Pourquoi je ne crois plus en Second Life

J’ai beaucoup parlé de Second Life ces derniers mois, il faut dire que c’est un sujet à la mode et les les grands journaux (de même que quasiment toutes les chaînes de télévision) ne s’y sont pas trompés : tout le monde y est allés de son petit reportage. J’ai lu beaucoup de chose et passé un certain temps dans Second life, mais malgré tout ce que j’ai pu y découvrir, mon impression est toujours la même : beaucoup de bruit pour rien.

Comme je me refusais à porter un jugement trop hâtif sur ce « joyau » dont tout le monde parle tant, j’ai rédigé des billets de vulgarisation (à quoi sert Second Life ?), et même même organisé des visites guidées et publié des guides pour initier d’autres personnes et pouvoir confronter mon point de vue. Mais je reviens toujours à la même conclusion : Second Life n’a pas de réel intérêt pour les annonceurs et les marchands ayant déjà une présence sur le web.

Les taux de croissance sont certes très encourageants mais j’ai la certitude que les trop nombreuses lacunes dont souffre Second Life vont venir asphyxier cet univers qui ne dépassera jamais la taille critique.

Une audience trop restreinte

Malgré les chiffres annoncés (plus de 4 millions d’utilisateurs en mars 2007), l’audience de cet univers reste tout de même très faible. En effet, qu’est-ce que 4 millions d’utilisateurs comparés aux 130 millions de pages MySpace ou aux 80 millions de comptes Habbo Hotel ? Des statistiques officieuses parlent d’à peine plus de 200.000 avatars actifs, vous conviendrez que c’est peu surtout sur un univers aussi vaste. Allez donc visiter les iles d’AOL, de Sony ou de Scion (pourtant parmi les plus connues) et vous éprouverez un terrible sentiment de solitude (particulièrement bien décrit ici : A tour of Second Life’s big empty).

Une prise en main laborieuse

Il faut beaucoup de motivation pour se lancer dans Second Life. Il existe en effet de nombreux points de friction et le parcours du débutant est plutôt laborieux. Si vous souhaitez vous lancer dans Second Life, il faut :

  • un ordinateur récent avec une bonne bande passante ;
  • créer un compte sur le site et laisser votre N° de carte bancaire (5 bonnes minutes) ;
  • télécharger et installer le logiciel (qui ne fonctionne toujours pas sous Vista) ;
  • personnaliser votre avatar (15 à 20 minutes) ;
  • assimiler l’interface et les commandes (10 bonnes minutes).

Ce calvaire infligé aux nouveaux venus à de quoi en décourager plus d’un ! Comparativement, une page MySpace (ou un Skyblog) se consulte en 1 seul clic et se crée en 2 minutes. De plus, d’autres univers virtuels sont beaucoup plus faciles d’accès car ils ne nécessitent pas d’installation (Habbo Hotel, Cyworld, Taatu…).

Et là, je ne vous parle même pas de créer votre premier objet !

Un moteur de recherche trop faible

Il faut avoir fait ses premiers pas dans Second Life pour se rendre compte que tout repose sur le moteur de recherche. Même si l’on se déplace en volant, l’univers est bien trop vaste pour le parcourir d’îles en îles. De ce fait, il faut se téléporter aux points d’intérêts qui sont listés dans le moteur de recherche. Et c’est là où les ennuis commencent : l’indexation est plus qu’approximative et les listes de résultat extrêmement pauvres. Essayez par exemple de trouver les fameux bijoux de Dior…

De plus, de nombreux résidents peu scrupuleux s’en donne à cœur joie pour faire du référencement abusif (en squattant certains mots-clés). Difficile pour une marque de contrôler sa visibilité dans ces conditions. Viennent en plus s’ajouter les problèmes de contrefaçon. Il existe bien des solutions de recherche alternatives comme SLQuery, mais elles sont encore loin de pouvoir combler les lacunes du moteur de recherche natif.

Et là, je ne vous parle même pas des problèmes de téléportation où vous vous retrouvez coincé sous la route ou dans l’eau !

Des mécanismes marchands archaïques

Acheter dans Second Life n’est pas une mince affaire. D’une part parce que faire du shopping dans un environnement 3D est très déroutant (essayez donc de choisir un T-shirt chez American Apparel), d’autre part, changer des euros en Linden Dollars est un peu… intimidant (ça marche une fois sur deux et vous n’êtes crédité que le lendemain). En comparaison, dans Habbo Hotel il suffit d’envoyer un SMS pour obtenir des crédits de façon quasi-immédiate.

Mais là n’est pas le pire : quand Second Life a été créé, les concepteurs souhaitaient faire de cet univers le paradis des artisans et des créateurs. Tout utilisateur est potentiellement un micro-entrepreneur, libre à vous de créer et vendre des objets ou de proposer vos prestations. De ce fait, acheter dans une boutique revient à faire un échange de main à main avec le patron. Alors oui, c’est ce que nous faisons tous les jours avec les commerces de la vie réelle, mais à plus vaste échelle c’est contraignant. Acheter un produit de marque et devoir payer un avatar avec un nom imprononçable, entre nous, ce n’est pas très sérieux…

Une économie bien fragile

Un article du blog Capitalism 2.0 (The Linden dollar Game) m’a fait ouvrir les yeux sur un phénomène bien étrange : comment se fait-il que le cours du L$ soit resté à peu près stable ces 6 derniers mois alors que la population a quasi doublé ? Par quel miracle cet univers est-il préservé de la sur-inflation alors que tous les ingrédients sont réunis (forte croissance démographique, surexposition médiatique, spéculations immobilières… voir à ce sujet mon précédent billet : Le retour de la bulle spéculative) ? Tout simplement parce que Linden Lab (la société mère) fait des efforts conséquents pour stabiliser artificiellement l’économie de son univers (notamment en injectant régulièrement de l’argent).

En gros, ils créent de la liquidité en faisant tourner la planche à billets. Quand c’est une grande nation qui a recours à cette solution, pas de problème puisque des organismes comme le Fonds Monétaire International ou la Banque Mondiale veillent à ce qu’aucun dérapage ne se produise. Mais quand c’est une société privée aveuglée par ses taux de croissance et les feux des projecteurs, c’est nettement plus inquiétant. D’autant plus que le L$ n’est pas une véritable monnaie, c’est un moyen de micro-paiement alternatif (un peu comme les colliers de boules blanches du Club Med).

En fait, la situation va réellement devenir inquiétante quand Second Life sera sorti de cette surexposition médiatique et que les millions de curieux souhaiteront récupérer les quelques dollars ou euros changés en L$ (lors du creux de la désillusion), Linden Lab sera obligé de racheter sa propre monnaie en grande quantité sinon le cours va s’effondrer.

Le seul moyen d’éviter cette crise économique virtuelle serait de maintenir le taux de croissance à son niveau actuel, ce qui nous amènerait à une population de 45 millions d’avatar à fin 2008 (hypothèse hautement improbable au vue des lacunes évoquées plus haut).

Faut-il oublier Second Life ?

Non pas forcément, Second Life reste jusqu’à preuve du contraire une formidable machine à générer du buzz. Donc si vous (ou votre marque) avez besoin d’exposition médiatique, alors précipitez-vous ! Mais vite car il ne reste que quelques mois (semaines ?) avant que la surexposition médiatique se tarisse.

En ce sens, Second Life est un peu comme la Coupe du Monde ou les Jeux Olympiques : on ne s’y intéresse que quelques semaines, mais quelle formidable opportunité ! Il n’y a néanmoins pas de règle préétablie et la pertinence d’une présence dans Second Life (en l’état) doit se gérer au cas par cas.

Après cela, l’univers de Second Life n’est pas forcément condamné. L’équipe de Linden Lab peut réussir à compenser toutes les lacunes précédemment citées. Ouvrir le code de son produit représente une partie de la solution, reste encore un travail considérable à accomplir pour assainir ce bazar. Je ne suis pas en train de dire que c’est impossible, mais juste qu’il faudra beaucoup de temps et d’énergie, et donc de l’argent ! Mais où vont-ils le trouver ?

OK, mais alors on fait quoi ?

Partant du principe qu’il existe quantité d’autres moyens d’augmenter la visibilité d’une marque ou de créer du trafic, pourquoi prendre autant de risques ? Pourquoi dépenser autant de temps et d’énergie à spéculer sur Second Life ? Les interfaces riches couplés à de la vidéo en ligne permettent de reproduire des ambiances tout autant immersives, mais avec des mécaniques marchandes bien mieux rôdées.

Nous sommes dans une période de grands changements et anticiper les évolutions des univers virtuels est un exercice délicat. Je m’y suis déjà risqué, mais je préfère vous prévenir, il n’y a rien de garantie dans ces prévisions : Hypothèses d’évolution pour les univers virtuels.

Conclusion

Second Life est un peu comme le Far West : immense, sauvage, dangereux et fascinant. Le problème c’est que la conquête de l’Ouest a commencé depuis longtemps et qu’ il fallait faire partie des premières caravanes de pionniers.

127 commentaires sur “Pourquoi je ne crois plus en Second Life

  1. Second Life n’est ni le premier ni le dernier monde alternatif. Depuis le milieu des années 90 (1995 exactement) il y en a eu des mondes. J’y participais déjà en 1995 sur un monde dont j’ai oublié le nom. A l’époque, il n’y avait pas de personnalisation possible, on se contentait de son avatar et des choix opérés par les programmeurs. Il y avait des avatars, des salons, une salle publique. Il y a également eu le << le deuxième monde >> de Canal Plus puis WoW, etc. Quoi qu’il en soit, tous ces seconds mondes ne sont qu’une tentative de satisfaire, in fine, une vieille vanité de l’homme : créé et dirigé son propre monde au-delà de l’aspect ludique (MMORPG). Puisque rien ne va dans le monde réel autant en fabriquer un de toutes pièces, non ? Pour moi, il y a 3 soucis majeurs dans les tentatives axées sur le commerce (j’écarte donc les projets purement ludiques) : – ceux qui sont aptes à entrer dans ces mondes font forcément certainement partie de la crème de la société et donc les moins susceptibles d’être dérangés par le monde réel ; la majeure partie de l’humanité, celle qui en aurait le plus besoin sans doute, n’a donc pas la possibilité de << s’échapper >> ; – l’immersion est loin d’être convaincante ; même dans les jeux où la qualité de l’immersion fait partie des arguments du produit, les quelques périphériques censés procurer un surcroît de sensations (fauteuil monté sur vérins, casque RV, etc) font pâle figure devant les simulateurs professionnels qui, de toute manière, ne sont pas transportables ; enfin, un monde alternatif ayant atteint une taille critique ne fera que reproduire les schemas du monde réel avec ses injustices, son mépris de l’autre et donc ses calamités humaines, la maladie et les catastrophes naturelles en moins, peut-être (des dizaines/centaines de milliers de gamins meurent de faim et de soif chaque année !). Bref, tout cela pour dire qu’il y a encore du chemin à faire pour que ces mondes alternatifs fonctionnent et possèdent des clients. Mais les briques se mettent en place, notamment sans doute chez Google avec son Sketch, son moteur de recherche et ses différentes API. D’autres périphériques (casque, le fauteuil animé, etc) existent d’ores et déjà. Personnellement, je vois Second Life comme une étape ayant permis d’aller un peu plus loin avec l’usage d’une monnaie et une personnalisation un peu plus avancée. D’autres mondes sont en préparation et, comme d’habitude, comme un produit traditionnel, certains se dégageront. Ma crainte, toutefois, est de voir émerger des produits/mondes reproduisant au plus près les schémas typiques de la bassesse humaine. db Un bon article sur le sujet : http://www.omnsh.org/imprimer.php3?id_article=99

  2. J’ai trouvé Second Life chiantissime dès mon premier passage. J’y suis retourné un peu comme on regarde encore et encore le Loft ou le blog de Loïc Le Meur, par un effet de sidération. En quelque sorte, pour vérifier. C’est tellement incroyable, il y a un tel écart entre ce que l’on entend dire et ce que l’on constate. Cela s’appelle second life et l’on se dit que cela pourrait faire des vacances par rapport à la vraie vie où tout s’achète et tout se vend. Et qu’est-ce que l’on trouve là-dedans ? Un univers où il n’est question que de vendre et d’acheter, des trucs encore plus nazes qu’ici bas. J’étais pas là-dedans depuis cinq minutes que je croisais une zavatare à forte poitrine qui m’invitait à venir voir sa… boutique. Visiblement, elle faisait le tapin là, devant son immense magasin (vide) de fringues, à longueur de journée. Putain, ce qu’elle avait l’air de s’amuser. Bien sûr, mon intérêt personnel a peu de rapports avec le potentiel « bizness » du truc. Des goûts et des couleurs… Mais un regard plus rationnel me disait également que la « hype » ne pouvait pas tenir très longtemps à bout de bras un engin aussi plein de vide. Second life, c’est un peu le virtuel au carré, rien à la puissance rien. Au départ il y a un truc intrinsèquement très neuneu. Et ensuite, il y a le phénomène de « fabrication de l’actualité ». La com de Linden survend son produit, bidonne les chiffres, invente une vie rêvée façon prospectus d’agence de voyage, raconte les fastes et les folles nuits à ne rien faire, mais virtuellement. Ce faisant, ces gens-là font leur métier, on n’attend rien d’autres d’eux. Ce qui est plus grave, c’est que les médias (bien sûr qu’il y a des exceptions, coco) reprennent en cœur, sans le moindre recul, sans vérifier grand chose, et balancent des récits épiques, hauts en couleurs, enjolivant encore un peu plus le discours bidonné, gonflé de la com. Est-ce que les médias ont des actions chez Second Life ? Non, simplement, nous vivons à une époque où l’information a cédé la place à l’infodistraction (« infotainment »). L’info n’est utile que parce qu’elle aide à favorisr la disponibilité des cerveaux. Comme disait un certain Amaury (proprio du Parisien soit-disant libéré) en sont temps, ce qui importe, ce n’est pas qu’une info soit exacte, c’est qu’elle soit énorme. C’est pour ça qu’il faut toujours gonfler, gonfler, pour vendre une histoire, coco. Ton truc, là, de deux choses l’une, ou bien c’est le diable, ou bien c’est le bon dieu. La dentelle, on ne fait plus. Et l’on arrive à ce résultat remarquable du virtuel virtualisé, du vide au carré : dans la tête du grand public, on a réussi à forger l’idée qu’il existerait un monde merveilleux, là-bas sur le web, où des tas de gens (des millions !) s’amusent comme des petits fous. Ils se prélassent dans des villas de rêve, passent leur temps dans des teufs d’enfer, à s’envoyer des coktails et en l’air… Et c’est à ce moment-là que, patatras, Fred Cavazza se rend compte que, tout bien considéré, le roi est nu, SL est nul. Et il le dit ! Pour le coup, je lui tire mon chapeau : ce n’est pas facile, dans ce monde de brutes, de changer d’avis. En public, en plus. Bravo !

  3. Merci pour ces longs commentaires. Petite précision : je ne dis pas que SL est nul, mais que l’intérêt d’y être pour une marque diminue avec le temps. Comprenez par là que si vous souhaitez bénéficier de l’effet Second Life (surexposition médiatique sans la moindre critique), alors il faut faire vite car dans 1 mois ou 2 ça sera terminé. Je dis aussi qu’il est tout à fait possible de créer un environnement immersif et engageant pour l’utilisateur avec les technologies disponibles dans un browser (pas la peine de télécharger un logiciel). Voilà, mais je constate qu’il n’y a pas de dérapage dans les commentaires pour l’instant, et c’est une très bonne chose. /Fred

  4. et pourtant il y a des commentaires qui mériteraient quelques dérapages ;) Je ne suis pas un inconditionnel, juste quelqu’un qui s’intéresse au usage et si le billet de Fred ests argumenté bon nombre de commentaires ici me semblent pour le moins arbitraires et allant dans le sens du vent… dommage Bon ceci dit, je ne comprends en quoi le fait de devoir télécharger un logiciel est gênant. Un navigateur est un logiciel, si tu veux utiliser Firefox, tu dois bien le télécharger avant. John -> le nombre de connexions simultanées a plus que doublé durant les 3 derniers mois, peut-être devriez-vous aller voir ça de plus près.

  5. J’ai finalement installé le bazarre suite au mini-buzz de FredC notre serviteur qui a fini par me travailler. Je n’ai résolument pas réussi à lancer l’appli faute de motivation. Lassé de tout ce buzz, de tout ce bizz devrais-je dire…

  6. John -> le nombre de connexions simultanées a plus que doublé durant les 3 derniers mois, peut-être devriez-vous aller voir ça de plus près. Négatif. Ce nombre tourne à près de 20 000 depuis qu’au eu lieu le buzz Second life. Début décembre, on était à 20 000. C’est toujours le cas actuellement. Alors comme je le dis plus haut, le buzz a fait forcément grimper ce chiffre mais le taux de rétention comparé aux taux d’inscriptions est plus que minime et indique un marché de niche.

  7. C’est rassurant de voir que malgrés tes articles entousiasme pour Second Life, tu as gardé un oeil critique, et que tu as bien cerné que ce produit n’est pas celui qui révolutionnera la vie des internautes. Personnellement, j’ai toujours détesté que l’on considère Internet comme un monde à part, parallèle, ou pire, comme virtuel ! Je pense que ce l’on fait, publie, ou partage sur Internet constitue une partie de notre vie « réelle » et qu’il faut le considérer comme tel ! Attention, je suis pas un névrotique d’Internet ; Internet n’est pas ma vie, et ma vie n’est pas sur Internet… Mais seulement une petite partie que je veux que l’on considère pour sa valeur (en connaissance, expérience, ou divertissement). Voilà :op .oO(j’ai fait un rêve, d’un monde où…)

  8. Ca m’a traversé l’esprit alors je l’écris : Fred, si Second Life serait parfait aurait-tu toujours autant de travail ? (Désolé on m’a appris à être parano).

  9. merci de ne pas comparer WOW et second life :) Wow est un monde STATIQUE, les seules évolutions de l’univers sont apportés par Blizzard (l’éditeur du jeux). Les habitants sur wow ne peuvent pas influer sur le monde, contrairement a Second Life. Je reve, cela dit, du croisement des deux :) aucun des deux ne peut etre vraiment qualifié de MMORPG pour l’instant, mais un mélange des deux pourraient etre sympa ;) (mais ingérable techniquement je pense)

  10. Allez, c’est l’heure de la sieste : un peu de dérapage et donc un peu de prospective (du vent donc mais c’est la saison aussi :(). Et si une nouvelle race de MMORPG/second monde émergeait en utilisant un mâtin de technologies P2P (et non techno-centriques de SL *) et de réseaux neuronaux (pour l’autoadaptation par exemple) ? La puissance de calcul étant alors distribuée et phénoménale dans son tout et les responsabilités diluées serions-nous plus proche d’un 13ème étage (avec ce que cela implique pour ceux qui connaissent l’histoire) ou, in fine, du monde tel que nous le connaissons ? db * Ah que … gros problème pour en faire un produit commercial, c’est sûr :).

  11. @ STuFF > aucun des deux ne peut etre vraiment qualifié de MMORPG pour l’instant, comment ça ? WoW ne peut être qualifié de jeux massivement mutlijoueur ? Est-ce une faute de frappe de ta part ? @ Eric > Voilà une bonne question ;-) En fait j’ai été très rapidement grisé par l’apparente richesse de SL, mais il y a toujours eu une part de scepticisme quand à de réelles opportunités marchandes (pour une grande marque). C’était d’ailleurs ma motivation première pour organiser les visites guidées : confronter mon point de vue avec d’autres. Et la plupart des celles et ceux avec qui j’en ai discuté était à peut près d’accord sur le côté très spéculatif de SL et surtout extrêmement volatile. /Fred

  12. Assez cocasse, c’est aujourd’hui que JDN publie sur son site cet article. Pour résumer, depuis le 19 février, la ministre déléguée aux Affaires européennes a pris la décision d’ouvrir une permanence sur Second Life sous le nom de la « Maison de l’Europe ». Permancence de 15h à 16h. Peut-être que Second Life n’a pas encore montré son potentiel et qu’une hypothétique mise à jour prochaine pourrait apporter son lot de modifications pertinentes. Tout MMO a également besoin de participants de qualité pour être crédible, et on remarque que de nombreuses instances administratives (comme la suède il y a un moins – enfin je crois que c’est las suède) et aujourd’hui l’europe, se lance dans l’aventure SL. Malgrè tout, je pense que le buzz autour de ce concept va s’évaporer aussi vite qu’il est apparu. Mais sait on jamais ?

  13. Et bien moi, je dois bien reconnaître que je n’y ai jamais cru. Je souscris à tous les points de Fred. Ced RSITe

  14. Pour revenir sur le coté ludique, personnellement je ne vois Second Life que comme une interface, ni plus ni mois. Et pour le moment c’est une interface trop austère, peu naturelle et qui demande une phase d’apprentissage trop longue. De plus, le principe même de monde virtuel de Second Life impose d’y rester connecté en permanence…

  15. Hello, J’aime le buzz. Parce que : – C’est grisant, ça va plus vite que moi – Des fois c’est vrai et là c’est bon – Ca me rend influenceur – Des fois c’est pas vrai et là je dis : « Scrogneugneu mais c’était pas vrai » J’assume et je revendique. Voire, plus loin je confesse : – Ma naïveté buzzée à avoir défendu SL – Mon désintérêt rapide à l’utilisation réitérée – Mes félicitations pour la réussite du buzz – Mes encouragements pour qu’SL devienne, vous savez, ce truc qu’on appellait avant … une kill-app : Y avait pas deux lignes de code mais on en parlait quand-même aux First Tuesday.

  16. Il faut comprendre 2 choses: Le Web et Web 2 est toutes les conneries de javascript à 2 balles c’est mort. Passer des heures à faire le trie des commentaires d’un blog ça par contre c’est idiot depuis le debut. faut vraiment avoir rien d’autre à foutre. Les contenus en 3D ben ça par là dans tous les sens comme en 1985 au bon vieux debut d’internet. Et le fond du sujet il est là, les contenus 3D, c’est tout. Alors après que ce soit Second Life, qui pour le coup et à faible coût permet de tester cette nouvelle façon de faire du contenu et d’avoir des offre de service (merci Linden Lab lol) peut importe. Je pense qu’il faut arreter de tortiller du cul pour chier droit, on parle de contenu 3D, c’est tout.

  17. Je pense qu’il y a plusieurs éléments qui pourraient empêché la chute de Second Life : – soit un rachat de Linden par un grosse société (Sony, Apple, Microsoft, Google …) qui serait prête à améliorer de manière sensible l’ergonomie du moteur – ou un groupe de geeks qui feraient une version simplifié du navigateur plus accessible – ou encore que certains sites exploitent l’API mais en 2D (un site classique) comme c’est le cas avec Google Maps En tout cas, je suis pour le moment entièrement d’accord : l’ergonomie et la stabilité du logiciel de navigation le réserve aux utilisateurs passionnés de high tech et en aucun cas au grand public.

  18. Je rejoins l’avis d’Eric, j’avais du mal à croire que tu pensais vraiment que SL representais un avenir … Premier probleme, je me trompe surement, c’est que SL n’a rien de nouveau à offrir, qu’on connaissait deja avec des services qui datent deja (je pense a SCOL ou meme le 2eme monde de C+ …). Ce qui m’a le plus frappé dans SL est que cette seconde vie n’a rien de plus belle que la vie originale. On y rencontre toujours les memes exces, les memes extremes, les memes tricheurs, folies, argent, inegalités, etc Ce qui a pour ainsi dire fait deborder le vase a été cette sur-mediatisation outrance… les requins de la premiere vie se sont emparés de la deuxieme… Mais pour ma part, ma principale raison a été le manque de temps. J’ai le sentiment que ce genre de vie peut rapidement vous occuper beaucoup de temps et vous absorber au point d’en devenir dependant. Trop de risques pour moi, donc, c’est la desinstallation pure et simple apres un essai de quelques jours.

  19. Hello Fred, un grand merci pour ce post super intéressant et qui appelle le débat. J’aime l’idée même de remettre en question SL à l’heure même où l’on ne parle quasi que de ca et où de plus en plus d’annonceurs commencent à demander « un truc dans Second Life » tout comme il y a quelques mois ils demandaient « une vidéo virale ». Je pense comme FRançois Ziserman, que le concept est en cours de maturation et qu’il faut laisser le temps aux utilisateurs et aux annonceurs de s’approprier le truc. In fine SL ce n’est pas beaucoup plus que Internet mais en 3D. En soit SL n’a pas grand chose de nouveau – il y a eu le Deuxième Monde de Canal il y a quelques années déjà – mais les pratiques sont plus mures aujourd’hui pour accueillir ce type d’univers. ET si ce n’est pas Second Life qui remporte l’adhésion, ce sera le prochain. Qui peut-être s’appellera Deuxième Life ou Second Monde ?

Les commentaires sont fermés.