Les applications mobiles de marque sont une utopie

J’ai comme l’impression que mon dernier article sur l’obsolescence des applications mobiles a suscité plus de perplexité que d’adhésion. Après relecture, je me rends compte que la formulation peut prêter à interprétation. Je ressors donc mon clavier pour clarifier mon propos, et j’en profite même pour durcir ma prise de position.

« 1 contenu / service = 1 application mobile » est une aberration

Si les applications mobiles existaient déjà au siècle dernier (les fameuses applis java), c’est avec la sortie d’iOS 2 en juillet 2008 qu’elles ont connu leur âge d’or. À cette époque, l’iPhone régnait en maître sur le créneau des smartphones et Apple avait une position suffisamment dominante pour imposer son point de vue : une application pour chaque fournisseur de contenus ou services. Sept ans plus tard, les choses ont bien changé : Android est maintenant le système d’exploitation dominant (près de 75% de parts de marché dans le monde), les app stores sont complètement saturés (plus de 1,3 M d’applications mobiles référencées sur iTunes et Google Play), et les navigateurs mobiles ont fait des progrès spectaculaires (aussi bien les navigateurs officiels que ceux proposés par Mozilla, Opera ou Dolphin). Il est donc plus que temps de réévaluer la viabilité des applications mobiles natives et surtout de se poser les bonnes questions.

Ces dernières années, les annonceurs se sont tous précipités sur ce créneau en espérant gagner une place dans le quotidien des mobinautes. Sauf qu’il devient de plus ne plus compliqué et couteux pour un annonceur d’exister à travers une ou plusieurs applications mobiles. Si les applications natives restent la référence pour les jeux, les applications de productivité et les applications sociales, la très grande majorité des applications mobiles proposées dans l’app store se contente de distribuer un contenu ou de reproduire un service qui est disponible sur le web, donc sans aucune valeur ajoutée. Ceci explique le manque d’engouement des mobinautes pour les applications de marque (App users regularly use 7-8 apps on mobile devices, social networking apps most popular).

Malgré ces chiffres édifiants, les annonceurs ne renoncent pas pour autant et s’entêtent à vouloir rentrer en compétition avec Facebook Messenger et Candy Crush…

« C’est quand même mieux d’être sur l’écran d’accueil des clients, non ? »

Dans l’absolu, oui, c’est effectivement mieux si un annonceur parvient à placer son application mobile sur l’écran d’accueil des smartphones de ses clients. Sauf que dans la réalité, les clients en question ne savent plus quelles applications ils ont installées ni où. De toute façon, ils n’exploitent qu’un nombre très limités d’applications (email, SMS, calendrier, carte, Facebook, Twitter…). La dure réalité, est que seule une poignée d’annonceurs parviennent à justifier leur place sur l’écran d’accueil : Vente privée, SNCF, Air France… les autres applications d’annonceurs sont noyées dans la masse des applications disponibles dans les app stores et n’ont que très peu de chance d’être installées et ouvertes régulièrement.

Pour vous en convaincre, posez-vous la question suivante : si votre marque proposait un logiciel à télécharger, combien de clients l’installeraient sur leur ordinateur ? Sous cet angle, l’intérêt d’investir du temps et de l’argent dans une application est bien plus faible. À ma connaissance, le seul annonceur français ayant tenté l’expérience est la Fnac, en 2007.

La vérité à laquelle les annonceurs ont du mal à se confronter est que la valeur d’usage de leur application mobile est bien plus faible que la somme des efforts demandés aux clients pour effectivement installer, paramétrer et utiliser l’application en question. Et là, nous parlons des clients, pour les prospects c’est encore pire (cf. Les applications mobiles sont des outils de fidélisation, pas de conquête).

« Oui, mais avec une application native, nous pouvons envoyer des notifications push »

Oui effectivement, avec une application native vous avez la possibilité d’envoyer des notifications aux mobinautes, et alors ? Est-ce parce que vous pouvez le faire qu’il faut le faire ? Ne perdez pas de vue que les mobinautes en question sont déjà inondés de notifications : SMS, email, rappels de RDV, demande de connexion, nouveau message, nouveau bonus pour tel ou tel jeu…

Là encore, je vous invite à vous poser cette question : Vos clients sont-ils enclins à recevoir un coup de fil de votre part à chaque fois que vous sortez un nouveau produit ? Là encore, l’intérêt des notifications est à relativiser, car vous aurez toutes les chances de provoquer une réaction très négative : à force de vouloir se faire remarquer, on finit par se faire détester.

Loin de moi l’idée l’enfoncer des portes ouvertes, mais je vous rappelle que l’on ne peut pas forcer une relation marque-client, elle doit reposer sur la confiance et se construire dans la durée. Souvenez-vous qu’un smartphone est comme un espace d’intimité, ne violez pas cet espace au risque de vous faire définitivement exclure et classer dans la catégorie « spam ».

Les annonceurs n’ont pas réellement besoin d’une application mobile

Au final, quand on y réfléchi bien, on se rend compte que les applications mobiles éditées par des marques demandent beaucoup d’énergie et d’argent, mais génèrent finalement très peu s’usages réels. Je le dis et je le répète : les applications natives ne sont légitimes que pour des usages bien particuliers : jeux, outils de communication, outils de productivité et applications sociales. Autant il y a un vrai intérêt à installer une application mobile pour exploiter des services comme Sunrise ou Slack, autant s’il s’agit de lire des contenus HTML ou d’accéder à des services en ligne, autant rendre compatible votre site web avec les smartphones. Le ROI de cette opération sera bien meilleur que si vous vous lancez dans la création d’une application mobile.

Généralement, c’est à ce stade de la discussion que l’on me répond « oui, mais les utilisateurs préfèrent les applications mobiles, car elles proposent une meilleure expérience« . Et là je réponds invariablement : « forcer un prospect ou un client à installer et paramétrer une application (ave création de compte, email de vérification et tout et tout) n’est pas réellement une expérience satisfaisante, surtout pour récupérer une malheureuse information« .

En un mot comme en cent : privilégiez toujours la compatibilité de votre site web avec les smartphones. Dans un second temps, vous pourrez réfléchir à la mise à disposition d’une application mobile proposant un service à valeur ajoutée, un VRAI service à valeur ajoutée. L’application McDonald’s ne se contente pas de présenter les menus et de lister les restaurants, elle permet en plus de commander un repas et de la récupérer sans faire la queue. L’application Starbucks ne se contente pas de lister les derniers arômes de café, elle permet de commander et de payer ses boissons. En ce sens, elle fournit un service de paiement dématérialisé, elle facilite le quotidien des clients et justifie le fait que ces derniers s’embêtent à l’installer et à paramétrer leur compte. Est-ce le cas pour votre application mobile ? Réellement ?

Encore une fois, mon objectif n’est pas de dénigrer les applications mobiles, mais plutôt de vous démontrer qu’elles ne sont pas une priorité. L’urgence pour un annonceur est avant tout de s’assurer qu’il est capable de fournir une information ou de délivrer un service le plus rapidement possible en demandant le moins d’effort aux utilisateurs. Dans cette optique, je vois mal comment une application native peut rivaliser avec un site web, sauf dans les cas précédemment cités (jeux, outils de communication, outils de productivité et applications sociales). CQFD.

Moralité : les applications mobiles ne sont qu’un moyen d’exploiter les smartphones, un moyen de plus en plus contraignant, d’où l’urgence d’étudier d’autres solutions : site mobile dédié, application tierce (ex : Google Maps ou Yelp), assistants personnels, application de messagerie « ouvertes »…

Les applications mobiles sont-elles obsolètes ?

Nous vivons dans un monde mobile, ça, vous le saviez déjà, du moins j’espère que vous en aviez conscience (sinon, achetez mon livre pour vous en convaincre). J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous expliquer que les applications mobiles ne sont qu’un moyen d’être présent sur les smartphones, et pas forcément le plus intéressant, car :

Bref, tout ça pour dire que les applications mobiles sont un levier de fidélisation très puissant pour les marques, mais qui doit être manié avec précaution. À la question « Devons-nous proposer une application mobile ?« , je paraphraserais Benedict Evans : « Do people want to put your icon on their home screen?« . Le problème est qu’une fois cette question posée, les annonceurs n’ont généralement pas le recul et l’humilité nécessaire pour étudier des solutions alternatives : ils se jettent tête baissée dans la mêlée en espérant que tout va bien se passer. Sauf que généralement, ça ne se passe pas bien du tout, car les mobinautes ont d’autres priorités que de télécharger, installer et paramétrer votre application : App users regularly use 7-8 apps on mobile devices, social networking apps most popular.

mobile-app-usage

Pour bien comprendre toute la difficulté de l’exercice, mettez-vous dans la peau d’un consommateur lambda :

  1. Il est en train de se promener dans une rue commerçante et tombe sur un fringue sympa ;
  2. Il prend en photo la fringue (pour s’en souvenir et/ou pour la montrer à ses proches) et lance une recherche sur son smartphone ;
  3. Il tombe sur le site web de la marque ou du distributeur (avec une mise en page non optimisée et un énorme bandeau qui l’invite à télécharger l’application officielle) ;
  4. Il est redirigé vers l’app store où il peut lancer le téléchargement (et exploser son forfait mensuel) ;
  5. L’icône de l’application est installée là où il y a de la place (donc pas du tout sur l’écran principal) ;
  6. Quand il lance l’application, elle a 50% de chance de crasher, et de toute façon on lui demande de s’identifier ou de créer un compte (un lien qui le ramène sur le site web non optimisé avec un formulaire de 10km de long).

En terme d’expérience, c’est une catastrophe, et ce n’est pas mieux pour les éditeurs de contenus :

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S’il n’y a qu’une information que vous devez retenir, c’est celle-là : la mobilité n’est qu’une question de contexte, si vous n’êtes pas capable de satisfaire le besoin d’un mobinaute en 5 secondes, alors vous n’existez pas. Le problème des applications mobiles est qu’elles ne délivrent que les contenus et services que les annonceurs veulent bien fournir, et qu’il faut une très forte motivation pour les exploiter, car les distractions sont nombreuses (App Usage Report Q1 2015: How Mobile Users Interact With Their Apps). À partie de ce constat, il est plus qu’urgent d’étudier des solutions alternatives (Exceeding Mobile Expectations: You Need More Than An App).

La première alternative viable est de proposer un site web adapté aux terminaux mobiles, à défaut de proposer un site web dédié aux terminaux mobiles. La deuxième alternative est de s’intéresser de près aux assistants personnels. Siri, Google Now et Cortana sont en effet des points d’entrée tout à fait viables pour accéder à vos contenus et services.

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Le plus intéressant avec les assistants personnels proposés par les smartphones, est qu’ils fournissent des réponses, qu’ils s’efforcent de répondre directement au besoin à travers une interface naturelle : How to Use Siri, Google Now and Cortana Voice Commands. C’est historiquement Apple qui a lancé le premier son assistant personnel, mais nos trois protagonistes proposent maintenant des fonctionnalités plus ou moins similaires : Here’s the real difference between Google Now, Siri, and Cortana. Siri semble avoir une longueur d’avance sur les langues étrangères (Siri crushes Cortana, Google Now when it comes to foreign languages), mais Google Now offre définitivement l’expérience la plus riche avec de très nombreuses commandes vocales (110+ Google Now Voice Commands You Can Use) et surtout le très astucieux principe de « cards » qui s’intègre parfaitement dans la nouvelle version du système d’exploitation : Google Turns On Google Now Cards For 70 New Apps.

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Je pense ne pas me tromper en disant que Google Now est le principal argument en faveur d’Android, car ce système est terriblement efficace, d’autant plus qu’il peut être étendu à d’autres supports (Why cards are the future of the web). Plutôt que de dépenser de l’énergie et de l’argent à faire développer, faire référencer et promouvoir une application mobile, les éditeurs de contenus, fournisseurs de services et annonceurs devraient en priorité concentrer leurs efforts sur les assistants personnels, car ils proposent une expérience bien plus rapide et naturelle. Je suis même persuadé qu’à terme, ils pourraient remplacer les app stores.

Certes, vous pourriez me répondre que Siri est assez limitée, surtout dans sa version française, et je vous rappellerais que l’iPhone représente moins de 20% des parts de marché des smartphones. Ne cherchez pas du côté d’Apple, mais plutôt de l’omniprésent Google qui oeuvre pour faciliter encore plus la présence des annonceurs sur les smartphones : Google now lets you order food delivery right from its search results pages et Google Now’s Open API Plans Could Spell Trouble for Siri And Cortana.

Pour le moment, le « marché  » des assistants personnels se limite aux trois principaux fournisseurs d’OS mobiles, mais d’autres sont sur les rangs, notamment Amazon (avec Alexa que l’on peut solliciter sur les smartphones de la marque ou grâce au Echo) et Yahoo qui devrait lancer un service similaire dans les prochains mois (Yahoo wants to compete with Siri, Google Now, and Cortana).

Autre point d’entrée tout à fait intéressant : les applications de messagerie. WeChat, Line et Kakao Talk en Asie nous ont montré que les applications mobiles sociales sont les nouveaux portails. Ces dernières autorisent en effet tout un tas de services (transfert d’argent, réservation de taxis ou chambres d’hôtel, achat…). Suivant ce modèle, Facebook a décidé d’ouvrir son application aux développeurs tiers (Facebook officially unveils Messenger as a platform with new API), un positionnement qui va très certainement bénéficier aux applications de messagerie de « second rang » comme Viber ou Tango. Pour le moment cette ouverture est toute relative (il n’est pas encore possible de greffer vos contenus et services), mais le potentiel est gigantesque.

Conclusion : si les applications mobiles ont grandement participé au succès des smartphones, mais elles ne sont aujourd’hui plus pertinentes pour les annonceurs. Si elles restent la référence pour les jeux ou les applications sociales, elles ne sont plus réellement viables pour un annonceur souhaitant apporter dans de bonnes conditions une information ou un service à des mobinautes devenus extrêmement exigeants et volatiles. Il convient d’aborder la mobilité dans sa globalité, voire d’élargir la réflexion à l’ensemble des terminaux alternatifs (Why Mobile First may already be outdated).

L’impact du numérique sur les médias traditionnels

La semaine dernière, j’étais invité par la Radio-Télévision Suisse à m’exprimer sur l’avenir des médias. Ce n’est pas la première fois que je prends la parole sur ce thème (Frederic Cavazza s’exprime sur l’évolution de la Télévision sur Plateautele), même si je ne me considère pas comme un expert. Il ne vous aura pas échappé que le sujet est chaud, car le rapport de force s’inverse petit à petit entre les médias traditionnels et les « nouveaux médias » : German publisher caves to Google News after massive traffic drop et How Facebook and Google Now Dominate Media Distribution. Rajoutez à cela l’annonce du dépôt de bilan de l’éditeur de l’Encyclopédie Universalis, et vous avez des annonceurs qui se posent des questions sur les arbitrages nécessaires de leur budget publicitaire.

À ce sujet, la manifestation de la semaine dernière à été l’occasion pour la RTS de présenter également les conclusions du rapport publié par Publisuisse : Médias du futur 2020. Les enseignements notables de ce rapport sont les suivants :

  • La vidéo est un format omniprésent qui plait toujours autant aux téléspectateurs comme aux internautes ;
  • La TV reste un média qui captive, les chaînes de TV dans leur rôle de producteurs de contenus vidéo bénéficient d’un savoir-faire indéniable (même si le web a la capacité de créer des stars : Why 32 Million People Are Obsessed With PewDiePie, The Biggest Star On YouTube et We Went To A YouTube Convention, And It Was Insane) ;
  • La radio reste le son du quotidien, notamment à travers les rubriques et commentateurs (mais pour la découverte musicale, rien de tel que Spotify ou Pandora) ;
  • Internet s’impose comme un média d’information et de détente (voir les deux en même temps…).

Je suis un fervent partisan de l’internet et du numérique, mais il faut bien reconnaitre que les médias traditionnels ne sont pas encore enterrés, loin de là. L’astuce pour bien comprendre le contexte du marché est de ne surtout pas chercher à comparer les deux. Certes, il y a des différences notables (Hard Comparison: Legacy Media vs. Digital Native), mais les spectateurs / internautes / mobinautes ne le voient pas comme ça : ils se contentent de consommer indifféremment l’un ou l’autre, ou les trois en même temps, en fonction de leurs envies ou habitudes. Le multi-écran est une tendance de fond qui va durablement s’installer, il n’y a guère que les jeux et films exploitant la réalité virtuelle qui vont pouvoir lutter contre. Certes, la télévision linéaire telle que nous l’avons connue est en perte de vitesse, mais elle trouve un second souffle à travers les offres de rattrapage ou de VoD.

Même si aujourd’hui, nous constatons que les médias traditionnels sont massivement présents sur les supports numériques (portails, applications mobiles…), ils se heurtent à des usages de niche (Le Dark Social complique la tâche des annonceurs), à une radicalisation des formats (Comment les terminaux mobiles favorisent la conception gigogne des contenus et services) et des contenus. Ce dernier point est primordial, car les nouveaux entrants ne se gênent pas pour exploiter des lignes éditoriales inenvisageables par les médias traditionnels, à l’image de Vice ou de BuzzFeed (Don’t look now, but VICE is about to get even bigger). Le premier c’est en effet fait une spécialité des articles racoleurs comme « J’ai été le correspondant de 50 meurtriers et tueurs en série« , « Les tyrannosaures sont les nouveaux rois du porno » ou encore « Comment cuisiner des animaux écrasés« . Le second n’est plus à présenter, tant son ascension a été fulgurante. BuzzFeed agace autant qu’il fascine, en tout cas il est impossible de ne pas reconnaitre l’efficacité du modèle, comme en témoignent les statistiques publiées récemment : How Technology Is Changing Media.

Comparaison de l'audience des chaines TV et de BuzzFeed
Comparaison de l’audience des chaines TV et de BuzzFeed

La situation est donc complexe à comprendre pour les annonceurs qui doivent appréhender plusieurs facteurs de transformation dans la consommation des médias :

Dans ce contexte de transition vers un quotidien numérique, les annonceurs son confrontés à plusieurs défis s’ils veulent rester dans la course : apprendre à maitriser la donnée et les usages qui en découlent (pas uniquement de l’optimisation d’achat d’espaces publicitaires), ainsi que les adtechs et les pratiques qui vont avec (personnalisation à la volée, utilisation intensive des algorithmes…). Sans une montée en compétence rapide, les annonceurs n’ont aucune de s’y retrouver et de faire les bons arbitrages.

Puisque l’on parle de faire des choix, j’insiste sur le fait qu’en aucun cas les médias traditionnels, numériques ou mobiles sont en concurrence directe. Chacun de ces médias (ou familles de médias) répond à des logiques, contraintes et caractéristiques différentes.

Comparaison des caractérisitques des différents médias
Comparaison des caractéristiques des différents médias

Pour vous la faire courte : il n’y a pas de bons ou mauvais médias, simplement des médias que l’on exploite en fonction d’objectifs différents. C’est réellement dans la complémentarité de ces médias, et des campagnes qui les exploiteront, que les annonceurs peuvent trouver des gains de performance. Encore faut-il réussir à trouver une solution à l’épineux problème de l’attribution… mais c’est un autre débat.

Le support de mon intervention est ici, sentez-vous libre de le commenter :

2015 va réellement être une année passionnante, car l’industrie publicitaire va poursuivre sa mue. Les transformations qui ont été rendues possibles grâce aux technologies numériques (retargeting, RTB…) vont petit à petit être adoptées par les chaines de télévision à l’image de l’offre AdSmart lancée par Sky : What impact will Sky AdSmart have on advertising?.

Mon livre sur l’internet mobile est (presque) disponible à la vente

Cinq mois après la sortie de mon premier livre, c’est avec la plus grande joie que je vous annonce la disponibilité de mon deuxième livre : Internet mobile, la révolution des terminaux alternatifs. Cela faisait longtemps que je voulais écrire un livre sur le sujet, mais le marché était encore instable. J’ai néanmoins pu constater une avancée notable dans les technologies et pratiques ces derniers mois, j’ai donc décidé de me lancer et d’enchaîner la rédaction d’un second livre deux mois après le précédent. Précision importante : je ne suis pas tout à fait novice sur ce domaine, car j’ai eu de nombreuses occasions de vous en parler au fil des années (Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilitéArrivée à maturité des smartphones grand publicLes smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?Il n’y aura pas de révolution mobile, car elle a déjà eu lieu…), et que je rédige accessoirement un blog sur le sujet (TerminauxAlternatifs.fr). Pour la petite histoire, j’avais même rédigé un livret blanc sur l’internet mobile au siècle dernier (en septembre 2000 pour être précis) ! Celles ou ceux qui ont eu la chance de le lire doivent se souvenir d’un discours très… optimiste (c’était il y a presque 15 ans).

Bref, tout ça pour dire que mon livre est maintenant disponible à la vente, et que je galère toujours autant dans ce fichu monde l’édition…

Le mobile est l’avenir du web, et inversement

Si les médias sociaux ont irrémédiablement transformé nos habitudes de consommation de l’information, d’achat ou de sociabilisation, les terminaux mobiles vont définitivement vous faire tourner la page de l’internet de bureau, celui que l’on consulte à partir d’un ordinateur. J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer que nous vivons maintenant dans un monde mobile : les smartphones sont omniprésents, et ils ont à nouveau bouleversé nos habitudes, nos réflexes et nos attentes.

La grande nouveauté, est qu’auparavant, pour aller sur le web, il fallait s’installer à son bureau, démarrer son ordinateur, lancer un navigateur et saisir une URL. Maintenant, nos smartphones sont allumés en permanence et nous sollicitent de façon pro-active grâce aux notifications. La plage d’exposition aux contenus et services en ligne est donc bien plus grande : du lever au coucher. Du moment où nous sortons de notre lit, jusqu’à ce que nous y retournons, nous sommes dans un environnement entièrement numérique : communication, information, divertissement, achats, éducation, travail… et les smartphones sont les télécommandes de ce quotidien 100% numérique. Le pire dans cette histoire, c’est que les smartphones ne sont que la première étape : tablettes, Smart TV et autres objets connectés  vont petit à petit se généraliser dans les foyers.

Avec ce livre, j’ai voulu aborder la mobilité dans son ensemble et présenter une vision exhaustive du sujet : les usages, les terminaux, les technologies, les grands acteurs, les secteurs d’activité les plus impactés… Je me suis efforcé de me mettre dans la peau d’une personne qui ait envie ou qui doit se mettre à jour rapidement sur le sujet. L’objectif du livre n’est pas de faire des lecteurs des développeurs d’applications mobiles, mais de leur donner toutes les clés de compréhension pour faire les bons choix.

Des beaux livres neufs qui sortent de l'imprimeur
Des beaux livres neufs qui sortent de l’imprimeur

Je ne vous fais pas l’article du livre, car vous trouverez toutes les informations nécessaires sur la page qui lui ai consacré : Internet mobile, la révolution des terminaux alternatifs. Je préfère plutôt vous parler du long chemin de croix pour aboutir à sa commercialisation.

Les affres de l’auto-publication

Comme pour mon précédent ouvrage, j’ai décidé de ne pas passer par un éditeur. D’une part, car je voulais avoir l’entière maîtrise du manuscrit ainsi que de sa mise sur le marché ; d’autre part, car j’estime que la rémunération proposée par les éditeurs est grotesque (7% du prix de vente dans le meilleur des cas). J’ai donc persisté dans ma décision de me la jouer solo, et je rencontre toujours autant de difficultés.

Autant j’ai eu beaucoup moins de mal à m’organiser dans la rédaction et à faire une mise en page un peu plus soignée, autant la commercialisation sur Amazon est toujours aussi problématique. Pour mon premier livre, je me suis précipité la tête baissée sur l’offre réservée aux vendeurs, la Marketplace. Particulièrement intéressante pour les « petits » distributeurs ou les commerçants qui souhaitent vendre en ligne, cette offre n’est pas forcément adaptée à celles et ceux qui veulent faire uniquement de la vente en ligne, notamment car la fiche produit n’est pas la même que pour la majorité des biens vendus sur Amazon. Même si les livres sont stockés dans les entrepôts d’Amazon et qu’ils se chargent intégralement de la logistique, je n’ai pas droit au bouton « Ajouter au panier« , je dois me contenter d’un « Voir toutes les offres« , alors que je suis le seul vendeur. Il existe visiblement une procédure pour demander à ce que les équipes d’Amazon étudient la situation et daigne éventuellement mettre le bon bouton, mais elle est payante, pas fous les gars !

Du coup, pour mon second livre j’ai essayé de faire les choses correctement et de m’inscrire au programme Advantage pour être fournisseur. Le problème de cette offre est que le processus de création d’une offre est beaucoup plus long (3 semaines) et qu’Amazon décide du risque qu’il souhaite prendre sur le produit. En tant que vendeur, vous avez à votre charge les frais de stockage, donc vous pouvez décider de stocker 100, 500 ou 10.000 livres (en espérant qu’ils vont se vendre rapidement), mais en tant que fournisseur, vous devez attendre qu’Amazon vous passe commande. Du coup, le premier bon de commande est de 3 unités, 3 LIVRES !!!!!!!!!! Si ça se passe bien, ils vous en recommandent 5 dans les semaines qui suivent. Autant dire que votre livre est systématiquement en rupture de stock. Pour pallier à ce problème, je propose mon livre dans les deux programmes : fournisseur et vendeur. Amazon commercialise donc le bouquin sous ses conditions (avec une remise exceptionnelle, mais à seulement 3 exemplaires), et dans la place de marché (au tarif normal de 25 €, mais avec des quantités suffisantes).

Je vous passe les détails sur le fait que les fournisseurs et vendeurs doivent envoyer leur marchandise dans deux entrepôts différents, avec des plages horaires de livraison extrêmement précises (si le livreur a un peu de retard, ils ne le laissent pas rentrer et vous récupérer votre marchandise). Non seulement les procédures sont complexes, mais les interfaces de gestion sont très perfectibles et l’aide en ligne n’est pas d’une grande utilité (ils n’utilisent pas les mêmes termes). Enfin bref, rien n’est simple et je perds beaucoup de temps dans des broutilles administrativo-logistiques. J’en viens à me demander s’il ne serait pas plus simple pour moi de stocker tous mes livres chez Amazon et de livrer l’entrepôt des fournisseurs à partir de l’entrepôt des vendeurs. Ça fait beaucoup de frais logistiques, mais au moins je ne me retrouve pas avec des cartons de livres chez moi dont je ne sais pas trop quoi faire…

Je précise qu’après avoir lu 2 ou 3 témoignages, j’ai abandonné tout espoir de vendre mes livres en librairies, car visiblement c’est encore plus compliqué et chronophage. Mais si vous avez des bons plans ou des conseils, je suis preneur…

Édition électronique : bienvenu au moyen âge

Vous avez été nombreux et nombreuses à me demander une version électronique de mon premier livre. Comme le second parle des terminaux alternatifs et plus précisément des liseuses, je ne pouvais pas faire l’impasse. Mais j’étais loin de me douter de ce que ça impliquait…

Pour vous la faire simple : il faut 30 secondes pour créer un fichier EPUB, et deux mois pour avoir le droit de le vendre ! Le problème vient du fait que les entités d’Amazon et d’Apple qui se chargent de la vente de biens électroniques sont domiciliées aux États-Unis et que l’administration américaine se sert à la source pour éviter l’évasion fiscale. Du coup, si vous voulez éviter de verser de la TVA en double (aux États-Unis et en France), il vous faut un N° fiscal US (l’EIN ou Employer Identification Number). Et pour cela remplir un formulaire à la main et l’envoyer par fax, PAR FAX !!!!!!!! Ça fait 3 semaines que j’ai envoyé mon formulaire et je n’ai toujours pas reçu de réponse, c’est complètement anachronique…

Là encore, si vous avez des conseils à me donner, je suis preneur, car j’enchaîne les erreurs de débutant (ex : remplir le formulaire PDF à l’écran pour que ce soit plus lisible, l’imprime et le faxer. Ils m’ont répondu que je devais le remplir à la main avec des lettres majuscules).

Un webinar le 10 juillet sur l’internet mobile

J’arrête là ma longue complainte, car après tout, c’est moi qui ai fait le choix de me la jouer « loup solitaire ».

Si le sujet de l’internet mobile vous intéresse, vous avez toutes les raisons de vous sentir concerné, j’organise une conférence en ligne ce jeudi 10 juillet à 13h sur la plateforme de Webikeo : Internet mobile, Usages, technologies et enjeux de la mobilité. L’inscription est gratuite, mais obligatoire, sinon vous ne pourrez pas vous connecter à la salle. Cette conférence ne durera que 45 minutes, mais elle vous donnera un bon aperçu du sujet et de l’orientation que j’ai donné à mon livre. Pensez à vous préparer un sandwich !

Mes 3 sites coups de coeur (juin 2014)

Je vous propose régulièrement une sélection de sites web qui m’ont tapé dans l’oeil, la sélection de ce mois est particulièrement croustillante avec des nouvelles versions de sites d’envergure.

Commençons avec la toute dernière version du site de la radio RTL :

rtl

Le portail de la radio nous revient avec une charte graphique dans le plus pur style flat design : de grands à plat de couleur, une construction par empilement de couches horizontales, beaucoup de zones de respiration et de larges visuels. Je constate également un fond de page gris clair pour donner plus de relief aux différents blocs, une tendance déjà aperçue sur d’autres portails comme USAToday, Vox, GamespotMarthaStewart ou FranceInfo. Avec une mise en page aussi carrée, vous vous doutez bien que le site est en responsive design, il s’adapte donc parfaitement aux différentes tailles d’écran (je vous laisse faire le test). J’apprécie tout particulièrement la parfaite lisibilité des articles, grâce à une taille de police de caractères légèrement plus grande que la moyenne, et la mise en scène des commentaires.

Continuons avec le nouveau site de VW, une référence dans l’industrie automobile :

vw

Même approche graphique pour ce site : flat design + responsive design. Outre l’impression d’espace que l’on ressent en parcourant les différentes pages, c’est le très faible niveau de « bruit » sur les pages qui participent grandement au confort de lecture. Je ne peux que saluer l’engagement graphique et ergonomique des responsables du site qui se sont même payé une vidéo pour promouvoir la fonction Find a Match. Là encore, je vous invite à consulter ce site sur votre tablette ou votre smartphone.

Terminons avec la nouvelle version du site de Virgin America :

virginamerica

Là encore, cette nouvelle version respecte les tendances du moment (flat et responsive design), en revanche, il innove grâce à un processus de réservation particulièrement intuitif avec un traitement graphique novateur reposant sur des grandes cases à cocher : Our new site is fly. Ils proposent également un nouveau gabarit pour les e-tickets à imprimer qui devrait rapidement s’imposer comme la nouvelle norme dans la profession : Virgin America Quietly Unveils New Website and Back Pocket-Sized Boarding Pass. À nouveau, je salue la prise de risque de cette compagnie qui s’inscrit résolument en rupture avec cette superbe réalisation.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai comme l’impression que la généralisation des terminaux mobiles fait souffler un vent frais sur les chartes graphiques et mises en page. Et ça n’est que le début…