L’authentification au centre de nombreuses attentions

Ces derniers mois l’actualité autour des technologies d’authentification est chaude, bouillante même ! Pour faire simple, l’authentification est « la procédure qui consiste à vérifier l’identité d’une entité  (personne, ordinateur…), afin d’autoriser l’accès de cette entité à des ressources (systèmes, réseaux, applications…)« . Jusqu’à très récemment sur le web, le seul moyen d’accéder à un service était de se créer un compte en choisissant un identifiant et un mot de passe. Au siècle dernier cela ne posait pas de problème dans la mesure où un utilisateur lambda n’exploitait que très peu de services en ligne (Yahoo!, Amazon, Ebay…). Donc le nombre de login / mot de passe à retenir était limité.

Mais avec l’avènement des médias sociaux tout se complique car il n’est pas rare de devoir jongler entre des dizaines de services en ligne et donc autant d’identifiants et mots de passe. C’est là où sont apparus des systèmes d’authentification décentralisés comme OpenID. Très prometteuse, cette technologie a rapidement été adoptée par les plus grands acteurs (cf. Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign adoptent OpenID) sans toutefois remporter l’adhésion du grand public.

Une technologie trop complexe pour le grand public

Le problème vient très certainement d’un manque de volontarisme de la part de ces acteurs qui hésitaient à se lancer dans de grandes campagnes d’évangélisation. Sans vouloir jouer les devins je pense que cette frilosité est du à une mécompréhension entre les notions d’identité et de profil. Communiquer sur un mécanisme de délégation d’authentification aurait fait fuir les partenaires potentiels (qui implémenteraient cette technologie) et inquiété les investisseurs.

Bref, tout ça pour dire qu’OpenID n’a pas trouvé sa cible, d’autant plus qu’il existe d’autres solutions qui présentent chacune des avantages / inconvénients. Ce contexte concurrentiel n’a fait que ralentir l’adoption de ces technologies, et ce malgré des travaux d’interopérabilité (cf. Vers un standard d’identité numérique ?).

Plus de simplicité et des usages concrets par faciliter l’adoption

Cela n’a pas découragé les promoteurs d’OpenID qui ont fait progresser leur standard et surtout l’ergonomie du dispositif : La création de compte simplifiée avec OpenID.

Mais celui qui a réellement fait découvrir la délégation d’authentification au grand public c’est… Barack Obama (encore lui ?) ou plutôt Facebook qui a eu la très bonne idée d’associer sa technologie « maison » Facebook Connect à une opération de buzz autour de la cérémonie d’investiture du nouveau président US. Et là subitement, l’intérêt de ces technologies sautent aux yeux (cf. CNN + facebook, premier exemple concret de télévision communautaire et Le partenariat CNN Live et Facebook peut-il faire trembler Twitter ?). La promesse est en effet très belle : pouvoir tester et s’inscrire sur une infinité de sites sans avoir à choisir de nouveaux identifiants en se servant de votre compte Facebook :

Oui mais voilà, cette promesse à une contre-partie : il faut accepter de partager certaines informations concernant votre profil. Cette première application à grande échelle a ainsi réveillée les vieilles craintes liées au respect de la confidentialité et aux dérives potentielles. Quoi que… il faut quand même se méfier (cf. Facebook Connect + Facebook Ads = A Social Ad Network).

Il n’a pas fallu attendre très longtemps pour que Google dévoile à son tour sa propre solution qui repose non pas sur une technologie propriétaire mais sur deux standards (OpenID et OAuth) : Google lance son offre concurrente à Facebook Connect.

Puis nous avons entendu des rumeurs au sujet de Twitter qui lui aussi serait en train de tester son propre mécanisme : Twitter OAuth Spotted in the Wild.

twitterinudasocialplume

Le cas de Twitter est particulièrement intéressant car il existe de nombreux services qui reposent sur les APIs de Twitter et qui se servent déjà des comptes des utilisateurs comme identifiants. En implémentant un mécanisme plus robuste comme OAuth, Twitter donne alors la possibilité à ses utilisateurs de gérer de façon plus fine les droits d’accès.

Et finalement cette semaine c’est au tour de Yahoo! d’annoncer sa propre solution : Yahoo! Updates (cf. Yahoo! tente de concurrencer Facebook avec Yahoo! Updates).

Le système d'authentification de Yahoo!
Le système d'authentification de Yahoo!

Vous noterez au passage qu’il ne s’agit pas QUE d’authentification mais également d’agréger les actions réalisés sur les sites partenaires sur votre profil Yahoo!. Vous pouvez voir fonctionner ce système ici : Yahoo! Updates API Demo. D’un point de vue technique, les équipes de Yahoo! ont eu la très bonne idée de monter un partenariat avec JS-Kit, une société qui fournit une brique technologique très intéressante puisqu’elle permet (d’après ce que j’ai compris) de véhiculer des données « sociales » (updates…) entre différent services à l’aide de ces technologies de délégation d’authentification (plus d’infos ici : Yahoo! Launches Major Challenge to Facebook Connect).

Très bien… mais tout ceci ne résout pas le problème de fond du choix de la technologie : les différentes solutions existantes (plus ou moins concurrents) brouillent le débat et divisent la communauté informatique. Et pendant se temps là, l’utilisateur est toujours perdu dans ce débat d’expert (et dans ses mots de passe).

Bon… ceci étant dit et au vue des derniers travaux réalisés il semblerait que l’on commence à se diriger vers des solutions plus « grand public« , c’est à dire proposant un mode d’interaction plus simple pour l’nternaute lambda. Illustration avec le module de commentaires universels de JS-Kit : Comments Service.

Le système de multi-déléguation de JS-Kit
Le système de multi-déléguation de JS-Kit

Comme vous pouvez le constater sur cette capture, il est possible de déposer un commentaire en utilisant l’un des systèmes d’autentification proposé (OpenId, Yahoo! Updates, Facebook Connect…). Disons que c’est un premier pas très encourageant.

La vision du futur de Microsoft

Dans mes prédictions 2009 j’anticipais un retour sur le devant de la scène pour Microsoft, ce retour en grâce passant notamment par un certain nombre de projets innovants comme Photosynth, Surface, Sphere ou encore WorldWide Telescope. À cette liste de projets il faut également ajouter tous les projets expérimentaux menés dans le Microsoft Labs comme cette stupéfiante vidéo : Future Vision Montage.

http://images.video.msn.com/flash/soapbox1_1.swf

Cette compilation de concepts regroupe en effet une incroyable série d’interfaces toutes plus belles les unes que les autres qui me font penser au célèbre Vodafone Future :

microsoftfuturevision

 

Saluons donc le formidable travail de design réalisé pour mettre en scène ces interfaces qui concurrencent sérieusement le concept Aurora de Mozilla (même si dans le fond très peu de ces concepts sont pour le moment réalisables). Dans le même genre il y a aussi le 4G=IP de Cisco. (via R/W Web)

Compte-rendu du dîner avec NKM

Hier soir un certain nombre de blogueurs (une vingtaine pour être précis) étaient invités à un dîner d’échanges de points de vue organisé par le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet. L’occasion pour moi de pouvoir l’approcher d’encore plus près (cf. Compte-rendu du Forum Net Explorateur 2009) et de (re)voir mes collègues blogueurs. De ce point de vue là je n’ai pas été déçu car il y avait beaucoup de têtes connues et parce que ce dîner était placé sous le signe de la proximité avec des discussions très intéressantes.

Un grand merci au cabinet de la Ministre (Adrien et cie) et toutes mes plus plates excuses pour mon retard. En fait j’avais vu trop juste car j’étais persuadé que la Ministre viendrait avec un retard de courtoisie d’au moins 30 minutes comme cela avait été le cas pour le dîner de l’année dernière avec Valérie Pécresse (pas de bol elle était là pile à l’heure). Mais bon j’ai tout de même pu profiter d’un petit speech d’introduction pour nous résumer les points clés du récent déplacement en Asie (cf. Avec NKM en Corée et au Japon) :

nkm1

Différentes thématiques fortes ont ainsi été étudiées par la déléguation française lors de ce déplacement en Asie : les services à la personnes (en ligne, assistances robotisées), TV sur mobile et objets communicants. L’objectif de ce dîner (et des rencontres qui vont suivre) est de voir comment il est possible d’importer ces modèles en France et de développer de nouveaux axes d’innovation plus spécifiques à notre contexte. Et si en prime cela peut sauver / créer des emplois c’est encore mieux (les fameuses solutions de « sortie de crise« ).

Discussions très intéressantes à table avec notamment Fabrice Mattatia, un conseiller technique, sur les problématiques d’authentification et d’identité numérique. Grand débat également sur les mutations sociétales à venir dans les 10 prochaines années et l’impact de l’arrivée en entreprise de la génération Y avec Anne-Caroline Paucot.

J’ai également eu la chance de partager le fromage et le dessert avec la Ministre qui est venu rejoindre notre table et s’asseoir à côté de moi. Discussion de rigueur sur la loi Hadopi et l’absurdité de cette situation. J’ai par contre été enchanté de pouvoir parler avec NKM d’un sujet qu’elle avait spontanément abordé plus tôt : le télé-travail. Il existe visiblement de nombreuses réflexions sur le sujet et surtout des projets d’aménagement du cadre législatif des télé-travailleurs. Une aubaine pour les indépendants comme moi qui travaillent à domicile. Il est notamment question d’incitations économiques / fiscales pour favoriser cette pratique qui cumule beaucoup d’avantages : plus de productivité, moins de déplacements et de CO2…

Je ne regrette pas ma soirée, les échanges y étaient sincères et le fromage excellent (surtout le camembert au calvados). J’espère sincèrement que d’autres initiatives de ce type seront renouvelées et que des blogueurs d’horizons plus variés pourront participer au débat.

Livre dont vous êtes le héros + Web 2.0 = Protagonize

Je souhaiterais vous parler ce matin de mon coup de coeur de la semaine (avec un an de retard) : Protagonize, un site d’écriture collaborative de livres en ligne. Il existe déjà de nombreuses initiatives de livres collaboratifs basés sur un wiki (notamment We Are Smarter Then Me), des films collaboratifs (avec la plateforme CoWriteScript) et même des documentaires collaboratifs (dont le très sérieux LostZombies) mais cette plateforme mérite une attention particulière.

La page d'accueil de Protagonize
La page d'accueil de Protagonize

La plateforme est assez classique dans ses fondamentaux : des catégories, commentaires, notes, tags, favoris, tops et profils des membres. Par contre l’innovation vient de la structure des livres. Il y a des livres à structure linéaire (plusieurs chapitres qui s’enchainent comme Abstinence) qui sont rédigés par un seul auteur qui s’inspire des commentaires des membres :

Un livre à structure linéaire de Protagonize
Un livre à structure linéaire de Protagonize

Et il y a les livres à embranchements multiples (comme les Livres dont vous êtes le héro) auxquels tout le monde peut contribuer comme The East Wallinford Chronicle) :

Un livre à ambranchements multiples dans Protagonize
Un livre à embranchements multiples dans Protagonize

La plateforme est très bien conçue avec beaucoup de pédagogie et d’explications, les possibilités sont nombreuses, le design est particulièrement bien soigné avec un très beau traitement typographique. Bref je suis conquis par ce nouveau concept dont vous trouverez plus d’infos ici : Protagonize, A Collaborative Fiction-Writing Community et  Test Vidéo : Protagonize, le site 2.0 dont vous êtes le héros !.

Je rêve d’un concept similaire importé en France… encore faudrait-il réglé les problèmes potentiels de droits d’auteur et pourquoi d’exploitation commerciale collective (avec redistribution en fonction du degré de participation à l’oeuvre).

L’invasion des magazines photos en ligne

Décidément la presse n’en finit plus de se réinventer. Pour faire face à la baisse généralisée des ventes de papier nous assistons à la naissance d’un nouveau type de magazine en ligne : les photo-magazines. Particularité de ces sites : une ligne éditoriale orientée lifestyle et beaucoup de photos très qualitatives. Dans les faits, ça donne des sites comme Flipgloss, le dernier de la bande :

La page daccueil de Flipgloss
La page d'accueil de Flipgloss

Vous apprécierez les « unes » que l’on peut parcourir en mode coverflow sur la page d’accueil ainsi que l’effort notable pour proposer une mis en page agréable. Au niveau des pages intérieures, les articles sont en fait des diaporamas avec des photos en pleine largeur (ou hauteur) et du contenu associé :

Une page intérieure de Flipgloss
Une page intérieure de Flipgloss

Il est évident que ce type de site ne se préoccupe pas trop de l’accessibilité ou du temps de chargement mais de touye façon est-ce que les pendants « papier » de ces magazines en ligne se souciaient d’utiliser du papier recyclé ? Non pas réellement car l’objectif ici est bien de faire rêvé, et ça marche ! Plus d’infos ici : Flip Or Bust? FlipGloss Debuts Glossy Digital Photo Magazine.

Autre exemple avec Wonderwall publié par MSN :

La page daccueil de Wonderwall
La page d'accueil de Wonderwall

Là encore nous avons assez peu de texte et des photos dans tous les sens. Vous noterez au passage l’improbable barre de défilement latérale pour naviguer dans le site, sûrement une métaphore pour nous rappeler le geste du feuilletage des pages. Finalement une assez bonne idée car l’impression de « survoler » les sujets est bien présente. (via Paid Content)

Plus proche de chez nous, nous avons également le magazine français Ykone qui vient de voir le jour :

La page d'accueil d'Ykone
La page d'accueil d'Ykone

Bon… c’est moins spectaculaire et dense que les magazines US mais l’intention est là. (via Heaven)

Une tendance intéressante mais finalement je me demande s’il ne serait pas mieux d’encapsuler ce type de magazine dans des parutions plus étoffées comme les diaporamas de L’Express ou ceux de MenStyle.