettre aux commerçants d’émettre des coupons de réduction aux personnes qui se signalent dans leur boutique (« Individual Deal« ), à celles qui se signalent plusieurs fois (« Loyalty Deal« ) et à celles qui font venir des amis (« Friend Deal« ) :

facebook-deals

Tout ceci est très intéressant sur le papier, mais présente des zones d’ombre qui ternissent ce tableau idyllique :

  • Le potentiel des coupons mobiles n’est délivré qu’à partir du moment où les membres se signalent dans un commerce, or la fonction de géolocalisation est fortement encadrée par la loi française (l’utilisateur doit donner son accord explicite à CHAQUE géolocalisation) et peut facilement être contournée (des robots pourraient ainsi siphonner les coupons de tout un quartier en quelques secondes).
  • Il n’est possible de se signaler qu’à un seul endroit à la fois. Que se passe-t-il le jour où je me promène dans un centre commercial : il faudra que je me signale dans toutes les boutiques pour avoir les coupons ?
  • Comment faire pour cibler les coupons sur les membres les plus intéressants ? Ou plus exactement : Comment relier une base CRM (et son programme) avec des utilisateurs qui ne peuvent pratiquer la géolocalisation silencieuse ? Ça fonctionne bien quand GAP offre des jeans aux 10.000 premières personnes, mais après ?
  • Comment faire pour gérer de façon centraliser les coupons au niveau d’une chaine de distribution ? Je m’étais posé la question au moment de la sortie du service et ce point n’a toujours pas été réglé.
  • Comment vont se régler les litiges avec les commerçants ? Je m’étais ainsi amusé à créer et dénoncer un lieu « Chateau de Versailles » fictif. C’était il y a 1 mois et il ne s’est toujours rien passé…
  • Comment se régler les litiges avec les utilisateurs qui vont être impliqués à leur insu dans des Friend Deal (tout comme ils sont déjà impliqués sans leur consentement dans les tout nouveaux Groups) ?

Outre ces quelques points précis, Facebook va surtout devoir faire face à deux difficultés majeures :

  1. Leur base de données de commerces et points d’intérêt est bien plus pauvre que celles des city guides déjà en activité depuis de nombreuses années (comme Yelp ou les Pages Jaunes) ;
  2. Ils ne possèdent pas de fond cartographique, contrairement à Google, et doivent donc utiliser celui des autres.

Je doute que ces concurrents se laissent tranquillement grignoter par Facebook. Pour le moment tout repose sur des partenariats,mais que se passera-t-il lorsque les partenaires se montreront plus regardants (au hasard Microsoft avec Bing Maps) ?

De plus, consulter une carte est un réflexe naturel lorsque vous arrivez dans un quartier que vous ne connaissez pas bien. Même si vous avez une grande quantité d’amis, je doute qu’ils puissent vous renseigner de façon plus efficace que Google Maps, surtout si ce dernier est couplé avec les toutes dernières fonctions de city guide (It’s A Location Turf War As Google Rolls Out Place Search). En ce sens, le fond cartographique de Google sert ainsi de « produit d’appel » pour pouvoir exposer les utilisateurs aux Local Ads, le concurrent direct des Deals de Facebook (Google Gives Local Businesses an Advertising Boost).

Facebook, le nouveau roi du mobile ?

Les ambitions de Facebook sont donc clairement annoncées en ce qui concerne la mobilité : devenir la couche sociale universelle des terminaux mobiles. OK très bien, mais cette vision utopique n’intègre pas deux acteurs majeurs de la mobilité : Apple et Google. Que se soient pour l’iPhone ou pour les smartphones tournant sous Android, la couche la plus basse du système reste maitrisée par ces deux acteurs qui ne comptent pas non plus se laisser évincer par Facebook.

Les possesseurs d’iPhone sont ainsi obligatoirement liés à Apple avec iTunes (une gigantesque base de données de centaines de millions de profils… et de cartes de crédit). De même, les utilisateurs d’Android possèdent nécessairement un compte Google (Gmail, Profile ou autre) avec un mécanisme d’authentification qui est nativement intégré au système d’exploitation. Je doute qu’ils laissent le mécanisme d’authentification de Facebook se substituer au leur.

Pour le moment ces deux acteurs n’ont pas ouvert les hostilités, quoi que : Apple et Facebook sont toujours « en discussion » en sujet de Ping et Google vient juste de modifier ses CGU pour compliquer la tâche de Facebook (Google To Facebook: You Can’t Import Our User Data Without Reciprocity). Le message semble donc être clair : la situation va se corser pour Facebook à mesure que les services déployés vont venir menacer leur position dominante ou leurs revenus (ils exigeront une part du gâteau).

Facebook, le nouveau roi des réseaux sociaux de proximité ?

Avec ce nouveau Places, nous sommes en droit de nous demander si Facebook ne va pas s’imposer comme le nouveau réseau social de proximité. Là encore j’en doute, car la légitimité de Facebook sur ce créneau reste à prouver.

Il a fallu des années à des acteurs de niche comme Peuplade ou Ma-résidence pour s’implanter dans des quartiers bien délimités, des années au cours desquelles ces services ont su gagner la confiance des habitants, des commerçants, et du soutien des municipalités locales. La confiance est réellement un élément clé pour les réseaux sociaux de proximité. Développer des interactions sociales autour de jeux avec un pseudo est une chose, partager des choses avec vos voisins en est une autre. Tant que Facebook s’amusera à changer régulièrement les CGU du service et à proclamer que le graph social a besoin d’être libéré, il ne sera pas possible de construire des interactions sociales durables sur une plateforme ayant un pied en ligne et l’autre hors ligne.

Ce qui peut par contre être fait, c’est de s’appuyer sur Facebook comme levier de croissance. Facebook Connect peut ainsi servir à fluidifier le processus d’inscription (Astuce : Utiliser Facebook Connect pour de la pré-inscription), mais de toute façon les utilisateurs doivent créer un compte, car il serait trop risqué de déléguer entièrement cette partie à Facebook. C’est notamment ce que fait Ma-résidence (et des services beaucoup plus gros comme la communauté d’Allocine).

Donc non, je reste persuadé que les acteurs en présence ne sont pas menacés par ce nouveau Facebook Places qui est plus tourné vers les commerçants que vers les habitants.

Facebook, le nouveau roi du web ?

Avec son audience colossale et cette nouvelle plateforme mobile, nous sommes en droit de nous demander qu’est-ce qui pourrait bien arrêter Facebook dans sa course à la domination du monde numérique. Même si le succès de la plateforme est indéniable, il reste encore à Facebook une ultime épreuve à franchir : celle de la juridiction territoriale, à savoir de lier des relations durables avec les gouvernements des pays dans lesquels le réseau est présent.

Je n’aborderais pas le cas des pays totalitaires qui bloquent l’accès à Facebook (Iran…) mais j’attire votre attention sur la bataille juridico-politique qui vient de démarrer avec les gouvernements de pays comme la Canada ou l’Allemagne : Germany: Facebook Illegally Accessed, Saved Non-User’s Data et Another Canada Privacy Commission Probe Looms Over Facebook.

Le problème est le suivant : Les données des utilisateurs sont hébergés aux États-Unis, donc sous la juridiction de l’état où se situe le data center ainsi que du Patriot Act. Les gouvernements précités sont (à juste titre) inquiets en ce qui concerne le respect des droits de la confidentialité des données personnelles de leurs ressortissants.

Que va-t-il se passer quand l’U.E. va commencer à s’intéresser de très près à Facebook ? Pour mémoire, l’U.E. a réussi à faire plier Microsoft, pensez-vous qu’une petite start-up de 2.000 personnes les impressionnent ? Le but du législateur européen n’est pas de neutraliser les start-up de la Silicon Valley, mais une procédure avec l’U.E. risquerait de sérieusement affaiblir Facebook qui devrait procéder à de lourds changements structurels pour se plier aux contraintes des pays qui le rappelleraient à l’ordre (sans compter le coût de la procédure en elle-même).

Conclusion : Même si Facebook continue de briller par ses chiffres de croissance et ses nouvelles ambitions sur la mobilité, je ne peux m’empêcher de penser que cette réussite ne repose pas sur des fondamentaux stables. En d’autres termes : Facebook est un géant aux pieds d’argile. Cela veut-il dire que Facebook va s’effondrer sous son propre poids ? Non il y a peu de chances. Par contre je vous invite fortement à réfléchir à deux fois avant de faire reposer votre présence au sein des médias sociaux uniquement sur Facebook.

Heu… de quoi parlions-nous déjà ? Ha oui, de Facebook Places. Malgré les réserves émises plus haut, cela ne doit en aucun cas vous brider dans l’extrapolation locale de votre marque et de vos campagnes. Pensez simplement à expérimenter différentes plateformes.

Arrivée à maturité des smartphones grand public

Saviez-vous qu’il y avait 10 fois plus de téléphones en circulation dans le monde que d’ordinateurs ? Rien qu‘au premier trimestre 2010, se sont plus de 55 millions d’unités qui ont été vendues dans le monde. La France arrive en seconde position sur le marché européen avec une croissance de près de 50% en une année (La France affiche une des plus fortes croissances du nombre d’abonnés équipés d’un smartphone en Europe). Ces chiffres sont impressionnants, d’autant plus que les smartphones ne sont pas des gadgets vendus seuls, ils sont indissociables de leur forfait et des nombreux services qui vont avec.

Introduit dans un premier temps auprès des populations professionnelles qui souhaitaient pouvoir consulter email et agenda en situation de mobilité, les smartphones semblent maintenant s’orienter vers une nouvelle cible : Le grand public. Autant les terminaux de chez BlackBerry ou Nokia sont ainsi très clairement conçus pour coller aux besoins des pros, la nouvelle vague de terminaux ambitionne de séduire une population totalement différente. Autant les BlackBerry ont tout de suite trouvés leur cible, autant les constructeurs se sont cassés les dents à plusieurs reprises avec des terminaux qui n’ont pas su convaincre (Nokia N-Gage, Motorola RockR, Danger Sidekick…).

Il aura fallu attendre 2007 et l’arrivée de l’iPhone sur le marché pour bien cerner l’équation magique : Un terminal de qualité, un forfait data illimité, des applications tiers distribuées au travers d’une marketplace. Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un avant et un après iPhone. OK… et maintenant ? Maintenant les industriels sont sur le pied-de-guerre pour trouver et déployer une alternative viable à l’iPhone.

Google et BlackBerry à la traine derrière l’iPhone

Le concurrent le plus visible de l’iPhone est pour le moment Google avec son système d’exploitation mobile Android. Distribué librement auprès des constructeurs, Google a rapidement été confronté à deux gros problèmes :

  • La prolifération de nombreuses versions de l’OS (donc autant d’effort à fournir pour la maintenance) ;
  • Des terminaux aux caractéristiques divergentes qui ralentissent l’innovation.

Assez rapidement les équipes de Google sont arrivées à la conclusion que s’il voulait rattraper leur retard sur l’iPhone, il leur fallait maitriser la partie software mais également la partie hardware. Ils se sont donc lancés dans la conception et la distribution du Nexus One, vaisseau amiral de l’offre Android. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu et le modèle de distribution en ligne choisit par Google a très vite montré ses limites (ils n’avaient même pas prévu de service client). Aujourd’hui ils ont revu leur copie et s’orientent vers un circuit de distribution plus traditionnel.

nexus1

OK très bien, mais où est l’innovation par rapport à l’iPhone ? Malgré des caractéristiques techniques alléchantes, la proposition de valeur reste assez faible et les leviers de différenciations manquent à l’appel. Ce n’est donc pas un hasard si les utilisateurs de terminaux Android achètent deux fois moins d’application que les utilisateurs d’iPhone. Il reste encore du chemin à faire pour qu’Android et les terminaux exploitant cet OS parviennent à se différencier de l’iPhone.

Pour BlackBerry la situation est différente car ils bénéficient d’une solide réputation dans le monde de l’entreprise. Leur dernière campagne de publicité illustre pourtant un changement de stratégie ou du moins un élargissement de la cible :

J’étais extrêmement sceptique quand à cette nouvelle orientation (quel jeune aurait envie de s’afficher avec le smartphone de « papa » ?) mais une discussion avec Alexis Trichet d’Orange m’a persuadé du contraire : Le succès de BlackBerry repose en grande partie sur son système de messagerie très robuste. Or, qui sont de gros consommateurs de messagerie instantanée ? Bingo : Les jeunes qui trouvent dans ce terminal (avec son clavier physique et son offre de messagerie illimitée) le canal ultime de discussion et d’interactions sociales. Le marché est en tout cas plus que favorable et la proposition de valeur de la plateforme BlackBerry va petit à petit s’enrichir avec le lancement récent d’une marketplace d’applications.

Toujours d’après Alexis Trichet, la richesse de la place de marché est un bon signe de la maturité d’une offre, ou plutôt du dynamisme de son écosystème. Les 2.000 applications disponibles sur l’OVI Store de Nokia font ainsi pâle figure face aux 200.000 applications disponibles sur l’App Store. Mais les applications ne font pas tout et la première alternative viable nous vient d’un concurrent inattendu.

Microsoft (et Nokia) : Un pari sur les plateformes sociales

C’est Microsoft qui a ainsi surpris tout le monde avec l’annonce de sa plateforme Windows Phone puisqu’en complète rupture avec l’ancêtre Windows Mobile qui semble dater du siècle dernier. C’est donc une copie entièrement neuve que Microsoft propose avec sa gamme Kin : Deux terminaux à la forme particulière et un système d’exploitation de nouvelle génération à l’interface remarquable.

kin

Non seulement Microsoft innove avec un hardware en rupture avec l’iPhone et sa légion de copies, mais ils ont en plus retenus les leçons du passé avec une gamme très restreinte pour simplifier le choix. Au niveau de l’interface (Windows Phone 7), là encore il y a eu un travail considérable pour proposer une expérience différente de l’iPhone avec un écran d’accueil mélangeant raccourcis et social stream ainsi que des micro-applications propulsées par Silverlight (la technologie d’interfaces riches made in Microsoft) :

Windows_Phone_7
L’interface grand public Windows Phone 7

Ce couple hardware / software est de plus complété par une couche sociale très intéressante (SpotStudio) qui permet aux utilisateurs de partager photos, vidéos, messages… C’est donc avec une offre entièrement neuve et particulièrement complète que Microsoft ambitionne de conquérir le segment des jeunes en bénéficiant de l’héritage du SideKick (racheté par la firme de Redmond en 2007).

KIN_studio
Partagez vos photos et vidéos sur Kin Studio

Nous retrouvons un principe similaire lancé par Nokia il y a quelques années avec leur plateforme sociale Lifeblog qui permet également de partager tout un tas de trucs. Sur ce terrain là, nous sommes d’ailleurs toujours en attente d’une stratégie unifiée de la part d’un acteur qui a dépensé sans compter pour acquérir des plateformes sociales mobiles (notamment Plazes et Loopt). Même si Nokia n’est pas reconnu pour ses compétences en matière d’exploitation de services en ligne (euphémisme), je ne peux pas croire qu’ils n’ont pas une idée derrière la tête…

iAd, l’arme secrète d’Apple ?

Le marché s’organise pour rattraper leur retard sur Apple, mais le géant de Cupertino compte bien garder son avance avec la future quatrième version de son iPhone OS et notamment iAd, la plateforme publicitaire « maison ». Pour le moment nous ne savons pas grand chose de l’offre iAd, si ce n’est la démonstration montrée lors de la dernière keynote, mais il semble clair que les smartphones ouvrent d’innombrables possibilités en matière de marketing et de ciblage. Les rachats récents de QuattroWireless et AdMob (respectivement par Apple et Google) illustrent le potentiel de ces machines à large écrans capables de géolocaliser et d’alerter en push leurs utilisateurs.

Non, je ne pense pas que l’industrie se contentera d’adapter les bannières à la taille d’écran. Nous parlons ici de mécanismes de ciblage comportementaux très sophistiqués qui risquent bien d’effrayer les porteurs de smartphones. J’anticipe ainsi des offres plus subtiles où les opérations de promotion et autres messages commerciaux seraient habillement noyés dans l’interface et ne perturberaient pas l’expérience d’utilisation. OK, mais tout le monde ne s’appelle pas Pixar et la majeure partie des annonceurs ont plus d’un film à vendre tous les deux ans.

Les observateurs avertis sont ainsi plus que mitigés face à cette offre « révolutionnaire » (Memo To Steve Jobs: The iAd Is No Miracle Worker). Nombreux sont les développeurs à se plaindre de la rigidité du modèle de distribution de l’App Store, en sera-t-il de même pour les annonceurs désirant exploiter l’iPhone ? Il y a de fortes chances, d’autant plus que l’on parle d’un ticket d’entrée à 1 million de $ !

A partir de là, nous pouvons envisager une configuration de marché où les régies, agences et annonceurs vont plutôt s’orienter vers d’autres plateformes plus ouvertes. Comme… Android par exemple. Ça tombe bien puisqu’en plus Android est maintenant capable de faire tourner du Flash (le format de référence pour les annonceurs). Ça tombe bien puisque Android devrait également être le système d’exploitation qui fera tourner la futur Google TV.

Heu… quel rapport entre Flash, la TV et les smartphones grand public ? La taille critique bien sûr ! Là où Apple déploie des efforts considérables pour verrouiller le segment supérieur, Google ambitionne d’inonder le marché avec une plateforme commune mobile / TV qui fédère les développeurs (autour du noyau Linux d’Android), les constructeurs (qui peuvent exploiter un système d’exploitation gratuit avec un potentiel reversement de revenus publicitaires), les annonceurs (qui ont déjà l’habitude de travailler avec Google) et les utilisateurs (qui font confiance à la marque Google).

Conclusion : La compétition va au-delà de la mobilité

L’avenir de la mobilité est-il au smartphone ? Oui et non. Oui car ces terminaux sont de véritables mines d’or en termes d’usages et de ciblage, non car ils ne sont pas à la portée de tous. La course à l’armement que sont en train de se livrer les constructeurs réduit petit à petit le marché cible à mesure que le prix des terminaux augmente. Gardez bien à l’esprit que le gros du marché est encore équipé de terminaux basiques et qu’il y a de grosses opportunités à saisir avec la moitié inférieure du marché. C’est ce que Qualcomm a compris en développant un système d’exploitation pour les feature phones (nom de code : Brew).

Je ne suis pas devin mais j’ai comme l’impression que c’est la taille qui va encore une fois départager les compétiteurs. La plateforme Android de Google est en forte phase de croissance et le fait de la coupler à d’autres types de terminaux (touchbooks, Google TV…) ne va faire qu’accélérer ce phénomène. Les lecteurs attentifs auront remarqués que Google est tranquillement en train de nous faire ce que Microsoft n’a pas réussi : Sortir des ordinateurs et inonder les appareils électroniques de notre quotidien (même les compteurs électriques intelligents !).

Ordinateur + mobile + TV, le triptyque magique qui fait saliver les annonceurs (et les actionnaires). Microsoft s’y ai cassé les dents (avec Windows Mobile et Windows Media Center), Apple aussi (avec l’Apple TV), Google a-t-il plus de chance de réussir ? Difficile à dire pour le moment. En tout cas la possibilité de piloter une campagne d’acquisition multi-supports auprès d’un guichet unique est sacrément alléchante. Et indirectement cela peut également intéresser le grand public qui pourrait s’équiper à bas prix avec des terminaux semi-subventionnés par de la publicité ciblée.

Oui je sais, tout ceci est un peu flippant et je ne me réjouis pas trop à l’idée d’être ciblé au quotidien en fonction de ce que je consulte sur mon ordinateur, mon smartphone ou ma TV. Quelle sera la prochaine étape : Ma console de jeux ? Ma voiture ?

C’est marrant comme j’ai un mal fou à finir cet article, j’ai démarré en parlant des smatphones et je ne parviens pas à re-boucler sur ce sujet. Peut-être est-ce parce que l’avenir de la mobilité se situe ailleurs ? Ou du moins peut-être que les leviers de conquête et de domination se situent ailleurs.

MàJ (01/07/2010) : 6 semaines après le lancement de son produit, Microsoft a décidé de stopper la commercialisation du Kin pour se concentrer sur la gamme Windows Phone 7 (cf. Microsoft Is Killing The Kin). Décidément, le Danger est maudit !

MIX 2010 – Jour 1 (suite)

Suite de la première journée du MIX avec des sessions dans l’après-midi et de belles rencontres.

Seesmic Platform et l’application Seesmic pour Windows Phone

Suite à sa présentation lors de la Keynote nous retrouvons Loic Lemeur à la terrasse d’un restaurant pour qu’il nous en dise un peu plus sur son nouveau produit. Bonne surprise il dispose d’un prototype de Windows Phone (très rare) :

MIX10_Loic-Wphone

Nous en profitons donc pour squatter une salle et improviser une interview « exclusive » avec Eric :

MIX10_Keynote-LoicInterview

Ils nous ont donc gentiment proposé une visite guidée de l’application Seesmic, ou du moins d’une pré-version :

Designing Windows Phone 7

Restons sur le même thème (Windows Phone) avec une session sur la genèse du projet Windows Phone par Albert Shum au travers de la présentation de Metro (son interface graphique) :

  • Metro est un projet entièrement nouveau qui a été créé de toutes pièces pour renouveler l’interface utilisateur de Windows Mobile :

MIX10_Metro1

  • Les codes graphiques des métros du monde entier ont été la source d’inspiration principale car ils permettent d’orienter les usagers et s’adressent à un public très large ;
  • Les interfaces de la Xbox et du Zune ont également été clé dans l’approche générale et les choix ;
  • L’interface tactile a été l’élément déclencheur d’une réflexion de fond ;
  • L’interface métro repose sur plusieurs principes : Rapidité, simplicité, minimalisme (« content is the interface« ) ;
  • Un gros travail a été réalisé sur les choix typographiques (tout comme pour les chartes graphiques des métros) ;
  • Les animations et transitions sont clés dans l’expérience d’utilisation du Windows Phone (un héritage de Zune ?) ;
  • L’interface du Windows Phone n’a pas essayé de copier celle de l’iPhone mais de créer une expérience authentique ;
  • L’interface a nécessité de très nombreuses itérations :

MIX10_Metro2

  • L’interface n’est pas figée et est amenée à évoluer en fonction des feed-back des utilisateurs / développeurs / éditeurs ;
  • L’écran de démarrage est le point de départ de l’expérience avec un principe de tuiles (« tiles ») qui orientent l’utilisateur vers les contenus récents ;
  • L’idée derrière la « panoramic view » est de donner plus d’espace aux contenus et de créer des hubs autour de fonctions sociales ; illustration sur les écrans Pictures et People :MIX10_Metro3
  • Ils se sont inspirés de personas modernes pour accompagner le travail de conception (qu’ils appellent des « life maximizers« ) ;
  • L’interface peut être décrite par 3 adjectifs : Personal, Relevant, Connected :MIX10_Metro4
  • Le minimalisme est omniprésent dans les écrans et permet de différencier l’expérience du Windows Phone par rapport à ses concurrents :

MIX10_Metro5

  • Couper les titres et les items de navigation est un moyen très efficace pour inciter les utilisateurs à faire défiler les écrans de façon horizontale ;
  • Les animations sont omniprésente mais restent discrètes pour ne pas saturer et/ou ralentir l’interface ;
  • De nombreux gestes sont disponibles pour déclencher différents types d’action :MIX10_Metro6
  • Il y a des guidelines très précises sur les minima à respecter :MIX10_Metro7
  • De nombreux contrôles sont disponibles nativement pour assurer un maximum de cohérence :MIX10_Metro8
  • Le principe de Hub peut être appliqué à n’importe qu’elle application pour améliorer l’immersion et proposer une alternative aux applications avec plusieurs écrans :MIX10_Metro9

Force est de constater qu’il y a eu un très gros travail de remise en question des équipes Microsoft pour proposer une expérience en rupture par rapport aux concurrents. Ils ont édité un livre qui résume la philosophie et les inspirations de l’interface Metro : A look at « Metro » – the book.

Plus d’infos sur le blog de Christian Schormann : ElectricBeach.org.

À suivre…

MIX 2010 – Jour 1

C’est aujourd’hui l’ouverture « officielle » du MIX 2010 avec sa traditionnelle Keynote. Je retrouve dans les couloirs de la conférence Eric Dupin qui est arrivé la veille et nous allons nous installer dans la grande salle.

Keynote 1

Bonne chose, nous sommes particulièrement bien placés dans la salle au quatrième rang avec un bureau et un câble réseau (le privilège du badge presse) :

L'espace Press lors de la Keynote du MIX 2010
L'espace Press lors de la Keynote du MIX 2010

Surprise : Loic Le Meur vient nous saluer, il nous révèle qu’il va intervenir en fin de Keynote pour présenter une nouvelle version de Seesmic :

Eric et Loic avant la Keynote du MIX 2010
Eric et Loic avant la Keynote du MIX 2010

En attendant le début nous avons droit à une impressionante démonstration de yo-yo par un prodige de 17 ans :

Comme à chaque fois c’est Scott Guthrie qui ouvre le bal avec une session dédiée à Silverlight :
– Disponibilité immédiate d’une nouvelle version de Silverlight 4 (pour une version définitive d’ici le mois prochain) ;
– Retour sur les grands succès de Silverlight (retransmission d’événements sportifs, nombreuses applications BtoB), taux de pénétration = 60 % du parc de navigateur ;
– Explications sur la retransmission des J.O. d’hiver avec smooth streaming HD, deep zoom sur la galerie de photos, incrustation de publicités contextuelles, analytics détaillé en temps réel ;
– Le code source du video player va être publié en open source ;
– Nouvelles fonctionnalités = Affichage d’un flux vidéo HD sur plusieurs écrans, livraison de nombreux composants d’interfaces, support amélioré de Chrome ;
– Manipulation de jeux de photos grandement améliorée grâce à l’outil Pivot :

Manipulation des photos avec Silverlight 4 dans Pivot
Manipulation des photos avec Silverlight 4 dans Pivot

– Lancement de Expression Blend 4 en beta (avec une nouvelle version de sketchflow).

Premier cas client avec Ebay présenté par Raji Arasu :
– Un beau pied de nez fait à Adobe et l’application AIR ;

L'application Ebay en Silverlight
L'application Ebay en Silverlight

– Possibilité de scanner le code barre de votre produit avec votre webcam pour faciliter le processus de publication ;
– Dave Wolf de Cynergy nous confirme la bonne santé de l’écosystème autour de Silverlight (prestataires et clients) ;
– Explications sur le processus créatif (en passant par Sketchflow) :

Le prototype de l'application Ebay avec Sketchflow
Le prototype de l'application Ebay avec Sketchflow

– Amélioration du Sketchflow Player pour faciliter la collaboration (l’application a été conçue et développée en 8 semaines).

Une partie sur le tout nouveau Windows Phone 7 par Joe Belfiore :
– Lancement très prochain de la marketplace d’applications sur Windows Phone ;
– Présentation de l’interface d’accueil avec ses panneaux (« live tiles« ) et ses trois fonctions essentielles (Start, Search, Back) ;
– Utilisation d’une « app bar » dans toutes les applications pour les fonctions contextuelles :

L'app bar dans l'interface du Windows Phone
L'app bar dans l'interface du Windows Phone

Présentation de l’application calendrier avec la fonction magique « I’ll be late » qui envoie une notification de retard à tous les participants :

La fonction magique I'll be late du calendrier Windows Phone
La fonction magique I'll be late du calendrier Windows Phone

– Explications sur la notion de « panoramic experience » avec un indice visuel sur le bord de l’écran pour vous faire comprendre que l’interface est bien plus grande que ce qui est affiché :

– Possibilité d’installer sur l’écran d’accueil un panneau avec vos contacts favoris (pour avoir de la notification pus sur leur activité).

Démonstration d’applications tiers réalisées avec Silverlight (cf. Silverlight for Windows Phone) :
– Ici l’application d’Associated Press :

L'interface panoramique de Windows Phone
L'interface panoramique de Windows Phone

– Possibilité d’intégrer des publicités contextuelles ;
– Parfaite intégration avec l’interface de Windows Phone 7 et de la notion de « panoramic experience » ;
– Démonstration d’une application de journal intime (Hush Hush) :

L'application Hush-Hush sur Windows Phone
L'application Hush Hush sur Windows Phone

– Utilisation des applications natives par les applications tiers (ex : application de retouche photo pour la galerie) ;
– Démonstration d’un jeu 3D avec intégration des mécaniques sociales de Xbox Live :

– SL pour Windows Phone 7 utilise rigoureusement le même code que pour une application SL sur un ordinateur ;
– Démonstration de l’environnement de production dans Visual Studio 2010 intégrant un émulateur (ici un client Twitter) :

Création d'un client Twitter pour Windows Phone
Création d'un client Twitter pour Windows Phone

– Démonstration de l’outil de création d’interface dans Expression Blend avec des imports de Photoshop et Illustrator :

Visual Studio 2010 pour Windows Phone
Visual Studio 2010 pour Windows Phone

Démonstration de l’application Graphic.ly pour Windows Phone :
– L’interface respecte toujours l’expérience panoramique :

L'application Graphic.ly pour Windows Phone
L'application Graphic.ly pour Windows Phone

– Utilisation de Deep Zoom pour observer de près les détails des cases :

Utilisation de deep zoom pour l'application Graphic.ly pour Windows Phone
Utilisation de deep zoom pour l'application Graphic.ly

Démonstration de l’utilisation de données de localisation avec l’application Foursquare et Bing Maps :

Foursquare et Bing Maps pour Windows Phone
Foursquare et Bing Maps pour Windows Phone

Démonstration de Shazam et de son intégration à la marketplace Zune :

L'application Shazaam pour Windows Phone
L'application Shazam pour Windows Phone

Démonstration de la fonction de notification Push avec l’application de la Major League Soccer :

L'application MLB pour Windows Phone
L'application MLB pour Windows Phone

Démonstration de l’utilisation de l’accéléromètre avec l’application marionnette :

Notre Loïc national entre sur scène avec l’application Seesmic :

Loic Lemeur sur la scène du MIX 2010
Loic Le Meur sur la scène du MIX 2010

– Démonstration de la nouvelle Seesmic Platforme avec la notion de plugins ;
– Annonce de Seesmic Desktop sur Mac :

Seesmic Desktop pour Mac
Seesmic Desktop pour Mac

– Présentation du client Seesmic pour Windows Phone :

L'application Seesmic pour Windows Phone
L'application Seesmic pour Windows Phone

– Il insiste sur le fait qu’une très grande partie du code source de cette application a été récupérée de la version Desktop.

Nous passons maintenant à des démonstrations autour des jeux :
– Une expérience intéressante avec une application pour piloter un robot équipé d’un canon hydraulique :

Un robot piloter par un Windows Phone
Un robot piloter par un Windows Phone

– Démonstration d’un jeu sur Windows Phone :

– Explications sur les possibilités offertes par XNA Game Studio pour simplifier le déploiement et la distribution de jeux (illustration avec Battle Punk, un social game disponible sur Facebook) :

Le jeu Battle Punks sur Windows Phone
Le jeu Battle Punks sur Windows Phone

– Illustration de la portabilité des jeux avec The Harvest (le jeu que nous avons vu plus haut) qui a été très facilement porté sur PC ou xBox :

Le jeu multi-plateforme The Harvest
Le jeu multi-plateforme The Harvest

Nous terminons avec des détails sur la marketplace d’applications :

La marketplace d'applications pour Windows Phone
La marketplace d'applications pour Windows Phone

Le mot de la fin : Disponibilité immédiate des Windows Phone Developer Tools sur developer.windowsphone.com.

À suivre…

Qualcomm à l’assaut des smartbooks et de la convergence mobile

J’ai eu ce matin une discussion très intéressante avec Jean Viraldi et Fabien Darrigues de chez Qualcomm (merci à Cédric pour avoir organisé la rencontre). Pour vous la faire courte, Qualcomm est spécialisée dans la conception et la fabrication de solutions de télécommunication mobile (ils sont entre autre inventeur de la norme CDMA et représente 1/3 des parts de marché des puces qui équipent les terminaux mobiles). Ils sont donc tout à fait légitime pour imaginer et concevoir les outils de communication de demain, et ça tombe car ce sujet me passionne en ce moment (cf. 2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?).

La fin de l’ère x86 et le basculement vers l’informatique nomade / mobile

Intel a régné sans partage sur le monde des ordinateurs ces 30 dernières années grâce à l’architecture x86 (sur laquelle repose les familles de processeurs Intel mais aussi Cyrix, AMD, VIA…). Aujourd’hui les conditions de marché sont différentes dans la mesure où il y a bien plus de terminaux mobiles que d’ordinateurs. Les smartphones se sont ainsi imposés comme les ordinateurs de poche de notre quotidien, il s’en vend bien plus que d’ordinateurs (plus d’1,2 milliards de téléphones vendus en 2009). De même, les netbooks ont montrés les limites de l’architecture x86 en terme d’autonomie et de performances. Entendons-nous bien : Nous ne parlons pas de performance pure (un indicateur du siècle dernier) mais du ratio entre puissance et consommation. Et à ce petit jeu là, les architectures ARM sont imbattables car elles ont été conçues dans cette optique.

L’année 2010 (et dans une certaine mesure l’année 2009) sera donc la charnière entre l’ère des PC (Personnal Computer = architecture x86) et l’ère des terminaux mobiles (architecture ARM). Nous ne parlons pas ici d’un remplacement mais plutôt de l’inversement de l’échelle des valeurs : Les plus gros enjeux et les plus belles opportunités sont à chercher du côté des terminaux mobiles plutôt que du côté des ordinateurs où les marges sont plus faibles et où les modèles économiques s’épuisent.

À partir de là, la bataille ne va pas se dérouler autour des smartphones (car l’offre arrive à saturation) mais plutôt autour de nouveaux formats de terminaux dont vont découler de nouveaux services et usages : Smartbooks, touchbooks, webbooks, Personal Mobile Television, Personal Internet Viewer… les possibilités sont innombrables et nous n’en sommes qu’au début de l’informatique mobile, nomade et résidentielle.

xbook

Smartphone + Netbook = Smartbook

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des smartbooks, cette nouvelle génération de terminaux mobiles qui vont venir s’intercaler entre les smartphones et les netbooks. Après en avoir discuté avec différents interlocuteurs, j’ai maintenant la conviction qu’ils appartiennent définitivement à la grande famille des terminaux mobiles et qu’ils vont ainsi bénéficier de l’héritage culturel des téléphones (par opposition à l’héritage culturel des ordinateurs et leur fascination pour la puissance « brute »). Les premiers concepts de smartbooks faisaient apparaitre des terminaux hybrides dont on ne savait pas trop à quelle famille ils étaient rattachés :

qualcomm-smartbooks

Maintenant que nous avons un premier terminal « viable » qui va être très prochainement lancé sur la marché (le AirLife de HP-Compaq), les contours de ce segment semblent encore plus ambigus avec un aspect très proche des netbooks mais des détails rappelant fortement les smartphones (système d’exploitation Android, écran tactile, boutons « Home » et « Menu » sous le pavé tactile…) :

compaq-airlife

Toujours est-il que même si la différence avec les netbooks est subtile, elle est pourtant bien réelle : Les netbooks sont des terminaux nomades alors que les smartbooks sont des terminaux mobiles. Il y a ainsi deux différences majeures dans les usages :

  • Les terminaux nomades sont connectés de façon ponctuelle (on les allument pour s’en servir) alors que les terminaux mobiles sont allumés toute la journée et même la nuit (ils restent en veille et on les recharge une fois par jour) ;
  • Les terminaux nomades utilisent des technologies de communication pull (WiFi) alors que les terminaux mobiles utilisent des technologies de communication push (SMS, alertes…).

Ces deux différences font que l’on peut classer les terminaux dans une catégorie ou l’autre. Les smartbooks sont donc de gros smartphones et non des netbooks connectés. Qualcomm a monté une business unit dédiée à l’évangélisation des smartbooks et je compte bien suivre ça de très près car ils préfigurent l’avenir de l’internet mobile et certains analystes sont déjà très optimistes : 163 Million Smartbooks Expected to Ship in 2015.

Vers la 4G et après ?

Comment parler de terminaux mobiles sans aborder les normes ? Le Mobile World Congress de Barcelone a été l’occasion de dévoiler au grand public la roadmap vers la téléphonie mobile de quatrième génération, celle qui va autoriser des débits supérieurs à 50 Mbits/s. La norme LTE (Long Term Evolution) semble donc être bien partie pour assurer la transition entre L’HSDPA et… une version plus aboutie baptisée provisoirement LTE Advanced.

Vous seriez en droit de me dire que la course au haut débit en situation de mobilité n’est pas une finalité (après tout l’important c’est la ratio entre débit et consommation) mais la proposition de valeur de la norme LTE est de proposée une consommation inférieure pour des débits équivalents à la 3G ou la 3,5G. Une aubaine pour les smartbooks et autres terminaux mobiles cherchant à maximiser leur autonomie.

Outre les usages data où le débit n’est jamais assez élevé (LTE sera la norme de référence pour les modems-clés USB en 2011), la vidéo semble être un bon prétexte pour cette course à la bande passante. Que neni, car les réseaux de télécommunication ne supporteront jamais une montée en charge à grande échelle. Pour de la vidéo en situation de mobilité dans des conditions viables, il faudra plutôt chercher du côté de normes broadcast comme DVB-H plutôt que de rêver à une hypothétique solution viable d’unicast. Pour le moment le déploiement semble au point mort en France, mais les États-Unis semblent avoir prit une longueur d’avance avec des services déjà opérationnels comme le Flo-TV de Qualcomm.

flo_tv

Attendez-vous à voir débarquer des smartphones compatibles dès l’année 2010…

Deux autres gros segments à adresser : Feature phones et eBooks

En plus des smartphones, smartbooks et Personal Mobile Television, Qualcomm s’intéresse également à deux autres segments très porteurs : Les feature phones et les ebooks. Pour votre information (j’ai découvert ça la semaine dernière), « feature phone » est le nouveau terme à la mode pour désigner les smartphones low-cost (moins de 100 $). On n’en parle pas beaucoup dans les médias, mais les feature phones représentent les 3/4 des parts de marché. Un segment moins sexy que celui des smartphones mais avec une intensité concurrentielle bien inférieure car l’écosystème est encore atomisé.

Pour bien comprendre les conditions de marché, il faut s’intéresser aux systèmes d’exploitation : Là om l’on compte pas moins de 6 acteurs pour les smartphones (Google / Android, Apple et iPhone, RIM / BlackBerry, Nokia / Symbian, Palm, Microsoft / Windows Mobile,  Samsung / Bada) et il s’en créé encore (à l’image de MeeGo). Pour les feature phones la situation est différente puisque les OS varient d’un combiné à l’autre et qu’il n’y a pas réellement d’offre uniformisée. Qualcomm s’est donc lancé sur ce créneau avec Brew Mobile Platform, l’évolution de son système d’exploitation « maison ». Une solution particulièrement compétitive car adaptée aux « faibles » capacités hardware des feature phones qui ne peuvent s’offrir des composants trop onéreux.

Faible coût ne rime pas forcément avec compromis sur la qualité de l’interface puisque la Brew MP est capable de faire tourner Flash Lite mais également Adobe Mobile Client pour les Rich Mobile Applications. Le tout récent HTC Smart est ainsi propulsé par Brew mais propose une interface très proche d’Android, on s’y tromperait !

HTC_Smart

La prochaine étape logique pour la Brew MP devrait être une application store centralisée.

Autre segment en pleine ébullition : les eBooks. Alors que la blogosphère n’en finit plus de prédire le déclin du Kindle (équipé d’un écran à encre électronique) face à l’iPad (équipé d’un écran à LED), Qualcomm s’apprête à rentrer dans la danse avec une technologie d’affichage intermédiaire baptisée Mirasol. Cette technologie repose sur des membranes réflectives combinée à un système de rétro-éclairage à basse consommation qui autorise un excellent contraste en plein soleil, une grande autonomie, un affichage en couleur avec un taux de rafraichissement suffisant pour faire de la vidéo.

qualcomm-mirasol

Pourquoi la vidéo est-elle importante dans le contexte des ebooks ? Tout simplement parce que vidéo = belles pubs = revenus suffisant pour financer des contenus de qualité. Là où  le Kindle sera enfermé dans sa niche de livres / journaux payants, les terminaux équipés d’écran à technologie Mirasol seront plus versatiles (magazines et BD digitalisés) et plus confortables que l’iPad. Lancement prévu en fin d’année.

2010, l’année de la convergence mobile ?

Smartphones, smartbooks, personal mobile television, feature phones, ebooks… Qualcomm est petit à petit en train de se positionner sur tous les segments à fort potentiel pour s’imposer comme l’outsider de référence par rapport à des acteurs sur-médiatisés (Google, Apple, Microsoft). En proposant une plateforme intégrée (la fameuse puce SnapDragon) Qualcomm se positionne à la croisée de nombreux usages :

  • Informatique (au travers de nombreuses applications disponibles sur des systèmes d’exploitation compatibles comme Android) ;
  • Internet (avec la connectivité permanente) ;
  • Multimédia (avec des composants dédié au codage / décodage audio et vidéo) ;
  • TV (avec le réseau MediaFlo) ;
  • Jeux (les capacités 3D des composants graphiques sont largement suffisantes pour ça) ;
  • Édition (grâce à sa technologie d’affichage)…

Tout ceci est très encourageant, et il ne manque plus qu’un domaine d’activité pour compléter ce tableau : La santé. Avec le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie, ce sont des centaines des milliards de papy-boomers qui seront concernés par la nouvelle génération de terminaux à usage pseudo-médical :

  • Des téléphones simplifiés (avec de grosses touches) équipés d’une puce GPS et d’un bouton d’appel pour pouvoir facilement localisé et aider des personnes âgées en difficulté (subissant un malaise ou s’étant perdues car victime de la maladie d’Alzheimer) ;
  • Des visiophones simplifiés capables de faire du diagnostique à distance (comme le Health d’Intel) ou de retransmettre les constantes vitales de capteurs portées en permanence.

Outre les applications évidente pour les personnes du troisième âge, ce types de terminaux peut intéresser les pouvoirs publics qui y trouverait un avantage économique (cela coûte beaucoup moins cher de surveiller un patient à son domicile plutôt que dans une chambre d’hôpital). Ces terminaux seraient donc potentiellement subventionnés par la sécurité sociale dans le cadre de la médecine ambulatoire.

Plus que jamais je suis intimement convaincu que nous sommes à l’aube de gros changements dans notre façon d’appréhender les outils informatiques et de penser / concevoir les services qui accompagneront ces nouveaux usages.

2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?

Après presque 30 années de domination sans partage, j’ai comme l’impression que l’outil informatique traditionnel (écran + clavier + souris) est en train de sérieusement se ringardiser. Le couple Windows – Intel semble en effet avoir atteint son apogée et l’on se dirige tout droit vers un nouveau cycle d’innovation pour faire émerger de nouvelles catégories de terminaux et de nouveaux usages.

De l’internet mobile à l’internet nomade

Je pense ne pas me tromper en disant que la révolution mobile a fait long-feu en France et dans les pays occidentaux en général. Autant l’Asie a connu un formidable essor des services mobiles dans les années 2000 (principalement en Corée du Sud et au Japon), autant le WAP évoque un demi-échec (lire à ce sujet Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité). Mais ne parlons plus du passé et tournons-nous vers l’avenir car l’avènement de l’iPhone et des netbooks a permit au marché de comprendre qu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un écran de 19″ et un processeur à quadruple-coeur pour profiter de services en ligne dans de très bonnes conditions. L’idée étant de compenser du débit et de la puissance par de l’autonomie et de la praticité (il faut 30 secondes pour allumer son iPhone et relever ses mails).

De plus, je note une forte volonté des industriels de sortir de l’impasse du web gratuit où les producteurs et distributeurs de musique, films, séries TV, news… s’arrachent les cheveux pour trouver des modèles économiques viables sur un média où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit. Les conditions de marché semblent donc réunies pour initier la révolution de l’outil informatique et sortir de la domination du PC (dans le sens « Personnal Computer« ).

Bien évidement il existera toujours et nous continuerons à utiliser des ordinateurs (fixes ou portables), mais ils devront partager leur part d’audience avec d’autres types de terminaux qui nous permettrons de consommer des contenus, d’exploiter des services et de prolonger nos interactions sociales dans d’autres contextes. Ces terminaux nous les connaissons déjà (smartphones, netbooks, touchbooks, terminaux grand public ambiants…) mais leur prolifération et la part d’usage que nous leur réservons va petit à petit augmenter et inverser la tendance.

allbook

Eric Schmidt, PDG de Google, a ainsi déclaré que l’avenir de l’internet était au mobile. Ce n’est pas également un hasard si Steve Jobs a annoncé en ouverture de sa dernière keynote qu’Apple était une société de terminaux mobiles. Non pas que ces patrons ne croient plus en l’informatique « traditionnelle », mais plutôt que les meilleures opportunités sont à chercher en dehors du cadre des ordinateurs tels que nous les connaissons (avec écran, clavier et souris). L’approche de services morcelés en widgets (ou applications chez Apple) semble en effet beaucoup plus facile à contrôler (d’un point de vue modèle économique).

Nous ne parlons pas seulement des terminaux qui tiennent dans la poche et que nous trimbalons partout avec nous, mais plutôt des terminaux à encombrement réduit et à grande autonomie qui peuvent servir partout mais dont l’essentiel des usages se fait en intérieur dans votre salon ou chambre (à l’image des consoles de jeux portables comme la Nintendo DS). L’avantage de ces terminaux est de supprimer toute dépendance aux fils (alimentation, réseau), nous parlons plus ainsi d’internet nomade plutôt que d’internet mobile.

Une course à la taille critique pour les systèmes d’exploitation

Il en va de même pour l’iPhone, terminal mobile de référence qui est également capable de rendre de très bon services d’appoint pour vous éviter d’avoir à démarrer votre ordinateur (regarder la météo ou le programme TV, vérifier ses emails ou Twitter, jouer 5 minutes…). L’iPhone et son modèle de distribution fermé fait ainsi beaucoup d’envieux. Nombreux sont ceux qui aimeraient bien réitérer cet exploit à l’image de Palm, Blackberry ou encore de cette alliance entre 24 opérateurs pour lancer une plateforme ouverte d’applications sur mobiles. Le but de la manoeuvre est de créer un marché-cible suffisamment grand pour créer un écosystèmes de développeurs et d’éditeurs d’applications.

OK très bien, mais il va falloir faire preuve de plus d’ambition pour convaincre le marché. D’autant plus que cette alliance ne prend en compte qu’une partie de l’équation (les terminaux mobiles). Je suis ainsi beaucoup plus attentif au tout récent partenariat entre Nokia et Intel pour fusionner leurs systèmes d’exploitation respectifs (Maemo et Moblin) en une plateforme unifiée du nom de MeeGo.

MeeGo
MeeGo, le système d'exploitation multi-terminaux

L’idée est de construire sur un noyau Linux une architecture logicielle suffisamment souple pour s’adapter à différents types de terminaux connectés :

MeeGo-Architecture
L'architecture logicielle de MeeGo

En proposant une plateforme logicielle unique pour un grand nombre de terminaux (smartphones, netbooks, TV et véhicules connectés…), Nokia/Intel s’assurent ainsi un soutien de nombreux développeurs et éditeurs souhaitant toucher un maximum de cibles et décliner leurs applications sur un maximum de terminaux en un minimum de temps. Nous allons donc très probablement assister à une course à la taille critique. Je ne pense pas qu’un système va écraser les autres mais plutôt une configuration où le marché est réparti entre 4 à 5 OS.

Des terminaux polymorphes pour contenter le plus grand nombre

À partir du moment où le « problème » du système d’exploitation (et du nombre d’applications disponibles) est résolu, rien n’empêche les industriels de segmenter le marché à l’infini et de proposer différents formats de terminaux pour cibler de façon plus fine les différentes niches de clients.

Des touchbooks pour petits et grands
Des touchbooks pour petits et grands

Le but de la manoeuvre est de proposer des machines parfaitement adaptées aux clients-cibles. Ça fonctionne donc pour les petits avec le iXL de Play Fish mais ça pourrait aussi fonctionner pour les séniors ou n’importe quelle autre niche.

Et puisque l’on parle de segmentation, impossible de ne pas évoquer le tout récent Windows Phone de Microsoft. Conscient du retard accumulé avec Windows mobile, les équipes de Microsoft ont pris la décision radicale de faire table rase du passée et de proposer un tout nouveau concept avec cette téléphone grand public propulsé par le système d’exploitation du Zune.

wp7_startscreen

Sage décision car le marché des smartphones sur-puissants à vocation BtoB commence à être sacrément bouché (Symbian, Android, BlackBerry, Palm). C’est donc un coup de maître de la part de Microsoft qui rompt définitivement l’héritage culturel de Windows et Office pour se montrer sur un nouvel angle (Xbox, Zune, Facebook). Ce nouveau positionnement grand public et plus abordable en terme de sophistication et de prix va permettre à Microsoft de réduire considérablement la pression concurrentielle en s’attaquant au middle-market (situé entre les téléphone basics et les smartphones).

Nouveaux usages = nouveaux revenus (ou pas)

Je n’ai pas eu la chance de participer au grand raout annuel de la mobilité à Barcelone (le Mobile World Congress), mais les comptes-rendus que je peux lire à droite et à gauche (cf. Mobile World Congress: some thoughts on day 1) me laissent penser qu’une nouvelle vague d’innovation est en train de déferler avec beaucoup d’investissements dans le software, une segmentation plus fine et une réflexion de fond sur les usages. Et même si les terminaux sont globalement plus intelligents, la sur-enchère technologique semble être compensée par des approches marché plus pertinente : Moins de puissance mais plus d’autonomie, de confort, d’adéquation…

L’innovation s’accélère, et les géants du monde informatique (Google, Apple, Microsoft) ne compte pas se laisser distancer. Pourquoi ? Tout simplement car cette vague de terminaux alternatifs va avoir une conséquence directe sur les revenus générés par la vache à lait du web : la recherche. Autant les ordinateurs sont parfaitement équipés pour faire une recherche dans de bonnes conditions (clavier complet pour saisir les mots-clés, large écran pour afficher les résultats, souris pour naviguer dans les résultats), autant sur un touchbbok ou un smartphone c’est complètement différent car les périphériques de saisie / d’affichage rendent la recherche plus délicate.

Nous sommes ainsi dans une dynamique de découverte plutôt que de recherche. Les géants comme Google, Apple et Microsoft investissent massivement pour ne pas perdre le contrôle de l’interface et se réserver des espaces de valorisation et de mise en avant du contenu. Les bannières et autres mots-clés sponsorisés vont donc être remplacés par des têtes de gondoles. Qui s’en plaindra ?

Un nouveau paradigme de l’outil informatique

Les 10 dernières années ont été consacrées au perfectionnement des services et contenus web consommés au travers d’un ordinateur. Les 10 prochaines années seront consacrées à la découverte de nouveaux services / contenus et à l’appropriation de nouveaux types de terminaux aux contraintes et spécificités très variées. Tout ceci vous semble peut-être un peu lointain, mais je vous donnes rendez-vous en 2020 pour faire le point sur ces usages nomades et surtout sur l’impact qu’ils vont avoir sur notre façon de concevoir, distribuer et consommer de nouveaux services et contenus. Peut-être engendreront-ils de nouvelles formes de dépendance ou de cyber-criminalité…

Je suis en tout cas fermement convaincu que nous entrons dans une nouvelle ère, celle de l’informatique nomade, tactile et sociale. Il va donc nous falloir complètement ré-inventer les expériences utilisateur (interfaces et contenus) pour mieux coller à ce paradigme du marché.

Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés

J’ai comme l’impression  qu’en ce moment entre le Peek et le WikiReader c’est la mode des terminaux portables dédiés. Les quoi ? Mais si enfin, les terminaux dédiés, ces petites machines portables (connectées ou non) qui sont entièrement dédiées à un service, par opposition aux assistants personnels qui sont capables de faire de nombreuses choses.

Même si le concept de terminal dédié présente des avantages (conception adaptée) il semblerait que cette approche soit en train de subir une concurrence fatale de la part des smartphones.

Navigateurs GPS vs. smartphones

Historiquement se sont les systèmes de navigation personnels qui ont ouvert la voix :

roadmate

Le problème est que les routes évoluent (changement de noms) et que les données contextuelles (travaux, état du trafic…) sont très précieuses. De ce fait, ces systèmes embarquent maintenant des systèmes de synchronisation « over the air » qui peuvent faire doublon avec votre abonnement de téléphonie.

Illustration avec l’application iPhone proposé par TomTom :

tomtom-iphone

C’est grosso-modo la même chose (écran tactile, GPS, compas…) mais vous ne payez que le soft et les données en temps réel. Je n’ai pas testé donc merci de ne pas troller sur le prix de l’application.

Là où ça se corse, c’est quand Google décide de sortir son propre service (Google Maps Navigation) qui exploite à la fois les données cartographiques de Google Maps, les photos de Google Street View :

AndroidNavigation

Non seulement l’interface est un modèle d’intuitivité mais en plus l’application bénéficie de la base de données de Google Local. Cerise sur le gâteau : cette application est gratuite pour les terminaux propulsés par Android. Inutile de vous dire que cela doit donner des sueurs froides aux fabricants.

Baladeurs MP3 vs. smartphones

Autre exemple « historique », les baladeurs MP3 (dont l’iPod) qui doivent maintenant subir la concurrence des smartphones comme l’iPhone ou Android :

iphone_itunes

Autant la gestion de la musique sur Android mérite encore quelques améliorations, autant l’iPhone est parfaitement au point et bénéficie en plus de l’intégration d’iTunes pour télécharger directement de la musique sans passer par l’ordinateur.

Là où ça devient intéressant, c’est quand des services en ligne musicaux par abonnement commencent à voir le jour (Spotify, Lala…). Idem pour des services de recommandation comme Pandora qui présentent un avantage compétitif sans précédent par rapport à un simple baladeur MP3.

Consoles de jeux portables vs. smartphones

Oui je sais bien que Nintendo a réussi à vendre près de 120 millions de Game Boy et 115 millions de DS, mais le marché surveille tout de même de très près l’iPhone qui représente plus de 10% des parts de marché des jeux mobiles. Bien évidement il y a encore beaucoup moins d’iPhone en circulation que de consoles portables (un peu plus de 300 millions d’unités il me semble) mais c’est parce que les autres ont beaucoup d’avance. Dans tous les cas de figure, ce ne sont pas les caractéristiques techniques qui sont en défaveur de l’iPhone (si je ne dis pas de bêtise il est plus puissant qu’une DS ou une PSP) qui arrive en plus à conquérir un public différent grâce à son écran mulit touch :

FIFA10

La situation est d’autant plus critique pour les fabriquant historiques de consoles portables qui viennent à peine de revoir leur modèle de distribution (qui reposait jusqu’à présent sur les cartouches) avec le lancement de jeux à télécharger. D’ailleurs la toute récente PSP Go ne propose que des jeux à télécharger.

Encyclopédie et outils de communication dédiés vs. smartphones

Derniers nés de cette catégorie « terminaux dédiés portables », le très intéressant WikiReader qui vous donne accès à la gigantesque base de données de Wikipedia :

WikiReader

Ce petit appareil a d’indéniables qualité (prix réduit, ergonomie adaptée, autonomie…) mais subit de fait une concurrence frontale avec la version mobile de Wikipedia (ou l’application) qui évite de devoir faire des mises à jour (facturée 29$).

Dernier exemple avec le Peek, un terminal dédié à la communication qui permet d’envoyer/recevoir des emails et messages à volonté (pour 15$/mois) :

Peek

Une offre intéressante car les forfaits « data » des opérateurs réservent parfois des surprises et car ce terminal est parfaitement adpaté à cette tâche. OK… mais les BlackBerry sont aussi positionnés sur ce créneau et remplissent parfaitement leur rôle.

Qu’à cela ne tienne, ils s’apprêtent à commercialiser une version spécifique pour Twitter (tweets illimités pour un prix de vente à 199$) : TwitterPeek. Là encore une offre qui fait réfléchir, mais qui va sûrement avoir du mal à trouver sa place face aux nombreuses applications de tweeting disponibles sur les smartphones : Would You Pay $199 for a Mobile Twitter Device With “Lifetime” Service?.

Conclusion

Comme nous venons de la voir, les smartphones sont capables de rivaliser avec chacun de ces terminaux de façon tout à fait convaincante. Pour le moment c’est l’iPhone qui tient le haut du panier avec une machine et un écosystème redoutablement bien intégré (et rentable pour Apple) mais qui sait ce que les autres acteurs nous préparent (Google / Android, Nokia…) ?

De mon point de vue il n’y a pas photo : je possédais un téléphone, un PDA, un baladeur numérique et une Game Boy. Maintenant tout ce dont j’ai besoin c’est de mon iPhone (et en prime il peut même faire modem 3G pour mon ordinateur). Peut-être les nouvelles générations de netbooks ou de touchbooks apporteront-elles du neuf dans cette compétition. À moins que la future tablet d’Apple nous replonge dans une situation de quasi-monopole…