Rétrospective sur mes prédictions 2014

Nous sommes dans la dernière ligne droite de l’année, il est donc grand temps pour moi de faire le bilan sur mes prédictions pour l’année 2014. Le bilan de cette année est plutôt bon, même si je n’avais pas pris beaucoup de risques par rapport aux années précédentes (200620072008200920102011, 2012 et 2013).

1/ L’inexorable ascension des applications sociales mobiles

Pas de grandes surprises du côté des applications mobiles de communication qui ont poursuivi leur croissance à un rythme très soutenu : plus de 100 M d’utilisateurs pour SnapChat, 560 M pour Line, 470 M pour WeChat… Le grand gagnant de cette course de vitesse est sans conteste Facebook avec trois applications particulièrement populaires (près de 600M pour WhatsApp, 500 M pour Messenger et 300 M pour Instagram).

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Intéressez-vous de très près à ces applications pour comprendre leur succès et essayer surtout de voir dans quelle mesure votre marque pourrait en bénéficier. Essayez également d’étudier les applications moins populaires, celles où il y a moins d’intensité concurrentielle (cf. À la recherche de la nouvelle-nouvelle application mobile).

2/ Les publicités natives dépassent les 20% des budgets média

Les offres de publicité native sont incontestablement un succès. Les résultats financiers de Facebook sont d’ailleurs dopés par la publicité native sur les terminaux mobiles. Hélas, ce format publicitaire est très obscur, il est ainsi très compliqué de se procurer des statistiques globales sur la part de marché ou la performance.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : La publicité native est jusqu’à preuve du contraire le seul moyen de pouvoir communiquer de façon pro-active sur les smartphones, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire… Sinon vous pouvez également voir dans quelle mesure vous pouvez amplifier votre stratégie de brand content grâce aux offres de visibilité payante.

3/ Le retour de la narration et de la scénarisation des contenus multimédia

Les spécifications d’HTML5 n’ont été officiellement publiées qu’il y a 2 mois, pourtant de nombreux éditeurs et annonceurs se sont lancés dans la production de contenus enrichis (Trois expériences de lecture différentes pour Marseille, Guy Cotten et la BBC). Ceci étant dit, ces expériences restent malheureusement beaucoup trop rares, malgré des technologies toujours plus sophistiquées.

Pertinence : Moyenne.

Action à prévoir : Lancez-vous dans la réalisation d’un projet pilote pour bien vous rendre compte du potentiel de HTML5 pour scénariser et dynamiser vos contenus.

4/ Les magasins connectés deviennent la norme

Faire évoluer une chaîne de distribution est un défi complexe à relever, d’autant plus quand il s’agit de franchisés. De ce fait, les magasins connectés sont plus ou moins passés de mode. Compte-tenu du nombre de smarpthones en circulation, il est ainsi beaucoup plus simple de lancer en application mobile pour « connecter » les clients que de « connecter » les magasins ou les vendeurs. Le web-to-store est en effet une réalité pour bon nombre de consommateurs (Le ROPO bouleverse le parcours client), malgré un déficit de pédagogie chez les commerçants.

Pertinence : Moyenne.

Action à prévoir : Étudiez au plus vite l’impact des smartphones sur le parcours client et la façon dont vous pourriez les intégrer dans vos campagnes d’acquisition et de fidélisation.

5/ L’Afrique devient le nouvel eldorado du web

Conformément à mes prédictions, l’Afrique se numérise à grands pas, même si le contexte est très différent de ce que nous connaissons en Europe (En Afrique subsaharienne, la révolution mobile est en marche). Les allemands de Rocket Internet ont profité de cette forte expansion avec une introduction en bourse et une levée de fond record (Rocket Internet-Backed Jumia Raises $150M For Its African E-Commerce Business). Certains de nos compatriotes en ont également profité (Le commerce en ligne français s’exporte en Afrique).

Pertinence : Très bonne.

Action à prévoir : Intéressez-vous de près aux marchés les plus prometteurs (Nigéria, Côte d’ivoire…), sans oublier le Moyenne-Orient, et essayez d’extrapoler un business plan en tenant compte des spécificités locales.

Voilà pour la rétrospective, je m’attelle dès maintenant à la rédaction des prédictions 2015 qui devraient être en ligne demain.

Mes prédictions pour 2014

Comme à chaque approche de la nouvelle année, je vous propose mes prédictions (cf. mes précédentes prédictions pour 2006200720082009201020112012 et 2013). Autant vous prévenir tout de suite : il n’y aura rien de révolutionnaire pour ces prédictions dans la mesure où nous sommes déjà noyés sous un déluge d’innovations et autres disruptions. Du coup l’exercice consiste plus à identifier les tendances les plus prometteuses plutôt qu’à faire en une liste exhaustive. Par exemple, vous ne trouverez pas de robots ou de drones dans mes prédictions, car tout ceci est encore un peu trop avant-gardiste, et surtout pas réellement en phase avec les attentes du grand public.

Bref, tout ça pour dire que la cuvée 2014 sera placée sous le signe de la rationalisation.

L’inexorable ascension des applications sociales mobiles

Saviez-vous qu’il y a plus d’utilisateurs de WhatsApp que de Twitter ou TumblR ? Saviez-vous que WeChat et Line approchaient du seuil des 300 M de membres ? Ces chiffres peuvent surprendre, mais ils sont le reflet de la formidable progression d’une nouvelle génération d’applications mobiles (Our List Of The World’s Largest Social Networks). En à peine deux ans, des applications comme SnapChat, WhatsApp, Kik ou Viber ont conquis des centaines de millions d’Occidentaux, pendant que WeChat, Line, Kakao ou Nimbuzz partaient à la conquête de l’Asie (L’avènement des applications sociales mobiles). Certains pourraient me demander « Pourquoi un tel succès ? » et je leur répondrais « Pourquoi pas plus tôt ?« . Il est ainsi surprenant qu’avec la généralisation des smartphones et des forfaits (quasi) illimités ce type d’application n’ait pas remplacé les SMS / MMS plus tôt. Je pense ne pas me tromper en disant que ces applications profitent de l’héritage de iMessage ou de BBM. Et le rythme d’adoption ne va pas fléchir puisque ces applications proposent des fonctionnalités bien plus sophistiquées que de la messagerie de groupe : géolocalisation, publications scénarisées, push-to-talk, jeux…

La grande inconnue reste de savoir comment les éditeurs vont monétiser leur audience. Si les applications asiatiques ont trouvé des leviers de monétisation intéressants (Snapchat Could Learn From The Explosive Growth In This Messaging App’s Sticker And Ad Revenue), je ne sais pas trop où vont les éditeurs US (cf. Why we don’t sell ads). Il serait d’ailleurs urgent qu’ils se décident à lancer leurs offres publicitaires.

Action à prévoir : Commencez à vous approprier ces applications mobiles et à voir dans quelle mesure vous pourriez les utiliser à des fins de branding ou de marketing.

Les publicités natives dépassent les 20% des budgets média

Encore une tendance qui a explosé en cours d’année. Un succès qui est parfaitement justifié, car les publicités natives sont l’alternative la plus élégante aux bannières et un moyen très efficace de contourner les bloqueurs de publicités. L’essor des publicités natives est tel que l’IAB s’est empressé de publier son référentiel de bonnes pratiques : IAB Native Advertising Playbook.

La grande force des publicités natives est qu’elles apportent une solution idéale pour les terminaux mobiles, et qu’il est possible de les coupler avec des techniques de programmatic buying. J’anticipe donc un basculement rapide des budgets d’achat d’espaces traditionnels vers de la publicité native. Le problème est que ces publicités sont spécifiques à chaque support et que l’inventaire est limité. Du coup, il n’est pas non plus envisageable d’abandonner complètement les bannières. L’idéal est d’avoir une approche hybride des campagnes : bannières pour la visibilité, natives pour l’engagement et ciblage démographique / comportemental pour la performance.

Action à prévoir : Passez un peu de temps sur les supports générant le plus d’audience (Facebook, Twitter, BuzzFeed…) pour comprendre comment les annonceurs les plus performants se servent des publicités natives.

Le retour de la narration et de la scénarisation des contenus multimédia

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous venter les mérites d’HTML5 et de CSS3 pour donner de la profondeur à vos contenus, faire de belles transitions et doper votre narration. Vous pourriez à juste titre que c’est le retour des contenus scénarisés comme à la grande époque des CD-Rom, et vous n’auriez pas tort ! Après tout, qui s’en plaindra ? Quand je vois des réalisations comme le livret blanc Au-delà du cloud de SFR, je me dis que nous n’en sommes qu’au tout début d’une nouvelle ère de réappropriation des techniques de mise en page avancée. Certes, il faut un minimum de travail, mais imaginez ce que ça pourrait donner sur des sites institutionnels comme celui de Coca-Cola (justement très riches en contenu).

Avec de telles techniques d’animation et de scénarisation des contenus, le storytelling serait sublimé, l’internaute ré-enchanté et les intégrateurs front-office sortiraient enfin de l’ombre pour récupérer les gallons qu’ils méritent.

Action à prévoir : Délectez-vous des articles de fond de The Verge ou de Polygon pour bien comprendre l’intérêt d’une narration enrichie.

Les magasins connectés deviennent la norme

Au cas où vous ne vous en étiez pas rendu compte, nous sommes au XXIème siècle, donc il est grand temps d’arrêter de s’extasier devant des bornes interactives installées dans un magasin. Je veux bien croire qu’il est compliqué de déployer des frontaux web en point de vente, mais là ça commence à être un peu long cette histoire. J’ai beaucoup de mal à comprendre comment il est encore possible de tolérer qu’un vendeur vous dise « Ha non je n’ai pas ce produit en stock, mais je me fais livrer la semaine prochaine« . La semaine prochaine ? Sérieusement ? Pour mémoire je vous rappelle qu’Amazon envisage de faire travailler les postiers le dimanche et de livrer ses clients avec des drones ! Et je ne vois pas au nom de quoi nous devrions « ralentir un peu les choses » (dixit notre ministre de… de quoi déjà ?) comme ça a été le cas pour les magasins But.

Tout ça pour dire que pour survivre les enseignes nationales devront impérativement pratiquer le commerce hybride où les activités autour de la vente en ligne et hors ligne ne seront pas cloisonnées (ex : le vendeur vous aide à commander un produit en ligne s’il n’est pas disponible en magasin). De même, les points de vente devront pouvoir servir de relais logistique (pour s’y faire livrer un produit ou pour faire la reprise d’un article acheté en ligne), j’estime que ça rentre dans le cadre du service apporté aux clients.

Attendez-vous également à des choses particulièrement novatrices en matière de microlocalisation, notamment avec le tout nouveau iBeacon d’Apple (With iBeacon, Apple is going to dump on NFC and embrace the internet of things).

Action à prévoir : Allez donc vous acheter une guitare chez Woodbrass ou un skate chez Hawai Surf pour voir à quoi ressemble une implémentation pragmatique et décomplexée du commerce hybride.

L’Afrique devient le nouvel eldorado du web

Si vous pensez qu’il y a de belles opportunités avec la montée en puissance du web en Asie, vous avez une sacrée longueur de retard. Avec des géants comme Rakuten, Alibaba ou Tencent, l’économie digitale asiatique est en pleine vitesse de pointe. Comprenez par là qu’ils n’ont plus besoin des capitaux ou des compétences occidentales, pire, ils passent maintenant à l’offensive ! Même des pays comme les Philippines ou l’Indonésie sont en pleine ébullition (17 food apps and startups in Indonesia).

À partir de ce constat, il ne reste plus qu’un continent offrant de très belles perspectives de croissance : l’Afrique. Les pays du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest  (principalement anglophones) connaissent en ce moment une authentique révolution avec la démocratisation des équipements. À partir du moment où les moyens d’accès s’améliorent de mois en mois (bande passante plus importante, forfaits moins chers) et que le prix des équipements est en baisse (grâce aux constructeurs chinois), les usages grimpent forcément en flèche. Si l’on se pose encore des questions en Europe, là-bas la situation est par contre très claire : la digitalisation de la population passera forcément par les smartphones.

Mais ne vous leurrez pas : si les perspectives de croissance sont bien réelles (tout reste à faire), la compétition est acharnée et les premiers gros acteurs sont déjà en place comme Kalahari en Afrique du Sud (Le géant du commerce en ligne kalahari.com accélère son expansion avec hybris), Jumia en Afrique francophone (financé par l’incontournable Rocket Internet), ou Konga en Afrique anglophone (Konga.com opens Africa’s biggest e-commerce fulfillment centre, appoints new COO).

Certes, tous ces usages en ligne sont embryonnaires, mais l’écosystème est à construire : opérateurs alternatifs, hébergeurs, référenceurs, agences… Tout le monde aura sa chance !

Action à prévoir : Arrêtez donc de fantasmer sur la Silicon Valley et allez donc faire un tour au Tabletcafé de Dakar.

Je vous donne rendez-vous en fin d’année 2014 pour une rétrospective de ces prédictions.

Rétrospective sur mes prédictions 2013

La fin de l’année approche, il est donc grand temps pour moi de faire le bilan de mes 13 prédictions 2013. Avant de me lancer dans une analyse critique de mes prédictions, je précise que l’exercice est quand même très périlleux, mais que j’y prends tout de même beaucoup de plaisir. La preuve, je me livre au jeu des prédictions / rétrospective depuis 8 ans (cf. les précédentes éditions en 200620072008200920102011 et 2012).

1/ Des coups sous la ceinture pour dominer le web

Je m’attendais à une véritable bataille rangée pour la domination du web à laquelle se seraient livrés les grands acteurs et industriels. Au final, à part le traditionnel conflit juridique entre Apple et Samsung, l’année a été plutôt calme (tout se règle entre avocats). On a même vu un rapprochement historique entre Oracle et SalesForce, deux ennemis héréditaires.

Pertinence : Nulle.

Action à prévoir : Pas grand-chose, l’envie de voir l’économie digitale redémarrer l’économie traditionnelle semble être plus forte que les conflits du passé. Peut-être sommes-nous entrés dans une nouvelle ère de la coopétition… peut-être est-ce un effet de bord de l’économie du partage…

2/ Un retour gagnant pour Microsoft

Malgré une nouvelle mouture plutôt réussie pour la tablette du géant de Redmond (la Surface 2) ainsi qu’une évolution non-négligeable pour son système d’exploitation (Windows 8.1), Microsoft semble ne pas parvenir à sortir de sa léthargie. Il y a bien eu la fracassante annonce du rachat de Nokia, mais il y a bien longtemps que le géant finlandais ne fait plus rêver personne (Microsoft + Nokia: the marriage of two broken business models). Nous pourrions également saluer les efforts titanesques pour unifier les deux branches historiques Windows et Windows Mobile, mais là encore, la tâche semble être plus complexe que prévue (Why Microsoft needs three—or more—operating systems). Heureusement la Xbox One est là pour égayer le bilan des années Balmer. Tiens au fait, on ne sait toujours pas qui va lui succéder…

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Pas grand-chose dans l’attente de savoir qui va remplacer Steve Balmer au poste de CEO.

3/ Un retour gagnant pour Yahoo

Marissa Meyer était censée réveiller le géant endormi. Il faut croire que le sommeil était plus profond que prévu… Certes, beaucoup de choses ont été annoncées cette année (un nouveau logo, un nouveau design, le rachat de Tumblr et de nombreuses autres startups), mais la sauce ne prend toujours pas, les internautes tournent le dos aux portails et préfèrent reporter leurs usages sur les applications mobiles. Pourtant les efforts en ce sens sont considérables (Yahoo Now Has 400 Million Monthly Mobile Users and 400 Mobile Developpers), mais il leur faudra encore du temps avant de faire prendre un nouveau cap au paquebot.

Pertinence : Très moyenne.

Action à prévoir : Commencez à vous renseigner sur leurs futures offres de publicité natives.

4/ Grosse pression asiatique

Avez-vous été impressionné par les résultats du cyber monday chinois (Chinese consumers splurge a record $5.7 billion in a single day of online shopping) ou par la spectaculaire progression d’applications mobiles comme WeChat ou Line ? Ce n’est rien comparé à ce qui va arriver en 2014 : le raz-de-marée des fabricants de smartphones chinois (Xiaomi, LTE, Oppo, Huawei, Yulong, CoolpadMeizu…), la revanche des géants du commerce en ligne comme Rakuten ou Alibaba, l’émergence de nouveaux hubs d’innovations comme l’Indonésie ou la Thaïlande… 2014 sera l’année de la consécration pour les NTIC asiatiques.

Pertinence : Très bonne.

Action à prévoir : Intéressez-vous de toute urgence à vos concurrents asiatiques (directs ou indirects), et ne vous limitez pas à la Chine !

5/ Le PC devient un produit de niche

C’est normalement l’année prochaine que va se faire la bascule entre ordinateurs et terminaux alternatifs : Half Of All PCs Shipped in 2014 Will Be Tablets; Android 65%, Apple 30%. Cette inexorable montée en puissance des tablettes face aux PC n’est pas très surprenante, car tout le monde en veut une (ou deux, ou trois). Pour le moment nous sommes encore en phase transitoire, mais les habitudes vont s’ancrer de façon plus profonde lorsque chaque membre de la famille aura sa tablette (During Q3 2013, 1 in 4 E-Commerce Website Visits Came From A Smartphone or Tablet).

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Internalisez au plus vite des compétences en conception et développement pour les terminaux alternatifs (smartphones et tablettes), car non, sous-traiter les développements ne vous fera pas gagner du temps, au contraire !

6/ Android devient le standard de la mobilité

La prise de risque sur cette prédiction était très faible. Ceci étant dit, je pense que nous mesurons encore assez mal l’ampleur de la victoire de Google sur le monde de la mobilité : More Than 7 Out Of 10 Smartphones In People’s Hands Globally Are Android Devices et IDC estimates 221m tablets shipped in 2013; Android top with 61%, then iOS 35% and Windows 3%. Vous pourriez me dire que la situation est différente pour les marchés occidentaux, mais je vous répondrais qu’en fait non : Si les Américains sont encore très attachés à leur iPhone / iPad (patriotisme oblige), certains marchés européens n’ont pas ce luxe : Apple’s iPhone Market Share Has Been All But Wiped Out In Spain.

Pertinence : Très bonne.

Action à prévoir : Rangez donc votre iPhone 5S doré, car le marché s’est retourné (il faut maintenant pêcher là où sont les poissons).

7/ Le web mobile supplante les applications mobiles

Ça doit bien faire 3 ans d’affilés que je la tente celle-là… et je me ramasse une nouvelle fois ! Malgré de gros progrès, les applications HTML5 ne parviennent toujours pas à s’imposer face aux applications mobiles (How do developers prioritise platforms? iOS vs Android vs HTML5). Mais les choses risquent de changer avec la domination d’Android et de gros changements à prévoir sous le capot (Google prépare la révolution des interfaces Android).

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Commencez à monter en compétence sur HTML5, ne serait-ce que pour votre site web (ça vous servira par la suite pour vos développements mobiles).

8/ Les premiers pas d’agents intelligents

Suite au lancement des assistants personnels embarqués dans les smartphones (Siri, Google Now), je pensais que de nombreux services allaient venir compléter l’offre embryonnaire. Mais en fait non, ça progresse lentement (mais sûrement).

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Pas grand chose, perfectionnez-vous plutôt sur HTML5.

9/ Arrivée sur le marché d’une nouvelle génération de terminaux connectés

Thermomètre, alarme, verrou, lunettes, fourchette… tous les objets du quotidien semblent maintenant avoir un équivalent connecté. C’est amusant, mais ça reste des gadgets de riches. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’internet des objets n’offre pour le moment de réelles opportunités que dans l’industrie.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Surveiller ces innovations de loin, sauf si vous êtes dans l’industrie. Auquel cas il vous faut un plan de toute urgence.

10/ Le rôle central de l’expérience utilisateur

Il ne se passe pas une semaine sans qu’un entrepreneur ambitieux tente de réinventer un service ou une application du quotidien (dernier en date : Tydlig). Je pense ne pas me tromper en disant que n’importe quel type de service ou application mérite une refonte en profondeur plaçant le confort d’utilisation et les besoins des utilisateurs au centre des préoccupations. Et en plus, ça peut rapporter gros (L’utilisabilité est un modèle économique viable).

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Montez un groupe de travail pour faire de la re-conception de vos offres à partir d’une feuille blanche.

11/ De nouveaux leviers de monétisation de la musique

Dur dur de gagner de l’argent dans la musique. Spotify et Deezer n’en finissent plus de grossir, mais il est quand même compliqué de bousculer les monopoles établis (Beyoncé’s surprise new release is the fastest-selling album on iTunes ever).

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Heu…

12/ Le scandale du taux d’engagement

Ce n’est pas faute de vous avoir prévenu : Facebook Admits Organic Reach Is Falling Short, Urges Marketers to Buy Ads et Facebook Slightly Tweaked How The Site Works, And It Screwed An Entire Profession. Facebook n’est plus une plateforme sociale, c’est un média. Tous les changements implémentés au cours de l’année et ceux à venir ne correspondent qu’à un seul objectif : monétiser l’audience en saucissonnant les annonceurs.

Pertinence : Très bonne.

Action à prévoir : Diversifiez votre présence sur les médias sociaux et investissez dans la production de contenus originaux.

13/ La donnée devient la matière première des marketeurs

Là encore ma prise de risque était minime, mais j’ai maintenant les idées beaucoup plus claires : Le marketing est redevenu une science exacte.

Pertinence : Très bonne.

Action à prévoir : Réorganisez vos équipes web pour attribuer les bonnes responsabilités aux bonnes personnes (la connaissance client pour les marketeux et l’image / le trafic pour les communicants).

Voilà, ainsi s’achève la rétrospective de mes prédictions 2013. Une année en demi-teinte donc. J’essayerais de faire mieux l’année prochaine !

Mes 13 prédictions pour 2013

C’est déjà la huitième année que je me prête au jeu des prédictions (cf. 200620072008200920102011 et 2012). Comme le temps passe vite, et comme certaines prédictions reviennent de façon chronique ! Comme à chaque fois, je précise que ceci est avant tout un exercice de style, prenez-le comme tel. Je me lance donc dans une nouvelle liste de tendances dont je pense qu’elles vont se concrétiser l’année prochaine.

1/ Des coups sous la ceinture pour dominer le web

Après plusieurs rounds d’observation, l’heure n’est plus aux amabilités entre les géants du web (Google, Apple, Facebook, Microsoft…). Il y a beaucoup d’argent en jeu, alors il faut frapper vite et de préférence sous la ceinture pour diminuer l’adversaire et lui prendre des parts de marché. Tout ceci a commencé l’année dernière avec la guerre des brevets dans la mobilité, les hostilités se prolongent avec, dernièrement, le blocage par Twitter des photos Instagram (Twitter riposte à Instagram et lance sa propre appli photo) et l’arrêt du support du protocole ActiveSync par Gmail (Google drops a Gmail-shaped bomb on Windows Phone). Ces petites manoeuvres sont-elles mesquines ? Oui tout à fait, mais vous avez intérêt à vous y habituer, car ce n’est que le début. Depuis le temps que l’on vous dit que le web est petit à petit en train de se replier derrière des espaces privatifs (walled gardens) et que les utilisateurs vont en souffrir…

Action à prévoir : Prévoyez un plan B pour tous les services que vous exploitez ou toutes les plateformes sociales sur lesquelles votre marque est présente.

2/ Un retour gagnant pour Microsoft

Il y a eu le rachat de Skype et de Yammer, le succès d’Azure, le lancement de la Surface et de Windows 8. L’année prochaine, Microsoft va continuer sur sa lancée avec une nouvelle Xbox, son propre smartphone, la nouvelle version d’Office… Bref, après plusieurs années de sur-place, la firme de Redmond sort de sa léthargie et repasse à l’offensive. Certes, Microsoft ne bénéficie pas de l’aura d’Apple (qui, je vous le rappelle, nous a refait le coup de changer la forme de TOUS les câbles pour être sûr que l’on ne puisse pas réutiliser nos accessoires en passant à l’iPhone5), mais cette société bénéficie encore de nombreux atouts. Bref, 2013 sera l’année où l’on va se souvenir que l’internet et l’outil informatique que nous connaissons ont été, en grande partie, modelés par Microsoft.

Action à prévoir : Passez un peu de temps sur la Surface et intéressez-vous de près aux derniers smartphone tournant sous Windows Phone (Mark Cuban Says Nokia’s Lumia 920 Crushes The iPhone 5).

3/ Un retour gagnant pour Yahoo

L’arrivée de Marissa Mayer à la tête de Yahoo a surpris beaucoup de monde dans la communauté high-tech (Quel avenir pour Yahoo avec Marissa Mayer ?). Nouvelle page d’accueil, nouvelle application mobile FlickR, nouvelles acquisitions en prévision… Le moins que l’on puisse dire est que Marissa assure le spectacle et qu’elle affiche de fortes ambitions pour le roi des portails. Yahoo a-t-il les moyens de repasser devant Google et Facebook ? Non, aucune chance. Par contre, ils peuvent tout à fait dépoussiérer la marque et les services et nous faire retrouver nos habitudes du siècle dernier (News, Sport…). La grande question est de savoir s’ils vont réussir à trouver une offre publicitaire alignée sur les nouvelles habitudes des internautes et des annonceurs.

Action à prévoir : Retrouvez vos identifiant / mot de passe et allez donc voir à quoi ressemble le portail qui était votre page d’accueil il n’y a pas si longtemps que ça.

4/ Grosse pression asiatique

Rakuten, Alibaba, Baidu, Tencent, Weibo, ZTE, Haier, Huawei… Tous ces noms vous semblent vaguement familiers,et pour cause, ils font maintenant partie de notre quotidien. Les capitaux asiatiques affluent dans toute l’Europe continentale et les acteurs des contrées lointaines semblent mués par une ambition sans limites (Amazon + Ebay + Google = Alibaba ?). Je ne vois honnêtement pas ce qui pourrait les arrêter…

Action à prévoir : Vous parlez le mandarin ou avez dans vos équipes quelqu’un qui le parle, n’est-ce pas ?

5/ Le PC devient un produit de niche

J’imagine que vous avez déjà entendu d’innombrables fois l’assertion « les terminaux mobiles vont remplacer les PC« . Je ne sais pas trop d’où ça sort, mais je propose à tous ceux qui propagent ce dogme de… rendre leur ordinateur et de ne plus travailler qu’avec leur smartphone ou leur tablette ! Plus sérieusement, la valeur d’usage de l’outil informatique tel que nous l’avons connu (écran + unité centrale + souris + clavier) a fortement baissé avec l’arrivée des tablettes et autres cloudbooks. Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne servent plus à rien, simplement que l’on a beaucoup moins envie / besoin d’en acheter un pour la maison. La conséquence immédiate de cette évolution de marché est que l’internaute ne va pas devenir mobile (pourquoi vouloir absolument raisonner de façon binaire ?), mais qu’il va chercher / consommer / acheter de façon indifférenciée sur plusieurs types de terminaux à la fois, et dans la même journée.

Action à prévoir : Arrêtez immédiatement de sous-traiter vos développements d’applications ou de sites mobiles à des prestataires dont vous allez être terriblement dépendant dans les prochaines années et faite monter en compétence vos équipes internes.

6/ Android devient le standard de la mobilité

Smartphones, tablettes, appareil photo, voitures, TV connectées… le système d’exploitation de Google a réussi à s’imposer malgré une concurrence très féroce (Apple et Google n’ont pas encore gagné la bataille du mobile). Si aujourd’hui il semble évident que Apple s’est replié sur les segments supérieurs  (L’iPhone est maintenant un produit de niche, l’iPad sera le prochain), le principal danger pour Android ne viendra pas de l’extérieur, mais de l’intérieur avec toujours le même problème de fragmentation et les nombreuses versions alternatives de l’OS (Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul).

Action à prévoir : Équipez vos équipes internes de terminaux Android.

7/ Le web mobile supplante les applications mobiles

Rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire l’article sur les avantages et inconvénients des applications mobiles vs. les sites mobiles. Mais avec le retournement du marché en faveur d’Android, la sortie de nouvelles versions majeures d’OS alternatifs (Windows Phone, BB OS…), la multiplication des app stores et l’amélioration des frameworks de développement (The Making of Fastbook: An HTML5 Love Story), les conditions de commercialisation d’une application se dégradent de mois en mois. Pour résumer une longue explication : les applications mobiles natives coûtent de plus en plus cher, ce qui augmente mécaniquement la viabilité des applications hybrides et sites mobiles.

Action à prévoir : Lancez immédiatement une étude de viabilité et un prototype d’application hybride pour faire rapidement monter en compétence vos équipes.

8/ Les premiers pas d’agents intelligents

Andy, Skyvi, Evi, Grokr… Nombreux sont les assistants personnels qui essayent de se faire un place aux côtés de Siri. Le problème est que les places sont rares et que Google a déjà pris une belle longueur d’avance (Un assistant personnel dans votre smartphone avec Siri, Now et Gimbal). Qu’à cela ne tienne, nous n’en sommes qu’aux balbutiements de ce que ces assistants personnels peuvent nous apporter au quotidien, il reste d’innombrables modalités d’interaction à trouver.

Action à prévoir : Étudiez dans quelle mesure vos contenus ou services peuvent être exploités par ces assistants.

9/ Arrivée sur le marché d’une nouvelle génération de terminaux connectés

Nous nous étions à peine remis de la déferlante des smartphones et tablettes que Google nous présentait son Project Glass (Quels usages pour les lunettes Google Glass). Là-dessus, Microsoft vient nous embrouiller avec son SmartGlass. Montres et bracelets connectés, thermostats et verrous connectés, portes et sapins de Noël pilotables à distance… les objets de notre quotidien sont maintenant tous connectables avec des produits que l’on trouve dans le commerce (cf. LeWeb12, compte rendu de la première journée). Là encore, il y a de nombreux cas d’usage à trouver et les premiers arrivés seront les premiers servis.

Action à prévoir : Ressortez donc votre Nabaztag et accordez-lui l’attention qu’il mérite (c’est un animal sensible).

10/ Le rôle central de l’expérience utilisateur

Avec l’avènement des médias sociaux et des terminaux mobiles, ainsi que toutes les nouvelles modalités d’interaction qui sont encore à définir, les points de contact entre une marque et ses clients ont beaucoup évolué et vont être complètement transformés dans les prochaines années. Il me semble donc essentiel de profiter de ce nouveau paradigme de marché pour faire le point sur ce qu’est censé être une journée type pour un client lambda. C’est là où les customer journey map prennent leur importance et permettent de formaliser une vision d’ensemble des interactions avec les clients (La conception d’expérience utilisateur est une discipline, pas une notion). Plus que le prix ou l’esthétisme, les clients sont avant tout à la recherche d’expériences plaisantes et socialement valorisantes, à vous d’en imaginer les contours.

Action à prévoir : Organisez une session de réflexion interne pour formaliser votre customer journey map.

11/ De nouveaux leviers de monétisation de la musique

Entre les succès de Spotify / Deezer et le retour de MySpace, il semblerait que l’industrie musicale a trouvé un second souffle. Il aura ainsi fallu près de 10 ans à cette industrie pour se restructurer autour de nouveaux acteurs (iTunes, LiveNation…) et viabiliser à nouveau les morceaux musicaux. Bien sûr tout n’est pas encore parfaitement au point, car le téléchargement illégal est encore une pratique très répandue, mais de nouvelles sources de revenus sont sécurisées et l’écosystème est en passe d’être stabilisé. L’air de rien, ce rétablissement est un très bon signal envoyé aux autres industries qui souffrent de leur passage à l’ère numérique (cinéma, jeux vidéo, TV, presse…).

Action à prévoir : Même si vous ne vous intéressez pas à la musique, étudiez en détail les nouveaux modèles économiques pour nourrir vos réflexions.

12/ Le scandale du taux d’engagement

J’ai déjà eu de nombreuses occasions d’aborder la difficulté de pérenniser la présence d’une marque sur Facebook (Facebook est comme un restaurant). Le problème est que plus on avance dans le temps et moins les marques se posent de questions, elles cherchent simplement à accumuler toujours plus de fans. OK, mais qu’est-ce qu’un fan : un membre engagé ? D’accord… mais que signifie « engager un membre ou un fan » ? C’est une question qui fait mal, à laquelle les agences spécialisées ne veulent pas répondre, car elles se retrouveraient dans une situation très délicate vis-à-vis de leurs clients. Pourtant le problème demeure toujours le même : comment exister sur Facebook face à des marques surpuissantes et fidéliser des membres dans un contexte où règne la superficialité ? Je ne remets pas en cause la capacité des community managers à sortir des vannes rigolotes ou des photos sympas, mais est-ce réellement ce dont votre marque a besoin ? (cf. Facebook is Waste of Time for Advertisers). Je sais bien qu’on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre, mais pendant combien de temps allons-nous continuer à nous mentir avec ces histoires de taux d’engagement ? La vérité que personne ne veut entendre est qu’une « communauté » sur Facebook est comme une statue de glace : le nombre d’internautes que vous allez effectivement pouvoir toucher peut s’effondrer en moins d’une semaine, et les quelques membres qui vont être exposé à votre message n’ont que peu de chance de le remarquer ou d’y réagir tant le contexte ne s’y prête pas. 2013 va être une année très douloureuse, car la prise de conscience de la fragilité du modèle d’engagement sur Facebook va en faire grincer des dents plus d’un. Mais ce n’est pas faute de vous avoir prévenu…

Action à prévoir : Définissez une architecture communautaire et sociale viable pour vous extraire de la dépendance à Facebook.

13/ La donnée devient la matière première des marketeurs

Il y a quelques années, le rôle des marketeurs se restreignait à l’acquisition de trafic et à la collecte d’adresses email. Puis ils se sont intéressés aux fans et aux conversations. Aujourd’hui, les préoccupations des marketeurs semblent s’être déplacées vers des domaines plus rationnels (Du recentrage nécessaire du marketing sur la connaissance client et la compréhension du marché), une très bonne chose, car cet éparpillement ne présageait rien de bon. Avec la masse colossale de données disponibles, les marketeurs vont avoir fort à faire pour les collecter, les structurer et en extraire des enseignements pertinents. Je suis ainsi persuadé que les marketeurs vont devoir s’équiper très vite en Data Management Systems pour pouvoir gérer (par analogie avec les Content Management Systems).

Action à prévoir : Cartographiez les sources et flux de données des différents métiers en rapport avec les données (DSI, CRM, ventes…) et définissez de façon claire et précise les responsabilités et domaines de compétence de chacun.

Voilà, ceci clôture mes prédictions pour 2013, je vous donne donc rendez-vous en fin d’année prochaine pour faire le point sur celles qui se sont réalisées ou non.

Rétrospective sur mes prédictions 2012

C’est la fin de l’année, période des bêtisiers et des prédictions. Comme je le fais depuis maintenant plus de 5 ans (20062007200820092010 et 2011), je vous propose une rétrospective sur mes prédictions 2012.

1/ L’avènement de la mobilité low-cost

Plus que jamais, la croissance du segment des smartphones est soutenue par les appareils low-cost. Apple, Samsung ou LG dominent en terme de qualité de produit, mais le volume est assurée par des terminaux plus discrets et surtout beaucoup moins chers. Fabriqués en Chine par des constructeurs inconnus du grand public il y a encore quelques mois (ZTE, Haier, Huawei…), c’est pour le moment Google qui en profite le plus avec sons système d’exploitation Android, mais il devra disputer sa place de leader avec des acteurs asiatiques très ambitieux (La domination d’Android menacée par les cloudphones et Aliyun ?) et une concurrence très féroce (Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul).

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Élargissez systématiquement vos tests d’applications et sites mobiles à cette catégorie de terminaux qui proposent des caractéristiques techniques et des capacités divergentes.

2/ Le retour de la revanche de la TV connectée

La TV connectée a visiblement bien du mal à s’imposer dans les foyers. Certes, le marché est pour le moment en attente de la sortie de l’Apple TV, mais force est de constater que la proposition est pour le moment très faible. Nous comprenons donc pourquoi les utilisateurs ne ressentent pas le besoin de s’équiper et préfèrent investir dans des tablettes.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Pas grand-chose, intéressez-vous plutôt aux tablettes low-cost et aux usages en second screen.

3/ La montée en puissance des objets connectés

La dernière édition de LeWeb leur était consacrée, les objets connectés ont décidément la côte. Montres, portes, chaussures, stations météo, ampoules… tout se connecte à tout. Si les usages sont encore très embryonnaires, voire anecdotiques, la technologie est au point et l’innovation tourne à plein régime.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Surveillez de près les grands acteurs du créneau pour ne pas vous laisser distancer.

4/ L’émergence d’offres de cloud pour le grand public

Je pense ne pas me tromper en disant que le cloud computing est maintenant partout, à tel point que le simple fait de stocker un fichier ou une photo en ligne est maintenant qualifié de « solution cloud« . Très pratiques pour se libérer des contraintes de stockage et de synchronisation, les offres grand public ne sont néanmoins pas légion, surtout dès que l’on s’éloigne des acteurs historiques (Google, Apple, Amazon, Spotify…). J’ai comme l’impression que le marché est paralysé par les progressions spectaculaires de Dropbox et Evernote. Par contre, je reste encore abasourdi par l’échec de OnLive (OnLive Filing for a Form of Bankruptcy, New Company to Take Its Place). La révolution n’a donc pas vraiment eu lieue.

Pertinence : Moyenne.

Action à prévoir : Offrez des abonnements premium chez Dropbox et Evernote à vos employés pour limiter l’éparpillement de vos données et fichiers.

5/ La révolution des ebooks

Si les ebooks ont définitivement envahi les marchés anglo-saxons, les liseuses peinent encore à trouver leur place sur le marché français, malgré les efforts d’Amazon, de la Fnac ou d’acteurs locaux comme Booken. Je ne reviendrais pas sur les raisons de ce faux départ qui s’éternise en longueur (catalogue limité, prix élevés, réticence des distributeurs…), toujours est-il que la confusion s’installe petit à petit dans la tête des clients potentiels (« pourquoi acheter une liseuse alors que j’ai déjà une tablette ?« ) et que le législateur botte en touche.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Essayez au moins de lire une page sur une liseuse pour bien vous rendre compte du confort de lecture incomparable.

6/ Le consécration des contenus applicatifs tactiles

J’avais été très impressionné par les premières applications éditoriales disponibles sur tablettes. Depuis, les exemples se font plus rares et les éditeurs semblent avoir abandonné devant les coûts de production très élevés et le contexte de commercialisation difficile (ça ne gène personne personne de payer 20€ pour un ebook, mais il y a un palier quasi-infranchissable à 5€ pour les applications dans iTunes). Visiblement la situation ne se débloquera pas tant que les outils de publication ne permettront pas d’abaisser les coûts.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Allez donc parcourir le catalogue de BetterBook pour vous rendre compte du potentiel des applications éditoriales.

7/ De nouvelles expériences de vente en ligne

Visiblement 2012 n’était pas l’année pour tenter de nouvelles expériences en matière de commerce en ligne, tout ça reste très traditionnel. Il faut croire que la rentabilité va rester LA priorité des commerçants. Dommage, car de nombreuses boutiques auraient besoin d’un petit quelque chose en plus pour sortir du sempiternel triptyque accueil / catégorie / produit.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Intéressez-vous de près à ce que vos concurrents font en matière de contenu, LE levier de différentiation par excellence.

8/ De nouvelles opportunités grâce à Big Data

Oui je sais, ça fait carrément enfonçage de porte ouverte de dire que les Big Data sont un créneau à la pointe et qu’il vous faut impérativement  vous y mettre. Il n’empêche que j’avais déjà commencé à en parler en 2010 : Du contenu roi aux données reines. Bref, cette année vous n’avez plus d’excuse.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Commence déjà par utiliser de façon plus intensive les données que cous avez déjà (web analytics…).

9/ L’unification des pratiques sociales internes et externes

Le social business est l’autre marronnier du moment. Mais tout comme les big data, si tout le monde est d’accord sur le principe, on ne sait pas trop par où ni quoi commencer, ni où tout ça va nous mener. Il en résulte beaucoup de confusion et des éditeurs qui en profitent pour vendre leur sauce. 2012 aura été une année très plate en matière de social business, il n’y a pas de raison pour que cela change en 2013 tant d’autres chantiers semblent prioritaires.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Lisez un ou deux livres sur le sujet pour pouvoir être à l’aise.

10/ Le triomphe des marques-médias grâce aux médias sociaux

Les exploits de Felix Baumgartner nous ont prouvé à quel point la publicité traditionnelle semble anachronique face aux initiatives de brand content. Le problème est que toutes les marques ne sont pas éligibles, seules celles qui ont toujours refusé les compromis s’en sortiront le mieux.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Méditez sur cette phrase entendue lors du Digital Maketing Symposium : « À l’avenir les marques se répartiront en deux groupes, celles qui pourront vendre leur contenu et celles qui devront en acheter« .

11/ La revanche des environnements virtuels

Les univers et environnements virtuels ont décidément beaucoup de mal à exister face aux grandes plateformes sociales, Habbo en a fait les frais. Seul Minecraft tire son épingle du jeu.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Regardez le documentaire The Story Of Mojang pour comprendre le phénomène Minecraft.

12/ La chasse aux hipsters avec les applications mobiles de partage de photos

Je pense ne pas me tromper en disant que nous atteignons le point de saturation des applications de partage de photo. Tout ce que vous avez à retenir est qu’avec Instagram, Facebook a tiré le gros lot. De là à dire que ça va révolutionner le web… je préconise une certaine forme de réserve quant à la pérennité de ces pratiques.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Installez la dernière version de FlickR pour éviter la congestion sur Instagram.

Voilà, cette rétrospective s’achève donc sur un bilan mitigé. J’espère faire mieux l’année prochaine.

Mes 12 prédictions pour 2012

Pour la septième année consécutive, comme je l’avais déjà fait en 20062007200820092010et 2011, je vais me prêter au jeu des prédictions. Comme chaque année, je précise que c’est un exercice délicat et que si la démarche vous semble trompeuse / ridicule / pompeuse, vous êtes libre de… ne pas les lire.

Avant de me lancer dans ma liste, passons d’abord en revue ce dont je ne vais pas parler :

  • Pas de prédiction sur les technologies. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur HTML5, sur la 3D, sur NFC… donc je vous épargnerais tout pronostic sur telle ou telle techno.
  • Pas de prédiction sur les services. Là encore, je ne me risquerais pas à prédire la mort ou l’avènement de tel ou tel service. Je me suis fait avoir sur YouTube (mes plus fidèles lecteurs / détracteurs s’en souviennent encore), donc je ne m’y risquerais pas. D’autant plus que j’ai récemment donné mon avis sur Facebook et Google+.
  • Pas d’enfonçage de portes ouvertes. Rassurez-vous, je ne vais pas vous annoncer l’avènement des pratiques mobiles ou sociales, bien au contraire, j’essaye de prendre du recul (cf. L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo).
  • Pas de prophéties apocalyptiques. Je me suis déjà illustré par le passé avec mes articles du type « Pourquoi je ne crois plus en…« , j’ai depuis fait le choix de ne plus m’exprimer publiquement sur la disparition de tel ou tel service. Je vais donc m’efforcer de ne parler que des opportunités pour l’année à venir, pas des risques.

Ceci étant dit, nous pouvons maintenant passer aux choses sérieuses.

1/ L’avènement de la mobilité low-cost

Après plusieurs années de domination sans partage sur les segments des smartphones et des tablettes, Apple ne pourra pas conserver sa position dominante en 2012, surtout au vu du prix de vente des ses engins. Le succès d’Android n’est aujourd’hui plus à prouver, surtout avec la toute nouvelle quatrième version (plus stable, plus rapide, plus riche, et surtout toujours gratuite). Le système d’exploitation de Google est peut-être moins sexy que celui d’Apple, mais l’offre d’entrée de gamme de smartphones est bien plus compétitive (on parle de 700.000 activations de nouveaux combinés par jour), grâce à des industriels puissants comme Samsung, HTC, Motorola ou le chinois ZTE (Ne négligez pas les smartphones low cost). Concernant les tablettes, la concurrence commence enfin à se structurer avec des machines quatre fois moins chères que l’iPad (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle).

Certes, pour le moment les possesseurs de machines Apple dépensent plus que les autres, mais quand les machines propulsées par Android seront 5 fois plus nombreuses que celles tournant sous iOS, le marché va nécessairement se reconfigurer. Par contre ne nous voilons pas la face, cette banalisation des smartphones et tablettes low cost va se faire au détriment de l’uniformité des formats. De ce fait, la fragmentation des écrans et OS va compliquer la tâche des développeurs d’applications, mais elle ravira les annonceurs qui verront se multiplier les opportunités de contact / vente en situation de mobilité.

MultiTablet

Vos résolutions pour 2012 : Intéressez-vous de très près aux différents formats publicitaires sur terminaux mobiles (dont les bannières interactives tactiles) et anticipez la fragmentation du marché pour rendre disponibles vos contenus / services / offres sur le plus grand nombre de terminaux mobiles.

2/ Le retour de la revanche de la TV connectée

Oui je sais, ça fait trois années de suite que je vous annonce l’avènement de la TV connectée… mais je suis persuadé que 2012 va être la bonne année, non pas grâce à Google TV ou à la future probable Apple TV, mais aux solutions alternatives : les box et les applications mobiles dual screen. Comprenez par là que s’il va falloir de nombreuses années pour remplacer le parc de TV, les opérateurs ne vont certainement pas laisser Free raffler les parts de marché avec sa Freebox Revolution, et proposer à leur tour des box plus intelligentes capables de se connecter au web, d’héberger des applications, voir d’interagir avec des programmes.

Et si ce n’est pas votre box qui va relier les programmes TV au web, alors ce sera votre smartphone / tablette. Le principe du dual screen est ainsi proposé par la chaine US VH1 (la série Grey’s Anatomy dispose même de sa propre appli), de même que par Disney avec ses DVD intégrant le Second Screen.

DisneySS

Vos résolutions pour 2012 : Étudiez les opportunités offertes par la télévision comme canal de distribution de contenus numériques ou aux applications mobiles pour ajouter une dimension sociale aux contenus (émissions ou publicités).

3/ La montée en puissance des objets connectés

Ça a commencé avec vos chaussures de sport (Nike+), puis avec votre cadre à photo (Pulse), ça va continuer avec votre montre (I’m Watch), votre voiture (Renaut R-Link)… Bientôt, tous les objets de notre quotidien seront connectés, ou connectables (encore une fois au travers de votre smartphone). Ceci ouvre d’innombrables opportunités, mais restreint tout de même la cible aux utilisateurs les plus fortunés, ou à des usages de niche comme le Quantified Self.

Vous avez tout à fait le droit de penser que ces nouveaux objets connectés sont des gadgets, mais bon… il vous suffit d’étudier la proposition de valeur d’objets comme la Little Printer pour vous rendre compte du potentiel disruptif :

Vos résolutions pour 2012 : Voyez dans quelle mesure les objets du quotidien pourraient vous aider à toucher différemment vos clients / prospects.

4/ L’émergence d’offres de cloud pour le grand public

Vote musique est dans les nuages avec Spotify ? Vos photos sont dans les nuages avec Picassa ? Vos notes sont dans les nuages avec Evernote ? Normal, car vous êtes habitué au concept de cloud computing dans votre environnement professionnel. Par contre ce n’est pas encore le cas de vos amis ou de vos parents… Mais ça va changer avec l’arrivée des offres d’ Amazon, Apple ou Google. Ces acteurs sauront trouver les arguments pour séduire le grand public et leur vendre de la portabilité et de l’accès universel aux contenus.

Et nous n’en sommes qu’au tout début de ce que l’informatique dans les nuages peut nous proposer avec notamment les offres de cloud gaming (OnLive) ou d’accomplissements personnels (Do.com, lancé par SalesForce) qui ne tarderont pas à arriver en France.

onlive

Vos résolutions pour 2012 : Il reste encore de nombreuses places à prendre, ne tardez pas trop ! (heu… vous utilisez déjà des offres cloud dans votre quotidien professionnel, n’est-ce pas ?)

5/ La révolution des ebooks

Si les e-readers se sont largement répandus dans les pays développés (Le marché des ereaders se porte à merveille), le rythme d’adoption en France a été beaucoup plus lent du faite d’un blocus par les grandes maisons d’édition. Mais elles ne décident heureusement pas de tout et le marché s’est ouvert en quelques semaines avec la disponibilité récente de liseuses de très bonne facture (le Kindle chez Amazon, le Kobo à la Fnac, le Cybook de chez Booken pour les librairies indépendantes…). Certes, les ebooks sont encore beaucoup trop chers (le double d’un livre de poche), mais la pression du marché devrait certainement amener le législateur à faire évoluer les lois encadrant le prix des livres.

Dans tous les cas de figure, nous commençons à voir apparaitre des solutions de monétisation alternatives tout à fait intéressantes comme la sponsorisation des liseuses, la location, le free-to-read… Nous sommes encore très loin d’avoir exploré toutes les pistes de monétisation (quid du placement de produits dans les boutiques intégrées ? Quid du brand content ?), et il reste encore à trouver une solution de distribution numérique pour les journaux.

bookeen_cybook

Vos résolutions pour 2012 : Achetez-vous une liseuse de dernière génération pour vous rendre compte des progrès réalisés sur l’encre électronique et renseignez-vous sur les formats publicitaires disponibles.

6/ Le consécration des contenus applicatifs tactiles

J’ai dès le départ été séduit par Our Choice et le principe de mélanger du contenu textuel, des photos / vidéos, des animations et des données au sein d’une belle interface tactile. De nombreux éditeurs se sont engouffrés dans la brèche et proposent des produits toujours plus spectaculaires avec l’intégration de dimensions communautaire et pédagogique : Des applications éditoriales toujours plus sophistiquées sur tablettes.

Si jusqu’à présent l’offre se limitait à de beaux ouvrages, ce format hybride offre d’innombrables opportunités pour le secteur pédagogique (auto-apprentissage, formation à distance…) ou plus généralement pour le secteur professionnel (Quels usages pour les touchbooks en entreprise ?). Pour vous en convaincre, il suffit de regarder les dernières publications comme Master Your DSLR Camera.

Vos résolutions pour 2012 : Faites-vous offrir une tablette et expérimentez par vous-mêmes les applications éditiorialisées pour mieux en appréhender le potentiel, notamment pour des webdocumentaires, des bandes dessinées ou du brand content.

7/ De nouvelles expériences de vente en ligne

Suprématie des marketplaces, logistique hyper-optimisée, médias sociaux saturés… 2012 va être une année compliquée pour les e-commerçants devant affronter les mastodontes du secteur (Les géants de l’internet s’affrontent pour imposer leur commerce OS). Pour résumer une longue histoire, trouver un facteur de différenciation est une question de vie ou de mort pour les acteurs du e-commerce (Vers de nouvelles expériences d’achat et de consultation).

Si nous avons déjà commencé à voir des choses intéressantes (A la recherche d’innovations d’usage pour le commerce en ligne), il va falloir pousser la différenciation jusqu’au bout pour espérer sortir du lot : Produits exclusifs, boutiques monoproduit, sites marchands monopage, boutiques en ligne éphémères, boutiques expérientielles…

coucou

Vos résolutions pour 2012 : Passez un peu de temps sur des boutiques atypiques comme CoucouShop pour stimuler votre imagination.

8/ De nouvelles opportunités grâce à Big Data

Pour vous épargner une longue et laborieuse explication, Big Data désigne des ensembles de données tellement gros qu’ils ne peuvent être exploités par les bases de données traditionnelles. Le principe est donc de collecter un très grand nombre de données disparates (de multiples sources et types) afin de trouver des corrélations et d’identifier des tendances et opportunités indécelables avec des bases de données relationnelles classiques. Ce principe s’applique aussi bien dans le commerce en ligne (How Etsy handcrafted a big data strategy), que dans l’immobilier (Trulia Crime Maps Bring Big Data to the Masses), le sport (How Big Data Have Fundamentally Changed Baseball) ou les médias sociaux (Des social graph aux interest graph).

Trulia-Crimemaps

Vos résolutions pour 2012 : Plutôt que de vous enliser dans le débat technologique (Hadoop ou pas Hadoop ?), intéressez-vous plutôt aux solutions de smart datamining et aux agrégateurs de données comme l’Azure Data Market de Microsoft.

9/ L’unification des pratiques sociales internes et externes

Les pratiques de social marketing et d’Entreprise2.0 ont beaucoup évolué ces derniers temps : plus de maturité, plus de sophistication… Mais cette progression a été menée en parallèle et l’adoption de ces pratiques se fait au travers de services différents au sein des organisations (marketing / communication d’un côté, DSI / métiers de l’autre). La prochaine étape va être de fusionner les pratiques conversationnelles internes et externes grâce au décloisonnement des initiatives et de l’implication d’autres services (Une dilution des pratiques sociales dans l’organisation grâce à la social business unit). THE INCREASING TREND OF ONLINE BUSINESSES THROUGH SOCIAL NETWORKS

SocialBusiness

Certains éditeurs comme SalesForce ou Jive ont déjà commencé l’intégration avec des suites applicatives destinées aussi bien à la collaboration interne qu’au social CRM. Il existe plusieurs termes pour décrire cette réunification des pratiques (Social Business, Social Enterprise…), mais tous parlent bien de la même chose : exploiter la dimension sociale à tous les niveaux de l’entreprise pour en démultiplier l’impact.

Vos résolutions pour 2012 : Lisez le livre sur le social business que je fini de rédiger avec mon collègue Cédric (à paraitre en février 2012)

10/ Le triomphe des marques-médias grâce aux médias sociaux

Utiliser le web comme canal de diffusion du brand content n’a rien de neuf, BMW le faisait déjà il y a 10 ans avec sa série The Hire. Mais ça, c’était avant la naissance de YouTube et Facebook. Aujourd’hui des marques comme Burberry ou RedBull ont abandonné les médias traditionnels pour se concentrer uniquement sur les médias sociaux (Why Burberry Is Much a Media Company then a Fashion Company). Les médias sociaux ont ainsi atteint une taille suffisamment critique pour soutenir une stratégie de marque-média, d’autant plus que ces dernières n’ont maintenant plus besoin d’acheter de la visibilité sur les médias traditionnels, elles peuvent se concentrer sur la  production de leurs contenus. Pour vous en convaincre, regardez le niveau des productions de RedBull.tv (dont certaines sont diffusées sur NBC, CQFD) :

RedBullTV

Vos résolutions pou 2012 : Même si peu de marques peuvent assumer des productions comme Sexual Snowboarding, il n’est pas trop tard pour commencer à produire votre brand content.

11/ La revanche des environnements virtuels

Il ne se passe pas une semaine sans que j’entende des moqueries sur Second Life. Pourtant je n’ai de cesse de répéter que Second Life est encore ouvert et plus dynamique que jamais (Quel est l’héritage de Second Life ?). Si aujourd’hui l’attention des médias et des annonceurs est braquée sur Facebook, des univers virtuels comme Habbo, Club Penguin, Stardoll ou Moshi Monsters rassemblent des centaines de millions de joueurs (Presque un milliard et demi d’utilisateurs des univers virtuels). Ces jeunes finiront bien par grandir, et ils ne se contenteront pas des plateformes sociales actuelles.

Au-delà de ces univers virtuels « classiques », des environnements virtuels récents comme MinecraftGlitch ou le français Mamba Nation nous prouvent que le secteur innove toujours et que des services comme Turntable ont un réel potentiel disruptif (Why Turntable.fm is the most exciting social service of the year et Why Turntable is the Future of Music). Mais selon moi les choses sérieuses vont commencer avec la sortie de Pottermore, la plateforme virtuelle et sociale autour de l’univers de Harry Potter, qui risque de populariser le concept auprès du grand public (les lecteurs de la saga).

Turntable

Vos résolutions pou 2012 : Passez un peu plus de temps sur MarketingVirtuel.fr pour mieux appréhender les opportunités des environnements virtuels.

12/ La chasse aux hipsters avec les applications mobiles de partage de photos

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la compétition entre les applications de partage de photo n’a jamais été aussi forte : Instagram, Path, Color, Hipstamatic, Dotti… Pourquoi une telle compétition ? Pour séduire les hipsters, ces fameux utilisateurs précoces en quête de nouveauté et de différenciation. Même si la population-cible est beaucoup plus restreinte que sur les grandes plateformes sociales, le caractère élitiste de ces services assure aux marques qui l’exploitent une exposition médiatique bien supérieure à l’audience captive. Des marques comme Gucci, Burberry Adidas, RedBull, Starbucks ou encore GE exploitent Instagram pour raconter de belles histoires au travers de photos.

Instagram

Vos résolutions pour 2012 : Installez ces applications sur votre smartphone pour surveiller ce que font les marques et pour admirer les magnifiques paysages de Hervé Bois.

Voilà, ceci clôture mes 12 prédictions pour l’année 2012. Je vous donne donc rendez-vous dans 12 mois pour faire le point. Dans l’immédiat, j’invite mes confrères blogueurs à publier leurs propres prédictions (sans trop copier s’il vous plait).

Rétrospective sur mes prédictions 2011

Comme je l’avais fait en 20062007, 2008, 2009, 2010, voici la rétrospective de mes prédictions pour l’année 2011. Un exercice hautement périlleux, qui m’a valu de nombreuses railleries, mais qui m’amuse toujours autant. Bref, je vous propose de voir dans quelle mesure mes prédictions pour cette année étaient pertinentes ou non.

1/ Éclatement de la bulle des médias sociaux

2011 aura été une année très faste pour les médias sociaux : beaucoup de croissance, beaucoup d’investissements, beaucoup d’attentes… Force est de constater que nous atteignons un quasi-point de saturation, comme l’a fait remarqué le CEO de Forrester (Social Network Reaching Saturation, Start of a Bubble for Social Starups). Par « nous », j’entends à la fois les utilisateurs, les annonceurs, mais également les prestataires. Très concrètement, nous sommes en plein dans la phase du pic des attentes exagérées. Cela ne veut pas dire que les médias sociaux vont disparaitre ou qu’il va y avoir une explosion de la bulle, mais que le marché va mécaniquement se contracter. Pire : ces attentes exagérées sont également en train de polluer le monde de la mobilité. J’avais à nouveau soulevé ce point en début d’année (2011, l’année de la désillusion ?), et l’évolution du marché m’a donné raison.

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Évitez de sur-promettre à votre hiérarchie et de ne pas concentrer vos investissements / budgets dans une présence Facebook et une application iPhone.

2/ Des applications mobiles aux sites mobiles

Avec la montée en puissance d’Android, la domination du marché des smartphones par Apple est plus que remise en question (il se vend quatre fois plus de terminaux Android que d’iPhone). La fragmentation du marché a donc contraint les éditeurs de contenus et services mobiles à revoir leur approche et opter pour des développements en HTML5 plutôt qu’en langage natif. La réalité est plus complexe et l’environnement évolue très vite, car si en milieu d’année j’étais persuadé que HTML5 s’imposait comme LA référence pour les applications mobiles, aujourd’hui je ne suis plus sûr de rien, car le choix se complique entre application mobile et application HTML5. Certes, les frameworks de développement multi-plateformes comme PhoneGap ou Sencha progressent de jour en jour… mais les éditeurs redoublent d’efforts pour concevoir des applications de plus en plus agréables à utiliser.

Pertinence : Moyenne.

Action(s) à prévoir : Misez sur les deux tableaux en exploitant à la fois des applications natives pour les plateformes mobiles à forte valeur ajoutée et un site mobile pour le reste du marché.

3/ Une réécriture des sites web

Après presque une décennie de stagnation, le HTML a enfin repris sa juste place grâce aux dernières spécifications HTML5 et CSS3. Ceci étant dit, la réécriture des sites web en cette période de crise n’est clairement pas la priorité des marques. Même si nous commençons à voir de plus en plus de mini-sites exploitant HTML5 plutôt que Flash, les techniques de responsive design et autre scénarisation éditoriale ne passionnent que les experts. Il va donc falloir encore attendre avant le démarrage du Grand Chantier de Refonte du Web (je me demande même s’il aura lieu).

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Étudiez quand même de près les possibilités offertes par HTML5 et surtout CSS3 pour améliorer l’expérience de lecture de votre site.

4/ Forte croissance des touchbooks et terminaux alternatifs

Bon… celle-ci n’était pas trop difficile à sortir. Le marché des tablettes est en pleine explosion avec l’arrivée tonitruante du Kindle Fire (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle), et les autres terminaux alternatifs grignotent petit à petit des parts d’audience sur les ordinateurs traditionnels (cf. La fin de l’ordinateur individuel est programmée et Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?).

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : L’iPhone (et dans une certaine mesure l’iPad) est l’arbre qui cache la forêt, essayez dès maintenant de miser sur l’avenir et de vous intéressez de près aux autres types de terminaux (tablettes low-cost, feature phone, TV / cadres à photo / montres / voitures connectées).

5/ L’internet s’invite dans le salon

Voilà deux années que j’annonce l’avènement de la TV connectée. Si Google TV n’est clairement pas encore présent sur le marché français, il faut néanmoins surveiller ce que proposent les box, et plus particulièrement la Freebox Revolution qui permet d’accéder à Twitter et Facebook (entre autres). Mais ça reste tout de même relativement anecdotique.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Allez faire un tour dans l’application store de votre Freebox.

6/ Premières expériences de rich commerce mobile

Les smartphones sont incontestablement un levier d’innovation et de transformation très puissant. Si leur intérêt n’est plus à prouver dans un contexte marchand, les interfaces riches pour les boutiques mobiles sont loin d’être une réalité (euphémisme). Il existe des applications marchandes très intéressantes pour les touchbooks (Le rich commerce à l’assaut de l’iPad et Du renouveau des bannières interactives sur les supports tactiles), mais pas grand-chose pour les smartphones.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Surveillez de très près les applications marchandes tactiles éditorialisées comme celle de Zappos.

7/ Le point de bascule pour le cloud computing

J’ai tellement entendu parler du cloud computing cette année que je ne suis pas certain que le grand public comprenne vraiment de quoi il s’agit (Définition et usages du cloud computing). Je pense ne pas me tromper en disant que les mentalités autour du cloud computing ont beaucoup changées dans le monde de l’entreprise et que les IT managers sont maintenant conscients des opportunités que ces solutions offrent. Pour le grand public, les premières offres commencent à voir le jour chez Google, Amazon, Apple… mais le déploiement en Europe est plus lent que prévu.

Pertinence : Moyenne.

Action(s) à prévoir : Essayez de voir dans quelle mesure votre marque peut être adossée à une offre cloud.

8/ Un renouveau des contenus 3D

Avec la sortie du la dernière version de Flash, beaucoup de choses ont changé (Flash Player 11 inaugure une nouvelle ère pour le web 3D et Le B A BA de la 3D dans Flash). Même si l’adoption n’est pas flagrante, nous commençons à voir des innovations tout à fait intéressantes : Les domaines d’application de la 3D pour le web. Il n’empêche que produire du contenu 3D est plus complexe et coûteux que du contenu traditionnel, de ce fait l’impact est encore limité, mais le renouveau est bien là. D’autant plus quand vous associez des contenus 3D à des services reposant sur des imprimantes 3D (Concevez votre robot en 3D avec WebGL).

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Étudiez dès maintenant les solutions de valorisation de vos produits (vue 360°, configurateur 3D, réalité augmentée…) et réfléchissez à la meilleure façon d’introduire une troisième dimension dans votre univers de marque.

9/ Une identité numérique pour tous

L’identité numérique n’est pas un sujet qui passionne les foules. Il n’y a guère que Jean-Marc Manach pour se soucier des problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée. Quel dommage, car le sujet est extrêmement sensible, beaucoup trop sensible pour laisser une startup d’à peine 3000 personnes (financée par des capitaux russes) gérer votre identité numérique à votre place.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Évaluez de façon précise quelle est votre dépendance à Facebook, et trouvez des solutions pour la réduire.

10/ Tous des hackers

J’avoue avoir péché par optimisme de penser que le grand public pouvait se trouver une passion dans la bidouillabilité (visiblement les consommateurs préfèrent manger au menu plutôt qu’à la carte). Pourtant le mouvement Open Data à l’air de bien prendre en France… Qu’à cela ne tienne, je reste persuadé qu’il est primordial d’enseigner à nos enfants que l’on peut toujours remettre en question l’ordre établi (12 Year Old Iphone App Developer Gives TED Talk et Teach Your Kids How To Code, Not How To Speak Chinese).

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Voyez dans quelle mesure vos services en ligne pourraient être exploités au travers d’APIs, ou comment vous pourriez exploiter les APIs des autres.

11/ Plus de gameplay dans notre quotidien

La gamification est incontestablement l’un des buzzword de l’année 2011 (avec le Quantified Self). Malheureusement, à force d’en servir à toutes les sauces, la confusion s’installe (Gamification Becomes MainstreamLes illusions de la gamification et Gamification is not Game Design). Qu’importe, les fondamentaux de cette pratique restent valides.

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Envisagez votre stratégie de fidélisation ou de conquête sous un angle plus ludique que les coupons de réduction.

Mes prédications pour l’année à venir sont déjà prêtes dans ma tête, donc je devrais les publier d’ici à la fin de la semaine.