Google Latitude, pas réellement un réseau social mobile

Et c’est encore une fois Google qui remporte la palme du buzz de la semaine avec son tout nouveau service (Google Latitude) : See where your friends are with Google Latitude et Locate your friends in real time with Google Latitude. Pour faire simple, il s’agit d’un service permettant de localiser vos amis. Pour cela il suffit d’installer une application sur votre téléphone mobile (la dernière version de Google Maps Mobile) qui se chargera de vous localiser (grâce à la puce GPS ou par triangulation) :

google_latitude_map

Vous pouvez bien évidement profiter de ce service sur votre ordinateur en insérant un widget Google Latitude sur votre page iGoogle et gérer ainsi votre liste d’amis :

google_latitude_igoogle

Une fois le dispositif en route, vous aurez la possibilité de :

  • Mettre à jour votre statut et votre photo ;
  • Voir qui sont les amis à proximité ;
  • Trouver un itinéraire pour rejoindre un ami ;
  • Cherchez une adresse (restaurant, bar…) près de votre ami…

Pour en savoir plus sur les fonctionnaltiés, c’est ici : Google Latitude: Share Your Location with Friends. Bon inutile de tourner autour du pot : ce Google Latitude n’est pas une révolution, loin de là. D’une part car ce type de service existe depuis longtemps, notamment des start-up comme Loopt et Whrrl ou de beaucoup plus gros acteurs comme Nokia et son Friend View ou Yahoo! et Fire Eagle. D’autre part car les fonctionnalités proposées sont encore très limitées (bien loin de ce que proposait DodgeBall par exemple).

En fait il faut plus considérer ce service comme une surcouche sociale de Google Maps que comme un réseau social mobile. Ce sont donc les concurrents directs précités qui sont en danger (cf. Google Threatens Loopt, Pelago With Latitude Service) plutôt que des véritables réseaux sociaux mobiles comme MocoSpace ou ItsMy (lire à ce sujet : L’avenir de l’internet mobile sera social).

Toujours est-il que d’autres réseaux sociaux locaux ont déjà pris une longueur d’avance par rapport à ce tout nouveau service. À commencer par Dopplr qui s’adresse plus aux voyageurs fréquents qui souhaitent garder le contact et faire des rencontres « locales ». Ce service propose ainsi de fédérer des communautés locales comme ici avec la ville de Londres :

dopplr_london

Encore plus intéressant, Brightkite rajoute aux fonctionnalités précédentes un moteur de recherche (lieux, gens, billets) ainsi qu’un friendstream qui agrège l’activité de vos amis :

brightkite

Cerise sur le gâteau, Brightkite propose également une remarquable fonction de placestream qui agrège l’activité sociale d’un quartier (lire à ce sujet : Après le lifestream, le placestream ?). Illustration ici avec la ville de New-York :

placestream_newyork

Bref, en un mot comme en cent : peut mieux faire.

Deux articles intéressants pour pousuivre la réflexion :

L’avenir des réseaux sociaux est-il à la puce RFID

Si vous lisez régulièrement ce blog, vous devez savoir qu’il existe une multitude de réseaux sociaux. OK, mais comment faire son choix dans cette profusion ? Et si vous choisissiez un réseau qui combine à la fois la puissance et la praticité des réseaux sociaux en ligne et la proximité des relations de quartier ? C’est en tout cas la promesse que nous fait cette nouvelle génération de plateformes sociales hybrides qui repose sur des profils en ligne et sur des objets équipés de puces RFID pour initier les rencontres.

SnifTag, parce que votre chien drague mieux que vous

Premier exemple avec SnifTag, un réseau social réservé aux propriétaires de chiens (l’équivalent d’un Dogster) qui innove en proposant aux maîtres d’équiper leur chien avec un petit mouchard :

Le mouchard RFID que vous accrochez au colier de votre chien
Le mouchard RFID que vous accrochez au colier de votre chien

Une fois le mouchard installé, vous pouvez suivre les déplacements de votre chien au quotidien (savoir le nombre de kilomètre qu’il a parcouru ou le nombre d’heures  qu’il a dormi) mais également connaître ses fréquentations. Les puces RFID des colliers communiquent entre elles et enregistrent les identifiants des autres chiens qui sont passés à proximité.

Les puces RFID du système SnifTag
Les puces RFID du système SnifTag

Une fois à la maison, vous pouvez consulter les fiches des chiens rencontrés ainsi que celles des propriétaires. Et oui, derrière ce dispositif se cache un réseau de rencontres (amoureuses ou non). L’idée est redoutable car les chiens sont effectivement un très bon vecteur de sociabilisation. Vous combinez donc la puissance du réseau social (avec les listes d’amis, les recommandations…) avec la proximité de votre ville / quartier. Plus d’infos ici : Pet Tracking Meets Social Networking.

Poken, le complément hors-ligne de votre réseau social

Deuxième exemple avec les Poken, de petites figurines qui embarquent elles aussi une puce RFID. Le principe est encore une fois très simple : vous liez votre Poken à votre profil (Facebook, MySpace…), vous accrochez cette figurine à votre tenue de soirée (ça veut dire que vous êtes ouvert à une ou des rencontres) et lorsque vous sympathisez avec une autre personne « pokénisée », vous les faites se taper dans la main pour échanger vos identifiants :

Le fonctionnement des pokens
Le fonctionnement des pokens

Une fois chez vous, il ne vous reste plus qu’à brancher votre Poken sur votre port USB pour récupérer les identifiants de vos rencontres et consulter leur profil. Voilà, c’est simple et bon enfant. Ce système me fait penser à des badges sortis dans les années 80 que l’on pouvait configurer pour qu’ils émettent des signaux lumineux correspondant à notre état d’esprit (vert pour « tu peux me brancher« , rouge pour « casse-toi pov’ con« ).

Même si ce dispositif limite le nombre de points de contact (tout le monde ne passe pas ses soirées à écumer les bars), il a tout de même le mérite de proposer un intermédiaire entre le poke et la drague « old school« . Par contre je serais bien mal placé pour prédire le… taux de transformation. Mais même si vous ne transformez pas (ou mal), au moins vous pouvez faire un peu de data-mining sur vos stats (à quand du date analytics ?). Plus d’infos ici : High-five the panda to connect online.

Bon, trêve de plaisanteries, je suis persuadé que, derrière ce concept de plateformes sociales hybrides (en et hors ligne), nous avons enfin un modèle économique qui ressemble à quelque chose avec la vente des appareils (qui pourraient également servir d’appâts) et pourquoi pas un abonnement ou du micro-paiement à l’acte.

Comment sortir Facebook de l’impasse ?

150 millions. C’est le nombre d’utilisateurs que Facebook devrait atteindre d’ici quelques mois (semaines ?). Vous pourriez penser que ce chiffre est encourageant et que nous avons enfin trouvé LA plateforme sociale ultime, je serais plutôt d’avis de se méfier de cette croissance (trop) rapide. Ma motivation pour écrire ce billet n’est pas de jouer une fois de plus au rabat-joie de service, mais plutôt de prendre le temps d’analyser la situation et d’évaluer le risque d’explosion en cours de vol de cette start-up.

Explosion en cours de vol ? Oui tout à fait car les temps sont rudes et que personne n’est à l’abri, même pas Google qui se voit contraint de fermer récemment un certain nombre de services. Start-up ? Oui tout à fait car Facebook est une société encore très jeune qui n’est pas à l’abri d’une fermeture pour manque de liquidité (il parrait que même l’état de  Californie a des difficultées de trésorerie en ce moment !).

Facebook est-il vraiment menacé de fermeture ?

Pourquoi parler de fermeture ? Tout simplement parce que Facebook perd encore de l’argent. Hors, plus de membres = plus de frais (bande passante, capacité de stockage et de traitement, salaires…). Là où ça devient inquiétant, c’est qu’au-delà d’un certain seuil les économies d’échelle ne fonctionnent plus : pour un certain volume de données à stocker / traiter (nous parlons de dizaines de millions de vidéos et de milliards de photos) les coûts sont exponentiels car la plateforme requiert des technologies et des compétences très rares.

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le problème de rentabilité de Facebook mais il semblerait que cela ne gène pas son jeune dirigeant qui est convaincu qu’augmenter le nombre d’utilisateurs va régler le problème. Certains pourraient appeler ça « avoir une vision ambitieuse » mais pour moi ça ressemble plus à une fuite en avant. Appliquer cette stratégie à un service tout récent et en pleine croissance comme Twitter n’est pas très problématique (ils n’ont pas beaucoup de charges / dette) ; mais le faire à beaucoup plus grande échelle et durant une période de crise est beaucoup plus inquiétant.

Inquiétant pour qui ? Inquiétant pour les utilisateurs dont les données personnelles pourraient être bradées à des marchands peu scrupuleux. Pour le moment ce scénario n’est pas envisagé par les fondateurs qui sont emplis de bonnes volontés, mais que se passera-t-il après la prochaine levée de fond lorsque les actionnaires prendront le pouvoir ? Ceux d’entre-vous qui ont connu la folie de la fin des années 90 se souviennent peut-être de ce qu’il est advenu de services comme Spray. Tristes souvenirs…

Inquiétant également pour les annonceurs qui ont investi beaucoup de temps, d’énergie et d’argent sur une plateforme qui va droit dans le mur. Si Facebook ferme ses portes, c’est tout un pan de votre stratégie de présence sur les médias sociaux qui s’effondre. Il faudra alors tout recommencer mais sur une autre plateforme sociale.

Mais assez parlé du scénario catastrophe, parlons plutôt des solutions.

Conseil N°1 : Un système de ciblage comportemental fiable

Ceux qui ont tenté l’expérience de communiquer sur Facebook vous le confirmeront : les taux de transformation sont très bas (moins de 0,1 %). Outre le problème de contexte d’usage (les utilisateurs sont avant tout sur Facebook pour draguer et pour déconner, pas pour cliquer sur de la pub), c’est le système de ciblage qui semble faire défaut. Quel dommage, surtout dans la mesure où le social graph est le trésor de guerre que Facebook fait miroiter aux annonceurs.

Face à cette incapacité à fournir ce qu’ils promettent, peut-être serait-il temps de changer de posture et d’adopter un système plus fiable. Wunderloop pourrait être un bon candidat, mais il en existe d’autres. L’idée serait de déployer un système de ciblage qui bénéficierait et pourrait faire bénéficier un réseau de sites et d’arrêter de faire cavalier seul.

Les utilisateurs de Facebook sont potentiellement de bons clients, encore faudrait-il pouvoir les reconnaître et les cibler en dehors de la plateforme. D’où le recours à une solution partagée qui permetttrait de capitaliser sur les profils des membres et sur leur comportement.

Conseil N°2 : Une standardisation technique

La plateforme Facebook repose aujourd’hui sur un langage propriétaire, le FBML. Même si ce dernier évolue dans le bon sens (plus d’ouverture) et plus rapidement que ses concurrents (notamment OpenSocial de Google dont la première version des spécifications était jugée plutôt décevante), force est de constater que l’avenir n’est pas à la multiplication des formats, mais plutôt à l’unification. La raison est toute simple : avec la crise et la compression des coûts, un annonceur / éditeur va rechigner à déployer plusieurs versions d’un même widget social.

Rejoindre des initiatives mutualisées comme OpenSocial ou DataPortability serait bénéfique aux annonceurs (dont les coûts de développement / maintenance seraient abaissés), aux utilisateurs (qui bénéficieraient de widgets socials universels) et aux équipes de Facebook qui pourraient se décharger d’une grosse partie du travail sur les autres membres du consortium.

Conseil N°3 : Une offre premium

Le modèle économique de Facebook est un problème récurrent car ils ne sont pas très clairs sur la façon dont ils gagnent de l’argent, alimentant ainsi les fantasmes d’exploitation abusive des données personnelles. Mais qui a dit qu’il n’était pas possible de facturer un ou des services ? Au vue de l’état d’addiction de certains membres il serait tout à fait possible d’envisager un modèle premium proche de ce que pratiquent d’autre plateformes : plus d’espace de stockage (façon FlickR), plus de visibilité (façon Badoo), pas de limitation sur le nombre de contacts (façon Highrise), pas de pub (façon Gamespot), débridage de fonctionnalités (façon Xanga ou Ning), un service de rencontre réservé à certaines catégories d’utilisateurs (façon Ulteem), une meilleure disponibilité de la plateforme (sur des serveurs à part)… Les possibilités sont nombreuses et elles pourraient être décuplées avec la mise en œuvre d’un système de micro-paiement ou avec la mise en place de partenariats plus forts avec d’autres services spécialisés (qui reverseraient une partie de la recette).

La justification de cette offre premium serait de proposer une expérience encore plus riche à des membres qui en demandent toujours plus. A partir du moment où cette offre ne bride pas l’utilisation de la plateforme mais permet de l’étendre, qui s’en plaindrait ?

Conseil N°4 : Des partenaires industriels et des appuis politiques

Avec une croissance aussi fulgurante (souvent au détriment de services plus anciens et payants comme Meetic ou CopainsD’avant), le moins que l’on puisse dire c’est que Facebook fait des jaloux, voir des ennemis. Je ne parle pas que des concurrents directs (Friendster, Hi5…) mais plutôt de gros acteurs comme Google (cf. le deal avec Microsoft et la concurrence avec Orkut), Yahoo! (dont ils ont refusé l’offre pourtant généreuse à l’époque) ou encore Newscorp (qui se bat pour maintenir l’audience de MySpace).

Le problème c’est que dans ce milieu il n’est pas possible de faire cavalier seul bien longtemps. Pour pouvoir survivre en cette période de crise (dans laquelle nous venons à peine de rentrer) Facebook devra impérativement se trouver des partenaires industriels (pour l’aider dans sa croissance), des partenaires commerciaux (pourquoi pas de grosses agences comme Omnicom, WPP ou Publicis) et surtout des partenaires financiers capables de les aider dans les décisions stratégiques ou dans les négociations périlleuses.

Outre les acteurs du même secteur, ce sont les appuis politiques qui risquent également de manquer à Facebook. Si Google ne parvient pas à empêcher le bridage de ses services dans des pays comme la Chine ou la Turquie (respectivement pour le search et YouTube), comment Facebook y parviendrait-il ? Avec une audience dépassant les 30% dans certains pays il y a fort à parier que les gouvernements et parlements vont très rapidement s’intéresser de très près à ce phénomène. Et ce n’est très certainement pas un patron en tongs d’à peine 25 ans qui va les convaincre du bien fondé de ses ambitions. D’autant plus que le coup du p’tit jeune avec de drôles de chaussures qui veut changer le monde ne date pas dh’ier (qui se souvient de Jonas Birgersson et des ses rangers ?).

Conclusion

Voilà donc quelques pistes de réflexion qui permettrait à Facebook de se sortir d’une situation bien délicate, non pas qu’ils ont fait d’énormes erreurs de gestion ou de mauvais choix, mais plutôt que le marché risque de sanctionner durement une étoile qui ne va plus briller longtemps dans ce contexte d’hiver nucléaire (surtout aux Etats-Unis).

Le meilleur conseil que je pourrai donner aux annonceurs serait de bien prendre conscience de la fragilité de ce géant aux pieds d’argile. Si vous avez pris la décision d’investir les médias sociaux, il est impératif de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier et de diversifier votre présence et vos campagnes sur plusieurs « supports sociaux » (blogs, réseaux sociaux de niche, forum, micro-blog…) et de vous intéresser à la relève qui est déjà là (imeem, Netlog, Buzznet…).

MàJ (03/02/2009) : Visiblement Facebook parle d’ouvrir très prochainement sa base de données aux annonceurs sous forme de questionnaires très ciblés (cf. Facebook Plans to Make Money by Selling Your Data).

Rencontre avec l’équipe de LinkedIn

J’ai eu la chance hier soir de dîner avec l’équipe de LinkedIn (en compagnie d’autres blogueurs). L’occasion pour moi de mieux connaître ce service et surtout d’avoir le point de vue du staff : Reid Hoffman (fondateur et chairman), Kevin Eyres (DG Europe), Jean-Luc Vaillant (CTO).

Jacques Froissant en pleine discussion avec Reid Hoffman (à droite)

Première grande nouvelle concernant LinkedIn, la disponibilité de la version française : LinkedIn en Français is now a fait accompli!. Le français vient donc s’ajouter aux 40 autres langues de la plateforme qui compte maintenant plus de 31 millions de membres dont la moitié en dehors des États-Unis. Vous noterez que l’application iPhone a elle aussi été traduite. Autre nouveauté, mais qui est liée à la première, la possibilité de créer plusieurs profils (un par langue). Ils comptent beaucoup sur un partenariat avec l’APEC pour booster l’audience française (600.000 membres) et doper le taux de croissance qui est déjà très important (1,5 millions de nouveaux membres par mois).

Voici un petit résumé des différents points discutés avec Reid :

  • Les pratiques de réseautage professionnel et de réseautage social sont très différentes, ils ne craignent donc pas la concurrence d’autres réseaux beaucoup plus gors comme Facebook ou la concurrence de profils universels comme Wikia People ou les Google Profiles ;
  • Ils n’envisagent pas d’exploiter les CV vidéo pour le moment car les usages ne concernent pas que la recherche d’emploi (il y a aussi le Networking, les Company profiles et Answers) ;
  • Un principe de social score lui parait très réducteur par rapport aux membres (tout dépend de ce que vous attendez de lui) ;
  • Il existe des groupes privatifs qui rassemblent les collaborateurs d’une même société (l’email servant de filtre), ils envisagent à terme de pouvoir déployer des services à l’intérieur du domaine de confiance du S.I. de l’entreprise ;
  • La plateforme (compatible avec Open Social) sert de pont avec les autres réseaux / services.

Un autre résumé de ma discussion avec Jean-Luc :

  • Le choix d’Open Social s’est plus fait sur la taille potentiel de la base d’utilisateurs que sur des critères techniques (la platform de Facebook étant pour le moment plus performante) ;
  • Les spécifications 1.0 d’Open Social (qui vont sortir très prochainement) vont visiblement grandement améliorer le fonctionnement des applications (plus de stabilité, le support de REST et une version server-side) ;
  • Ils viennent juste de refondre le socle technique des pages profils (une instance d’XML mais qui n’est pas pour autant compatible avec des langages structurés comme HR-ML).

Voilà, je vous invite aussi à lire le compte-rendu de la soirée de Jacques Froissant ainsi que cette interveiw du CEO : LinkedIn CEO touts growth of network.

Ne confondez plus communautaire et social

Souvenez-vous de l’époque où Facebook et MySpace n’existaient pas encore, nous ne parlions pas de médias sociaux mais les communautés étaient déjà au centre de nombreuses attentions (cf. l’introduction en bourse de Multimania ou les premières expérimentations communautaires sur des plateformes marchandes comme Castorama ou Plantes et Jardins). Depuis, le monde (en ligne) a complètement changé et on ne parle plus que de « social » : réseaux sociaux, platefomes sociales, social softwareil y a du social à tous les étages.

Pourquoi un tel engouement ? Parce que derrière ces outils « sociaux » il y a des utilisateurs (des vrais gens). De vrais utilisateurs… comme dans les forums. « Forum« , voilà un terme issu du passé qui ne fait plus rêver personne (ni les blogueurs, ni les journalistes, ni les annonceurs), et pourtant… Les forums sont toujours aussi actifs et il remplissent une fonction bien différentes des plateformes sociales à la Facebook ou Twitter (lire à ce sujet mon précédent billet : Les forums, nouveaux piliers des médias sociaux ?).

Il existe ainsi une grosse différence entre les plateformes communautaires et les plateformes sociales. Différences qui peut être illustrée comme ceci :

commu-social

 

À droite, des plateformes sociales comme Facebook, FlickR et Twitter où les membres publient du contenu dans une dynamique passive : ils s’expriment mais n’attendent pas nécessairement de réaction. La dynamique sociale sur ces plateformes repose avant tout sur le besoin d’appartenance (« moi aussi j’ai un profil Facebook« ) et l’égo (« ma vie intéresse forcément les autres« ) des membres qui sont motivés par la visibilité et les rencontres (personnelles ou professionnelles). Il n’y a pas réellement de dialogue au sein de ces plateformes, juste des micro-discussions entre visiteurs de passage.

À gauche, des plateformes communautaires comme les forums où les membres engagent des conversations : ils posent des questions, débattent, se chamaillent et témoignent. La dynamique communautaire repose avant tout sur l’empathie (« je cherche des personnes ayant eu la même expérience que moi« ) des membres qui cherchent à partager une passion ou un vécu (cf. les gigantesques forums pour passionés d’automobile, de produits high tech ou pour les femmes enceintes). Le dialogue est donc l’ingrédient essentiel des communautés.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce que je vois beaucoup trop de marques et annonceurs qui cherchent à se rapprocher de leurs clients / prospects avec une présence sur les plateformes sociales. Est-ce qu’un profil ou une application Facebook permet d’initier le dialogue entre une marque et ses clients ? Non pas du tout. Cela permet juste à la marque de s’exprimer aux côtés des autres. Mais est-ce bien efficace ? C’est la question que je pose ici : Médias sociaux et publicité sont-ils compatibles ?

Il en faut plus pour se rapprocher réellement des clients, c’est un travail de terrain laborieux qui passe obligatoirement par des échanges de personnes à personnes, un dialogue entre un représentant de la marque et un client, pas un bref échange entre un support de campagne et une cible non-identifiée.

Si vous diffusez un film à caractère viral, vous n’êtes pas en train de dialoguer avec vos clients. Si vous publiez un widget sur Netvibes ou Facebook, vous n’êtes pas en train de dialoguer. Si vous lancez une campagne où des blogueurs gagnent des lots en relayant votre message, vous n’êtes pas en train de dialoguer.

Je ne suis pas en train de critiquer les actions cités plus haut, mais juste de bien vous expliquer la différence entre les modèles communautaires et sociaux qui sont régis par des motivations et des dynamiques bien distinctes.

Faut-il abandonner les plateformes sociales pour autant ? Non bien évidement, mais ne vous leurrez pas sur les retombés que vous pouvez espérer d’une campagne sur les médias sociaux. Car pour établir une relation réellement durable ou obtenir un feed-back réellement fiable, rien ne remplace les contacts d’humain à humain (même si c’est au sein d’un forum). D’où l’importance pour les marques d’investir sur des profils de community manager.