Avec l’iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks

Après une interminable attente Apple vient enfin d’annoncer son touchbook : l’iPad. Pour faire simple disons qu’Apple s’est contenté du strict minimum en proposant un gros iPhone (ou un gros iPod Touch si l’on considère la version sans connexion).

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L'écran d'accueil de l'iPad

Rien de très révolutionnaire au niveau des usages (surf sur internet, photos, vidéos, jeux…) ni des technologies mises en oeuvre (écran tactile LED multi touch, connexion WiFi et 3G, 10 heures d’autonomie…). Pour résumer, Apple nous propose avec cet iPad un terminal intermédiaire entre l’iPhone et les MacBooks correspondant à un usage mix intérieur / extérieur.

La future vache à lait de la gamme

Même s’il faut reconnaître l’indéniable qualité de fabrication propre aux produits Apple, force est de constater que cette machine est loin d’être révolutionnaire : pas d’encre électronique, pas de webcam, pas de ports USB ou SD Card, pas de senseurs arrières… Précisons que l’iPad sera propulsé par une version adaptée du système d’exploitation de l’iPhone afin d’assurer une compatibilité avec l’écosystème des applications déjà disponibles. Un choix logique au vu de la richesse de cet écosystème mais qui me laisse sur ma faim : l’iPad est très clairement positionné pour être la vache à lait de la gamme et non développer de nouveaux usages.

La présentation de cet iPad est d’ailleurs entièrement tournée autour des produits « traditionnels » d’Apple : musiques, films, jeux… l’iPad est ainsi le terminal alternatif pour consommer tout ce qui se trouve dans iTunes.

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Les jeux iPhone compatibles avec l'iPad

Les observateurs avertis auront noté la grande ressemblance entre l’iPad et le Litl qui se positionne également sur des usages très « casual » de l’outil informatique domestique :

litl
L'iPad fait quand même beaucoup pensé au Litl, non ?

Toujours pas de Flash dans Safari

L’iPad semble être également un terminal particulièrement bien adapté pour surfer confortablement sur votre canapé. Et pour cause : très léger, il tient bien dans la main et permet d’afficher un site web en pleine largeur grâce à une résolution de 1024*768.

iPad_Safari
Enfin un iPhone capable d'afficher correctement une page web

Seul problème, il n’y a visiblement toujours pas de Flash sur l’iPhone OS :

Pas de flash sur l'iPad
Pas de flash sur l'iPad (et merde !)

Ce manquement est à mon sens une grave erreur car même si cela permet de sécuriser les revenus d’iTunes, cela positionne l’iPad en situation d’infériorité par rapport aux nombreux touchbooks déjà présents sur le marché et surtout les nouvelles générations de machines comme la Slate d’HP.

Un beau gadget pour du travail d’appoint

Steve Jobs a fait sensation lors de la présentation en dévoilant les versions spécifiques d’iWork pour l’iPad : tout a été conçu pour tirer parti des spécificités de la machine.

iPad_iWork
iWork sur l'iPad

J’imagine qu’utiliser un iPad pour projeter un diaporama doit faire sensation auprès des aficionados, mais je doute que le clavier virtuel soit suffisamment confortable pour rédiger dans de bonnes conditions.

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Le clavier virtuel de l'iPad

Comme ils pensent à tout chez Apple vous pouvez bien sur acheter le clavier qui va avec, mais vous perdez ainsi le bénéfice de la transportabilité.

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Le clavier qui va avec l'iPad

Donc si nous résumons : l’iPad n’est donc résolument pas tourné vers les usages professionnels. D’autant moins qu’il n’intègre pas de webcam, oubliez donc toutes les possibilités d’en faire le terminal ultime pour faire de la visio-conférence. Vous pouvez éventuellement faire de la VoIP avec l’application Skype ou encore le tout récent Google Voice.

Un terminal pas réellement adapté aux livres et journaux électroniques

Venons-en maintenant au sujet qui fâche : les livres et journaux électroniques. Le NY Times a bien prévu une application adaptée à l’iPad, mais elle me semble guère convaincante pour un usage prolongé car lire sur un écran fatigue les yeux. L’iPad ne va donc pas apporter grand chose au Times Reader, à moins de proposer une mise en page et des services spécifiques (cf. Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?). Mais tout ceci coûtera forcément de l’argent et pourra être rentabilisé par les abonnements mais ne remboursera pas la création du contenu en lui-même.

Je suis plus que sceptique quand au potentiel de l’iPad en tant que lecteur de journaux électronique : le confort de lecture ne sera pas suffisant et l’autonomie est trop faible pour en faire un terminal passe-partout. Je place de bien plus grands espoirs dans le Skiff Reader qui s’annonce réellement révolutionnaire.

Le Skiff Reader qui sera disponible dans le courant de l'année 2010
Le Skiff Reader qui sera disponible dans le courant de l'année 2010

Concernant les livres électroniques, le constat est le même : l’écran de l’iPad n’est tout simplement pas adapté à une lecture prolongée. Même s’ils essayent de bien faire les choses avec une interface où l’on voit les pages tourner, une belle bibliothèque en bois et un très beau iBook Store (comptez 15$ par livre), nous sommes bien loin de l’expérience de lecture proposée par les terminaux à encre électronique (oui c’est bien du Kindle dont je parle).

Les livres électronique sur l'iPad
Les livres électroniques sur l'iPad

Nous en revenons donc à la grande question des contenus (cf. Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?) et je reste persuadé que touchbooks et ebooks ne sont pas réellement concurrents.

Un terminal grand public qui ne va pas révolutionner le marché

Au final nous avons donc une belle machine qui se contente de reproduire l’expérience (concluante) de l’iPhone en prolongeant les usages existants (web, musique, jeux, vidéos…) sans chercher à réellement bouleverser le marché. Comprenez par là qu’avec l’iPad, Apple cherche avant tout à générer du cash au travers de l’écosystème iTunes, mais il en faudra plus pour révolutionner l’outil informatique.

Car même si l’iPad est proposé à 499$, la version complète s’approche des 1.000$ (avec 64 Go de stockage, connexion 3G, station d’accueil, câbles et étui). Et 1.000$ c’est beaucoup plus qu’un touchbook équipé d’Android. Et oui, vous vous doutiez bien que j’allais parler de Google à un moment !

Soyons lucide, ils annoncent trois mois de délai pour la version 3G, trois mois c’est plus qu’il n’en faut à Asus ou HTC pour finaliser un touchbook compatible avec le système d’exploitation mobile de Google qui propose un bien plus grande liberté et un navigateur web avec Flash (cf. Flash Player bientôt disponible sur les smartphones Android). Même si la machine sera moins bien fignolée, elle sera moins chère et surtout plus « ouverte ».

Pour finir je dirais que l’absence de clavier physique sur l’iPad risque d’en rebuter plus d’un. J’invite ceux qui prétendent le contraire à poser la question aux possesseurs de terminaux Blackberry (ils ne sont pas prêt à abandonner leur petit clavier au profit d’une dalle tactile). Ceci laisse donc une autoroute aux netbooks de nouvelle génération qui répondront aux mêmes usages mais avec un clavier en plus. Je pense que le smartbook de Qualcomm associé à Chrome OS sera bien plus disruptif (cf. Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur).

Le smartbook selon Qualcomm
Le smartbook selon Qualcomm

Quel impact sur le marché ?

Au vu de ce qui vient d’être annoncé, j’anticipe un alignement du marché pour préparer l’arrivée de ce terminal :

  • Ajustement des caractéristiques techniques et des interfaces des touchbooks des autres constructeurs ;
  • Généralisation des widgets sur les netbooks (une bonne nouvelle pour Jolicloud) ;
  • Baisse du prix du Kindle et accélération du déploiement d’applications pour ebooks ;
  • Lancement en catastrophe sur le marché de terminaux hybrides propulsés par Android (en attendant Chrome OS).

Rien de révolutionnaire dans tout ça, et pour cause car l’iPad ne possède pas les caractéristiques nécessaires à l’initiation d’une nouvelle révolution des usages. Pour cela il faudra attendre les smartbooks (ou le Kindle 3) (ou le Nexus Two).

72 commentaires sur “Avec l’iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks

  1. @ Thibaut De Saint Florent > +1 pour ton commentaire. Effectivement étant un utilisateur avancé de l’iPhone les applications compensent parfaitement l’absence de Flash. Disons que sur ce coup là Apple est passé en force (bras de fer avec Adobe) mais qu’ils ont réussi. Attendons de voir ce que va faire Google avec le couple Flash + Android voir AIR + Android (bien plus intéressant).

    /Fred

  2. Hormis le fait que le webbook Litl et l’IPAD sont tous deux destinés à être utilisés à la maison et qu’ils ont tous deux une plate-forme pour les applications installables il n’y a pas beaucoup de ressemblance entre ces appareils à tous. Le Webbook Litl est le premièr netbook au monde base sur les nuages – l’IPAD n’est pas. Le Litl canaux plateforme est basée sur Flash – l’IPAD ne supporte pas Flash. Le Webbook Litl s’utilise dans une configuration de portable à la fois classiques et notre mode de chevalet, notre dispositif ne dispose pas d’un écran tactile et ne devrait pas pour utiliser le HDMI. L’IPAD fonctionne comme un coussin ou quelque chose comme un PC avec le clavier externe. L’écosystème des applications pour l’IPAD sont des applications iPhone, généralement conçus pour une utilisation mobile. Apps pour le Webbook Litl sont orientés autour de l’utilisation de l’appareil à la maison par exemple, un réveil et une foule d’autres « accueillante » apps à venir.

    Pour voir les commentaires de John Chuang (PDG Litl) au sujet de l’IPAD: http://www.xconomy.com/national/2010/01/27/the-apple-ipads-impact-on-mobile-gaming-and-e-books -techniciens locaux et des start-ups-react / 3 /

  3. Au finish, nous sommes tous conscients que malgré nos argumentations très pointues, nous n’arriverons pas à nous accorder sur l’utilité de l’iPad.
    Apple prend le soin de ne pas créer une concurrence entre ses produits. Même avec l’avènement de l’iPad, la Pomme entend toujours vendre ses iPhone, MacBook…
    Et puis n’oubliez pas que l’iPad n’est pas la seule tablette du marché. Si vous ne l’aimez pas du tout, tournez-vous vers la concurrence!

  4. Franchement, il faut arreter avec votre obsession sur Flash et Air, ceux sont 2 grosses plaies et elles ne manquent pas du tout à l’iPhone. Je prefère un Safari sans crash, ni memory leak, pas grave si je ne peux pas jouer à des jeux facebook débiles en flash …

  5. J’ai acheté il y a quelques moi un macbook pro à ma femme qui est assez allergique à l’informatique. Quand j’observe l’utilisation qu’elle fait de son macbook dans le canapé, la cuisine (pour les recettes) : internet, mail et photo, je pense qu’ipad est la solution.
    C’est ni trop petit, ni trop grand et c’est simple d’utilisation. Parfait pour glander dans le canapé à chercher des trucs sur internet et gérer des mails. De toute façon pour faire des trucs plus compliqués (faire des annonces par exemple) elle squatte mon imac.
    De plus, ne possédant pas de télévision, ça me gonfle de lire les journaux internet assis sur un chaise, et les journaux sur ipod touch, c’est trop petit.

  6. Je suis tout à fait de votre avis cher ami: Bien que fou des produits apple( Nous avons à la maison l’équivalent d’un premium reseller et Jonathan Ive m’a convaincu d’acheter ce fameux iMac 27 pouces :) Mais là, trop c’est trop, comme je le dis ici: http://maconsl.free.fr/?p=2391, à force de vouloir la sécurité de choses maintenant éprouvées, Steve Jobs semble avoir oublié ce qui faisait sa force: Le contre-pied…. Tout cela est fort convenu, aucune surprise, aucune révolution technologique ou esthétique, juste une resucée de l’existant: Très décevant même pour moi qui suis pourtant un client inconditionnel… Une fameuse désillusion: avec la maladie de Steve, les commerçants ont repris les manettes et le fondateur de Apple ne devient plus qu’un super VRP d’une société qu’il n’est plus capable de mener… Cela me rappelle »l’avant retour de Steve », une suite de récupération et d’adaptations de ce que les autres ont créé, à part que dans le cas présent, c’est celui qui a mené la révolution informatique devenir le porte drapeau de sa propre déchéance.Qu’il est triste de voir des idéaux s’écrouler… Ce 27 janvier est un bien triste jour…

  7. Non je pense que l’iPad est bien un objet de rupture sur au moins un éléments:
    Bien qu’il est tout le potentiel d’être un véritable ordinateur, il assume totalement ses limitations pour masquer la complexité de l’outil informatique traditionnel.

    C’est un terminal qui offre les services que 99% des gens utilisent: courriel, web, photo et jeux (pas hard-gamer, mais le jeu de M et Mme toutlemonde).

    Si de prime abord on peut être surpris par les limites de l’outil il ne faut pas oublier que nous sommes des utilisateurs « avancés » voire « expert » de l’outil informatique. Windows, Mac ou Linux n’ont pas de secrets pour nous.

    Nous sommes marginaux!!!

    L’iPad sera une vache à lait pour Apple pas parce qu’il vend du contenu sur iTunes, mais parce qu’il répond à un besoin qu’aucun autre constructeur de tablette n’arrive à adresser. Il se vendra en capitalisant sur la réputation de l’iPhone.

    Sous la forme d’une ardoise portable l’iPad met des outils utilisables instantanément par tout un chacun.

    L’absence de webcam m’a chagriné, pas pour la vision mais pour ce que les développeurs pourraient en faire: jeux en réalité augmenté ou capture du mouvement. Des secteurs inaugurés par la Playstation et son EyeToy.

    Mais cette absence pourra être oubliée et sera probablement comblée à l’avenir.

  8. Au delà des spécifications techniques et fonctionnelles, l’iPad a gagné, grâce à la réputation des produits Apple, de la CONFIANCE de son client lamba. Il s’en vendra donc des tonnes.

  9. Je pense qu’avec l’iPad a choisi une cible qui n’est pas encore connectée ou alors qui l’est mais à reculons. Un peu comme a Wii pour les jeux vidéos.

    l’iPad a un autre rythme. Il n’est pas multi-tâche et c’est une feature, pas une limitation. Il est fait pour être utilisé lentement calmement, pour lire. Kathy Sierra qui en connait un rayon en termes d’usabilité parle de « Lust » à son sujet.

    Mon sentiment : avec l’iPad Apple vise les seniors.
    Gizmodo partage cet avis.

    D’aucun vont meme jusqu’à dire qu’il s’agit d’un girl device.

    Ce qui est sûr c’est qu’il ne s’agit surement pas d’un outil pour geeks.

  10. Hy, l’article sur l’ipad est très réussi , cependant une petite précition , le firmwear 3.2 n’a été utilisé que pour le Keynote est ne sera jamais commercialisé , certains sur le net pense qu’il sera équipé d’un firmwear 4 , et prédisent un prix bien en dessous de celui annoncé lors de la keynote d’apple sur l’ipad et son systeme d’exploitation pour plus d’info consulté ce post http://www.forum-ipad4g-pro.com/viewtopic.php?f=2&t=36

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