Tu tweets ou tu blogues ?

Depuis que je me suis remis à tweeter régulièrement je me retrouve souvent confronté à un dilemme : ce sujet doit-il faire l’objet d’un billet ou d’un tweet ?

Il faut dire qu’avant (quand je n’avais qu’un seul blog) je ne me posais pas cette question, mais maintenant que me production est répartie sur différents canaux (blogs, Twitter, Seesmic…) je me retrouve dans la peau d’un joueur de boule qui fixe son jeu en se posant LA question : « Tu tires ou tu pointes ?« .

Quand je relis des billets comme celui sur Akismet ou mes séries de « Simples et efficace » et « Inutile donc indispensable » je me demande si ces sujets méritent bien un billet… Il en va de même pour certains billets très courts publiés par Eric, qui visiblement a développé les mêmes réflexes que moi : publier sur le champ une idée qui nous passe par la tête. Il en résulte des billets très courts qui auraient pu être résumés dans un tweet.

Bon d’un autre côté mon flux Twitter ne bénéficie pas de la même audience que mon flux RSS. Il ne permet pas non plus de faire des commentaires (uniquement des replies).

Finalement, peut-être que la solution intermédiaire se trouve dans les services de lifestream à la FriendFeed : ils agrègent les deux flux et permettent de laisser des commentaires. Donc un très bon compromis entre les deux.

Idéalement il faudrait intégrer mon lifestream à ce blog. Mais rassurez-vous, c’est en cours…

3 applications concrètes pour Twitter

Pour ceux qui en doutent encore, 2008 sera l’année du micro-blogging dont Twitter en est la figure emblématique (pour plus d’explications c’est ici : Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?).

Pour illustrer ceci, je vous propose d’étudier 3 domaines d’application : business, média et projet.

Club Med + Twitter = $

L’histoire commence avec Caroline, une spécialiste des médias sociaux qui a proposé au Club Med une opération inédite : inviter une blogueuse connue (Ine) pour 1 semaine de vacances à Chamonix avec comme consigne de décrire sa semaine (via Twitter) et de prendre quelques photos (via TwitxR) :

ClubMed_Twitter

 

Rien à redire, une expérimentation tout à fait transparente et originale.

(via BloggingTheNews et Michelle Blanc)

L’Express + Printemps de Bourges + Twitter = L’Express Bourges

Grande première à la rédaction de l’Express puisque le journaliste chargé de couvrir le Printemps de Bourge a créé un blog ainsi qu’un Twitter : Twitter.com/lexpressbourges.

LexpressBourgesTwitter

 

Vous n’avez plus qu’à vous abonner au flux Twitter pour avoir les infos en quasi-temps réel. Pour ceux qui seront là-bas, je vous conseille aussi d’envoyer quelques messages pour signaler votre présence ! En tout cas une très bonne incitative, peut-être l’année prochaine feront-ils du livecast ?

Time Tracker + Twitter = Harvest

Dernier exemple avec Harvest, l’application de gestion de projet et de time tracking qui propose d’utiliser Twitter pour faire votre reporting via SMS : Send Harvest a text.

Harvest_Twitter

 

C’est donc plus l’API Twitter que le service qui est ici exploité, mais je trouve cette expérimentation tout à fait intéressante.

(via Read/Write Web)

Relation Client + Twitter = tCRM ?

Tout comme le services clients se sont appropriés l’email, la messageire instantanée, les blogs, les wikis (et même les plateformes de suggestions collaboratives), certaines marques commencent à expérimenter de la relation client via Twitter (Dell, Southwest Airlines…) : How to Get Customer Service via Twitter.

Rien de très officiels dans tout ça, juste des initiatives individuelles d’employés zélés, mais quand même je ne pouvais pas faire l’impasse dessus.

Avez-vous d’autres exemples à me proposer ?

Socialstream, vers une hyperprésence des blogueurs ?

Avec la multiplication des services de publication / partage et la montée en puissance des outils de micro-publication (cf. Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?), nous voyons apparaitre une nouvelle forme de services d’agrégation de l’activité sociale comme FriendFeed, Socialthing!, Lifestrea.ms… (cf. 35 Ways to Stream Your Life).

Ces services vous permettent ainsi d’agréger l’ensemble de vos publications (billets, photos, liens, tweets…) au sein d’un flux unique pour centraliser votre activité / présence numérique sur les médias sociaux (exemple ici : FriendFeed.com/FredCavazza). Ces services sont particulièrement intéressants pour archiver votre production journalière et garder une trace de votre empreinte numérique.

Comment expliquer le succès des lifestreams ?

Le principal bénéfice de ces services est de pouvoir fédérer les différentes poches d’audience éparpillées sur différents micro-médias au sein d’une communauté unifiée. En témoignent les nombreux commentaires laissés sur le lifestream de Robert Scoble qui est en train de délaisser son blog pour une production plus fractionnée (cf. Social Network Sites Are Changing The Blogosphere).

Au delà de l’aspect pratique de ces services (qui contrent la production en un lieu unique en y ajoutant une couche « sociale » : les commentaires), il s’en dégage une forte impression de proximité, plus encore qu’avec les blogs. Cette proximité est directement liée à une exposition répétée.

Pour expliquer ce phénomène, prenons l’analogie suivante : je me sens proche des parents que je croise tout les matins à l’école en amenant mes enfants (ils font partie de ma vie mais je les connais à peine). Et c’est là tout le paradoxe de ces services : apporter de la proximité, véhiculer de l’émotion et des idées au travers de micro-morceaux du son quotidien.

Pourquoi les lecteurs y trouvent-ils leur compte ? Difficile à analyser pour le moment. Mais il en va de même pour les services de lifecasts (cf. Lifecast = Podcast 2.0 (et plus si affinité)) qui intriguent mais dont on ne sait pas trop ce que cela va donner.

Comment rentabiliser un lifetream ?

Comme cela est de mise à chaque fois, je me pose la question de savoir s’il est possible de monétiser l’audience d’un lifestream. Car dans la mesure où les lifestreams sont le maillon final d’une longue chaîne de publication, ils sont le centre de nombreuses attentions.

Comme toujours, il existe plusieurs scénarios :

  • La publicité contextuelle, mais c’est compliqué car comment extraire du sens à une série de micro-contenus ?
  • L’affiliation, avec un principe d’inclusion de produits ou de recommandations de produits (cf. Twitter + Social Shopping = Shopalize) ;
  • L’insertion de bannières, toutes les 5 ou 10 publications.

Comme vous pouvez le constater, les options ne sont pas nombreuses et l’on vient à se demander si les lifestreams ne sont pas en quelque sorte des « extras » que l’on met à disposition d’utilisateurs d’autres services (comme le font Jaiku, Plaxo Pulse ou encore l’extension Action Streams pour WordPress et Movable Type).

Comment m’y retrouver avec tous ces nouveaux outils ?

C’est facile, il vous suffit d’utiliser ce schéma :

Social_Presence_Tools

 

Vous pouvez constater sur ce schéma que Google et Yahoo! sont déjà positionnés sur le créneau des outils de « présence sociale » :

  • Google avec Jaiku (en gestation pour le moment) et au travers d’une participation dans un projet universitaire nommé SocialStream (hé oui !)
  • Yahoo! avec son tout nouveau Live et avec MyblogLog qu’ils ont su faire évoluer dans le bon sens.

Conclusion

Allons-nous nous diriger vers un phénomène de saturation de tous ces services (les américains appels ça le social media fatigue) ? Peut-être… ou pas ! Car après tout ces services ne sont-ils pas une solution à cette hyperprésence des blogueurs ? A suivre…

Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?

Voilà plus d’un an que j’ai commencé à vous parler de Twitter, une année riche pour ce service qui intrigue autant qu’il passionne et qui reste une valeur sûr dans cette profusion de nouveaux médias sociaux. Pour celles et ceux qui ont raté le coche, il est encore largement temps de prendre le train en marche : Twitter in Plain English.

Pourquoi un tel engouement ? Peut-être parce que ce service à priori simpliste se révèle être une authentique pépite : un catalyseur de pratiques sociales de nouvelle génération. De nouvelle génération ? Oui tout à fait, des pratiques plus spontanées, plus informelles, avec d’avantage de proximité mais paradoxalement moins d’intrusion et de pollution. Nouvelle génération ensuite car il se passe des choses merveilleuses sur Twitter (à l’image de cette demande en mariage : Did We Just Witness a Twitter Marriage Proposal?) et que personne n’est encore tout à fait d’accord sur les raisons du succès (The secret to Twitter, The secret to Twitter, part II et A Twitter Primer), la preuve que le concept n’a pas encore dévoilé tout son potentiel.

Nouvelle génération enfin car il faut bien reconnaitre que les réseaux sociaux tels que nous les connaissons commencent sérieusement à s’essouffler (Twitter is The New Facebook). Dernière preuve en date : le rachat de Bebo par AOL (AOL + Bebo = Still No Market Differentiation), un flagrant constat d’échec de la part d’un portail à bout de souffle qui jette son dévolue sur une proie facile. Reconnaissez-le : si les réseaux sociaux n’intéressent pas les fonds d’investissement c’est qu’il y a un réel problème de modèle économique, seuls les portails y trouvent leur compte en achetant de l’audience au prix fort.

En fait c’est une longue discussion avec Dan Berte qui m’a fait ouvrir les yeux et redécouvrir ce service sous un nouvel angle. Twitter est en quelque sorte la CB du web : un pseudo-réseau social informel qui se développe et évolue au hasard des rencontres. Les messages y sont brefs et sincères, on s’échange des tuyaux, on demande des conseils, on raconte son quotidien à qui veut bien vous suivre, le tout en tâche de fond. N’y voyez pas une quelconque évolution de l’email ou de la messagerie instantanée, c’est simplement une nouvelle forme d’expression et d’interaction sociale (la CB remplace-t-elle le téléphone ?).

La force de Twitter réside dans sa capacité à n’intéresser à priori personne mais au final beaucoup de monde. C’est très certainement le format extrêmement court des messages (moins de 140 caractères) qui assure le succès de ce service : il force les utilisateurs à être concis dans leurs messages qui du coup ne perturbent pas trop l’attention des lecteurs.

Idéal pour faire la couverture d’évènements en live (cf. Twitter crowd goes bananas at SXSW), les twitteurs sont comme des témoins quasi-anonymes qui trouvent également leur place dans un contexte marchand (Shopalize) ou d’entreprise (cf. The Beauty, Secrets and Utility of Twitter for Business et How companies connect using Twitter). Il existe ainsi des sur-couches applicatives permettant d’étendre les capacités de Twitter comme ce service d’aggrégation et de création de groupes : TweetPeek.

L’activité sociale des réseaux de twitteurs est bien plus développées que vous ne l’imaginez : il se passe réellement quelque chose durant ces échanges éphémères où votre prochain n’est jamais très loin. Il vous suffit alors de solliciter vos followers pour obtenir une réponse quasi-instantanée (voir à ce sujet Shouldi, un service à mi-chemin entre Twitter et Yahoo! Answers).

Les deux exemples de déclinaisons précédemment cités illustrent le grand paradoxe de Twitter : un outil incroyablement minimaliste qui est pourtant capable d’orchestrer des relations sociales bien plus complexes que ne le font les réseaux sociaux traditionnels (oui c’est bien de Facebook dont je parle).

Au final on en vient à se demander pourquoi il n’existe que si peu de concurrents à Twitter, et surtout pourquoi Google ne parvient pas à faire quelque chose d’intéressant après le rachat de DodgeBall et Jaiku (deux services proches).

Je me lancerais bien dans une petite prédiction : le rachat de Twitter par Yahoo!. Cela pourrait faire du sens : compléter une gamme de services « 2.0 » très large (MyBlogLog, FlickR, del.icio.us, Buzz) et faire le pont avec des services encore plus avant-gardistes (Yahoo! Live). Alors, vous y croyez ?

La dimension temporelle prend un rôle central dans les applications sociales

Aviez-vous remarqué à quel point nous sommes devenus obsédés par le temps ? Et j’ai bien peur que ce ne soit qu’un début. Le temps est en effêt selon certain LA valeur -phare du début du 21ème siècle : nous payons pour gagner du temps ou pour en économiser.

La dimension temporelle est également au centre de nombreux services, à commencer par les services de présence sociale comme Twitter (« ce que je fais en ce moment« ), Jaiku (« où je suis et ce que fais« ) et dans une certaine mesure Facebook avec le « status updates« .

Il en va de même pour les services de lifelog comme Life2Front (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet), MyLifeBits ou encore SlifeLabs (« sur quelle application ai-je travaillé« ).

Il existe également des services de chronologies collaboratives à l’image de xTimeLine (qui reprend le principe des wikis et dont on parle ici : xtimeline is Wikipedia for History Buffs).

On la retrouve enfin dans des réseaux sociaux comme le tout récent Skaaz qui repose sur des avatars :

skaaz

 

De même que sur SocialStream, le projet de réseaux social 2.0 sponsorisé par Google, dont vous pouvez voir un aperçu en vidéo ici :

http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=-6610704975433050156&hl=fr

Bref, le temps va devenir une notion omniprésente dans nos vies (numérique) et la dimension temporelle va devenir un critère de différenciation fort pour les éditeurs. Au fait, vous ai-je parlé du Time Machine d’Apple ?